LE DICTIONNAIRE DU POUVOIR, Franck Gintrand

Franck Gintrand

Publié le :

  • 20 novembre 2020

Introduction

Il y avait le dictionnaire des synonymes, le dictionnaire des chanteurs francophones, le dictionnaire amoureux et… rien sur celui du pouvoir !

Naturellement la littérature d’hier et d’aujourd’hui s’est toujours intéressée aux pouvoirs, sous toutes leurs formes et dans tous les domaines, politiques, économiques, religieux et tant d’autres encore.

Les auteurs ne manquent pas qui ont, à chaque saison, analysé, commenté, verbatimé sur tout, les crises, les luttes pour la conquête, les personnalités politiques de premier et de second plan, les philosophes qui comptent, les religieux qui intriguent, les acteurs qui subjuguent sans parler de tous ceux-là, eux-mêmes, littérateurs d’un jour qui ne parlent jamais du pouvoir qu’ils exercent mais qui écrivent …pour espérer le conserver !

Est-ce l’idée de mettre un peu d’ordre dans ce qui est souvent partisan, de donner une colonne vertébrale à ce qui apparait souvent désarticulé ?

Est-ce la nécessité de donner des clefs pour ouvrir les portes du pouvoir et en percer les mystères ?

Est-ce aussi pour l’envie de fuir les idées reçues et démystifier ce qui est encore vécu comme un monde inaccessible, voire hermétique et sans doute manipulateur ?

Le dictionnaire du pouvoir c’est sans doute un peu de tout ça et surtout beaucoup de réalisme vue parfois sous le prisme de l’humour chatoyant ou acide, mais avec le choix assumé de donner une perception immédiate de la réalité des mots qu’il faut détourer pour aller à l’essentiel, pour expliquer « comment » et « pourquoi » ça marche.

Ce dictionnaire, comme tous les dictionnaires, ne se lira pas d’un trait. Il n’est ni un roman, ni un essai, ni un pamphlet.

Et s’il devenait plutôt une sorte de « vade mecum », donc court par nécessité et par clarté, qui rappelle la substance et la réalité des pouvoirs, que l’on conserve sur soi pour, à tout moment, ne pas se laisser abuser par ceux qui les exercent et qui en livrent rarement les éléments objectifs.

C’est dire s’il a vocation, à s’adresser à …Mais à qui donc ?

Et bien disons-le : à tous !

En tout cas à ceux qui veulent approcher une vérité parfois travestie, qui veulent comprendre, au hasard d’un mot pourtant connu, des mécanismes dont la complexité s’est souvent artificiellement construite et qui leur apparaitra subitement et singulièrement débarrassé du superflu qui obstrue souvent la perception de ce qu’il y a de plus simple.

Ce public à un nom, le seul à ne pas être dans le dictionnaire parce qu’il est universel depuis 1789 : les Citoyens !

C’est pour eux qu’il est fait, comme une contribution à leur liberté.

Du machiavélisme du prince à la tyrannie du people

Machiavel et le pouvoir en tant que catégorie rationnelle

Pour Machiavel, le pouvoir est toujours à prendre. Le putsch et les révolutions de palais sont les arrière-plans naturels de la politique. Il pense la politique comme une technique relevant de la seule raison humaine. La religion doit être conservée comme élément de cohésion sociale, car il faut éviter de combattre un phénomène qui a « trop de force sur l’esprit des sots ». Mais attention, il faut se garder de s’abandonner à la religion ou à la morale pour gouverner.

La politique est un ensemble de techniques rationnelles, une capacité de prévisions fondée sur le calcul, elle peut s’enrichir de toutes les données puisées dans l’histoire ou dans l’expérience. L’Etat ne relève pas d’une théorie qu’il faut élucider ou légitimer, c’est une réalité historique qu’il faut assumer dans tous ses aspects, notamment dans la subordination de l’individu pour le « bien commun ». Ce qui implique d’utiliser toutes les armes disponibles, « par-delà le bien et le mal ».

Max Weber et la violence symbolique

Pour Max Weber, « le pouvoir politique, c’est le monopole de la violence légitime ». La violence légitime, c’est la violence qui est reconnue par tous comme légitime, c’est à dire nécessaire au bon fonctionnement de la communauté. Pour Weber, « toutes les dominations cherchent à éveiller et à entretenir la croyance en leur “légitimité” » . Il n’y a pas de domination durable sans revendication de légitimité. Le pouvoir con­siste à imposer une définition, une vision du monde à laquelle les dominés consentent, sans même toujours s’en apercevoir. Une idée reprise par P. Bourdieu avec la théorie de l’habitus, soit une intériorisation des raisons d’agir influant la conduite de l’individu malgré lui.

Karl Marx et la critique de l’idéologie

Pour Karl Marx, l’idéologie est l’ensemble des idées, des valeurs et des normes servant à légitimer la division en classes de la société. L’idéologie au sens marxiste décrit donc l’idéologie dominante en tant que « vision du monde » imposée par la classe dominante. C’est la construction intellectuelle qui expliquerait et justifierait un ordre social existant à partir de raisons naturelles ou religieuses. Cette vision ne serait en réalité qu’un voile destiné à cacher la poursuite d’intérêts matériels égoïstes que la classe dominante utiliserait pour renforcer ou étendre sa domination : ainsi pour renforcer le pouvoir en place, l’idéologie de la classe dominante se présenterait de manière que les intérêts de la classe dominante paraissent être les intérêts de tous. L’idéologie devient une superstructure de la société dont elle émane et qu’elle soutient. Selon Friedrich Engels, « l’idéologie est un processus que le soi-disant penseur accomplit sans doute consciemment, mais avec une conscience fausse. Les forces motrices véritables qui le mettent en mouvement lui restent inconnues, sinon ce ne serait point un processus idéologique. »

La critique de Karl Marx de l’idéologie est d’abord une critique de la misère que cette idéologie cache, misère qui réside dans les rapports sociaux à la fois résultat et moteur de cette misère. La première misère est l’ obligation au travail impliquée dans l’organisation de la société par Le Capital dans laquelle toute personne dépourvue d’une part de ce capital se voit dans l’obligation de vendre sa force de travail. Des auteurs comme HabermasAlthusserThompson (en), vont développer cette conception critique de l’idéologie.

Michel Foucault et le biopouvoir

Pour Foucault, le pouvoir vise à normaliser la société sous des motifs nobles. Là où on voit un progrès dans « l’expérience de l’hôpital », voire dans la « sécurité sociale », Foucault ne voit que la ruse du pouvoir. Une façon pour le pouvoir de mieux cerner l’individu dans sa vie. Bref de le « surveiller », de le « contrôler ». Plus nous nous abandonnons au pouvoir, plus nous nous laissons prendre en charge, moins nous sommes libres. En agissant pour l’individu, le pouvoir agit pour lui. Ce bio-pouvoir remplace peu à peu le pouvoir monarchique de donner la mort. Comme l’Eglise, il se donne pour objectif de sauver un peuple et des individus même si à la différence de l’Eglise sa protection s’étend officiellement sur des corps et non plus des âmes.

Pierre Bourdieu et la fin de la classe dominante

Avec Pierre Bourdieu, ce n’est plus le patron qui opprime mais l’entreprise en tant qu’organisation, ni la classe dominante qui surplombe la classe dominée mais des rapports de force variables entre groupes. Nombre d’individus ont une situation ambiguë. Par certains aspects, ils appartiennent aux classes dominantes mais font par ailleurs, en particulier quand il s’agit de femmes, l’expérience de la domination notamment dans le monde profession­nel. Certains individus subissent des conditions de travail non choisies – en particulier des femmes – tout en appartenant à la classe moyenne. Ainsi il est fréquent que les personnes aient des caractéristiques associées à des groupes dominés mais que par d’autres aspects, ils soient assimilables aux dominants. Dans certains cas, les individus connaissent des parcours sociaux évolutifs avec des phases de mobilité ascendante puis descendante. L’appréhension dynamique de leur parcours récuse la pertinence de la référence à des “classes” dominées. La conscience de la classe ouvrière se détermine aujourd’hui au moins autant vis-à-vis des catégories supérieures que des catégories inférieures.

Boltansky et l’idéologie managériale

L’invitation au développe­ment personnel, née dans l’espace du néomanagement (Boltanski/Chiapello, 1999 :140), constitue une exigence normative qui pèse sur la vie des individus, les­quels doivent répondre à l’injonction d’être les acteurs de leur “épanouissement”, de leur “développement”, de leur vie. Ils doivent faire preuve de flexibilité et de souplesse. La logique du “projet” a été interprétée comme un méca­nisme permettant de faire accepter aux individus une forme de sélection sociale com­me le fruit de “leur” échec personnel. Elle contribue ainsi à l’intériorisation de l’échec (Martuccelli, 2004 :493). Sous cet angle, s’exerce un mécanisme subtil contraignant les acteurs à accepter leurs “destins” sociaux, sans que soit envisagé ou reconnu le fait que l’horizon du possible, pour les différents acteurs, continue de s’ordonner selon la hiérarchie des positions sociales. Les salariés du privé les mieux rémunérés défendront cette orientation normative que récuseront des individus dont les professions se prêtent mal à ce type d’évaluation, en particulier dans les métiers du social, de la santé ou de l’éducation. Cette appel méritocratique à la responsabilité et à la responsabilisation – dont les politiques pu­bliques se font le relais – constitue l’un des vecteurs de la domination sociale, dans la mesure où s’opère de la sorte un transfert à l’individu de tout ce qui lui arrive, associé à la croyance qu’il a toujours la possibilité de “faire” quelque chose de sa vie.

A

Absence : Si l’absence imprévue d’un subalterne n’est qu’une source d’irritation,  celle du dirigeant équivaut à un avertissement ou à une prise de distance. – Voir aussi : Présence. –  « Sur les défections plus intentionnelles, uniquement motivées par son statut de candidat putatif à la présidentielle, Macron se fait mordant : « Les responsables français qui n’ont pas voulu venir, c’est qu’ils n’avaient pas grand-chose à dire. Ou alors ils ont subi des pressions, ils ont accepté de se soumettre aux pressions… » », Nathalie Raulin, A Lyon, Macron compte les absents, 24 septembre 2016

Abstention : Exprimant l’indifférence d’une partie du corps électoral beaucoup plus que son rejet de la classe politique, l’abstention se combat par le surlignage des divergences et la dramatisation du scrutin. –  Voir aussi : Silence, Absence. –  « (…) Mais pourquoi n’êtes-vous pas allés voter ? Parce que votre vie est dure, que vous vous sentez abandonnés ? Que vous êtes déçus par la politique nationale ? Tout cela ne vous intéresse pas ? Vous aviez des courses de Noël à faire ?!! Nous avons la chance de vivre dans un pays où il y a liberté de vivre et de circuler, de s’exprimer : un pays démocratique. Tant de gens dans le monde nous envient cela ! Tant de gens sont morts pour cela ! Les tragiques événements du 13 Novembre nous ont rappelé violemment les valeurs auxquels nous tenons. Et vous laisseriez à d’autres le soin de décider à votre place ? (…) », L’appel aux abstentionnistes de Claudette Brunet-Lechenault, présidente du PRG 71, 7 décembre 2015.

Abus de pouvoir : S’il y a bien un pouvoir que le pouvoir n’a pas c’est bien celui de se limiter. – Voir aussi : Harcellement, Equilibre des pouvoirs, Contre-pouvoirs. –  « La décision d’interdire les espaces où les voix des personnes affectées par le climat auraient pu s’exprimer, est l’expression dramatique d’un abus de pouvoir. » – Naomi Klein, Mediapart, 23 novembre 2015.

Acceptabilité : Perméabilité de l’opinion à la nécessité de consentir des sacrifices. Une donnée sous-estimée par les politiques toujours confiants en début de mandat et méprisée par les experts indifférents aux sanctions électorales. – Voir aussi : Créer l’adhésion, Sondage. –  « Selon les riverains eux-mêmes, interrogés, la réglementation actuelle garantit d’ores et déjà l’acceptation des éoliennes par les habitants et leur intégration dans le paysage. », Communiqué de presse de France Energie Eolienne, avril 2015.

Action : L’action distingue les hommes de pouvoir de ceux qui se contentent de commenter, de réfléchir ou d’exécuter. – Voir aussi : Volonté, Intellectuel, Expert. –  « Les meneurs ne sont pas, le plus souvent, des hommes de pensée mais d’action. Ils sont peu clairvoyants et ne pourraient l’être, la clairvoyance conduisant généralement au doute et à l’inaction. », Gustave Le Bon, Psychologie des foules –  “Les hommes de pensée préparent les hommes d’action. Ils ne les remplacent pas. ”, Gustave Le Bon, Hier et Demain. –  « Il faut d’abord savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l’énergie de le faire. », Georges Clemenceau.

Activité professionnelle : L’activité professionnelle s’accommode mal d’un engagement politique. Trois solutions s’offrent malgré tout pour surmonter l’inconciliable : avoir déjà réussi, tirer un trait sur sa carrière ou devenir un professionnel de la politique. – Voir aussi : Carrière. – « Mais qui nous allons avoir à l’Assemblée ? Il n’y aura plus d’agriculteurs, plus de médecins, de chirurgiens, d’avocats, de plombiers zingueurs, de maçons. Il y aura des apparatchiks et des fonctionnaires ! » – Christian Jacob sur Europe 1, à propos de l’idée d’interdire aux députés d’exercer une activité professionnelle pendant leur mandat. 

Actualité : L’actualité constitue une source inépuisable de commentaires à chaud. Pour multiplier les chances de reprises média, peu importe l’intérêt et l’originalité du propos. Il faut surfer et, si possible, tirer le premier. –  Voir aussi : Saturation (stratégie de). – « Chauffé par ses succès de tribunes dans les salles municipales, M. Le Maire pousse sa ligne droitière dans les studios de télévision parisiens où il surfe sur l’actualité sans craindre la démagogie. » – Alexandre Lemarié et Matthieu Goar, Bruno Le Maire officialise sa candidature à la primaire de la droite, Le Monde.

Administration : Sans administration, un politique ressemble à un général sans armée. – Voir aussi : Fonctionnaire, Haut fonctionnaire, Délégation. – « Sur ces postes, j’ai demandé à mon secrétaire général de favoriser la mobilité de fonctionnaires de l’administration centrale du ministère de la Culture et de la Communication » – Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, discours prononcé à l’occasion de la rencontre avec les préfets, 14 décembre 2012.

Adversaire : Tout adversaire étant une façon de se positionner, on le choisira d’autant plus fort qu’on est faible et d’autant plus faible qu’on est fort. – Voir aussi : Concurrent.

Affaires : Comment tel dirigeant a-t-il pu succomber à la tentation alors que tous les regards étaient fixés sur lui ? Comment tel autre a-t-il pu ne pas voir que l’activité de son épouse relevait d’un conflit d’intérêt ? Et pourquoi avoir réagi dans la précipitation au risque de devoir se contredire le lendemain ? En politique, comme ailleurs, l’inconscient parle parfois plus fort que l’intérêt. Ajoutez-y l’ivresse du pouvoir et le sentiment d’impunité en qui résulte, et la certitude d’être dans son bon droit peut facilement déboucher sur une forme symbolique de suicide. – Voir aussi : Scandale, Crise, Narcissisme. – « Ils sont maintenus comme hors-sol, habitués à ne jamais rien payer. », L’incivilité de Michèle Alliot-Marie, Thomas Legrand, Slate – Quelques affaires célèbres : les cigares de Christian Blanc, le permis de construire d’Alain Joyandet, le HLM de Fadela Amara, la « saga Bettencourt » d’Éric Woerth.

Affiche : Témoignage d’une époque révolue, celle du marketing triomphant, de l’affichage sauvage et du militantisme politique, l’affiche ne se dévoile plus sur les panneaux que dans les derniers jours. – Voir aussi : Slogan, Marketing politique, Publicité.

Afficher : On parlera d’affichage quand la dimension symbolique d’une annonce importe autant, sinon plus, que sa portée effective. Souvent accolé au mot « détermination », l’affichage annonce le combat.  – Voir aussi : Volonté, Détermination, Symbolique. – Projet de loi El Khomri, quelques titres d’articles : « Le gouvernement affiche sa fermeté face aux chauffeurs Loti » ; « Martine Aubry affiche son opposition à la politique du gouvernement » ; « Une pétition contre la loi El Khomri affiche 200 000 signatures » ; « Projet de loi El Khomri : le gouvernement affiche son unité face à la fronde qui monte » ; « Loi Travail : Myriam El Khomri affiche sa détermination à défendre le projet ».

Âge : Pour peu qu’il ne rime pas avec la fatigue, la lassitude et l’absence de projet, l’âge constitue plus souvent un atout qu’un handicap politique. – Voir aussi : Age(bon). – « Le grand art c’est de durer », Metternich – « Il y a un vieux fond de jeunesse en moi qui résiste à tout. », Georges Clemenceau – « Qu’est-ce que la vieillesse ? C’est d’abord perdre la curiosité. », Mitterrand par Mitterrand – « Fatigué, vieilli » ? (…) j’entends, des propos sur le physique, le mental, la santé, c’est tout de même un peu curieux, une technique qui s’apparente un peu au délit d’opinion, presque au délit de sale gueule. », Jacques Chirac, mars 2002 – « Il a dix ans de plus que moi. Puis-je rêver d’un meilleur rival ? Il me fait passer pour un jeune ! », Propos de Nicolas Sarkozy au sujet d’Alain Juppé rapporté par Le Point, août 2015 – « (Le pouvoir) est aussi un élixir de jouvence capable de maintenir debout des vieillards qui, sans lui, mangeraient depuis longtemps les pissenlits par la racine. Ils ont besoin de lui pour respirer, espérer, et, enfin, vivre. », Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président.

Âge (bon) : Pour espérer faire carrière au sein d’un parti, plusieurs possibilités s’offrent à l’ambitieux : commencer une carrière militante entre quinze et vingt ans, décrocher un bon diplôme ou un premier mandat électif avant trente ans, être installé professionnellement à quarante. Reste à savoir quand il faut se retirer de la scène publique mais c’est une autre histoire… – Voir aussi : Age (bon), Carrière. – « Je ne voulais surtout pas faire le mandat de trop, donner l’impression que je m’accroche à mon fauteuil. Après, il fallait trouver une personne qui ait les qualités nécessaires à la fonction et qui soit volontaire. », Bernard Cortequisse, ex-maire de La Neuville, octobre 2015.

Agence gouvernementale : Externalisation publique permettant de s’affranchir des contraintes de l’administration centrale, pour le meilleur comme pour le pire. – Voir aussi : Externalisation. –  « Fin 2010, il existait en France 1244 « agences », selon un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) révélé lundi par Le Parisien. Certaines sont très connues comme Pôle emploi, les musées, les universités. D’autres beaucoup moins, comme le Fonds national de promotion et de communication à caractère national en faveur de l’artisanat (FNPCA)… » – Cécile Crouzel, Le grand gaspillage des agences publiques, Le Figaro.

Alcool : Le début du XXIe siècle est à la sobriété. Pas à l’épicurisme. Il sera bientôt aussi déplacé de boire un verre de vin au déjeuner qu’il était inconvenant de fumer à table lorsque la cigarette était autorisée. – Voir aussi : Alimentation, Tabac – « Comment ? Les députés boivent ? Ce n’est pourtant pas un secret, à l’Assemblée nationale, le vin et la bière sont au rabais. Rue89 rappelle d’ailleurs son prix : 80 centimes d’euros, forcément, la buvette n’est pas là pour faire du profit mais pour remplir sa fonction première, désaltérer les députés. À bien des égards, l’endroit s’est imposé comme un lieu incontournable pour tout député qui se respecte (ou pas). » – Alcool et politique font-ils bon ménage ? Stanislas Kraland, Le HuffPost.

Aliénation : Concept marxiste par excellence, l’aliénation est l’intériorisation d’une soumission inconsciente se vivant comme un choix délibéré. – Voir aussi : Domination. – « Le mot oscille entre la description objective d’une situation d’exploitation – être dessaisi par (et pour) un autre – et la prise de conscience de cette condition – devenir un autre. », Paul Ricœur, Aliénation, Encyclopædia Universalis.

Alimentation : L’estomac n’étant plus synonyme de pouvoir et de réussite, les politiques évitent désormais de jouer les prolongations à table et se plient à une hygiène alimentaire parfois drastique. Restent les élections particulièrement éprouvantes pour ceux qui peinent à garder la ligne. Un tel challenge s’avère carrément impossible en milieu rural. – Voir aussi : Look, Pipolisation, Santé. – “J’apprécie plus le pain, le pâté, le saucisson, que les limitations de vitesse.”, Jacques Chirac – « Allez, monsieur le Ministre, une dernière pour la route ! De la charolaise ! Vous pouvez pas refuser ! », Bruno Le Maire, Jours de pouvoir – « Il faut savoir manger circo ! », Stéphane Le Foll cité par Laurent Bazin et Alba Ventura, Le bal des dézingueurs – « Et à Matignon, la cuisine, c’est comment ? – Diététique, réplique le Premier ministre. A Matignon, on mange léger et sain », Jean-Marc Ayrault cité par Laurent Bazin et Alba Ventura, Le bal des dézingueurs.

Alliance : Si les alliances constituent un passage obligé pour gagner une élection, elles vacillent inévitablement une fois le pouvoir conquis. – Voir aussi : Accord. – « Nous allons devoir unir autour de nous, c’est toute notre stratégie d’alliance populaire qui consiste à dépasser le PS afin de construire une nouvelle donne dans le paysage politique français qui soit à la fois sociale et écologiste et qui permette de préparer la présidentielle. », Jean-Christophe Cambadélis, atlantico.fr, novembre 2015

Alliés : Entre égaux, le statut quo va rarement de soi. Il faut bien que l’un prenne le leadership pour que tous n’en viennent pas s’écharper. – Voir aussi : Alliance.

Allouer Lorsque le pouvoir consacre une nouvelle priorité, décide de le prouver et de le faire savoir, il alloue un budget. – Voir aussi : Finances.

Altermondialisme : Courant contestataire et internationaliste en quête de second souffle. – Voir aussi : Extrême gauche, Mondialisation.

Alternance : C´est à ce moment charnière que le politique prend la mesure du pouvoir de l’administration. – Voir aussi : Election. – « Si tu avais foi comme un grain, De sénevé, tu dirais, A cette administration, Bouge ! Et alors, elle bougerait ? », Charles de Leusse.

Amalgame : Court-circuit du raisonnement. – Voir aussi : Rhétorique. – « Les autorités de santé publique persistent à faire l’amalgame entre le vin et les autres boissons alcooliques, en particulier les alcools « durs » (gin, vodka, whisky) », PPL Courteau, François Vignal, Le vin, « un atout en termes de santé publique » selon un sénateur, 21 octobre 2016.

Ambitieux : On pardonne tout à un ambitieux qui réussit. – Voir aussi : Amitié, Carrière, Professions politiques, Trahison – « Pour un ambitieux, le plus court chemin de l’amitié à la réussite, c’est la trahison. », Cardinal de Bernis.

Ambition : Le seul carburant qui permette de monter les pentes et de supporter les chutes. S’assume aujourd’hui sans complexe à droite. – Voir aussi : Carrière – « Je pense que ma candidature peut apporter une plus-value au FN, et je n’ai pas le goût de l’effort inutile. » – Marine Le Pen en campagne pour la présidence du FN, « On a une chance de devenir président un jour quand on y pense sans arrêt, y compris le matin en mettant ses chaussettes. », François Mitterrand – « A un certain niveau, on réussit comme ça : il faut être obsessionnel. », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir – « Devenir président ? Arrêtez vos conneries ! Evidemment que tout le monde l’envisage ! Sinon ne fait pas de politique. En France, en ce moment précis, ils sont une dizaine à y penser. Pour moi, le mystère c’est ceux qui le disent… Le dire, c’est déjà douter ! », NKM, février 2008, Le bal des dézingueurs, Laurent Bazin et Alba Ventura.

Amender : Rares sont les occasions d’initier et de rapporter une loi. A défaut, on aura à cœur de proposer ou porter des amendements – Voir aussi : Légiférer.

Amis : Les amis politiques désignent des personnalités d’un même camp ou, sur un mode ironique, des rivaux potentiels. Sur un plan personnel, le mot a quoi qu’il en soit perdu l’essentiel de son intensité affective et positive depuis que, sur Facebook, il sert tout aussi bien à manifester un intérêt bienveillant qu’une détestation absolue. – Voir aussi : Amitié, Concurrents – « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ! », Voltaire – “Mieux vaut maintenir en place un adversaire docile qu’installer un ami indocile.”, François Mitterrand.

Amis / Ennemis : Emportés par leurs ambitions et leurs convictions, certains aspirants en viennent à oublier une règle fondamentale de la politique : ne jamais se faire plus d’ennemis que d’alliés. – Voir aussi : Conccurent, Adversaire.

Amitié : Mieux vaut cultiver des relations d’égal à égal et de confiance en dehors du sérail ou considérer l’amitié pour ce qu’elle est peut-être aussi : une proximité d’idée, une convergence d’intérêt ou une absence de concurrence temporaire. – Voir aussi : Intimité , Alliance. – « Dans la vie politique, on ne se fait pas, on ne se crée pas de véritables amitiés. On a quelques bons compagnons. », François Mitterrand, Autrement– « Souvent, l’amitié est une perte de temps. Quand elle ne devient pas un boulet. Il faut donc qu’elle soit utile. C’est ainsi qu’elle se pratique depuis la nuit des temps dans les lieux de pouvoir. », Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président – « Avec lui, on finit toujours pas se sentir un peu blousé quand on a cru avoir une grande proximité. », Jacques Toubon au sujet de Jacques Chirac, cité par Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président – « Ce beau nom, en politique, ne doit pas être pris au pied de la lettre » – Dictionnaire amoureux de la politique, Philippe Alexandre – « Il n’y a que des amitiés de circonstance. Ou des additions d’intérêts. C’est la même chose. », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Anarchisme : Prônant la liberté et le primat de l’individu sur toute forme de domination, l’anarchisme pourrait bien avoir trouvé sa plus juste traduction dans la société de consommation. – Voir aussi : Extrême gauche.

Anecdotes : Pour animer une table, échanger avec un journaliste ou illustrer un discours de campagne, tout politique chevronné se doit d’avoir des anecdotes à raconter et des infos off à rapporter. – Voir aussi : Blagues, Humour.

Angle d’attaque : Message martelé sur tous les tons et sous toutes les formes, censé disqualifier l’adversaire sans affaiblir l’attaquant. –  Voir aussi : communication.

Annonce : Depuis l’annonce faite à Marie, le principe reste le même : frapper les esprits et engager une dynamique orientée vers le Salut. – Voir aussi : Annoncer – « The Humanity Party», qu’on peut visiblement aussi désigner sous l’acronyme «Thump», a publié une vidéo sur Youtube pour signaler son lancement. La vidéo s’ouvre en respectant les codes du collectif, de nombreux masques de Guy Fawkes (le symbole des Anonymous) sont présents. Après une minute d’introduction, un membre d’Anonymous prend la parole pour y exposer les raisons de la création de ce parti et en présenter les orientations et les aspirations. » Anonymous annonce le lancement de son mouvement politique mondial,  Direct Matin, 21 Juin 2016.

Annoncer : En politique comme sur les marchés financiers, l’annonce est supposée produire autant d’effet, sinon plus que la mesure proprement dite.

Anticiper  : Qualité première des Machiavel qui, sans avoir nécessairement de vision claire, se gardent bien de faire confiance au présent ou d’insulter l’avenir. – Voir aussi : Prudence – « Celui qui ne prévoit des choses lointaines s’expose à des malheurs. », La théorie de la grande guerre, Carl von Clausewitz ; “Dans la vie politique, il faut être offensif. Si on se défend, on a déjà perdu.”, François Mitterrand – « Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir. », François Mitterrand

Antiracisme : Ligne de front plombée par le conflit du proche orient et les divergences politiques qui en résultent. – Voir aussi Antisémitisme, Antisionnisme. – « N’est-il pas étrange que l’on recommence à parler des races au moment où elles se mêlent de plus en plus et où l’unité de leur caractère parait singulièrement compromise ? », Georges Clemenceau.

Antisémitisme : Ressort fondamental du complotisme, de gauche comme de droite, mélange d’intégrisme catholique, de nationalisme complexé et de désir de revanche, l’antisémitisme connait un regain dans la politique, les médias et la vie quotidienne depuis le déclenchement de l’Intifada en septembre 2000. – Voir aussi : Racisme, Complotisme – « Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique », Georges Frêche au sujet de Laurent Fabius.

Août : Mois de tous les risques depuis qu’à la continuité du service public s’est ajoutée le devoir de permanence politique. – Voir aussi : Crise médiatique.

Apolitisme : Sensibilité érigeant le dialogue et la gestion en finalités ultimes de la politique. Caractéristique des élus des petites communes. Reste une question : les apolitiques sont-ils en réalité tous de droite ? – Voir aussi : Centrisme (Idées) – « Je suis apolitique depuis toujours. Je vote à droite comme à gauche, je siège dans un groupe apolitique à la communauté urbaine de Lille et je n’ai jamais donné ma signature à un parti, je trouve donc ça dommage d’être estampillée divers droite. », Marie-Thérèse Pincedé, maire de Forest-sur-Marque (1475 habitants) lors de son dépôt de liste aux élections municipales de 2014. 

Appartement : Il en existe de toutes tailles et de tous standing mais deux types de logements sont une source inépuisable d’affaires : les appartements de fonction et les logements sociaux. – Voir aussi : Attributs du pouvoir – « Des chargés de mission sont logés, pour les besoins du service, dans des immeubles de fonction et d’époque tandis que leurs patrons sont obligés tous les soirs de quitter leurs dorures républicaines ». – Jean de la Fougère ; Affaires liées à des appartements : Alain Juppé en 1995, Gaymard en 2005.

Arbitraire : L’essence même du pouvoir. Un pouvoir qui devrait expliquer chacune de ses décisions ne serait plus un pouvoir. L’arbitraire, au contraire, permet de rappeler qui est le chef en obligeant toute une équipe à s’incliner devant une décision injustifiée et souvent injustifiable. Attention : l’arbitraire ne reste supportable que si le leader en use avec modération. – Voir aussi : Fait du prince

Arbitrer : Choix entre deux solutions aussi peu satisfaisantes l’une que l’autre. Un grand classique en politique. – Voir aussi : décider

Arène : Lieu imaginaire des campagnes et des débats médiatiques où les grands fauves sont invités à confronter leur force et leur adresse. Comme au bon vieux temps des romains, la cruauté y est particulièrement appréciée, surtout lorsque le peuple baisse le pouce. – Voir aussi : Animal politique, Cruauté – « (l)es grands fauves se cachent pour panser leurs plaies », On n’est jamais mort en politique ! De Mitterrand à Sarkozy, Clélie Mathias

Argent : Pour réussir en politique, l’argent ne doit plus être une préoccupation. Soit parce qu’on en possède beaucoup, soit parce qu’on se satisfait de peu. – Voir aussi : Carrière. – « Quand on fait de la politique, on s’arrange pour ne pas avoir de château. Sauf s’il est dans la famille depuis Louis XV. », Georges Pompidou – « Comme Mitterrand, Chirac n’est pas entré en politique pour faire fortune (…) Mais il a toujours tendance à confondre ses poches et les caisses de l’Etat. », Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président 

Argument : Le choix des arguments s’opère suivant des stratégies logiques, idéologiques et rhétoriques puis évolue au gré des échanges contradictoires. – Voir aussi : Rhétorique, Dialectique, Débat.

Argument d’autorité : Le « C’est comme ça » n’a plus court que dans les familles. Et encore, de moins en moins. – Voir aussi : Autorité. – « L’argument d’autorité est la dernière bouée à laquelle se raccrochent des élites en perdition démocratique : si nous pensons tous ainsi, cela doit être vrai. », Raphaël Gluksmann, Notre France.

Assemblée nationale : A l’inverse du Sénat, où les discussions sont plus feutrées, l’Assemblée nationale est un lieu de guerre permanente. Les députés jouent des coudes pour décrocher un temps de parole, présenter un amendement, rapporter une loi. La majorité se bat pour gagner du temps et l’opposition pour ralentir la procédure au maximum. Le tout dans une ambiance commandée par l’urgence et la pression médiatique. – Voir aussi : Pouvoir législatif, Député, Sénateur, Sénat.

Assistante : Soit maman, soit chienne de garde, soit les deux, la bonne assistante pose peu de questions et connait son patron sur le bout des doigts. Parfois même sur le bout des lèvres. – Voir aussi Collaborateur.

Association de consommateur (ou d’usager) : Promoteur des intérêts individuels face aux intérêts collectifs qu’ils soient privés ou publics. – Voir aussi : Entreprise, Administration.

Association politique : Présidée par un candidat potentiel, l’association politique est indispensable pour recueillir des fonds. – Voir aussi : Parti.

Attaché (Collaborateur) parlementaire : C’est à la qualité et à l’expérience de ses collaborateurs que se mesure l’intérêt d’un parlementaire pour son mandat. – Voir aussi : Collaborateurs. – « L’agenda, répondre au téléphone à l’Assemblée, rédiger des discours, des amendements, des propositions de loi, des positionnements politiques, lui conseiller d’aller sur tel ou tel terrain, gérer des rapports, des interviews, faire des éléments de langage pour la presse, développer un réseau de journalistes et prendre des rendez-vous pour lui. Certains députés ne sont, malheureusement, pas intéressés par le travail parlementaire — proposer des amendements, des propositions de lois — et n’ont donc pas de collaborateur à Paris à l’Assemblée. Ils préfèrent embaucher chez eux leur femme, leur famille, c’est autorisé mais plafonné à la moitié de l’enveloppe.” Assistant d’un député, je gagne 2032 euros/mois : c’est peu vu le travail accompli, Cédric L.
Assistant parlementaire, leplus.nouvelobs.com.

Attaché(e) de presse : Les attaché(e)s de presse en charge d’un dirigeant connu doivent canaliser la curiosité des médias quand ceux et celles qui gèrent l’image d’un ambitieux doivent susciter l’intérêt des journalistes. Une tâche éprouvante dans les deux cas. – Voir aussi : Presse. – « Dans la famille des attachées de presse, je demande… l’attachée de presse traumatisée. Elle, elle s’est tellement fait envoyer bouler qu’elle ose à peine vous parler.… La stagiaire attachée de presse qui a une liste de 557 journalistes à relancer et qui n’en peux plus (on la comprend, en même temps) (…) … celle qui ne doute de rien « (…) Et vous allez en parler quand ? » Euh… Jamais ?! », deedeeparis.com.

Attaque : Il n’est jamais bon de jouer le rôle de l’agresseur. L’agressé, lui, saura garder son sang-froid et prendre le temps de la réflexion pour apprécier l’intérêt d’une réponse et le message le plus adapté quand, généralement, l’entourage le pressera de réagir. – Voir aussi : Débat. – « Si vous alimentez, ne serait-ce qu’avec un gramme de farine, une sphère qui est dans un état d’excitation absolue, vous mettez vous-même dix balles dans la machine pour provoquer des papiers ! Donc on assèche et on parle quand on a quelque chose à dire. », Anne Hommel cité par Luc Hermann et Jules Giraudat, Jeu d’influences.

Attaque personnelle : L’attaque ad hominem comporte un risque élevé d’effet boomerang. On chargera donc les seconds couteaux et autres porte-flingues de lancer boules puantes et petites phrases assassines. L’attaqué se gardera bien de répondre. Il fera lui aussi monter sa garde rapprochée. – Voir aussi : Attaque – « (…) On apprend par un ennemi, bien plutôt que par des amis, ces défauts naturels qui frappent tout le monde. » – Œuvres morales, Plutarque ; « Le sage tire plus de profit de ses ennemis que le fou n’en tire de ses amis. » – L’homme de cour, Baltasar Gracian.

Audace : La seule solution pour s’imposer lorsque les recommandations et les appuis ne suffisent pas.

Austérité : Quand l’exercice du pouvoir entend se résumer à rationaliser les dépenses courantes et procéder à des coupes budgétaires. Expression à prohiber.

Autoriser / interdire : Blanc-seing conféré à une pratique jusque-là suspectée d’illégalité ou d’illégitimité. Son contraire répond le plus souvent à la nécessité de réagir un drame largement médiatisé. – Voir aussi : Oui.

Autoriser un dépassement budgétaire : Tout projet voulu par l’homme de pouvoir est amené à connaître un dépassement budgétaire. – Voir aussi : Budget (Décision), Finances (Règles).

Autorité : L’autorité est un pouvoir qui se soustrait à la discussion. Aujourd’hui, elle ne doit plus grand chose à la tradition ou au statut mais quasiment tout à la notoriété et au succès. – Voir aussi : Ordre, Notoriété. – « Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. », Encyclopédie, 1751-1772

Avantages : Terme générique désignant tout ce dont un dirigeant peut bénéficier pour attester de son statut, lui permettre de réaliser sa mission et compenser le caractère temporaire de sa fonction : voiture, chauffeur, frais de bouche, moyens humains et matériels mis à disposition personnellement, logement, retraite, indemnité de départ, etc.

Avril : Mois tendu pour rattraper le retard accumulé en mars, enjamber le mois de mai et anticiper le mois de juin.

B

Balkanisation : Processus d’éclatement de l’opposition favorisé par la défaite collective et l’affirmation des égos. La meilleure façon de « diviser pour mieux régner » est de susciter et d’encourager les vocations tout en jouant l’ouverture. – Voir aussi : clivage.

Bande : Soudée par la conquête du pouvoir, la bande explose ou se transforme en réseau des « anciens » lorsque le chef gagne ou jette l’éponge. – Voir aussi : Amis. – « Pour devenir homme d’Etat, il faut d’abord être chef de bande. Il n’est encore que chef de bureau. », Franz-Olivier Giesbert au sujet d’Alain Juppé en 1995, La tragédie du président.

Bashing : Précédé du nom d’une personnalité, le bashing désigne une spirale médiatique portant toutes les actions au débit de leur instigateur. Une fois enclenché, le mouvement descendant est difficile à inverser. La meilleure façon de survivre à cette période difficile ? Prendre son mal en patience, attendre qu’un autre devienne à son tour la tête de turc des médias et s’astreindre à une diète médiatique. – Voir aussi : Attaques. – Quelques titres de Unes célèbres – concernant Nicolas Sarkozy : « Cet homme est-il dangereux ? », « Le voyou de la République », « Sarko et les psys » – concernant François Hollande : « On se réveille ? », « Monsieur Faible », « Pépère est-il à la hauteur ? »

Besoins (pyramide des) : Pas d’estime sans appartenance ni d’appartenance sans sécurité : une règle fondée sur trois besoins individuels et indispensable pour comprendre la vie en société.

Biais de raisonnement : Filtre de la perception mettant la réalité en cohérence avec ce que l’on voudrait qu’elle soit. – Voir aussi : Opinion – « l’imaginaire du complot est insatiable, et la thèse du complot, irréfutable : les preuves naïvement avancées qu’un complot n’existe pas se transforment en autant de preuves qu’il existe ». – La foire aux illuminés, Pierre-André Taguieff

Bilan : Le faire. En parler le moins possible. Se concentrer sur la seule chose qui importe : le futur. – Voir aussi : Gestion. – « Une campagne ne se conduit jamais sur un bilan, si excellent soit-il. », Dominique de Villepin, La tragédie du président. Scènes de la vie politique, 1986-2006, Franz-Olivier Giesbert

Binôme concurrentiel (stratégie du) : Fondée sur la comparaison entre deux personnalités concurrentes, la stratégie du binôme concurrentiel consiste pour chaque élément à prendre le contrepied systématique des défauts de l’autre pour mieux mettre en exergue ses propres qualités. – Voir aussi : Concurrent

Blagues : Entre pairs, la blague est une marque d’esprit et de confiance en soi. – Voir aussi : Humour.

Blog : Canal d’émission des demi-vérités et des rumeurs sulfureuses. Un moyen également de faire partager sa vision de la vérité en phase pré-orageuse. – Voir aussi : Internet.

Bobos : Classe moyenne supérieure des grandes métropoles affectionnant les idées raisonnables et les politiques modernes, le cosmopolitisme et le métissage, le politiquement correct et le dépassement du clivage gauche/droite.

Bon client : Le « bon client » fait partie de ce cercle réduit d’hommes de pouvoir appréciés par les journalistes pour leur disponibilité et leur absence de langue de bois. – Voir aussi : Presse, Journaliste.

Bon mot : Le bon mot vole souvent trop haut ou trop bas pour ne pas viser à côté. – Voir aussi : Humour, Blague.

Bonheur : A vouloir faire le bonheur des individus, la politique a versé dans l’horreur et le totalitarisme. Une raison suffisante pour s’en tenir désormais à la lutte contre les inégalités et la pauvreté, au financement d’une salle de spectacle ou d’un parcours santé. – Voir aussi : Utopie

Boule puante : Information vraie ou vraisemblable destinée à décrédibiliser un adversaire en pleine offensive.

Boulette, gaffe : Quoi de plus humain et de plus véniel que la boulette. – Voir aussi : Polémique. – « On a tous en tête le désormais célèbre « Quand je rentre, je me couche. Trop épuisé. Avec toi ? » d’Éric Besson, maladroitement rattrapé par un douteux « LOL et excuses. Ça m’apprendra à manipuler la liste des brouillons et à appuyer par erreur sur la touche envoi. » (…) Employer un mot pour un autre peut parfois coûter très cher. Si la « fellation » et le « gode de conduite » de Rachida Dati ou la « bravitude » de Ségolène Royal font désormais autorité en la matière, on oublie trop souvent que Brice Hortefeux a confondu « empreintes génétiques » et « empreintes génitales » ou que le livre préféré de Frédéric Lefebvre est « Zadig et Voltaire … », Victoria Gairin, Le palmarès des plus belles gaffes politiques, lepoint.fr, 7 juin 2012

Bourde : En voulant corriger une image trop terne et une campagne trop morne, les candidats modérés en viennent à commettre des bourdes qui entachent leur image autant que du gros rouge. Il arrive aussi que l’inconscient s’y mette. – Voir aussi : Médias. – « Oui comme tout le monde », répond le député UMP Laurent Wauquiez quand Thierry Ardisson lui demande s’il lui est arrivé de fréquenter le site de vidéos pornographiques YouPorn, décembre 2013 – « Le métro ? Pour NKM, un « lieu de charme » ou l’on connait des moments de grâce » et où l’on fait des « rencontres incroyables » …

Bureau : Organe exécutif et par définition restreint des associations.

Bureau (local) : Selon que le pouvoir souhaite affirmer ou se montrer proche, les visiteurs seront accueillis derrière le bureau ou autour de la table basse. Au moment de l’aménagement de la pièce, une attention particulière sera par ailleurs prêtée à la pile de dossiers (trop basse, elle donnerait l’impression d’une absence d’activité, trop haute, d’un débordement) et aux objets personnels censés délivrer chacun un message bien particulier.

C

Cabinet : Antichambre du pouvoir où se préparent les décisions les plus importantes, s’expédient les affaires courantes, se hiérarchisent les priorités, se régulent les entrevues et s’organisent les prises de parole. – Voir aussi : Directeur de cabinet, Chef de cabinet

Cabinet ministériel : Accélérateur mais aussi marqueur politique de carrière pour les jeunes ambitieux. – Voir aussi : Cabinet, Directeur de cabinet – « Comme toute grande entreprise, le cabinet fonctionne dans la lâcheté des non-dits et la violence du fait accompli. » – Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt  

Cabinet noir : Cellule chargée des basses œuvres. – Voir aussi : Porte flingue, Boule puante.

Cadeau : Ne saurait rendre son destinataire redevable d’autre chose que d’un remerciement. – Voir aussi : Corruption (tentative de). – « Où commence et où finit la corruption? Autour d’une table lorsqu’un fonctionnaire « négocie » un contrat avec l’un de ses proches ? Sur un parcours de golf offert par un fournisseur au responsable du budget que lui-même décide d’attribuer à celui qui aura offert le meilleur parcours et si possible le plus loin possible (billet d’avion et logement en prime), ou bien lorsque ce même responsable communique des informations essentielles et confidentielles pour aider à une soumission… ?», Où commence et où finit la corruption ?, luxprivat.lu, 4 juin 2012

Cadre du parti (apparatchik) : Un métier en voie de précarisation du fait des changements plus fréquents de direction et des coups d’accordéon budgétaires liés aux alternances.

Calembours : Affublant le politique d’un sobriquet, le calembour était très en vogue sous les troisième et quatrième républiques. Le jeu de mot en dit aujourd’hui plus sur l’âge de son auteur qu’il ne ridiculise celui qui en est la cible. – Voir aussi : Cruauté, Formule (assassine). – Surnoms donnés par Clémenceau au maréchal Joffre : « le sommeil d’Austerlitz » et à Edouard Henriot : « le discrédit lyonnais ». Surnom donné par Léon Daudet à Georges Clemenceau : « Perd la victoire ». Surnom donné par Jean Galtier-Boissonière à un ministre de Pétain : « gestapette ». De Gaulle au sujet de l’affaire Markovic qui éclabousse Gorges Pompidou : « En somme, c’est le Borgia gentilhomme ! ». Michel Charasse au sujet du mariage homosexuel célébré par l’écologiste Noël Mamère : « ça pourrait être un film. J’ai même le titre : Mamère Noël est une ordure. » Surnom donné par ses amis écologistes à Eva Joly, candidate écologiste aux présidentielles : « Eva dans la mur ». L’entourage de Laurent Fabius au sujet de François Hollande : « Guimauve le Conquérant ». 

Calendrier (maîtrise du) : Attribut fondamental du pouvoir, la maîtrise du calendrier constitue le ressort le plus efficace de l’anticipation. – Voir aussi : Pouvoir d’initiative.

Campagne : Empruntant à la mafia ses méthodes expéditives et à l’amour sa rhétorique romantique, une bonne campagne démarre avant toute déclaration par une solide préparation du terrain. – Voir aussi : Pré-campagne, Terrain – « Ils croient qu’une campagne, c’est de la pêche à la ligne. En fait, c’est une partie de chasse. », Jacques Pilhan cité par François Bazin, Le sorcier de l’Elysée – “Dans une campagne, il faut aller chercher les électeurs avec les dents.”, Jacques Chirac, Le Dauphin et le régent.

Candidature : Pour disposer de quelques chances de succès, une candidature doit être investie par un parti de gouvernement, soutenue financièrement et portée par les médias ou/et une partie de l’opinion. – Voir aussi : Election.

Cannibalisation (stratégie) : La stratégie de cannibalisation consiste à s’approprier les thèmes d’un autre candidat ou d’un autre parti. Tout l’art consiste à ce que les gains excèdent les pertes, les électeurs ayant la réputation de préférer la copie à l’original. – Voir aussi : Triangulation (stratégie de). – « Si elle parvient à ses fins, il est probable qu’elle forcera alors l’UMP à rompre l’isolement du FN pour éviter une saignée électorale qui mettrait toute la droite parlementaire en danger. Reste maintenant à savoir qui dans cette hypothèse finirait par cannibaliser l’autre. », Marine Le Pen, la fin du cordon sanitaire pour le FN ? Nicolas Fert, delitsdopinion.com, 11 octobre 2010.

Canular : Où l’on constate que la méfiance propre aux hommes de pouvoir peut facilement s’éavouir sous l’éloge et la flatterie… – Voir aussi : Méfiance – « Jean-Pierre Raffarin s’est fait piéger au téléphone par l’imitateur Gérald Dahan, sur la radio Rires et Chansons. Celui-ci s’est fait passer pour Philippe Douste-Blazy et a feint d’avoir été surpris en galante compagnie. Matignon est intervenu pour empêcher la rediffusion du sketch. », tempsreel.nouvelobs.com, 18 juin 2004

Carbonisé (être) : Se dit d’un homme de pouvoir qui, ayant perdu toute légitimité, se trouve dans l’incapacité d’exercer sa fonction. –  Voir aussi : Légitimité. -–  « Quand vous commencez à vous faire carboniser, ça va très vite. », Nicolas Sarkozy cité par Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La décennie Mitterrand.

Caricature : Consécration politique. – Voir aussi : Pamphlet, Humoriste (Acteurs) – Quelques personnalités dont la caricature est devenue aussi célèbre qu’eux : Edouard Balladur juché sur une chaise à porteurs (par Plantu pour Le Monde), à compléter

Carrière : De l’état de simple militant au sacre de l’élection, tous les ambitieux éprouvent la tentation de griller les étapes au risque d’y laisser des plumes ou de se bruler les ailes. – Voir aussi : Collaborateurs, Victoire, Défaite – « En politique le plus important ce n’est pas l’instant mais la trajectoire et le sens. », Jean Jaurès – « En politique, il faut toujours avoir un coup d’avance, et préparer, même dans la défaite, la victoire à venir. », Georges Frêche, Journal d’une curée de campagne, Gérard Laudinas – « Ne pas faire carrière est la meilleure façon de réussir. », François Hollande.

Carte électorale : De même que l’histoire est écrite par les vainqueurs, les cartes électorales sont dessinées par les majorités en place. C’est de bonne guerre. – Voir aussi : Circonscription.

Casuistique : Technique argumentaire des jésuites permettant de répondre sans s’avancer et de ruser sans mentir. – Voir aussi : langue de bois (Mots) et Stratégie d’évitement (Stratégie). – Voir aussi : Dialectique, Rhétorique.

Catégories socio-professionnelles : Même si le vote de classe a perdu de sa superbe, quelques clivages demeurent : les fonctionnaires votent plutôt à gauche et les retraités à droite. Au-delà de ces différences, toute voix est bonne à prendre. – Voir aussi : Majorité – « Les pêcheurs sont satisfaits du temps que leur a accordé le Président. Lui est en campagne, sans le dire et accorde désormais à ses interlocuteurs, catégorie par catégorie, profession par profession, une attention nouvelle. », Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Cause commune : La cause commune doit pouvoir se résumer en une phrase forte. Trop générale, elle perd en pouvoir fédérateur. Trop restrictive, elle vire à l’intérêt particulier. – Voir aussi : Intérêt général.

Cautionner : Les cautions les plus recherchées sont économiques et scientifiques. – Voir aussi : Justifier, Légitimité

Censure : Expression aussi brutale que maladroite de la morale s’élevant au-dessus des lois. La meilleure publicité pour ceux qui en sont l’objet. – Voir aussi : Morale.

Centrisme : Utopie apolitique, malgré tout plus proche de la droite que de la gauche, privilégiant la qualité des hommes et la modération du discours sur la confrontation des idées et des intérêts. – Voir aussi : Idéologie – « Nous penchons vers la droite ou vers la gauche mais nous retournons toujours vers le centre car nous sommes des pragmatiques. Nous ne sommes pas des idéologues. La plupart des gens veulent des solutions sensées. » – Hillary Clinton – « Le centre, variété molle de la droite. », François Mitterrand

Cérémonie : Un des rares instants où le pouvoir conserve la maîtrise de sa mise en scène. – Voir aussi : Protocole, Préséance.

Chaînes câblées : Les chaines câblées permettent à (presque) tous ceux qui le souhaitent d’avoir leur quart d’heure de célébrité. Autant s’y préparer sérieusement. – Voir aussi : Média, Média-training.

Chaises musicales (stratégie des) : Le nombre de fonctions disponibles n’étant pas illimité, on veillera à avoir une chaise d’avance, une chaise de repli et, si possible, une chaise à négocier contre une autre chaise. Autant dire que le jeu n’est ouvert qu’à un petit nombre et relève d’un vrai casse-tête. – Voir aussi : Négociations, Compensation.

Chance (facteur) : Ceux qui réussissent ont tendance à sous-estimer le hasard des rencontres et des événements. L’opportunisme est pourtant une qualité des hommes et des femmes de pouvoir. – Voir aussi : Evénement, Chaises musicales.

Changement : Pour s’imposer comme un avenir souhaitable, le changement ne peut miser que sur un présent insoutenable. – Voir aussi : Alternance, Réforme. – « On n’accepte pas vraiment l’alternance politique quand on refuse l’alternance économique. », Laurent Fabius.

Changer d’avis : Le monde change. Il n’y a rien d’illogique à ce que les décideurs en tiennent compte. Ne pas abuser, cependant. Et solidement justifier. – Voir aussi : Changer de parti – Quelques exemples célèbres de « retournement de veste » : François Mitterrand au sujet des institutions de la Ve république – Michel Jobert, collaborateur de Mendès France avant de devenir ministre des affaires étrangères sous Pompidou puis ministre d’Etat en charge du commerce extérieur de François Mitterrand – Bernard Kouchner, proche de François Mitterrand avant de devenir ministre de Nicolas Sarkozy – Jean-Pierre Soisson, ministre de Valéry Giscard d’Estaing puis de François Mitterrand mais aussi : Daniel Cohn-Bendit, Olivier Stirn, Maurice Leroy, Eric Besson, Fadela Amara…

Changer de parti : On ne change de parti qu’en de très rares occasions, suffisamment sérieuses pour affronter l’accusation de trahison de son ancienne famille et vaincre les soupçons de la nouvelle. – Voir aussi : Famille politique, Trahison. – « Un traître est celui qui quitte son parti pour s’inscrire à un autre ; et un converti, celui qui quitte cet autre pour s’inscrire au vôtre. », Georges Clemenceau – « Ils entrent au RPF pour avoir des voix, ils en sortent pour avoir des places. », Charles de Gaulle au sujet du départ de 26 députés RPF.

Charisme : Pouvoir de séduction et d’entrainement, le charisme se nourrit du succès et de l’expérience mais ne s’acquiert jamais. – Voir aussi : Prestance. – « L’un a le charisme d’un beignet, l’autre celui d’un frigidaire (…) Observant nos hommes politiques actuels, certains regrettent le leadership des de Gaulle, Thatcher ou Mitterrand. » – Béatrice Toulon, Hollande, Ayrault, Fillon : comment ils réussissent malgré leur charisme d’éponge, leplus.nouvelobs.com, aout 2013. – « Le leadership est un mot très trange parce que, vous le savez, certaines personnnes l’ont, certaines personnes ne l’ont pas, et personne ne sait pourquoi. », Donald Trump, Ca Trump énormément, préface d’Olivier Duhamel.

Charme : Le pouvoir donne incontestablement du charme. – Voir aussi : Séduction

Chauffeur : Signe de pouvoir. On le choisira sourd et si possible muet. Le type même de privilège que les dirigeants se font un plaisir de limiter au maximum. – Voir aussi : Motards, Privilèges. – « Plus question non plus de voiture de fonction avec deux chauffeurs ni, comme le suggérait le rapport du premier président de la Cour des comptes Didier Migaud et du vice-président du Conseil d’Etat Jean-Marc Sauvé, d’offrir les transports gratuits en première classe, dans le train comme dans l’avion. », Hollande rabote les privilèges des anciens présidents, Hélène Bekmezian, Le Monde, 5 octobre 2016.

Chef des armées : Plus que la grâce présidentielle, la fonction de chef des armées inscrit le président de la république dans la lignée des rois de France. – Voir aussi : Président de la république. – « « Etre président, c’est entrer en relation avec la mort », ressasse François Hollande. Il ne pense plus seulement aux décès survenus dans l’armée, aux vies brisées par des attentats ou des accidents, il songe également à la mort qu’il décide d’infliger quand il lance les troupes françaises au Mali. », – Seul en son palais, Marie-Eve Malouines.

Chirurgie plastique : Le recours à la chirurgie plastique s’est considérablement démocratisé parmi les politiques non pas tant pour des transformations lourdes – ce qui serait avouer un attachement excessif aux apparences – que pour faire disparaître un détail gênant : nez de travers, dentition catastrophique, paupière tombante… Les hommes l’assument. Les femmes, moins. – Voir aussi : Cheveux. – Quelques exemples célèbres : Ségolène Royal (menton nouveau, nez retravaillé, dents parfaitement alignées), DSK (paupière tombante corrigée), Dominique de Villepin (enlèvement d’une verrue disgracieuse entre les deux sourcils).

Chômage : Préoccupation prioritaire des Français en période de crise, le chômage s’efface derrière l’insécurité dès que la croissance affiche des signes de reprise. Malédiction des gouvernements qui ne peuvent en général que répéter leur confiance en l’avenir après avoir épuisé les mesures les plus volontaristes. – Voir aussi : Politique de l’emploi, Insécurité.

Circonscription : A l’inverse des circonscriptions rurales aux faibles densités et aux longues distances, les circonscriptions urbaines sont plus faciles à quadriller et labourer lors des élections. – Voir aussi : Législatives (élections), Départementales (élections), Sénatoriales (élections) – « Les meilleures cotes de confiance, les meilleurs articles de presse ne peuvent se substituer au blanc-seing des électeurs de ce petit bout de territoire. Seule la circo est habilitée à décerner le ticket d’entrée dans l’arène politique nationale. », Seul en son palais, Marie-Eve Malouines

Citoyenneté : Gagnant en complexité ce qu’elle perd en évidence, l’égalité du citoyen se situe aujourd’hui à l’exacte intersection du respect des différences et de la lutte contre les discriminations.

Civisme : L’invocation du civisme ressemble beaucoup à la danse indienne de la pluie, c’est un rituel qui exige une bonne dose de croyance collective.

Clientélisme : La promesse d’un emploi, d’une place en crèche ou d’un logement est de moins en moins simple à tenir. Non pas en raison d’un sursaut moral mais par manque d’emplois, de crèches et de logements. Cela dit ce que le pouvoir veut vraiment offrir, il met un point d’honneur à l’obtenir.

Clivage droite-gauche : Ebranlé par la chute du mur, le ralliement de la gauche à l’économie de marché et celui de la droite à une vision plus libérale de la société, le clivage droite-gauche n’en conserve pas moins une fonction mobilisatrice indispensable à toutes les élections. A noter que le clivage est aussi bien attaqué par l’extrême-droite que par le centre. La première nie son existence. Le second en regrette la persistance. – Voir aussi : Gauche, Droite. – « Continuer à analyser le vote, et notamment celui des catégories populaires, à partir du clivage gauche-droite, revient à analyser la géopolitique mondiale avec la grille de lecture d’avant la chute du Mur : celle des deux blocs de l’Ouest et de l’Est. », Christophe Guilly, La France périphérique : Comment on a sacrifié les classes populaires – « il y a forcément des forces politiques. Il y a même une gauche et même une droite. Il y a des extrêmes gauches et une extrême droite. Et heureusement. C’est ainsi que fonctionne notre démocratie. Il serait absurde de vouloir effacer ces différences. Mais nous savons aussi que ces perceptions ont changé, que les différences se sont estompées et parfois même elles ne sont pas perçues par nos concitoyens. C’est pourquoi nous devons être capables de dépasser les clivages partisans et de nous situer au-dessus des petites querelles. », Manuel Valls au sujet d’En marche ! le mouvement d’Emmanuel Macron, 7 avril 2016

Club politique : Un leader n’est pas membre d’un club politique : il a son club, son association, son micro-parti.

Coalition : Alliance constituée par des acteurs d’importance inégale permettant aux plus forts de gagner en légitimité et aux plus petits de gagner en pouvoir. – Voir aussi : Alliance

Codes : Comme tout univers, le pouvoir obéit à des codes vestimentaires, gestuels et langagiers. Côté garde-robe, la marge de manœuvre des hommes reste plus réduite que celle des femmes qui s’autorisent une fantaisie hier encore impensable. Seul impératif : ne pas en rajouter dans la séduction et, bien sûr, éviter tout étalage de réussite sociale. Pour ce qui est de l’expression corporelle, la poignée se doit d’être ferme, le regard droit, le verbe assuré et le sourire de mise. Enfin, l’homme de pouvoir prohibera systématiquement le « non » pour laisser le soin à ses collaborateurs de gérer les refus. – Voir aussi : Port de tête, Démarche, Costume, Tailleur.

Codes (de la fonction) : Pour gagner l’autorité attachée à la fonction, l’homme de pouvoir doit en adopter les codes. Rien n’est plus illusoire – et souvent plus désastreux – que de vouloir faire l’inverse en imaginant adapter la fonction à sa personnalité.

Colère : On l’accuse d’être mauvaise conseillère, de manifester une impuissance ou une absence de maîtrise personnelle. Autant de griefs justifiés à l’égard des éruptions incontrôlées mais qui demandent à être relativisés pour les colères calculées. Ces mouvements d’humeur-là peuvent être très utiles pour réussir une négociation et affirmer avec force son indignation, a fortiori si celle-ci fait l’objet d’une retransmission. En cas de résistance prolongée, on préférera néanmoins l’usage plus explicite et plus froid de l’intimidation. – Voir aussi : Indignation, Intimidation – « Ségolène Royal : Tout n’est pas possible dans la vie politique, ce discours, cet écart entre le discours et les actes, surtout lorsqu’il s’agit d’enfant handicapé, ce n’est pas acceptable. Je suis très en colère. Les parents et les familles… – Nicolas Sarkozy : Calmez-vous et ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé ! – Ségolène Royal : Non, je ne me calmerai pas ! – Nicolas Sarkozy : Pour être président de la République, il faut être calme. – Ségolène Royal : Non, pas quand il y a des injustices ! Il y a des colères saines, parce qu’elles correspondent à la souffrance des gens. Il y a des colères que j’aurai, même quand je serai présidente de la République… », Extrait du Débat télévisé du second tour des élections présidentielles de 2007 – « C’est une scène rare. Le Premier ministre Manuel Valls houspille ouvertement son ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, assis à un mètre de lui sur les bancs des ministres (…) Selon l’Opinion, le Premier ministre lui reproche une interview à Sud-Ouest dans lequel il met en cause la « caste politique » dont il dit « ne pas faire partie ». Manuel Valls dit alors à Emmanuel Macron : « C’est inacceptable. Pourquoi tu dis ça ? ». « Je suis d’accord avec toi, c’est Juppé que je visais », répond le ministre. « Mais alors dis-le ! Dis-le ! », enchaîne le Premier ministre. », Michaël Bloch, Quand Valls pique une colère contre Macron à l’Assemblée nationale, leJDD.fr, mercredi 11 mai 2016 

Collaborateur politique : Voir : Attaché parlementaire, Attaché de presse, Consultant, Directeur de cabinet, Directeur de la communication, Professionnels de la politique – « La cavalerie cavale et celui-là est toujours sur la ligne de front. C’est mon meilleur dragon. », Jacques Chirac au sujet de Dominique de Villepin cité par Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président – « Si on a pris le soin de bien s’entourer, le collaborateur responsable prend 99 fois sur 100 la décision que vous auriez souhaitée, voire, de temps à autre, une décision meilleure. », Jacques Chirac – « Le président (Nicolas Sarkozy) est plutôt du genre « c’est quand même incroyable, ça, il faut faire tout soi-même… » », Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt.

Collectivités locales : « Les collectivités sont libres de s’administrer », l’Etat n’exerçant qu’un contrôle a posteriori. Une liberté toute conditionnelle si on considère la dépendance de nombreuses collectivités aux subsides de l’Etat et la capacité de celui-ci à leur imposer de nouvelles obligations et donc de nouvelles dépenses. – Voir aussi : Villes, Régions.

Come-back : En ce début de XXI siècle, les retours suivant une défaite et une traversée du désert sont en passe de devenir des anomalies de la vie politique. – Voir aussi : Absence, Défaite, Traversée du désert. – Quelques retours ratés : De Gaulle en 1954 ; Jacques Chaban-Delmas en 1974 ; VGE en 1983 ; Michel Rocard en 1994 ; Lionel Jospin en 2006.

Comité d’experts (créer un) : Un comité d’experts est incapable faire passer un projet difficile. Il s’avère en revanche parfaitement adapté pour l’enterrer. – Voir aussi : Comité Théodule (créer un).

Comité Théodule (créer un) : Marotte destinée à faire diversion pendant que les décisions se préparent ailleurs, le groupe de travail ou d’études flatte les égos en quête de reconnaissance. Producteur de : Rapports, Livres blancs et autres recommandations sans lendemain immédiat. – Voir aussi : Comité d’experts. – « C’est avec les escargots, dont ils ont la méditative lenteur, une spécialité française. », Dictionnaire amoureux de la politique, Philippe Alexandre – « L’essentiel pour moi, ce n’est pas ce que peuvent penser le comité Gustave, le comité Théodule ou le comité Hippolyte, c’est ce que veut le pays. […]. », Charles De Gaulle.

Commémoration : Tendance mélancolique – et très française – à sublimer le passé et lécher les plaies d’une identité blessée. Condamnée à faiblir avec le temps faute d’anciens combattants. – Voir aussi : Cérémonie, Mémoire, Identité nationale. – « Les anniversaires ne valent que s’ils constituent des ponts jetés vers l’avenir. », Jacques Chirac, 50e anniversaire de la Déclaration des Droits de l’Homme.

Commis de l’Etat : On saura flatter comme il se doit cette « modeste » incarnation de l’intérêt général. – Voir aussi : Fonctionnaire, Haut fonctionnaire, Administration.

Commissaire européen : Curieux mélange de technocratie et de politique, le commissaire européen dispose d’un pouvoir considérable a fortiori dans les domaines où l’Union joue un rôle décisif. La France accorde beaucoup d’importance à la fonction. Quitte à négliger sa représentation au sein du reste de l’administration. – Voir aussi : Député européen, Parlement européen, Union européenne.

Commission (choisir sa) : Tout élu prêtera une attention particulière au choix de sa commission dans les limites que lui laisse le parti au Parlement et l’exécutif en collectivité.

Communautarisme : Force montante que l’on condamnera publiquement pour satisfaire l’électorat conservateur mais que l’on saura traiter avec égard dans le cadre d’une communication ciblée. – Voir aussi : Clientélisme.

Communicant : Parfois brillant, souvent bavard, toujours vantard, le communicant exaspère l’entourage du décideur qui se demande bien ce que le patron peut lui trouver. – Voir aussi : Consultant – « On lui attribue le concept de « président normal ». Il répond : « On a amené Hollande à le trouver lui-même. » Modestie qui cache un certain orgueil… », Robert Zarader, Com qui dirait, Luc Le Vaillant, Libération, 22 septembre 2016.

Communication :  A la limite peu importe l’objectif, la communication est devenue une obligation. – Voir aussi : Image, Image personnelle.

Communication (bonne) : A l’ère du format court et de la médiatisation virale, la bonne communication n’est pas seulement resserrée autour d’un message unique : elle est invisible, elle ne sent pas la com’. – Voir aussi : Communication et information, Message – « C’est bien connu : la communication comme la pédagogie, c’est l’art de la répétition ». – Le bal des dézingueurs, Laurent Bazin et Alba Ventura.

Communication à double étage (théorie de la) : En vertu de la théorie de la communication à double étage, ce ne sont pas les médias qui influencent directement le grand public mais les « relais d’opinion » qui, eux, disposent d’un véritable pouvoir de mobilisation. – Voir aussi : Relais d’opinion.

Communication et informations : L’information repose sur des connaissances et des faits, la communication sur des idéaux et des valeurs. L’information parle du monde tel qu’il est, la communicaiton du monde tel qu’on rêverait qu’il soit. En se confondant par moment, les deux y perdent immanquablement : la communication en efficacité, l’information en crédibilité. – Voir aussi : Communication, Information, Presse – Communicant – « Le discours n’a donc pour lui, aucune importance. C’est un instrument de conquête ou de séduction. Pas de vérité, ni de pédagogie ». – La tragédie du président. Scènes de la vie politique, 1986-2006, Franz-Olivier Giesbert

Communication personnelle : C’est en concevant la communication comme un acte naturel que les hommes de pouvoir limitent bêtement leur chance de réussite. – Voir aussi : Rhétorique. – « Le vulgaire se contente des apparences, comme si elles constituaient des réalités. », Nicolas de Machiavel – « Le discours n’a, pour lui, aucune importance. C’est un instrument de conquête ou de séduction. Pas de vérité ni de pédagogie. », Franz-Olivier Giesbert au sujet de Jacques Chirac, La tragédie du président

Communiqué de presse : Le format réduit de twitter aura suffi à reléguer le communiqué de presse au rang des supports de communication d’un autre âge, à la fois long, trop verbeux et trop creux. – Voir aussi : Presse, Attachée de presse

Communiquer : Sans communication une action politique n’est pas seulement dépourvue de sens : elle n’existe pas. – Voir aussi : Communication. – « Le bon extérieur est la meilleure recommandation de la perfection intérieure. » – L’homme de cour, Baltasar Gracian.

Communisme : La chute du mur laisse la démocratie et l’économie de marché face à face. La première a besoin de la seconde mais l’inverse n’est pas vrai. Et c’est bien tout le problème… – Voir aussi : Marxisme, Extrême gauche.

Complexes : Exposés sans cesse à la critique ad hominem, les hommes politiques savent dépasser, assumer et dissimuler leurs complexes mieux que quiconque. Certains y puisent même une grande partie de leur énergie et de leur force. – Voir aussi : Physique.

Complotisme : Grille de lecture anti-médiatique des événements exceptionnels, le complotisme imagine le monde dominé par un pouvoir totalitaire, obsédé par sa seule survie et ne redoutant qu’une chose : le réveil de l’opinion. A noter l’existence d’un « méga-complot » censé rattacher de nombreux événements (assassinat de JFK, mort d’Elvis Presley, Sida, etc.) à une cause unique. – Voir aussi : Antisémitisme – « Désormais les démocraties ont un problème avec le réel : ce qui se passe est différent de ce qui nous est montré. On nous trompe ; on nous ment ; on nous cache des choses ; la vérité est ailleurs et le pouvoir le sait. Mais le pouvoir ne sait rien de plus : voilà la seule vérité. », Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Concerter : Exercice ô combien difficile consistant à demander l’avis de tout le monde sans générer plus de frustration que de satisfaction au risque de tuer définitivement un projet. – Voir aussi : Démocratie participative. – « L’homme ne pourra plus accepter de travailler sans créer ni participer aux décisions. », François Mitterrand.

Concurrents : Les concurrents seront inclus de préférence dans un ensemble anonyme (« mes concurrents », « la concurrence »). A défaut, on traitera les petits avec condescendance et les grands d’égal à égal. – Voir aussi : Adversaires, Ennemis – Retrait, candidature, soutien…

Condamnation judiciaire : La condamnation judiciaire n’exclut pas la résurrection par le suffrage universel après un purgatoire plus ou moins long. L’essentiel, sans doute, consistant à ne pas être disqualifié au moment où on s’apprête à concourir avec quelques chances de succès. Beaucoup plus difficilement pardonnable dans le business où, c’est bien connu, on ne plaisante pas avec l’argent. – Voir aussi : Affaires, Scandales, Magistrature. – Ils ont été condamnés mais ils ont rebondi : Henri Emmanuelli (pour recel de trafic d’influence) – Ils ont été condamnés et ils ne s’en sont pas relevés : Michel Noir, Alain Carignon (reconnus coupables d’enrichissement personnel).

Conférence de presse : On convoquera le banc et l’arrière banc des médias uniquement dans les occasions importantes, à savoir exceptionnellement. Ne serait-ce que pour avoir un minimum de participants ou ne pas donner une importance démesurée à ce qui ne devrait théoriquement pas en avoir. – Voir aussi : Presse, Journaliste, Attaché(e) de presse. – « Alors que le chef de l’Etat, comme tous les politiques de haut rang, ne cesse d’intervenir devant tous les Français, par médias interposés, la conférence de presse apparait comme une liturgie superfétatoire et obsolète. », Dictionnaire amoureux de la politique, Philippe Alexandre ;

Conflit d’intérêt : Le propre des conflits d’intérêt est de ne pas exister jusqu’au jour où ce qui était admis ne l’est plus. – Voir aussi : Argent. – « Une femme doit-elle d’ailleurs sacrifier sa carrière pour celle de son mari ministre ? Non, si les trajectoires sont claires et compatibles. Ce qui, nous le pensions, était le cas. », Eric Woerth au sujet de son couple mis en cause dans l’affaire Bettencourt, Dans la tourmente.

Conflit social : Abhorré par la droite qui y voit une forme de guerre civile, le conflit social reste pour une partie de la gauche l’indispensable moteur du changement et de l’histoire. – Voir aussi : Manifestation.

Conformisme : l’instinct grégaire est, loin, le réflexe sur lequel repose à la fois la cohésion sociale et la domination par tous. – Voir aussi : Dominer / se soumettre, Système.

Congrès : Grand-messe annuelle où l’essentiel se décide avant et se gère après. – Voir aussi : Avènement.

Conjoint : A moins de partager la passion politique de son conjoint, il lui faudra une bonne dose d’abnégation pour supporter le caractère envahissant de l’engagement public au sein de la sphère privée. Le conjoint n’aura en réalité que trois options : se replier sur sa famille, s’engager en politique ou mener une vie indépendante. Sachant qu’aucune solution n’est vraiment idéale : plus personne ne rêve de jouer les potiches, l’engagement politique se traduit par une concurrence entre conjoints, quant à la vie indépendante elle peut rapidement déboucher sur l’éloignement et la séparation. Dure vie décidément que celle de conjoint ! – Voir aussi : Vie privée.

Conquête : En phase de conquête, le choix du meilleur chef est avant tout celui du meilleur cheval. – Voir aussi : Election, Victoire. – « Le Ps se prend à gauche et le RPR à droite. », Nicolas Sarkozy cité par Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président.

Conseil des ministres : L’extrême formalisme des conseils peut se révéler selon les cas fastidieux, voire sans intérêt. Mais il n’y a rien de plus humiliant pour un ministre délégué ou un secrétaire d’Etat que de ne pas y être invité. – Voir aussi : Ministre, Secrétaire d’Etat. – Un rituel immuable : une fois tous les sept jours, 49 fois par an, un garde républicain se fige sabre au clair tandis qu’un huissier annonce l’entrée de « Monsieur le président de la république ». Celui-ci s’installe dans un fauteuil différent des autres et se voit proposé une tasse de café, un privilège dont il est le seul à bénéficier. Pendant la durée du conseil, les ministres n’ont droit de s’adresser qu’à lui et ne peuvent reprendre la parole après lui. Le déroulement se décompose en trois temps : la partie A concerne les décrets, projets de loi et communications des ministres limitées à quelques minutes ; la partie B, les nominations et décorations ; la partie C, l’évocation des grandes échéances.

Conseiller de l’ombre (syn. Éminence grise) : L’entourage qui le déteste ne se prive jamais de souligner son déficit de légitimité et sa propension à penser, sinon parler à la place de son maître. – Voir aussi : Consultant.

Conseiller départemental : Les maires ne se désintéressent de ce mandat que dans les villes leur permettant d’avoir de plus hautes ambitions. – Voir aussi : Président du conseil départemental.

Conseiller municipal : Le simple conseiller municipal ne participe pas aux décisions. Il est rarement consulté. Et encore plus rarement considéré. C’est dire s’il faut une bonne dose d’abnégation, de conviction ou, au contraire d’ambition pour sacrifier régulièrement ses soirées au nom de l’intérêt communal… – Voir aussi : Adjoint au maire, Maire, Conseil

Conseiller régional : Mandat idéal des élus municipaux désireux de bénéficier d’une rémunération minimale et de cultiver leurs réseaux en attendant mieux. – Voir aussi : Président de conseil régional.

Conseiller technique : Membre d’un cabinet ministériel, le bon conseiller sait parler clairement à l’oral et user prudemment de la périphrase à l’écrit. – Voir aussi : Cabinet, Ministre.

Conservatisme : Vision du monde où le changement se doit d’enrichir le passé sans le remettre en cause. – Voir aussi : Droite.

Consigne de vote : Sans réelle utilité dès lors qu’il s’agit de dire aux électeurs comment user de leur suffrage, la consigne de vote reste en revanche le fondement de la discipline de groupe. – Voir aussi : Discipline de groupe.

Consommateur : Le consommateur n’est jamais prêt à sacrifier le plaisir à l’éthique, ou à mener un combat collectif pour une autre cause que la défense de ses intérêts particuliers. – Voir aussi : Politique, Citoyen. – « Le consommateur est une figure abstraite, individualisée et dépolitisée (…). Il ne fait pas partie d’une classe mais d’une masse. », De la misère en milieu publicitaire, Groupe Marcuse.

Consommation : facteur dominant d’intégration sociale fondé sur la quête du plaisir et le refus de l’interdit. – Voir aussi : Consommation, Interdit. – « Les envies sont sociales et fugaces, toujours relatives à des des individus dont on envie le statut. » », De la misère en milieu publicitaire, Groupe Marcuse.

Consultant : Métier consistant à conforter et argumenter les intuitions des dirigeants. On ne donne pas de conseil à un homme ou une femme de pouvoir. Tout au plus est-ce lui qui sollicite un avis, non pas tant pour s’y conformer que pour confirmer sa propre opinion et valoriser celui qu’il sollicite.  – Voir aussi : Communication, Conseiller politique, Spin doctor. – « Les bons conseils, d’où qu’ils viennent, procèdent toujours de la sagesse du prince, et non la sagesse du prince de ces bons conseils. », Machiavel.

Comité consultatif (créer un) : Institution sans utilité sinon pour fournir quelques places rémunérées à des amis en guise de compensation ou de solution d’attente. Une façon comme une autre d’associer et de valoriser des personnalités influentes sans créer de contre-pouvoirs. – Voir aussi : Démocratie, Concerter, Référendum.

Contestataire (vote) : Le vote contestataire n’aspire pas à faire accéder un parti ou un candidat au pouvoir mais à envoyer un avertissement à son propre camp avant de se transformer, le cas échéant, en vote d’adhésion. – Voir aussi : Extrême droite, Extrême gauche.

Contestation : Avec la chute du mur, la contestation a déserté le terrain du social et renoncé à l’avènement d’un monde nouveau pour investir le terrain environnemental et sauver le monde tel qu’il est. – Voir aussi : Ecologie.

Contrainte : « Il est indispensable… », « Notre pays ne peut pas… » La tentation est grande d’invoquer la contrainte comme une preuve de réalisme alors que l’opinion, elle, n’y voit bien souvent qu’un aveu d’impuissance. – Voir aussi : Impuissance.

Contrition (faire acte de) : A proscrire dans l’exercice de ses fonctions. L’acte de contrition est en revanche fortement recommandé à l’issue d’une traversée du désert. On ne saurait avoir échoué sans en tirer quelques enseignements personnels, non pas sur le bienfondé de décisions importantes mais sur une manière d’être et de faire de la politique. – Voir aussi : Retour, Traversée du désert, Livre. –  « Trop souvent, je me laissais aller à diviser l’univers en deux camps irréductibles : les amis et les adversaires. Je voulais tout et bien sûr tout de suite (…) J’ai moi-même participé, plus souvent qu’à mon tour, à (l)’esprit de clan. C’est pourquoi je suis fondé à dire, en quelque sorte fort de cette expérience, qu’il ne conduit à rien. », Nicolas Sarkozy, Libre

Conversation : Version diplomatique et temporairement égalitaire du rapport de force. – Voir aussi : débat – « Sauf exception, le Président est seul à choisir les sujets de conversation », Jours de pouvoir, Bruno Le Maire – « La conversation est en somme une partie de tennis qu’on joue avec une balle en pâte à modeler qui prend une forme nouvelle chaque fois qu’elle franchit le filet. », La septième fonction du langage, Laurent Binet

Conviction : Plus qu’une certaine idée de la vérité, la conviction est avant tout une question d’intonation. – Voir aussi : valeurs, idéologie – « En politique, il n’y a pas de convictions, il n’y a que des circonstances. », Talleyrand – « Les politiques sont des corps vides et forts à emplir d’idées. » – Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt  

Coopération : Partenariat entre des organisations concurrentes ou d’essence différentes (partenariat public privé, par exemple). – Voir aussi : Alliance

Cooptation : Mode de désignation des membres d’une assemblée, la cooptation reste appréciée par les groupes restreints pour sa capacité à éviter les changements brutaux, aussi bien en termes de composition que de gouvernance.

Corps (grands) : Formidables accélérateurs de carrière politique, les grands corps offrent un retour sur investissement à la mesure de leur hyper sélectivité.

Corps intermédiaires : Expression désignant tous les groupes susceptibles de s’interposer entre l’Etat et le citoyen, une possibilité que l’un et l’autre appellent de leurs vœux mais qu’en réalité ni l’un, ni l’autre ne souhaite vraiment.

Correction (fair-play) : Une vertu plus utile dans les affaires qu’en politique.

Corruption (affaire de) : Où commence et où s’arrête la corruption et qui du corrupteur ou du corrompu tient vraiment l’autre ? Eternelles questions… – – Voir aussi : Affaires.

Couilles : Le recours fréquent à la castration ou à l’impuissance rappelle les origines viriles de la politique. – Voir aussi : Femmes politiques. – Quelques exemples de « saillies » : « Si les journaux font leur travail et qu’ils ont des couilles, il ne survivra pas à cette affaire-là », Propos de Dominique de Villepin rapporté par Franz-Olivier Giesbert au sujet de l’affaire Clearstream – « Nan, mais tous ces mecs, là… Faudrait vraiment leur greffer des couilles », NKM, décembre 2015, Le bal des dézingueurs, Laurent Bazin et Alba Ventura – « Salut, traître. Je vais te couper les couilles et tu ne t’en rendras même pas compte. », Georges Frêche à son premier adjoint, Serge Fleurence, octobre 2009.

Couleuvres (avaler des) : Avaler des couleuvres et se dominer. S’y préparer, le faire de bonne grâce, feindre l’indifférence et vite oublier. La prise de pouvoir est à ce prix. – Voir aussi : Humiliation.

Coup de gueule : Le coup de gueule à l’encontre de son propre camp ne peut que succéder à une longue réserve et se justifier par autre chose qu’une goutte d’eau. – Voir aussi : Indignation, Colère. – “L’excès du langage est un procédé coutumier à celui qui veut faire diversion.”, François Mitterrand.

Coup politique : Retrait, candidature, soutien… Les coups politiques, qui visent le plus souvent à corriger une image ou gagner en notoriété, restent l’exception. Il est vrai que le risque est à la mesure de l’effet escompté. L’électrochoc peut réveiller l’opinion ou au contraire se retourner contre son instigateur. A bien réfléchir, donc. – Voir aussi : Image, Communication. –  « On a plus de peine, dans les partis, à vivre avec ceux qui en sont qu’à agir contre ceux qui y sont opposés. », Propos sur les hommes et le gouvernement des hommes, Cardinal de Retz.

Coupable : Toujours en trouver un mais sans jamais donner le sentiment de se défausser. – Voir aussi : Attaques, Responsable. –  « Je me sens tout à fait responsable pour autant je ne me sens pas coupable », Georgina Dufoix au sujet de l’affaire du Sang contaminé.

Courage : Renvoyer un proche, se lancer dans une bataille incertaine, refuser une demande : c’est en accomplissant ce que d’autres n’oseraient pas faire que le politique affirme son leadership. Et c’est parce que ces décisions ou leur portée ne sont pas toujours visibles du grand public que le courage est avant tout destiné à renforcer l’image du chef dans son entourage. – Voir aussi : Défauts et qualités – « Je crois aussi qu’il vaut mieux être hardi que prudent, car la fortune est femme, et il est nécessaire, pour la tenir soumise, de la battre et de la maltraiter. », Machiavel.

Courants : Véritable calvaire des dirigeants en charge de l’unité du parti, les courants permettent aux ténors de peser sur les décisions et aux ambitieux d’avoir les moyens de leur ambition.

Court terme : Tout échec sera relativisé à l’aune du court terme – « on a perdu une bataille mais pas la guerre » – alors que toute réussite, même inespérée, même imprévisible, sera présentée comme une preuve de lucidité.

Créer l’adhésion : Les politiques créent plus sûrement l’adhésion de l’opinion en s’appuyant sur ceux qui sont déjà convaincus plutôt qu’en s’épuisant à vouloir convaincre ceux qui ne le seront vraisemblablement jamais.

Créer un comité d’expert : Un comité d’experts est incapable faire passer un projet difficile. Il est en revanche parfaitement adapté pour l’enterrer.

Crise (gestion de) : La première erreur et la plus grande naïveté dans la gestion d’une crise est de penser que la transparence et la sincérité auront raison de toutes les accusations. – Voir aussi : Affaires, Mise en cause, Scandales, Crise médiatique. –  « Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien. », Citation attribuée à Charles Pasqua.

Crise de la représentation : Il est dans l’ordre des choses que les représentants du peuple soient accusés de ne pas être représentatifs et les représentants du pouvoir de ne rien pouvoir. La haine de l’intermédiation ne date pas d’aujourd’hui même si elle s’exprime (peut-être) de façon plus lancinante qu’hier. – Voir aussi : Politique. – « Après la guerre, deux choix s’offraient à moi : finir ma vie comme député, ou la finir comme alcoolique. Je remercie Dieu d’avoir si bien guidé mon choix : je ne suis plus député ! », Winston Churchill, Conférence, Mars 1959 – « La chambre des députés, la moitié sont bons à rien. Les autres sont prêts à tout. », Coluche.

Crise Médiatique : Grand moment d’hystérie collective, la crise médiatique exige la condamnation et l’expiation immédiate des « coupables ». – Voir aussi : Emballement médiatique.

Crise politique : Situation bloquée, traduisant l’impossibilité du pouvoir de maintenir un projet en l’état ou même de l’amender… La sortie de crise consiste alors à désavouer le responsable en titre et à reporter sine die ce qui était pourtant annoncé comme indispensable. – Voir aussi : Renoncement, Démission. –  « La crise est le moment où l’ancien ordre du monde s’estompe et où le nouveau doit s’imposer en dépit de toutes les résistances et de toutes les contradictions. Cette phase de transition est justement marquée par de nombreuses erreurs et de nombreux tourments. », Cahiers de prison, Passé et présent, Gramsci.

Croyance : Pensée en béton armé contre laquelle les arguments, les objections et les interrogations sont condamnés à se fracasser. Voir aussi : Adhésion, Vraisemblance. – “ Ce n’est pas avec la raison, et c’est le plus souvent contre elle, que s’édifient les croyances capables d’ébranler le monde. ”, Gustave Le Bon, Aphorismes du temps présent.

Cruauté : Jouissance prise à voir un adversaire perdre pied, qu’il succombe à un piège qui lui aura été tendu ou à une crise qu’il aura sous-estimée. – Voir aussi : Critique, Violence.

Cuir : Mieux vaut l’avoir épais pour supporter les critiques, les insultes, les menaces, les rumeurs, les mensonges, les trahisons, les humiliations, les déceptions, les défaites et toutes les attaques personnelles que réservent les batailles au sommet. – Voir aussi : Volonté. – “Le monde politique est une jungle.”, Jacques Chirac ou la république des cadets – « Présider, c’est une école d’humilité. Tous les jours on reçoit des seaux d’ordure à la figure… », Nicolas Sarkozy, Le bal des dézingueurs, Laurent Bazin et Alba Ventura – « Le masque, en politique, c’est ce qui compte. Plus on vous frappe, plus vous souriez. », Dominique de Villepin cité par Bruno Le Maire, Jours de Pouvoir – « L’astuce c’est de ne pas faire attention quand ça fait mal. », Barack Obama.

Culture dominante :

Culture d’entreprise : La sphère publique gagnerait-elle à être gérée comme le secteur privé ? Une partie de la droite et des chefs d’entreprise en sont convaincus. Quitte à oublier que les électeurs ne votent jamais pour un bilan, aussi bon soit-il. –  Voir aussi : Chef d’entreprise. –  « En le regardant commenter les chiffres, une règle à la main, avec l’aisance d’un polytechnicien passé par l’industrie, je mesurais la supériorité de l’image sur la phrase et aussi la nécessité de rapprocher progressivement les méthodes de travail du milieu politique de celles en vigueur dans le monde de l’entreprise. », VGE évoquant une présentation de Christian Beulac, alors ministre de l’intérieur, cité par Bérengère Bonte, Dans le secrets du conseil des ministres – « Pour la première fois, les ministres de Nicolas Sarkozy vont recevoir leur bulletin de note trimestriel. Ces prochaines semaines, François Fillon recevra individuellement chaque membre de son équipe pour le leur remettre et le commenter (…) Les critères d’évaluation, propres à chacun des quinze ministres ainsi qu’au haut-commissaire aux solidarités, sont au nombre de trente (…) Le président de la République a indiqué, le 8 novembre, qu’il sélectionnerait une vingtaine d’indicateurs, parmi les 450 de ses ministres, pour en faire « de grands indicateurs destinés à rendre compte auprès des Français de l’action engagée pour moderniser en profondeur notre pays ». Une citation au tableau d’honneur que chacun des ministres aura à cœur de décrocher. », M. Fillon évalue ses ministres avec des consultants privés, Christophe Jakubyszyn, Le Monde, 3 janvier 2008.

Culture générale : L’homme de pouvoir préfèrera toujours paraître inculte plutôt que trop cultivé. – Voir aussi : Peinture, Musique, Littérature.

Cumul : Même si le cumul fait l’objet de limitations, l’exercice d’un second mandat est autant une question de revenu minimum que d’influence. – Voir aussi : Carrière, Mandat. – Ils ont fait le choix d’abandonner leur mandat de parlementaire : Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Gérard Darmanin, François Estrosi, Hervé Morin, François Sauvadet.

Cynisme : Un vilain défaut quand il se soupçonne, une erreur impardonnable quand il s’affiche. – Voir aussi : Cruauté – « Je dénonce le cynisme du système politique qui compte faire de la présence du Front national au second tour le marchepied de l’accession au pouvoir de tel ou tel camp. », Interview d’Emmanuel Macron, JDD, 4 septembre 2016.

D

Darwinisme social : Approche pseudo-scientifique de la politique inspirée par le racisme, la sélection naturelle appliquée aux sociétés humaines occultant le fait que celles-ci n’ont en réalité progressé qu’en transcendant les lois de la nature. – Voir aussi : Racisme.

Dauphin : Le pouvoir ne se partageant pas, la désignation d’un dauphin relève d’une évidente erreur stratégique ou d’un signe manifeste de naïveté. – Voir aussi : Succession, Devoir d’inventaire, Trahison. –  « Un Prince qui en élève un autre, se ruine lui-même. » – Machiavel ; “En politique on n’est le père de personne… On a quelques amis, parfois deux ou trois disciples, mais des enfants jamais.”, François Mitterrand.

Débat La quintessence de la politique, l’arène où les grands fauves dominent et où les ambitieux se distinguent. Autant le savoir, dans un débat, tout ou presque est permis : la mauvaise foi, l’absence de fair play, l’approximation, le mensonge… Et les bonnes formules préparées à l’avance sont souvent du meilleur effet. Seule l’agressivité ne pardonne pas. – Voir aussi : Confrontation, Passe d’arme. – « L’impression que vous laisserez à votre premier combat posera les fondements de votre réputation, et la réputation est un élément important : c’est votre ethos. » – La septième fonction du langage, Laurent Binet – Quelques réparties célèbres des débats de second tour des présidentielles : « Vous n’avez pas le monopole du cœur. », Valery Giscard d’Estaing s’adressant à François Mitterrand en 1974 – « C’est un terrible avantage de que n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser. », Valery Giscard d’Estaing citant le comte de Rivarol en 1981 – Jacques Chirac : « Cessez de me couper, d’intervenir incessamment, un peu comme un roquet. » Laurent Fabius : « Je vous en prie, vous parlez au Premier ministre de la France. » – Jacques Chirac : « Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre, vous n’êtes pas le président de la république. Nous sommes deux candidats à égalité et qui se soumettent au jugement des Français, le seul qui compte. Vous me permettrez donc de vous appeler monsieur Mitterrand. » François Mitterrand : « Vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre. », 1988 – « Moi président », la longue anaphore de François Hollande en 2012.

Décentraliser : Passer d’un contrôle a priori à un contrôle a posteriori. – Voir aussi : Déconcentrer.

Décès : La disparition d’un élu libère mécaniquement une place. Et par conséquent d’autres indirectement. – Voir aussi : Chaises musicales.

Déchaînement médiatique : Expression de la grégarité sous une de ses formes les plus spectaculaire, l’emballement se canalise rarement et se jugule encore moins. Les plus téméraires et les plus opportunistes sauront surfer sur la vague. Les plus prudents se mettront à l’abri. Quant à ceux qui risquent de se retrouver dans l’œil du cyclone, ils chercheront, rapidement et par tous les moyens, à détourner l’attention des médias vers d’autres sujets d’actualité. – Voir aussi : Emballement médiatique. –  « Attaqué de tous les côtés à la fois, insulté, vilipendé, lâché, renié ; sous les accusations les plus infamantes, je n’ai pas faibli ; et me voici debout, devant vous pour qui j’ai subi ces outrages, prêts à vous rendre des comptes. (…) Contre moi, j’ai l’orgueil de dire que la meute a donné tout entière d’une rage inouïe. Ce fut une belle chasse, longue et pourtant endiablée, où nul ne s’épargna, ni les chiens. Il n’y manqua que l’hallali trop tôt sonnée. », Georges Clémenceau – « Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme. », François Mitterrand, enterrement de Pierre Bérégovoy – « Il n’avait pas encore l’habitude des déchaînements médiatiques. Il trouve ça injuste et disproportionné mais ils le sont toujours ». – Jacques Chirac au sujet d’Edouard Balladur, La tragédie du président. Scènes de la vie politique, 1986-2006, Franz-Olivier Giesbert – « Pour calmer les « orages médiatiques », le maître du Temps public a deux techniques. Soit le silence, quand c’est possible, en privant la polémique de toute parole qui pourrait l’entretenir. Un geste symbolique, alors, suffit. Soit « Ralph Nader », en tapant fort pour étouffer le commentaire et le faire dériver vers de nouveaux sujets. », François Bazin, Le sorcier de l’Elysée. – « Il aurait fallu que notre récit aille dans le sens de l’histoire que la presse voulait écrire ou voulait entendre. », Eric Woerth, Dans la tourmente.

Décider : Décider c’est n’avoir personne vers qui se retourner pour se rassurer ou se défausser. – Voir aussi : Vote – « Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. », Georges Clémenceau – « Pour prendre une décision, il faut être un nombre impair de personnes, et trois c’est déjà trop. », Georges Clémenceau – « Villepin, il est comme Juppé : ils ont besoin de l’Etat. Ils veulent une mission, qu’on leur confie une mission. Ils sont pareils : ce sont des seconds. Premier, c’est différent. », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Décision (absence de) : Plus fréquente que la décision, l’absence de décision rappelle que le pouvoir n’est pas seulement le pouvoir de faire mais aussi celui de ne rien faire quand il semblerait souhaitable ou urgent d’agir.

Déclaration de candidature : Un moment qu’il s’agit moins de réussir que de ne pas rater. – Voir aussi : Annonce.

Déconcentrer : Se rapprocher du terrain non pour partager la décision mais, au contraire, pour ne rien céder et mieux contrôler. – Voir aussi : Décentraliser.

Décoration, distinction : Instrumentalisation peu coûteuse de la vanité humaine même si chaque récipiendaire considère sa distinction comme étant, pour une fois, parfaitement méritée.

Décrédibilisation (stratégie de) : L’absence d’indépendance des experts constitue un des angles d’attaques privilégiés des ONG et des avocats, notamment dans les domaines de la santé, de l’énergie et de l’environnement. Dans le domaine politique, ce type de stratégie vise la duplicité, le double discours d’une personnalité – Voir aussi : Critique – “Le candidat à la primaire a fini par avouer à la production que sa compagne officie au sein de la direction du groupe LVMH. « On a bien compris que ça lui posait un problème en tant que candidat de la gauche du PS », ont analysé les équipes de l’émission. », Philippe Peyre, rtl.fr, 21 octobre 2016.

Déduction et induction : L’économie se réclame de la déduction, la politique de l’induction. – Voir aussi : Economie et politique.

Défaite : Un risque mesuré si l’échec est prévisible, un pari gagnant si la bérézina annoncée se révèle plus limitée que prévu. Dans les cas les moins favorables, on saura perdre avec panache – en assument pleinement sa responsabilité – sans incriminer des coups bas qui « n’honorent pas la démocratie » ou le « fonctionnement opaque » d’un conseil d’administration. Surtout ne pas injurier l’avenir par des remarques aigres-douces ou des annonces précipitées. – Voir aussi : Victoire – « La victoire a cent pères, mais la défaite est orpheline. », John Kennedy – « Tout échec qui ne vous abat pas vous renforce », François Mitterrand paraphrasant Nietzche – « Je méprise les hauts et, comme disait ma grand-mère, je reprise les bas. », Jacques Chirac – « La défaite, elle ne vient pas d’un coup. Ce n’est pas le ciel qui vous tombe sur la tête. D’abord, on n’y croit pas ; on fait comme si ; et puis ensuite, on vit une série de petites humiliations, qui durent des années et qui n’en finissent jamais. », VGE cité par Bruno Le Maire, Jours de Pouvoir.

Défiance : Un électeur ne peut avoir qu’une confiance limitée en l’homme de pouvoir mais l’homme de pouvoir, lui, ne doit avoir aucune confiance en l’électeur. – Voir aussi : Défiance. – « Gouverner, c’est mettre vos sujets hors d’état de vous nuire et même d’y penser. » – Machiavel – « La notion de confiance est une notion sentimentale qui n’entre pas du tout dans son univers. », Alain Peyrefitte au sujet de Charles de Gaulle.

Déjeuner de presse : Moment plus ou moins intense où les uns s’efforcent de faire passer leurs messages sous la forme de fausses confidences quand les autres cherchent à obtenir des infos vraiment inédites et intéressantes. Il arrive que les intérêts coïncident. Ou pas. – Voir aussi : Off. –  « La nouvelle génération (de journalistes) (…) déjeune toujours, mais elle ne couche plus. », un ancien conseiller ministériel cité par Laurent Bazin et Alba Ventura, Le bal des dézingueurs.

Délégation : Champ de compétence  plus ou moins large défini par une autorité supérieure en fonction du poids politique du titulaire et de l’équilibre général des forces propre à une équipe. – Voir aussi : Ministre., Compétence –  « Si les compétences comptaient en politique, cela se saurait. », Jean-Louis Debré cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Déléguer : Le transfert d’une compétence est une chose. La marge de liberté accordée, en est une autre. – Voir aussi : Délégation

Démarche : Autrefois le pas du pouvoir se devrait d’être lent et régulier. Aujourd’hui, la démarche doit être légèrement plus enlevée, sans dénoter la précipitation et la fébrilité. – Voir aussi : Physionomie – « Le mouvement lent est essentiellement majestueux. Croyez-vous que l’homme dont parle Virgile, et dont l’apparition calmait le peuple en fureur, arrivât devant la sédition en sautillant ? », Théorie de la démarche, Honoré de Balzac – « Jeunes, on nous voit; vieux, il faut nous faire voir : cela est dur, mais cela est vrai. », idem – « C’est la prestance qui permet de considérer qu’une personne est à la hauteur de la souveraineté qu’on lui a transférée temporairement », Serge Carreira cité par Gaëtane Morin et Elisabeth Pineau, Le vestiaire des politiques

Démissionner : La démission peut annoncer un événement plus important encore, une candidature prochaine, par exemple. Encore faut-il ne pas s’y prendre trop tard pour ne pas être contraint d’assumer l’essentiel du bilan, ni trop tôt sous peine de se faire oublier. – Voir : Renvoi, Gouvernement. – Démissions célèbres : Jacques Chirac en 1976, Michel Rocard en 1985, Jean-Pierre Chevènement en 1983 et 2000. – « La règle c’est qu’un ministre mis en examen démissionne. Mais je ne l’étais pas ! Va-t-on commencer à demander la tête des ministres sur le fondementde rumeurs médiatiques ? », Eric Woerth, Dans la tourmente.

Démocratie : A l’origine centrée sur la désignation des gouvernants par l’élection, la démocratie se concentre aujourd’hui sur la mobilisation et la participation à la décision publique, quitte à contester la démocratie représentative, le vote majoritaire et sa légitimité. – Voir aussi : Démocratie participative. – « “Il y a plus de lumière et de sagesse dans beaucoup d’hommes réunis que dans un seul.”, Alexis de Tocqueville – « la démocratie ? Savez-vous ce que c’est ? Le pouvoir pour les poux de manger les lions. », Georges Clemenceau – « La démocratie, c’est aussi le droit institutionnel de dire des bêtises. », François Mitterrand – « On avait tout le système contre nous, le Monarque en tête, le Parti, les élus. Normalement, on aurait dû être balayés ! Et on a gagné ! Parce que le peuple n’accepte pas qu’on lui confisque ses choix, parce qu’il ne supporte pas l’abus de pouvoir. Le Monarque ne l’a pas compris. », Marie-Célie Guillaume, Le monarque, son fils, son fief

Démocratie consultative : Idée généralement contredite par les faits qui voudrait qu’un projet soit d’autant mieux accepté qu’il est débattu. – Voir aussi : concertation (Décision).

Démocratie participative : Jusqu’où la majorité élue doit-elle prendre en compte les exigences des minorités agissantes ? C’est toute la question… – Voir aussi : Minorités actives, Démocratie.

Départ : Il n’existe pas de différence entre l’annonce d’un départ et un départ. Comme à la bourse, chacun s’empresse d’investir ailleurs. – Voir aussi : Annonce, Démission. – « Je veux sortir le PS par le haut, pas par la merde. », Martine Aubry.

Département : Echelon en sursis et à deux doigts de l’asphyxie… – Voir aussi : Président de conseil départemental, conseiller départemental – « En 2015, 10 départements étaient en cessation de paiement ; en 2016, ils seront 30 à 40. On demande une rallonge de 400 millions d’euros pour combler le RSA de fin d’année, on nous répond 200 millions… C’est impossible. », Véronique Fenoll, première vice-présidente (LR) du Cher, Bertrand Philippe, Les départements veulent des moyens, Le Berry républicain, 8 octobre 2016

Déplacement : Quand le pouvoir se veut proche et en mouvement, il se déplace. Un exercice toujours risqué qui suppose une préparation méticuleuse et quelques annonces plus ou moins concrètes. – Voir aussi : Terrain – « D’un pas rapide, cela fait partie des codes de déplacements, il faut marcher vite comme s’il y a une urgence à traiter, tout notre petit monde se dirige vers les voitures du cortège stationnées devant la gare (…) Démarrage en trombe et toutes sirènes hurlantes. Deux motards ouvrent le cortège à coups de sifflets et de grands moulinets de bras. Deux autres le ferment. Je reconnais qu’il y a quelque chose de grisant dans cette dégelée de protocole mais, dans le genre proche du peuple, on peut faire mieux. », Stéphanie von Euw, Dans les entrailles du pouvoir.

Dépolitisation : Phénomène général qui voudrait que les opinions soient moins tranchées et systématiques que par le passé. Il n’est pas sûr que cela soit si vrai dans les faits mais une chose semble à peu près sûre : la personnalité des hommes et les femmes de pouvoir intéresse autant, voire parfois plus que leurs idées politiques. – Voir aussi : Abstention, Clivage.

Déprime, dépression : En quête de reconnaissance permanente, les hommes de pouvoir conjurent l’angoisse du manque par des emplois du temps surchargés. C’est si vrai qu’un retrait forcé occasionne souvent une grave dépression ou l’espoir tenace d’un retour sur scène. – Voir aussi : Victoire, Défaite, Retour, Moral – « Comment un être humain peut-il résister sans dommage à ces alternances d’exaltation lors de la victoire et de solitude extrême au moment de la défaite ? » – Ces fous qui nous gouvernent, Pascal de Sutter

Député : Elu par une circonscription et représentant de la nation, chaque député privilégie l’une ou l’autre de ces dimensions selon qu’il vise une carrière locale ou un poste ministériel. Un choix qui ne se pose évidemment plus lorsque le cumul des mandats est interdit. – Voir aussi : Sénateur, Assemblée nationale, Pouvoir législatif. – « Un député est donc avant tout un élu de la nation. Pour cette raison, il n’est pas choquant qu’un candidat se présente dans une circonscription où il n’habite pas. Ce qui peut poser problème, en revanche, c’est qu’un candidat soit imposé par la direction nationale d’un parti et soit désavoué par sa base… », « Un député est avant tout un élu de la nation », Eric Coquerelle, candidat du Front de Gauche dans la 2e circonscription de Corrèze, L’Express, 6 juin 2012.

Député européen : Une voix perdue dans un hémicycle de plus de sept cent parlementaires. Autant dire, rien. Sinon une vocation chevillée au corps ou une situation transitoire en attendant un mandat de parlementaire national ou de ministre. – Voir aussi : Union européenne, Commission européenne.

Dérapage : Le dérapage rappelle brutalement les limites de la spontanéité et de l’improvisation dans l’exercice du pouvoir. – Voir aussi : Couac, Boulette. – « Le flagrant délit cyber pourrait bien dévenir la guillotine de l’info : aux Etats-Unis, des caméramen mal intentionnés suivent désromais les candidats à chaque heure du jour et de la nuit, dans l’attente d’un dérapage, d’une gaffe ou d’une image désobligenate à dfifuser aussitôt. », Jacques Séguéla, La prise de l’Elysée. Les campagnes présidentielles, Jacques Séguéla et Thierrry Saussez

Désistement : Retraite en rase campagne présentant toutes les apparences de l’humiliation. – Voir aussi : Retrait.

Détention : Le commun des mortels en sort marqué par l’infamie. Les hommes de pouvoir s’en relèvent toujours même si la sortie de prison passe de plus en plus souvent par la fin de la politique. – Voir aussi : Condamnation juridique.

Détermination : Si la volonté s’éprouve dans les difficultés inhérentes à l’exercice quotidien du pouvoir, la détermination se forge dans le combat politique et dans la crise internationale. Tout est donc question de gradation et de moment. – Voir aussi : Volonté, Affichage. – « D’ailleurs, affirme-t-il tout à trac, il a formidablement progressé en anglais » ! Lui qui bredouillait à peine quelques mots quand il était à l’Elysée, s’est imposé une discipline de fer dont il veut faire preuve de sa détermination », les auteurs au sujet de Nicolas Sarkozy et des primaires en 2015, Le bal des dézingueurs, Laurent Bazin et Alba Ventura – « A un certain niveau, on réussit que comme ça :  il faut être obsessionnel. », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir – « Nous n’avons pas le droit de vaticiner. », idem. – « J’aime me considérer tout le temps comme un outisder. », Donald Trump, Ca trump énormament, préface d’Olivier Duhamel.

Deuxième gauche : Opposée à tout accord avec le parti communiste, la deuxième gauche n’a jamais trouvé d’allié alternatif. – Voir aussi : Centre, Social démocratie. – « La « deuxième gauche a manqué tous ses rendez-vous avec l’Histoire.  On peut blâmer les militants et les électeurs d’avoir préféré Mitterrand. Il n’en faut pas moins s’interroger sur les failles d’un courant de pensée incapable d’investir le champ symbolique français. », Raphaël Gluksmann, Notre France.

Deuxième tour (stratégie de) : Les stratégies de deuxième tour peuvent se résumer en un mot : rassembler largement en réduisant le candidat ou le camp adverse à une minorité. – Voir aussi : Premier tour (stratégie), Election.

Développement : A la différence du « progrès » célébré par la philosophie des Lumières, le « développement » ne saurait être une amélioration que s’il est maitrisé. – Voir aussi : Progrès

Diabolisation (stratégie de) : Si le diable se laisse aussi facilement instrumentaliser c’est parce qu’il entend bien sortir grand vainqueur de la diabolisation… – Voir aussi :

Dialectique : Type de rhétorique attachant une importance particulière aux termes du problème, au choix et à la définition des mots, au socle idéologique du discours et à la position de celui qui le tient. Dénoncée comme l’expression d’une pensée volontairement ignorante des réalités, la dialectique, pratiquée plus subtilement que par le passé, n’en reste pas moins à la base de tout discours politique. – Voir aussi : Rhétorique

Diffamation : Strictement encadré par la liberté d’expression, le délit de diffamation est souvent invoqué dans les campagnes mais rarement reconnu par les tribunaux. La menace de poursuite est censée à elle seule refroidir les esprits querelleurs quand la décision d’engager une plainte prouve que l’on a rien à se reprocher.  – Voir aussi : Crise, Affaires – « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. D’autant qu’un démenti équivaut souvent, dans ce genre d’affaires, à une confirmation ». – Au sujet de l’affaire Clearstream, La tragédie du président. Scènes de la vie politique, 1986-2006, Franz-Olivier Giesbert

Digital : Contrairement à ce qui est souvent avancé, le digital ne met pas un terme à la civilisation de l’écrit mais il privilégie le titre sur le texte et substitue le message unique à la démonstration argumentée. – Voir aussi : Internet

Dignité : Surtout utile dans la tourmente et dans la défaite. – Voir aussi :  Défaite, Humiliation.

Dilemme : Emmerdement mêlant de façon inextricable des questions de stratégie, de réputation et de morale. À défaut de s’en sortir par le haut, on n’hésitera pas à recourir à l’absence, à la lâcheté, à la mauvaise foi… Voir à tout ça à la fois.

Dilution (stratégie de) : La stratégie de la dilution consiste à jeter le doute sur une proposition à caractère scientifique en créant un comité d’experts constitué d’adversaires et de partisans de la proposition, cette composition offrant toutes les apparences de l’objectivité et garantissant l’impossibilité de dégager un quelconque consensus. – Voir aussi : Lobbying.

Dimanche : Comme il se doit, le dimanche sera officiellement consacré à la famille.

Diplomatie : Respect des égos fondé sur la conviction qu’un égo meurtri devient potentiellement un égo dangereux. – Voir aussi : Langue de bois.

Directeur d’administration : Rares sont les directeurs d’administration chez qui ne réside pas la conviction solidement ancrée d’être à la fois plus intelligents, plus compétents et plus dévoués à l’intérêt général que le décideur politique. Certains mettent un point d’honneur à manifester cette haute idée qu’ils ont d’eux-mêmes par une forme inavouée d’obstruction. Quelques-uns, les plus ambitieux et les plus jeunes, se font une raison et apprennent à composer. – Voir aussi : Administration, Chefs d’entreprise – « Il peut être déplaisant pour un directeur d’administration, de se voir intimer des ordres par (l)es conseilleurs (du cabinet), souvent jeunes et sans expériences. », Les jeux du pouvoir, Jean de la Fougère ;

Directeur de cabinet : Le bras droit, les yeux, les oreilles et la parole du dirigeant. C’est dire si le métier est aussi valorisant qu’usant. – Voir aussi : Administration, Directeur de l’administration, Directeur de la communication. – « Le directeur de cabinet du Premier ministre est parmi les rares à pouvoir tout dire à Lionel Jospin. Il est à ce titre l’un des plus importants personnages de France. », Olivier Schrameck, l’aiguilleur de Matignon, Jean-Michel Aphatie, L’Express.

Directeur de la communication : En charge d’un service et des relations avec la presse, la fonction de « dircom » varie dans sa définition et son importance en fonction de la relation de son titulaire avec le dirigeant mais son sort reste étroitement lié à celui-ci. – Voir aussi : Attaché(e) de presse, Consultant –  « Jean-Yves Chevalier, directeur de cabinet, arrivé le 24 août 2015 pour prendre la suite du premier « dir’ cab », sera donc resté 3 mois seulement en place. Mathieu Barbot, directeur de la communication et directeur de cabinet adjoint a lui aussi été démis de ses fonctions. Il était en poste depuis l’élection de 2014. Aucune explication n’a été avancée par le maire ou ses adjoints pour justifier ces décisions. » – Christophe Bodin, Le maire de Limoges se sépare de deux proches collaborateurs, francetvinfo.fr.

Dirigeants d’entreprise : En chaque dirigeant d’entreprise sommeille la conviction que le monde irait mieux s’il était géré selon les critères du marché. – Voir aussi : Entreprise (grande) –  « Vous êtes intelligents, la preuve vous êtes dans les affaires, nous on ne sait rien, la preuve, on est dans la politique. », André Santini devant un parterre de chefs d’entreprise, cité par O. Clodong, Politique : le cumul des mandales.

Discipline de groupe : Peu importe les dissensions, les divergences et les ressentiments, c’est dans la discipline que s’éprouvent l’autorité du chef et la logique dominante du groupe. – Voir aussi : Conseil des ministres. – « Puisque chaque ministre a participé à la délibération, il est engagé par la décision qui a été prise (…) Il peut y avoir un silence… Il peut y avoir un ministre qui ne prenne pas la parole. Mais dès lors que le texte est adopté, il engage tout le gouvernement. », François Hollande cité par Bérengère Bonte, Dans le secret du conseil des ministres.

Discours : Sauf à n’avoir rien de plus important à faire – une hypothèse inconcevable – l’homme de pouvoir déléguera la rédaction de ses discours à une plume si possible talentueuse et empathique. –  Voir aussi : Plume, Rhétorique – Quelques discours qui ont marqué l’histoire : Clémenceau sur la laïcité (« S’il pouvait y avoir un conflit entre la République et la liberté, c’est la République qui aurait tort et c’est à la liberté que je donnerais raison. »

Discours de campagne : Il y a les bons orateurs, les bêtes de scène, ceux qui savent remuer une salle, et l’immense majorité qui « font le job », bon gré, mal gré. Pour les ambitieux, l’enjeu peut être important. Pour les uns comme pour les autres, néanmoins, une seule règle prévaut : discourir autour de la même trame, sur les mêmes thèmes, en racontant les mêmes histoires et en faisant les mêmes blagues. – Voir aussi : Discours, Rhétorique.

Discours de politique générale : Exercice de haute voltige se devant à la fois d’incarner un nouveau souffle, de respecter la prééminence du chef de l’Etat et de satisfaire les différentes sensibilités de la majorité. Pour éviter de s’écraser au sol, certains préfèrent adopter un profil bas. – Voir aussi : Discours – « Trop long et sans âme. Pendant que je le prononçais, tout le monde dormait dans l’hémicycle du Palais-Bourbon. Sauf Franck Borotra sur les bancs du gouvernement dont je me souviens encore l’air rigolard. », Alain Juppé au sujet de son discours de politique générale.

Discours fondateur : Prononcé à l’occasion du lancement d’un nouveau parti ou d’une nouvelle organisation, le discours fondateur se propose de tout revoir : les fondamentaux, la méthode, les objectifs et, bien entendu, les hommes… –  Voir aussi : Discours, Assemblée nationale.

Discrimination positive : A l’échelon des organisations, la discrimination positive fleure toujours l’opération de communication à défaut de changer la société et de lutter contre les inégalités. – Voir aussi : Minorité, Gay.

Disgrâce : Chute aussi brutale que spectaculaire des proches du pouvoir, lequel, après avoir longtemps fermé les yeux sur les abus pratiqués en son nom, décide d’offrir des gages de vertu. – Voir aussi : Démission, Impopularité, Violence.

Dissidence : Particulièrement tentante quand l’élection s’annonce serrée, la dissidence est moins sévèrement dénoncée et sanctionnée à droite qu’à gauche.

Diversion (stratégie de) : Méthode consistant à créer l’événement ou à saturer les médias en information pour ensevelir une révélation gênante, une décision difficile ou une mauvaise nouvelle. – Voir aussi : Stratégies – « Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt. », proverbe chinois.

Divisions : Il y a des divisions utiles et d’autres nuisibles. Certaines affaiblissent le pouvoir en place quand d’autres facilite son exercice. – Voir aussi : Organisation, Clivage, Minorité.

Dominer / Etre dominé : La domination se combat d’autant plus difficilement que les dominés ont intériorisé et accepté la distance culturelle qui les sépare des dominants. Cette distance semble à la fois logique et naturelle. Elle est même revendiquée par ceux-là même qui en sont victimes comme le seul moyen d’éviter la honte et l’humiliation. – Voir aussi : Ordonner, Obéir, Conformisme, Système. –  « Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes (…) D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les votres ? A-t-il pouvoir sur vous qui ne soit de vous-mêmes ? », La Boétie, Le discours de la servitude volontaire –  « A l’inverse du « sens de la distinction » (recherchée par les classes dominantes), c’est le principe de conformité qui régit le goût populaire, comme un rappel à la solidarité de condition, une mise en garde contre l’ambition de vouloir ressembler à ceux qui ont des moyens supérieurs. », Annie Ernaux, Pierre Bourdieu, L’insoumission en héritage, sous la direction de Edouard Louis.

Dominos (théorie des) : Même si la théorie des dominos est moins utilisée depuis la fin de la guerre froide, sa philosophie reste toujours intéressante : un groupe est rarement homogène, il est toujours traversé par des divisions internes qui constituent autant de « maillons faibles ». – Voir aussi : Clivage.

Dommages et intérêts (condamnation à) : Dans « condamnation à des dommages et intérêts », le mot « condamnation » est de loin le plus embêtant. – Voir aussi : Réputation.

Dopants : Pour surmonter le stress et la fatigue, les sucreries sont préférables au café qui est lui-même moins nocif que l’alcool. Mais ces palliatifs ne résolvant pas tout (et créant parfois même de nouveaux problèmes), on ne s’étonnera pas du recours aux anxiolytiques, tranquillisants, somnifères et autres stimulants… Que ce ne soit pas meilleur pour la santé est une évidence sur laquelle on ne s’attardera pas. – Voir aussi : Stress.

Double discours : Le problème n’est pas de savoir s’il est moral ou non de pratiquer un double discours mais de savoir s’il est techniquement possible de le faire efficacement. – Voir aussi : Cynisme, Mensonge.

Double vie : A travers une liaison clandestine et durable, l’homme (ou la femme) de pouvoir cherche avant tout une oreille bienveillante et une complicité apaisante dans un univers où la douceur fait cruellement défaut… – Voir aussi : Vie privée.

Dramatisation (stratégie de) : Agitée en dernier ressort, l’instrumentalisation de la peur sent surtout la peur de la défaite. – Voir aussi : Epouvantail.

Driving forces : Contextes exceptionnellement favorables permettant de démultiplier ses chances de réussite en économisant au maximum ses efforts. Encore faut-il savoir les identifier… – Voir aussi : Chance, Moment (sens du).

Droit d’inventaire : Selon le poids et la nature de l’héritage, on invoquera une nécessaire adaptation de la lettre pour mieux en respecter l’esprit. La façon la plus élégante – mais surtout la plus cohérente – pour incarner la rupture dans la continuité. – Voir aussi : Trahison, Succesion. –  « Nos lauriers sont à terre, il n’y a plus ni préséance, ni hiérarchie. », François Fillon commentant la défaite de Nicolas Sarkozy aux présidentielles de 2012.

Droit public international : le droit public international se voit progressivement supplanté par le droit des affaires, ce déclin s’accompagnant du renforcement des tribunaux d’arbitrage et de l’émergence d’autorités de régulation privées. – Voir aussi : Polique / Economie, Marché.

Droite : Sensibilité politique défendant la responsabilité sociale de l’individu par rapport au groupe et la primauté morale du groupe sur les aspirations individuelles. Si la droite a vu triompher ses idées au niveau économique, elle se trouve aujourd’hui prise en étau entre la gauche et l’extrême droite sur sa conception des mœurs. Une position par nature inconfortable que certains se donnent pour objectif de résoudre en vantant les mérites d’une « droite décomplexée ». – Voir aussi : Gauche, Extrême droite. –  « Le sage a le cœur à sa droite, mais le fou a le cœur à sa gauche. », L’Ecclésiaste, 10 : 2.

Droits de l’homme : Vision universelle de la société fondant une politique apolitique. – Voir aussi : Droit d’ingérence.

Durable (développement) : Vision pessimiste du progrès et responsable vis-à-vis des générations précédentes à l’égard d’une croissance qui, en l’absence de contrôle public, ne peut qu’altérer, gaspiller, raréfier, dégrader, nuire et détruire. – Voir aussi : Ecologie.

E

Echiquier politique : L’échiquier politique limite étroitement le nombre de partis possibles et de rôles dévolus aux hommes chargés de les incarner. – Voir aussi : Personnel politique.

Ecologie : Trop attaché à un courant politique, le mot s’est vu concurrencé puis remplacé dans la langue courante par « environnement » et « développement durable ». – Voir aussi : Environnement, Ecologie politique.

Ecologie politique : Ecartelés entre culture contestataire et culture gestionnaire, les écologistes sont aux socialistes ce que la lutte contre la pollution est à la politique de réindustrialisation : la composante d’un fragile équilibre autant qu’une source inépuisable de contrariété. – Voir aussi : Politique environnementale. –  « Après tout, Lalonde (leader de Génération Écologie) fait son boulot, car dire des conneries, c’est le fonds de commerce des verts. », Alain Richard, ministre socialiste cité par Bruno Fuligni, Petit dictionnaire des injures politiques – « Faibles en troupes, riches de chefs de moyenne grandeur occupés à se déchirer, doté de statuts absurdes et paralysants, miné par des comportements moins démocratiques qu’anarchiques, aussi influencé par le gauchisme que tenté par le centrisme, ce mouvement a donné en permanence à l’opinion le spectacle de ses divisions et de son impuissance. », Lionel Jospin, L’impasse – « Ecoute Nathalie, tu nous emmerdes avec ton ours ! Moi je connais par cœur les Pyrénées, quand je me promène, j’ai pas envie de tomber face à un ours, hein ? », Nicolas Sarkozy à NKM, cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Economie : Sphère distincte du politique, l’économie se pose aujourd’hui en idéologie apolitique, voire antipolitique de la gestion des affaires publiques. – Voir aussi : Economie et politique.

Editorialiste : Sniper professionnel tirant le politique comme d’autres tirent le pigeon. En réchapper avec classe relève de l’exploit. Seul les plus expérimentés et les plus doués y parviennent. Les autres, la majorité, se contentent de passer un sale quart d’heure en souriant sous l’avalanche de critiques plus ou moins prévisibles et de leçons de morales plus ou moins bien senties. Heureusement pour les politiques, les éditorialistes voient leur influence diminuer dès lors que tout un chacun peut faire part de son opinion sur le net.  – Voir aussi : Presse, Journaliste.

Edredon (stratégie de l’) : C’est quand tout invite à la réplique cinglante ou à l’explication de texte un peu laborieuse que se justifie parfois – mais pas toujours – le choix de la stratégie de l’édredon. Fondé sur l’art de l’esquive, cette stratégie consiste à réinterpréter la critique pour la relativiser fortement. – Voir aussi : Polémique, Attaque, Angle d’attaque. –  « C’est normal que les enseignants protestent, cette réforme est difficile. » Vincent Peillon, Ministre de l’Education nationale, répondant aux critiques de la droite à l’Assemblée sur le projet de réforme des rythmes scolaires.

Effet boomerang : Retour à l’envoyeur. Pour jouer les moralisateurs, il faut être soi-même d’un blanc parfaitement pur…

Egalité : La droite lui préfère l’équité, la gauche, la lutte contre les inégalités. – Voir aussi : Liberté – “Les Français veulent l’égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l’esclavage.”, L’Ancien Régime et la Révolution, Alexis de Tocqueville – « Un pays ne peut prospérer longtemps en ne favorisant que les plus prospères. », Barack Obama

Eglise : Discrète et peu influente, l’Eglise ne peut guère compter que sur les projets de réforme concernant ses institutions (école privée, mariage, etc.) pour trouver une nouvelle jeunesse. Au moins temporairement.

Ego : Mélange d’ambition et d’estime de soi, l’ego constitue la particule élémentaire et indestructible de l’identité des hommes de Pouvoir. – Voir aussi : susceptibilités, Orgueil, Flatterie.

Egoïsme : Un homme politique s’aime avant tout lui-même. Sans cette assurance intérieure, sans cette estime de lui, il ne pourrait ni s’exposer en permanence, ni inspirer confiance, ni surmonter les attaques permanentes. Et moins encore avoir la capacité de rassurer les autres. – Voir aussi Cuir, Ego, Narcissisme. –  « Comme toute son engeance, il ne montre d’attachement que lorsque sa chose va le quitter (…) » – L’auteur au sujet d’un ministre, Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt.

Élection : Le mot désigne à la fois le processus et le résultat d’une sélection. Si la victoire électorale fait l’objet de toutes les attentions, on néglige trop souvent la constance et le travail que requiert le long processus de sélection qui la précède : premières responsabilités associatives, premières promotions internes mais aussi premières attaques, premières déconvenues, premières défaites… Avant d’être élu sur une liste puis, enfin, un jour, sur son propre nom. – Voir aussi : Campagne. –  « Tout se ramène à ceci : gagner ou perdre. », François Mitterrand, 1938 – « Il ne veut pas être élu. Il veut bien être nommé. Il rêve d’hommage sans bataille comme si tout lui était dû. » – Jacques Chirac au sujet de Jacques Delors, La tragédie du président. Scènes de la vie politique, 1986-2006, Franz-Olivier Giesbert – « Il ne devrait pas oublier qu’en 2003 il a été élu conseiller régional parce que Claudine, l’épouse de Georges Frêche, l’a imposé sur la liste. Paul Alliès n’a pas été élu sur ses qualités (…) », Propos du sénateur Navarro, Journal d’une curée de campagne, Gérard Laudinas.

Electorat : A la différence des consommateurs, les électeurs ne sont pas motivés par le principe de plaisir mais par une vision a priori du monde. – Voir aussi : Vision, Election, Catégories socio-professionnelles. –

Eléments de langage : Messages, formules et arguments fournis à tous les porte-paroles pour éviter que la personnalité et l’opinion personnelle de chacun n’aboutisse à une gigantesque cacophonie. – Voir aussi : Message. – « En avril 2009 tombent, par exemple, de très mauvais chiffres du chômage. 63400 demandeurs d’emploi en plus pour mars. La hausse atteint 2,7%. Eléments de langage suggérés : « C’est une hausse significative, mais légèrement inférieure à celle enregistrée en janvier et février. » Ou encore : « Cette hausse est la conséquence directe de la crise mondiale. La France résiste mieux. » (…) Et un rappel sur les « mesures fortes du gouvernement qui permis de protéger ou développer 300 000 emplois. », Bérengère Bonte, Dans le secret du conseil des ministres. –

Elites (discours contre les) : La critique des élites reste un grand classique d’une partie de l’élite qui réussit parfois à faire oublier d’où elle vient. Encore faut-il avoir le talent de tribun et le «parler-vrai pour espérer y. – Voir aussi : Parler-vrai, Politiquement correct. – « Il parle du peuple sans être jamais monté en seconde classe, du terrain sans avoir jamais été élu. », Nicolas Sarkozy au sujet de Dominique de Villepin cité par Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président.

Elu : Métamorphose du candidat en responsable politique, du hérault d’un camp en incarnation de l’intérêt général. – Voir aussi : Intérêt général, Election. – « Je ne suis pas l’homme d’un clan, je ne suis pas l’homme d’un parti, je ne serai pas l’homme d’une secte. Maintenant je suis le Monarque, et le Monarque c’est l’homme de la Nation. », Le Monarque, son fils, son fief, Marie-Célie Guillaume.

Emballement médiatique : A méditer chaque jour : plus l’opinion s’emballe dans un sens, plus elle a de chance de faire le chemin inverse avec la même force. Autrement dit : même les descentes aux enfers occasionnées par l’indignation publique peuvent être suivis de surprenants retours en grâce. – Voir aussi : Déchainement médiatique, Crise médiatique. – « L’annonce de la candidature du Dauphin (à la présidence de l’EPAD, l’établissement qui gère La Défense) crée des remous. Une pétition signée des habitants du quartier d’affaires est lancée sur internet (…) La blogosphère et les réseaux s’affolent, la pétition recueille des dizaines de milliers de signatures en quelques jours. Alors que la presse écrite traditionnelle expédie l’information, internet devient le vecteur d’une indignation sans précédent. », Marie-Célie Guillaume, Le monarque, son fils, son fief

Emissions de divertissement : Y aller ou pas : pour les politiques la question se pose depuis que les émissions de divertissement ont repéré en eux de bons clients. Relativisons toutefois : la question ne concerne qu’un petit nombre de politiques. – Voir aussi Médias, Télévision

Empathie : L’essence même de la politique et le premier atout des « Bêtes Politiques ». Face à l’événement, le pouvoir doit communier avec l’opinion publique, exprimer son indignation et sa colère, sa tristesse et son recueillement, sa fierté et sa joie, sa confiance et sa détermination. – Voir aussi : Indignation, Colère, Séduction, Plaire (art de) – “Le contact humain est le véhicule essentiel de la démocratie.”, Jacques Chirac, Rio de Janeiro, Juin 1999

Endurance morale : La souffrance n’a rien de théorique pour un élu de terrain confronté régulièrement à la misère humaine : personnes âgées victimes de la solitude, chômeurs dépressifs, demandeurs de logements furieux, femmes larguées, réfugiés désorientés sans oublier SDF ou des malades mentaux qu’il faut parfois faire interner… Cuir épais fortement recommandé. – Voir aussi : Cuir, Indifférence

Endurance physique : Dans la réalité, et contrairement à ce qu’on pourrait penser, le stress et les maladies cardio-vasculaires touchent moins les hommes de pouvoir que leurs collaborateurs. Cela dit, l’exercice de responsabilités publiques implique peu de sommeil, des réunions à la chaîne, des sollicitations de tous les instants… Pour résister à la pression, les politiques accordent plus d’attention à leur forme physique que par le passé en s’inspirant des méthodes suivies par les grands sportifs. – Voir aussi : Physique

Engagement politique : Aujourd’hui, l’engagement est perçu comme un acte vain, un signe de bêtise, voire la preuve d’un esprit sectaire. – Voir aussi : Adhésion – « A quoi bon s’engager ? Jamais la politique ne m’a paru aussi vaine. Joute de mots sans prise sur le monde. » – Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt

Engouement médiatique : On s’emploiera à refroidir la machine en n’oubliant pas que la position des médias obéit toujours dans ce genre de cas à un trois temps : « lécher, lâcher, lyncher ». – Voir aussi : Emballement médiatique

Ennemi : Un pouvoir sans ennemi est un pouvoir sans réalité. Encore faut-il accepter d’être détesté par ceux qui vous connaissent et aimé par ceux qui n’apprécient en vous qu’une image – Voir aussi : Adversaire – « (…) Un prince sage doit, s’il le peut, entretenir avec adresse quelque inimitié, pour qu’en la surmontant il accroisse sa propre grandeur. » – Le Prince, Nicolas Machiavel – « Ne craignez jamais de vous faire des ennemis ; si vous n’en avez pas, c’est que vous n’avez rien fait. », Georges Clemenceau – « Les ennemis les plus virulents évoluent dans les cercles les plus proches (…) Comparé à Edith Cresson, je n’ai pas l’honneur d’une cible particulière. Je ne suis rien. », Un mouton dans la baignoire, Azouz

Enregistrement (voix et vidéo) : Depuis que l’enregistrement ne nécessite plus un matériel encombrant, ni même toujours le consentement de celui qui est enregistré, la séparation entre le confidentiel et l’officiel a vraiment du plomb dans l’aile. – “Enregistrer un entretien libère l’intervieweur de l’obligation de prendre des notes en continu et donne à l’interviewé la garantie que ses propos ne seront pas déformés. Mais on n’utilise un magnétophone qu’avec l’accord de l’interviewé et en acceptant d’interrompre l’enregistrement dès que l’interviewé le désire.”, 24hdansuneredaction.com, Les techniques de l’interview

Enterrer : En politique, on enterre beaucoup plus de réformes que d’hommes (ou de femmes). Certains enterrements sont de « première classe ». D’autres, au contraire, se font à la sauvette et en rase campagne.

Entreprise (grande) : Mise en demeure de créer des emplois et de préserver l’environnement, l’entreprise ne se conçoit, en réalité, d’obligation que vis-à-vis de ses actionnaires. – Voir aussi : Syndicat professionnel, Syndicat patronal

Environnement : Héritière du romantisme qui la substitue à Dieu, la nature est passée de l’état de soumission à l’état de domination sur l’homme. – Voir aussi : Ecologie politique. – « Ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature ; elle se venge de chacune d’elles. », Friedrich Engels

Epouvantail : A mesure que le niveau d’instruction s’élève et que les moyens d’information se multiplient, les épouvantails ont de plus en plus de mal à remplir leur fonction politique : dissuader l’électeur de changer d’habitude et de gouvernants. – Voir aussi Diabolisation (Stratégie)

Equilibre des forces : A la base de toute stratégie qui souhaite prévenir durablement le conflit. – Voir aussi : Guerre, Conflit

Erreur : Une mauvaise communication, un changement de contexte ou, à un moindre degré, la volonté de « réunir les conditions d’un large consensus » constituent autant de justifications habituelles pour tenter de réparer une erreur politique et motiver un changement de cap.

Esprit critique : Présentée comme un mal des sociétés post-modernes et un facteur de désagrégation sociale, la défiance exprime surtout la montée générale de l’esprit critique à l’égard de tous les pouvoirs. – Voir aussi : Méfiance, Paranoïa. – « Les gens les plus défiants sont souvent les plus dupes ». – Propos sur les hommes et le gouvernement des hommes, Cardinal de Retz

Etat (Pouvoirs publics) : Acteur de tous les grands drames de l’époque contemporaine et interlocuteur incontournable de tous les acteurs en quête de reconnaissance, l’Etat gagne en importance symbolique ce qu’il perd en influence sur le réel. Une évolution qui, in fine, résonne comme un retour aux sources religieuses. – Voir aussi : Puissance, Administration, Fonctionnaires. – « Quand nos politiques invoquent cette sacro-sainte autorité, c’est généralement qu’elle leur fait défaut. », Dictionnaire amoureux de la politique, Philippe Alexadre

État de grâce : Période d’extrême popularité suivant une première élection, généralement dilapidée en discours de bonnes intentions et multiples consultations, au mépris de tous les précédentes expériences démontrant sa brièveté : de trois à six mois dans le meilleur des cas. – Voir aussi : Victoire. – « On a six mois pour faire quelque chose, après c’est fini. », Gaston Defferre.

Ethique : Morale à dimension pratique, l’éthique présente l’immense avantage pour tous les pouvoirs de reposer sur la bonne volonté plutôt que sur un encadrement et un contrôle réglementaires. – Voir aussi : Morale.

Etiquette politique : Par son effet simplificateur, l’étiquette politique rebute tout esprit aspirant à l’indépendance et à la singularité. Mais c’est un fait : l’étiquette reste incontournable pour rassurer l’électeur en rattachant la versatilité du candidat à la stabilité d’un groupe et au cadre réfèrent d’une idéologie. – Voir aussi : Investiture.

Événement : Tout événement étant avènement d’un processus entamé de longue date, il n’y a au final que trois types d’événements : ceux que l’on initie, ceux que l’on anticipe et ceux que l’on subit faute de les avoir vus venir. – Voir aussi : Crise.

Excès : A petites doses et dans les moments opportuns, l’excès vient rappeler que l’essence du pouvoir n’est pas tant dans la maîtrise que dans l’absence de limite. – Voir aussi Abus.

Exclure : L’exclusion constitue la peine maximale appliquée en cas de rébellion ouverte. Selon les cas, elle peut se traduire par un congé temporaire ou un renvoi sans appel. Tout dépend de la capacité de celui qui en est l’objet à recouvrer une nouvelle légitimité ou faire amende honorable. – Voir aussi : Domination

Exil : Pendant longtemps le retrait temporaire et volontaire de la vie publique est resté un luxe réservé à quelques personnalités hors normes. Dans une société ultra-médiatisée, la concurrence, l’indifférence et l’oubli ont fini par rendre l’exercice trop périlleux pour être tenté. – Voir aussi : Traversée du désert – « Tu t’installes loin de Paris. Tu livres à intervalles réguliers de rares oracles devant des visiteurs triés sur le volet. Tu deviens ainsi le recours et l’évidence. », Jacques Pilhan à Michel Rocard cité par François Bazin, Le sorcier de l’Elysée.

Expert : Ayant supplanté les « intellectuels » dans le domaine du commentaire politique, les experts expliquent la façon dont devraient être gérées les affaires publiques sans que l’on sache exactement qui les rémunère, à quel titre ni dans quelles proportions. – Voir aussi : Expertise – « Pour les journalistes, l’expert appelé à la rescousse doit répondre à plusieurs critères : efficacité (il doit être bref et concis), disponibilité (il doit habiter en Île-de-France) et orthodoxe (il doit être partisan de l’économie de marché) », Mathias Raymond, maître de conférence en sciences économiques cité par Sophie Mazet, Manuel d’autodéfense intellectuelle.

Expertise : Un domaine d’expertise spécifique permet d’être respecté par ses pairs et identifié par les médias. En revanche, l’intérêt d’être médecin pour négocier avec les personnels de santé ou enseignant pour réformer l’éducation reste plus que jamais sujet à débat. – Voir aussi : Expert.

Explications du vote : Même si de nombreux facteurs de vote ont perdu de leur intérêt et de leur pertinence (la catégorie sociale et le sexe notamment), certaines explications restent tout à fait valides : les fonctionnaires votent en majorité à gauche et les retraités à droite, les majorités en place font généralement de mauvais scores aux élections intermédiaires, les catégories populaires et les jeunes s’abstiennent plus que les autres, certains sujets de préoccupation prioritaires pendant un mandat ne jouent qu’un rôle secondaire au moment de l’élection, etc. Autant le savoir avant de mener campagne. – Voir aussi : Vote.

Externaliser : En politique, on externalise surtout les risques et les dépenses. – Voir aussi : Internaliser.

Extrême droite : Mouvement politique fondé sur le primat de l’appartenance à un « peuple » et à un territoire, l’extrême droite se réfère, plus ou moins explicitement – quoi que pour des raisons évidentes, plutôt moins que plus – à l’idée de pureté et de purification. – Voir aussi : Droite, Extrêmisme

Extrême gauche : Viscéralement hostile à une démocratie parlementaire qu’elle accuse de servir les intérêts de la « classe dominante », l’extrême gauche perd une partie de son âme en participant à ce qu’elle dénonce pourtant comme un piège à cons : les élections. – Voir aussi : Gauche, Démocratie

Extrémisme : Il n’y a d’extrémisme que pour les adeptes du réalisme et du compromis. – Voir aussi : Extrême-droite, Extrême-gauche, Centrisme, Compromis, Réalisme – « Ce que les extrêmes ont de consolatif est qu’ils ne sont jamais médiocres et qu’ils sont décisifs quand ils sont bons. », Propos sur les hommes et le gouvernement des hommes, Cardinal de Retz.

F

Facebook : L’empereur est dans la fosse. C’est à lui qu’il revient de combattre pour exister. Derrière leur écran, les fans lèvent le pouce plus ou moins machinalement tandis que les partisans du camp adverse déversent des flots de haine sous couvert de l’anonymat. Le spectacle ne dépasse pas l’échelle du microcosme, l’immense majorité des citoyens ayant des choses plus sérieuses à faire. – Voir aussi : Twitter, Réseaux sociaux. – « Serge Dunand Bonjour, je suis licencié économique la semaine prochaine, pourriez-vous intervenir en m’octroyant la même aide qu’aux salariés d’Alstom (bien sûr au prorata) en passant une commande auprès de ma boîte ou nous sommes 3 salariés ? Merci d’avance Manuel Valls » commentaire sur le compte Facebook de Manuel Valls, 4 novembre 2016 – « Messieurs Le Maire et Morin…deux élus du département de l’Eure…qu’avez-vous fait pour les écoles du département ? Avant de voir à l’échelle nationale, encore aurait-il fallu s’investir pour le département… », commentaire sur le compte Facebook de Bruno Le Maire, 4 novembre 2016.

Faiblesse (petite) : Part d’humanité que concède bien volontiers tout homme de pouvoir pour charmer et être aimé. – Voir aussi : Qualités et défauts.

Faire du terrain : C’est une chose que le travail de concertation et d’élaboration entre gens avertis. C’en est une autre d’aller l’expliquer et le justifier sur le terrain. – Voir aussi : Election, Démocratie participative – « C’est vrai que philosopher sur la France telle qu’elle devrait être dans une revue du parti est plus agréable que de prendre la parole dans une assemblée de riverains hostiles à l’agrandissement de l’autoroute… », Jacques Bompard, maire d’Orange, cité par Jean-Baptiste Forray, Les barons.

Faire le buzz : Les sphères du pouvoir se nourrissent plus de médisances en tous genres que de nouvelles sympathiques. – Voir aussi : Communication, Rumeur – « La médisance est l’arme des faibles. » – Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt 

Faire plier : Il n’y a que deux façons de vaincre une résistance : parier sur l’envie ou sur la peur. Encore faut-il avoir quelque chose à offrir ou à retirer… – Voir aussi : Séduction, Menace. –  « Les gens faibles ne plient jamais quand ils le doivent ». – Propos sur les hommes et le gouvernement des hommes, Cardinal de Retz

Faire un exemple : Bien utile pour rappeler et souligner l’existence d’une ligne jaune. – Voir aussi :

Faire une proposition de loi : Tout ministre d’importance – à quelques exceptions notables près, dont le ministre des Affaires Étrangères – se doit de laisser une loi portant son nom. Si possible une « loi de programmation », à défaut une « loi d’orientation ». – Voir aussi : Député.

Fait du prince : « Car tel est mon bon plaisir… ». Le fait du prince n’est ni une décision arbitraire ni une décision irrationnelle mais plus simplement une décision sans justification. En un mot, un acte de pouvoir à l’état pur. – Voir aussi : Nomination.

Faux nez (stratégie du) : Pratique courante en lobbying consistant pour une filière industrielle à créer une association d’intérêt général. – Voir aussi : Lobbying.

Faux pas : Sans conséquence si personne n’en parle, mortel si son auteur est déjà dans le viseur. – Voir aussi : Boulette.

Favori : Comme le successeur désigné, le favori d’une élection occupe toujours la place du mort. Pour une raison simple : la popularité qui consiste à créer le consensus bien au-delà de son camp politiques, fond comme neige au soleil lorsque la bataille électorale débute. -Voir aussi : Dauphin, Popularité, Sondages – « Les yeux rivés sur l’élection présidentielle de 1995, il revêt les habits d’un personnage étrange, une sorte de rareté politique : candidat sans l’être, naturel et incontournable. Une évidence, qui n’aura même pas besoin de faire campagne ou à peine. Il a déjà un style présidentiel. Il ne lui reste plus qu’à s’installer dans les meubles. L’élection ne sera qu’une formalité. C’est la stratégie du favori. », Franz-Olivier Giesbert au sujet d’Edouard Balladur, La tragédie du président. Scènes de la vie politique, 1986-2006.

Félicitations : L’homme de pouvoir n’est jamais avare de félicitations ne serait-ce que pour confirmer aux yeux de tous son exceptionnelle confiance en soi ou s’attirer les bonnes grâces de ceux dont il a besoin. – Voir aussi : Reconnaissance.

Féminisme : Le principe et la nécessité de l’égalité entre les sexes étant admis, quel objectif peut désormais s’assigner le féminisme sinon d’établir la supériorité de la femme sur l’homme ? – Voir aussi : Femmes.

Femme : Juste retour des choses : la création de quotas combiné au désintérêt persistant d’une majorité de femmes pour l’exercice de responsabilités politiques joue désormais en défaveur des hommes. – Voir aussi : Femme politique (Modèle de la), Misogynie – « Et pourquoi pas un sous-secrétariat au tricot ? », Charles de Gaulle cité par Bruno Fuligni, Petit dictionnaire des injures politiquess – “Les femmes sont beaucoup moins bien que les hommes. Mais quand elles sont mieux, elles sont beaucoup mieux qu’eux.”, François Mitterrand – « Vous savez, les politiques, c’est pas compliqué, c’est le mess, la caserne, les blagues entre soi, ce sont des militaires, le courage et l’honneur en moins. », Dominique de Villepin cité par Bruno Le Maire, Jours de Pouvoir – « Le combat des femmes m’a permis d’être un meilleur père. », François Hollande, Elle, 3 mars 2016.

Femme de pouvoir (modèle de la) : Longtemps confinée au rôle d’épouse ou de concubine, la femme de pouvoir s’est rapproché du modèle de la working girl, jeune et sexy, mère de famille et ambitieuse. Mais, dans un monde dominé par les hommes, la question du juste dosage reste cruciale. – Voir aussi : Tailleur – « Vous savez, les politiques c’est pas compliqué, c’est le mess, la caserne, les blagues entre soi, ce sont des militaires, le courage et l’honneur en moins. », Dominique de Villepin cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir

Février : Mois déprimant où toutes les mauvaises nouvelles semblent naturelles.

Fiches : Outil de travail indispensable aux ministres et aux politiques organisés. – Voir aussi : Cabinet, Attaché parlementaire, Attaché de presse.

Fichier : Bien que son contenu soit parfois (souvent ?) démonétisé, le fichier des militants et des sympathisants est gardé aussi jalousement que le coffre d’une banque.

Fidèles : Seules les personnalités hors normes disposent de fidèles qui n’hésitent pas à rester quand plus rien ne va et à aller au front lorsque plus personne ne veut s’y risquer. – Voir aussi : Amis, Traversée du désert – Ils sont malgré tout restés fidèles – à François Mitterrand (après sa défaite de 1974) : Georges Dayan, Roland Dumas, André Rousselet, Louis Mermaz, Charles Hernu… – à Jacques Chirac (face à Edouard Balladur) : Jean-Louis Debré, Bernard Pons, Maurice Ulrich, François Baroin… – à Nicolas Sarkozy (durant sa traversée du désert) : Patrick Devedjian, Patrick Balkany, Brice Hortefeux…

Fidélité : La seule fidélité qui compte aux yeux d’un politique est celle de l’électorat. Une fidélité qui suppose un minimum de constance. D’où l’importance de présenter les inévitables changements de position, de politique ou d’alliance comme la meilleure façon de rester fidèle à soi-même. – Voir aussi

Fief : Territoire réputé imprenable, le fief fournit le socle indispensable à toute carrière politique.

Flatterie : Devant le fait accompli, la flatterie est de toutes les réactions possibles la plus sensée vis-à-vis du pouvoir. Sauf à être dans la presse ou dans l’opposition, pourquoi douter d’une intention ? Et quel est l’intérêt de mettre en cause une décision déjà prise ? – Voir aussi : Canular, Orgueil – « Il n’y a sans doute que vous, mon Général, dans le monde, qui ayez en permanence dans l’esprit une vision aussi planétaire que (John Kennedy). », André Malraux s’adressant au général de Gaulle, cité par Bérengère Bonte, Dans le secret du conseil des ministres – « On ne meurt jamais d’une indigestion de compliments. », Jean-Louis Debré cité par Bérengère Bonte, idem – « Dans le flatteur, elle voit toujours un traitre en puissance. Il est vrai que la lèche aigrit la langue. », Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président.

Flinguer : Une formule « flingue » quand elle sonne juste et au bon moment. Un art à part entière même si, à ce jour, aucun homme de pouvoir n’en est réellement mort. – Voir aussi : Guet-apens, Porte flingue.

Fonction : Tout pouvoir est une promesse de miracles fondé sur un espoir déraisonnable et une absence de mémoire. C’est dire si le pouvoir a du pouvoir. – Voir aussi : Vision, Utopie – « Le pouvoir a un éclat immédiat, qui aveugle sur la suite. On ne pense pas que le puissant pourra être le faible, et le faible le puissant, on ne voit que la puissance tout court, et son incarnation. », Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Fonctionnaire : Tout oppose en apparence les politiques et les fonctionnaires. Les politiques ont pour eux la légitimité – même indirecte – de l’élection, l’expérience du terrain et l’intuition animale. Les fonctionnaires disposent, de leur côté, du temps long de l’administration, de l’inamovibilité et de la compétence attachée à leur fonction. On comprend que, dans ces conditions, la collaboration des uns avec les autres relève toujours d’un petit miracle. – Voir aussi : Equilibre des pouvoirs, Haut fonctionnaire, Directeur d’administration, Ministre – « Ils passent leur temps à vous dire que ça va être dur », que « ça va être long », que « les choses ne peuvent pas se faire comme ça » … C’est simple : ils n’avancent qu’à grands coup de pieds dans le cul ! », propos de Jacques Chirac rapporté par Nicolas Sarkozy et cité par Laurent Bazin et Alba Ventura, Le bal des dézingueurs – « Dans certains cas, les fonctionnaires se font une telle idée de leur fonction, de leur mission qu’elle est incompatible à leurs yeux avec le fait d’écouter et de suivre un message de leur ministre ». – Les jeux du pouvoir, Jean de la Fougère – « Dans un gouvernement démocratique dont les ministres changent rapidement, le pouvoir réel appartient aux administrations. Chaque ministre croit gouverner, il est en réalité gouverné par elles. », Gustave Le Bon, Aphorismes du temps présent.

Formule (bonne) : Le propre d’une bonne formule présente la particularité de changer l’humeur de celui qui l’entend mais aussi de celui qu’elle vise. – Voir aussi : Rhétorique – Quelques formules qui ont fait mouche : « Le gaullisme, il y a longtemps, était une mystique, vous en avez fait un peu plus tard une politique, maintenant vous en faites une cuisine. », François Mitterrand, mars 1964.

Formule assassine : Spécialité des grands fauves qui d’un trait rappellent leur position en rabaissant les autres animaux de la jungle politique. Les journalistes adorent ces mots féroces. Se doutant que personne n’est épargné, les entourages en rient mais souvent jaune. – Voir aussi : Attaque personnelle, Calembours, Cruauté – – Victor Hugo au sujet de Talleyrand – « Fillon est mort mais il ne le sait pas encore ! », Sébastien Huyghe, propos rapporté par Nicolas Sarkozy à des journalistes, janvier 2012 – Le bal des dézingueurs, Laurent Bazin et Alba Ventura – « Comme homme politique, Sarko est formidable, mais comme homme tout court, il est pathétique. », NKM, propos rapporté par le canard enchaîné, juin 2015.

Franc-maçonnerie : Les ambitieux laisseront le Lions et le Rotary aux aspirants notables pour privilégier ces réseaux où les hommes de pouvoir développent des communautés d’intérêt indépendamment de leur domaine d’activité et de leur sensibilité politique. – Voir aussi : Club.

Franchise : Concept inopérant dans les plus hautes sphères, a fortiori en politique, où les hommes de pouvoir sont la plupart du temps convaincus de ce qu’ils disent au moment où ils le disent et supportent mal d’être contredits. – Voir aussi : Hypocrisie, mensonge – « Je mens, mais mes mensonges deviennent des vérités », André Malraux

Fuite : La fuite provient toujours de milieux bien informés, à savoir des proches. Cela tient le plus souvent à la faiblesse de la nature humaine en quête de considération et encline à la médisance. Plus rarement à des stratégies de déstabilisation. – Voir aussi : Rumeur – « La nuit, dira Raffarin avec un sourire entendu, il y a toujours des ministres, des patrons ou des gens haut placés qui ont des problèmes avec la police. Dans ces cas-là, Sarkozy me prévenait à 8 heures du matin et ça ne sortait pas. Villepin m’a téléphoné à 13 heures et ça a fuité. », Au sujet de l’affaire Ambiel, Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président.

Fusible : Seuls les inconscients oublient qu’à vouloir assumer directement la responsabilité des dossiers les plus importants, ils prennent le risque de n’avoir aucun fusible en cas d’échec. – Voir aussi : S’attribuer.

G

Garde à vue :  Un mauvais moment à passer qui augure mal de la suite. – Un exemple de garde à vue : le maire d’Avignon interrogé sur la fulgurante promotion de son chauffeur au grade d’attaché territorial ainsi que sur le recrutement de la fille et du fils de celui-ci

Gauche : Mise à mal par l’effondrement du communisme, la gauche gouvernementale glisse idéologiquement vers la droite qu’elle continue malgré tout de fasciner et d’irriter par un discours idéaliste persistant. – Voir aussi : Extrême gauche, Socialisme, Communisme.

Gauche caviar : La droite lui reproche de ne pas mettre son mode de vie en adéquation avec ses idées, l’extrême gauche l’accuse de préferer combattre les discriminations plutôt que les inégalités. L’une et l’autre se rejoignent pour dénoncer une fausse gauche. Peu importe : les bobos, les intellectuels et le show biz lui sont acquis. – Voir aussi : Bobos

Gaullisme : Célébrant la souveraineté nationale et le rayonnement de la France, le gaullisme est, comme tout courant attaché à une personnalité, condamné à sombrer dans l’oubli ou la nostalgie. – Voir aussi : Droite – « Le gaullisme, c’est de Gaulle plus la police », François Mitterrand.

Gay : Les candidats qui ne font pas mystère de leur homosexualité n’ont de chance d’être élus que dans les grandes métropoles… ou les petits villages. En tout cas à l’heure où nous écrvons. – Voir aussi : Minorités – Les coming out de la politique française : André Labarrère ( PS,) à la radio en 1998, Bertrand Delanoë (PS) à la télévisionen 1998, Philippe Meynard (UDF) en 1999, Jean-Luc Romero (UMP) en 2000 outé par le magazine gay « e.male », Roger Karoutchi (UMP)…

Généralisation : Technique largement répandue de simplification du monde. – Voir aussi : Idéologie

Gentrification : Embourgeoisement d’un quartier populaire en raison de l’intérêt de son patrimoine et de sa proximité avec le centre-ville, la gentrification rêve d’un monde apaisé où riches et pauvres se côtoieraient sans heurt, ni incompréhension. – Voir aussi : Ville, BoBo

Gérer : Mode de gouvernement apolitique. – Voir aussi : Gouvernance.

Gestuelle : A de rares exceptions, le dirigeant est un homme tronc : l’expressivité du visage et la tonalité de la voix priment sur le reste du corps et sur la gestuelle. – Voir aussi : Attitude, Prestance.

Guet-apens : Indissociable du chantage, le guet-apens vise à tirer parti des deux grandes faiblesses humaines que sont l’argent et le sexe. – Voir aussi : Faiblesses (petites).

Goûts artistiques : Interrogés sur leurs préférences artistiques, les candidats et les dirigeants politiques excluront par principe les impressionnistes (trop galvaudé), l’art moderne (trop clivant) et l’art contemporain (largement incompris) pour privilégier « la révolution humaniste » des artistes de la Renaissance italienne, la « sublimation du quotidien » par les peintres hollandais ou encore les arts primitifs qui « mériteraient d’être mieux connus ». – Voir aussi : Architecture, Musique.

Goûts littéraires : Dans une société valorisant l’image, l’échange et la vitesse, la lecture est devenue un luxe et une activité asociale. A fortiori pour l’homme de pouvoir qui, par la force des choses, se doit d’être dans l’action. Le plus simple consiste à se rabattre sur les bons vieux classiqques. – Voir aussi : Loisirs, Vacances.

Goûts musicaux : A l’exception des hymnes nationaux, le pouvoir et la musique ne font pas bon ménage. Trop ancien régime s’il s’agit de musique classique. Trop ridicule s’il s’agit de pop. Mais dans ce domaine, comme dans d’autres, Il peut y avoir des exceptions publiques et des passions secrètes… – Voir aussi : Musique (pouvoir de la)

Gouvernance (bonne) : Ensemble de principes et de règles portant sur le mode de fonctionnement et les objectifs d’une organisation. La gouvernance a ses partisans et ses adversaires. Les premiers y voient une façon de concilier l’efficacité et la transparence. Les seconds s’inquiètent d’une subordination de la politique aux contraintes de la gestion courante et du consensus. Dans tous les cas, il n’est pas anodin que la gouvernance se développe à l’initiative de l’administration dans le secteur public et sous la pression des actionnaires dans le secteur privé. Dans les deux cas, il s’agit, par-delà tous les discours éthiques, d’encadrer les failles et autres faiblesses des dirigeants par des règles minimales. – Voir aussi : Gérer.

Gouvernement : Equipe constituée de courants politiques différents et d’ambitions personnelles concurrentes tenues à un devoir de solidarité. C’est dire si, à l’heure de l’information permanente et des réseaux sociaux, la mission d’un premier ministre est usante. – Voir aussi : Premier ministre, Ministre, Secrétaire d’Etat, pouvoir exécutif, Démission, Limogeage – « Un ministre, ça ferme sa gueule ou, si ça veut l’ouvrir, ça démissionne ! », Jean-Pierre Chevènement – « Un gouvernement à seulement trente ministres ? « Une connerie ! Vous allez amuser les journalistes pendant dix jours et vous faire des ennemis pendant dix ans ! » », Jacques Chirac cité par Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, Les Flingueurs.

Grand corps : Aristocratie issue de la méritocratie républicaine poussée à l’extrême sélectivité. – Voir aussi : Haut fonctionnaire, Commis de l’Etat.

Grand remplacement : théorie selon laquelle l’immigration finirait par mettre la majorité en minorité. Démentie par les statistiques, l’angoisse n’en reste pas moins bien présente. L’exemple même de sujet où la raison cède vite à la passion. – Voir aussi : Extrême droite, Immigration.

Grand soir : espoir d’un bouleversement soudain et radical de l’ordre social existant. Evénement vers lequel tendent les mouvements d’extrême gauche qui ne voient que cette solution pour mettre fin au « système ». Mais si l’objectif demeure, la foi a perdu en intensité et le combat en virulence. – Voir aussi : Extrême gauche, Révolution. – « En attendant le grand soir, il faut bien faire quelque chose. — Entretien avec Esther Duflo, Télérama, 2010  » – L’objectif n’est pas le grand soir fiscal, mais d’abord de rendre l’impôt plus transparent et plus juste » — Le Monde, Entretien avec Bastien Bonnefous, Luc Bronner, Françoise Fressoz, 24 janvier 2014

Grandes écoles : Cercles d’anciens en dehors duquel tout ambitieux tient un peu de l’arriviste.

Grands corps : Aristocratie issue de la méritocratie républicaine poussée à l’extrême sélectivité. – Voir aussi : Haut fonctionnaire, Commis de l’Etat.

Grands Électeurs : Collège d’élus dont les choix reflètent assez fidèlement les résultats des dernières elections locales, les grands électeurs sont très courtisés lors des présidentielles et des Primaires qui les précèdent – Voir aussi : Sénat, Primaires.

Grève : Mouvement caractéristique des organisations fortement syndicalisées ou des entreprises désespérées par une perspective de liquidation, la grève se voit concurrencée par l’absentéisme et la perte de motivation, des manifestations moins politiques mais plus insidieuses. – Voir aussi : Manifestations – « – Attention. C’est un terrain miné. – Rassurez-vous. Je vais y aller en douceur. Sur dix ans. », Alain Juppé à Jacques Chirac sur la réforme des régimes sociaux, 1996, Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président.

Groupe : Plus un groupe comporte de membres, plus les majorités s’avérèrent difficiles à trouver, plus le leader joue un rôle central. – Voir aussi : Organisation.

Guerre : Le mot est devenu d’un usage courant pour désigner la concurrence économique et la lutte contre le terrorisme. Comme si en temps de paix, la guerre était un élément de dramatisation indispensable à l’exercice efficace du pouvoir. – Voir aussi : Diplomatie, Dramatisation, Ennemi – « L’utilisation de la force et de l’intelligence ne sont pas forcément exclusives l’une de l’autre. », Bill Clinton – « Je ne suis pas contre toutes les guerres ; je suis seulement contre les guerres idiotes. », Barack Obama.

Guet-apens : Indissociable du chantage, le guet-apens vise à tirer parti des deux grandes faiblesses humaines que sont l’argent et le sexe. –  Voir aussi : Argent, Sexe.

H

Habillement : L’exercice du pouvoir réduit fortement les marges de manœuvre vestimentaires des femmes et les ramène au choix de la cravate pour les hommes. A bannir : les carreaux, les rayures et les couleurs ternes ou criardes, au profit de costards sombres, de chemises claires et bien coupées, avec des cols qui se tiennent en place et des cravates sobres et lumineuses. A la fin, on complète avec des chaussures bien cirées. – Voir aussi : Look, Relooking.

Haine : Concentré d’envie et de ressentiment, la haine fournit un carburant collectif et individuel aussi puissant que l’ambition. – Voir aussi : Vengeance – « Ceux qui ne peuvent pas supporter d’être haïs ne doivent pas faire de la politique. Il n’y a pas de destin sans haine. », Nicolas Sarkozy cité par Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président – « En politique, la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés. », Alexis de Tocqueville.

Harcellement : Symptôme d’un déséquilibre des pouvoirs sinon d’un manque de contrepouvoir. – Voir aussi : Omerta, Abus de pouvoir. – « EELV sera féministe le jour où il prouvera qu’on peut être victime et continuer la politique ! », témoignage de secrétaire nationale adjointe du parti Europe Écologie Les Verts,  Affaire Baupin : le désarroi de celles qui ont dénoncé le harcèlement, 27 juillet 2016.

Haut fonctionnaire : Que l’Etat soit aussi l’expression d’un camp politique, voilà une évidence à laquelle aucun haut fonctionnaire ne se résout jamais vraiment. – Voir aussi : Neutralité.

Hésitation : L’homme de pouvoir a le droit de se décider brutalement et de changer d’avis aussi rapidement. Ce dont il ne se prive jamais. Mais il ne saurait tergiverser sans déchoir et décevoir. – Voir aussi : Meurtre – « L’irrésolution de Monsieur était d’une espèce toute particulière. Elle l’empêchait d’agir quand il était le plus nécessaire d’agir et elle le faisait quelque fois agir quand il était le plus nécessaire de ne pas agir. » – Mémoire, Cardinal de Retz – « C’est l’entêtement dans l’indécision. », Emile Ollivier, premier ministre en 1870, au sujet de Napoléon III – « L’action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l’incertitude. », François Mitterrand, Ma part de vérité – « Nous, nous n’avons pas le droit de vaticiner. », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de Pouvoir.

Histoire : L’Histoire est le meilleur fournisseur d’éléments de langage pour justifier une position, se donner une posture ou alimenter une polémique. – Voir aussi : Légitimité – « En feignant de donner des leçons aux rois, il en a donné de grandes aux peuples » – J.J. Rousseau au sujet de Machiavel – « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre. », Karl Marx.

Hommes / Femmes : Tout en restant très largement une affaire d’hommes, le pouvoir s’est féminisé par l’importance plus grande accordée au dialogue, l’action, l’image et à la vie privée. – Voir aussi : Femme de pouvoir (modèle de la), Femme.

Homme de la rue : Devant l’homme de la rue et une caméra, tout homme de pouvoir un tant soit peu sensé devrait se sentir en situation d’infériorité. – Voir aussi : Opinion publique.

Homme providentiel : Est-ce parce que la guerre économique a pris le pas sur les conflits armés ou parce que l’Autorité est ébranlée ? Une chose est sûre les hommes providentiels et les héros ont disparu. Ce qui n’empêche pas d’espérer leur apparition à l’occasion des campagnes électorales. – Voir aussi : Volonté. – « On peut établir une division assez tranchée dans la classe des meneurs. Les uns sont des hommes énergiques, à volonté forte, mais momentanée ; les autres, beaucoup plus rares, possèdent une volonté à la fos forte et durable. », Gustave Le Bon, Psychologie des foules.

Honnêteté : Dans l’univers du pouvoir seul comptent le respect des règles établies et la bonne compréhension des niveaux de tolérance. Quant à l’honnêteté intellectuelle, inutile de s’y attarder : elle n’a tout simplement pas de sens en politique. – Voir aussi Franchise.

Huissier : Elément de standing réservé aux plus grandes institutions et aux plus hautes fonctions. – Voir aussi : Motards.

Humanisme : Pensée consensuelle plaçant l’homme au centre de tout. Mais l’homme est-il un concept aussi générique que l’humanisme semble le croire ? – Voir aussi : Universalisme, Idéologie. – « Déconnecté de toute visée de civilisation ou d’humanisme, le progrès n’a plus d’autre justification que son propre mouvement. », Luc Ferry – « Quand l’homme comprendra que c’est lui qui a inventé Dieu et pas le contraire, il commencera peut-être à faire preuve de plus d’humanisme. », Raffaele Minicucci.

Humiliation : Se faire huer, désavouer ou moquer en public, perdre une élection qui paraissait gagnée d’avance… Quel que soit le cas de figure, on veillera à paraître indifférent en se rappelant que, sauf circonstances exceptionnelles, l’opinion n’a ni mémoire, ni constance. – Voir aussi : Orgueil. – « Le courtisan bien élevé doit avoir l’estomac assez fort pour digérer tous les affronts que son maître veut bien lui faire », Essai sur l’art de ramper à l’usage des courtisans, d’Olbach; « (…) Quand il s’agit d’offenser un homme, il faut le faire de telle manière qu’on ne puisse redouter sa vengeance. », Le Prince, Nicolas Machiavel – « Le premier ministre est un collaborateur, le patron, c’est moi », Nicolas Sarkozy, déjeuner avec les journalistes de la presse régionale, 2007 – « La controverse sur le lieu de naissance du président américain a été relancée ces dernières semaines par Donald Trump, le magnat de l’immobilier qui caresse l’idée de se lancer dans la course à l’investiture républicaine, et qui était présent samedi au dîner. (…) Donald Trump, à l’origine de la controverse, en a naturellement pris pour son grade.Barack Obama s’est en effet amusé de la demande du milliardaire. «Maintenant il peut retourner s’occuper des vrais problèmes: le premier pas sur la Lune était-il faux? Que s’est-il vraiment passé à Roswell? Et où sont Biggie et Tupac?». Rires gras du public, rire jaune de Trump. Barack Obama s’est amusé. Et sort, la tête haute, de ces polémiques. », Barack Obama provoque l’hilarité en se moquant de Donald Trump, Julie Rasplus, 1 mai 2011, 20minutes.fr.

Humoriste : Aussi talentueux ou blessant soit-il, aucun humoriste n’a jamais influencé une politique ni, a fortiori, changé le cours de l’histoire. – Voir aussi : Caricature.  « Il rit des erreurs humaines parce qu’il ne peut pas les corriger ». – Machiavel.

Humour : Signe manifeste de confiance en soi, l’humour n’est pratiqué avec succès que par les hommes de pouvoir. – Voir aussi : Self control, Méchanceté – « Victime d’un attentat à Washington (…) Reagan trouve la force de plaisanter avec les médecins qui vont l’opérer : « J’espère que vous êtes tous Républicains ! », O. Clodong, Politique : le cumul des mandales

Hypocrisie : Mensonge sans talent. – Voir aussi : Hypocrisie, Franchise

Hystérisation (stratégie d’) : Focalisation systématique sur les points de clivage départageant le monde entre le mal et le bien. À n’utiliser que dans les périodes électorales. Et encore, à bon escient… – Voir aussi : Clivage

I

Idéal : La politique continue plus que jamais de s’appuyer sur des visions divergentes de la façon dont la société devrait s’organiser pour bien fonctionner. – Voir aussi : Vision.

Idéalisme : En Europe, l’idéalisme semble disqualifié par les crimes commis au nom d’idéalismes collectifs. – Voir aussi : Réalisme, Utopie, Vision. – « Qui tue par égoïsme tue peu ; qui par ambition, beaucoup ; qui par idéalisme, énormément. », Jean Rostand, Carnet d’un biologiste – « La société est un mur. L’idéaliste, c’est celui qui cherche à y percer des fenêtres. » – « L’Amérique est la seule nation idéaliste du monde. », Théodore Wilson.

Idée (grande) : Inventer quelque chose de plus grand (que soi-même, que son pays, etc.) voilà l’idée ! – Voir aussi : Mots, Convictions. – « Il est dans la nature d’une grande nation de concevoir de grands desseins. », François Mitterrand – « Une idée est une bombe. », Philippe Michel, C’est quoi l’idée ?

Identité : Toute identité revendiquant une forme d’exclusivité (politique, religieuse, syndicale, etc.) peut apparaître comme une marque d’intolérance et d’empiètement sur les libertés. D’où la crise du militantisme politique comme de la pratique religieuse. – Voir aussi : Engagement, Militant, Patriotisme.

Identité nationale : Après s’être construite contre les autres nations, l’identité nationale se trouve mise en débat à l’heure des grandes migrations. La droite et l’extrême droite en font un sujet en soi. La gauche, elle, semble moins à l’aise. – Voir aussi : Nationalisme, Patriotisme, Politique d’intégration. – « Le patriotisme français est constructiviste  – il conçoit l’identité française comme le produit d’une histoire et d’une série de décisions, de gestes, de de combats politiques – et universaliste – il identifie depuis 1789, et même bien avant, la France à des principes. », Raphaël Gluksmann, Notre France – « L’assimilation, c’est l’abandon d’une partie de soi pour adopter les moeurs, le mode de vie, la façon de penser du pays d’accueil. L’assimilation ne connaît que les individus, des citoyens, pas des communautés, encore moins des peuples. Un corset néocolonial, nous ont dit les « modernes ». Raciste, ont ajouté les autres. L’heure était aux identités multiples. Au multiculturalisme. », Eric Zemmour, L’essence d’une nation, Le spectacle du monde, décembre 2009 – « A chaque génération, les Américains doivent définir ce que veut dire « être américain. », Bill Clinton.

Idéologie : Le terme d’idéologie n’a plus la cote mais la question de savoir si le monde peut être appréhendé sans le prisme d’un système de valeurs, elle, continue d’être vivement débattue. La droite y voit la volonté de soumettre la réalité à l’utopie quand la gauche, elle, préfère ne plus en parler. – Voir aussi : Utopie, Vision – « Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes. », Karl Marx – “Les idéologies sont aussi massacreuses que les religions.” Ce que je crois, Claude Imbert, – « La gauche n’a aucune vision négative de l’homme, elle croit qu’il est un merveilleux opprimé, elle ne comprend rien à la psyché, au conflit intime, à la grimace proustienne. », Fabrice Lucchini, propos recueillis Par Christophe Barbier, le 8 mai 2010 pour L’Express.

Image : L’image domine à ce point l’écrit que la personnalité du dirigeant, sa carrière, la façon dont il s’exprime ou encore le contexte dans lequel il s’exprime, parlent bien plus fort que le message lui-même.  – Voir aussi : Communication. – « Le lieu ! Il n’y a que le lieu qui compte ! Vous me voyez dans le bureau de la Chancelière, coincé entre Merkel et Trichet à négocier ? Vous imaginez la scène ? Jamais ! », Nicolas Sarkozy. – « Il ne se livre pas aux mêmes pitreries que les autres candidats pour gagner le cœur des léectuers. Il n’embrasse pas les bébés (…) Sa femme ne lui tient pas la main en public et il s’abstient des effusions verbales (…) Il n’a pas de chien (…) Il ne goûte pas aux spécialités des restaurants locaux. D’ailleurs on ne le voit jamais en train de manger (…) », Anne Toulouse, Dans la tête de Donald Trump.

Image (pouvoir de l’) : Si l’image est un langage, ce langage présent la particularité de pouvoir être décrypté quasi-immédiatement, sans passer par le filtre du raisonnement. – Voir aussi : Pouvoirs. – « Imaginez s’il fallait sans cessse se poser la question de quelle marque de papier de toilettre choisir ? Zéro intérêt ! Ainsi, l’être humain choisit d’abdiquer son discernement dans un grand nombre de situations, pour son pus grand combat. », Philippe Michel, C’est quoi l’idée ?

Image personnelle : Premier capital des politiques. L’image résulte de la rencontre d’une personnalité avec un contexte et, bien souvent, avec un adversaire. Ce n’est donc qu’à la faveur d’un changement de contexte ou/ et d’adversaire que les cartes peuvent être rebattues. Faute de quoi, une image installée est une image incrustée. On peut alors affirmer : « ce que tu parais parle si fort que j’entends seulement ce qui confirme l’image que je me fais de toi ». Heureusement, les politiques bénéficiant de la meilleure image, en l’occurrence les plus populaires et par conséquent les plus consensuels, sont rarement ceux qui réussissent le mieux… – Voir aussi : Communication. – « On croit que Jacques Chirac est très con et très gentil. En fait, il est très intelligent et très méchant. », Nicolas Sarkozy – « Tout homme porte en lui six ou sept visages différents. L’art de la communication n’est pas de les montrer tous en même temps, ou même de choisir celui qui serait le vrai. C’est de trouver le bon, au moment juste. » – Jacques Pilhan, Le sorcier de l’Elysée, François Bazin.

Impopularité : Les cotes de confiance et de popularité ressemblent aux cours de bourse : leur chute n’a rien d’irrémédiable ; le pire qu’ils puisse leur arriver est d’aboutir à une longue, très longue stagnation. – Voir aussi : Défaite, Bashing – « Les Français n’aiment pas mon mari. », Bernadette Chirac ; « Parler lorsqu’on est impopulaire, c’est comme marcher dans les sables mouvants. Plus on s’agite, plus on s’enfonce. », François Bazin, Le sorcier de l’Elysée.

Improvisation : Marque des grands orateurs qui n’ont besoin ni de préparer, ni de lire le discours rédigé par leur cabinet. Le commun des politiques – à savoir l’immense majorité – s’attachera, sinon à donner le sentiment d’une improvisation, en tout cas à respecter les codes de l’exercice. – Voir aussi : Rhétorique – « S’il parle mal et lit souvent plus mal encore, il improvise de façon terrifiante, ne retombant jamais sur ses pieds lorsqu’il reprend le fil de son texte. » –  à propos d’Hervé Morin, Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt.

Impuissance : Si  les complotistes soupçonnent le pouvoir d’être plus puissant qu’il n’y paraît, l’immense majorité, elle, se demande plutôt si le pouvoir a encore du pouvoir. – Voir aussi : Puissance, Complotisme, Maladie. – « «Il ne faut pas tout attendre de l’Etat», a expliqué le Premier ministre sur France 2 à propos de l’annonce de 7 500 licenciements par Michelin, ajoutant: «Je ne crois pas qu’on puisse administrer désormais l’économie. Ce n’est pas par la loi, les textes, qu’on régule l’économie.» Et Jospin de conclure d’un acte de foi: «Tout le monde admet le marché.» », La «faute» de Jospin réveille la gauche,  Renaud Dely et Pascal Virot, Libération, 17 septembre 1999 – « Et puis vous savez, la seule vraie question que se posent les gens, la seule, c’est : « Est-ce que ces cons là-haut, ils ont encore prise sur les événements. » », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de Pouvoir.

Impunité (sentiment d ‘) : Pathologie propre aux dirigeants saisis par un sentiment de toute puissance. Le silence et la soumission de l’entourage confrontés à la folie du pouvoir encouragent les Néron en herbe. Certains versent dans le ridicule en en invoquant des ambitions déraisonnables. D’autres, hélas, ne s’en tiennent pas là, considérant que leur personne et leur fonction se confondent ou encore que leur fonction leur confère des privilèges légitimes. – Voir aussi : Affaires. – « Le pouvoir ne rend pas fou, il révèle, au sens photographique du terme, les traits pathologiques qui ont mené à sa prise, et il en permet l’expression sans trop de risques pour celui qui s’en est emparé », R. Berger.

Incarner : représenter personnellement et physiquement une idée, un groupe, un pays. Une qualité rare. – Voir aussi : Image personnelle. – « Les gens ne croient pas aux idées. Ils croient dans les gens qui ont des idées » Andrew Adonis ; « Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. », Gandhi.

Incompétents (miser sur les) : Qualifiés également de « nuls », les incompétents, pour peu qu’ils soient dociles et malins, se révèlent bien utiles pour occuper des places dont personne ne veut ou que trop d’ambitieux convoitent. – Voir aussi : Entourage.

Indécis : Sans indécis, ni indécision, l’art de convaincre qu’est la politique n’aurait plus aucune raison d’être. – Voir aussi : Sondages d’intention de vote.

Indemnité : Comme son nom l’indique, l’indemnité relève plus de la compensation que d’un début de rémunération. Une réalité jugée peu compatible avec la professionnalisation croissante des mandats exécutifs. – Voir aussi : Argent.

Indifférence : Instinct de survie des hommes de pouvoir soumis aux attaques et aux demandes permanentes. – Voir aussi : Cuir.

Indignation : Ressort par excellence de l’emballement médiatique. Juste après la peur. – Voir aussi : Emotion, Colère

Individualisme : C’est l’originalité de l’économie libérale d’avoir fait de l’égoïsme la source du bien-être collectif. Le business y trouve une légitimité politique et la politique un sujet majeur de divergence avec l’économie. – Voir aussi : Egalité, Libéralisme – « Cette même égalité qui rend l’individu indépendant de chacun de ses concitoyens en particulier le livre isolé et sans défense à l’action du plus grand nombre », Alexis de Tocqueville

Influence : le pouvoir d’influence est d’autant plus grand qu’il parait déconnecté du pouvoir de décision et sans ambition politique clairement affichée. – Voir aussi : Communicaiton, Soft power.

Information (Rapidité de l’) : Conserver une information sensationnelle trop longtemps c’est courir le risque de se voir doubler. Pour la presse, la rapidité est autant source de compétitivité que d’erreurs… – Voir aussi : Communication, Média, Internet.

Information (société de l’) : Quand l’information devient surabondante, la capacité à attirer et fixer l’information devient déterminante. – Voir aussi Communication. – « (u)n seul exemplaire de l’édition dominicale du New York Times contient plus d’information que ne pouvait en acquérir durant toute sa vie une personne cultivée au XVIIIe siècle. », Ignacio Ramonet, La tyrannie de la communication.

Informations continue : Face au risque accru de zapping, l’information continue n’a pas d’autre choix que de dramatiser l’actualité. – Voir aussi : Chaînes câblées – « Il y a un sang nouveau qui coule dans les veines de la politique, qui est cette information en continu : elle bat dans nos tempes, elle résonne, elle donne la pulsion cardiaque de la vie publique, au détriment de ce qui se passe dans la réalité ordinaire, moins spectaculaire et plus lente. », Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Infotainment : De l’info et du tainment qui l’emporte ? C’est toute la question pour l’homme politique invité à se prêter au jeu… Voir aussi : Emission de divertissement

Ingérence (devoir d’) : Concept concurrent de la souveraineté des Etats, le devoir d’ingérence fait prévaloir l’urgence humanitaire sur les conséquences politiques de l’intervention. – Voir aussi : Droits de l’Homme.

Instinct politique : A la différence des « têtes d’œuf », les « animaux » et les « bêtes » politiques privilégient l’instinct sur la logique suivant une règle simple : mieux vaut se tromper avec les autres que d’être seul à avoir raison. – Voir aussi : Instinct – « Au-delà des imprécisions de chiffres (…) ou de raccourcis trop rapides, (…) l’animal politique est toujours là. Avec cette qualité intacte : l’énergie. » – Sarkozy sur « DPDA » : le retour de l’animal politique, Michèle Cotta, Le Point – « En animal politique rompu aux retournements de situations, François Hollande dont les adversaires rappellent régulièrement qu’il est venu à l’Elysée à cause d’un certain accident new-yorkais, se garde bien de se prononcer et de trancher sa position sur les primaires. » – Mustapha Tossa, L’annus horribilis de François Hollande.

Instrumentalisation : L’instrumentalisation est aux sphères du pouvoir ce que l’utilité est à l’univers de la consommation et la lutte des classes à la vision marxiste de l’histoire : le moteur du changement, un mode de relation dominant. Tel élu poussera tel autre pour faire basculer la majorité d’une circonscription ou éliminer un concurrent gênant. Tel juge sera alimenté en informations compromettantes par le pouvoir en place. Tel journaliste saura nouer des relations fructueuses avec tel politique sans qu’il soit possible de dire qui sert le plus les intérêts de l’autre. En fait, les plus à plaindre sont ceux que personne ne souhaite instrumentaliser, c’est-à-dire l’immense majorité qui, eux n’auront d’autres recours que de miser sur la pitié et la reconnaissance. – Voir aussi : Violence.

Intégrisme : Contrairement à une idée reçue, l’intégrisme n’est pas une forme barbare d’obscurantisme mais un rationalisme froid poussé à l’extrême. – Voir aussi : Extrémisme

Intellectuel : Victimes de la démocratisation du savoir et du déclin de la culture classique, les généralistes de la pensée que sont les intellectuels ont été supplantés par les journalistes et les experts, deux catégories de commentateurs plus adaptées à une époque privilégiant le comment sur le pourquoi. – Voir aussi : Experts – « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer. », Karl Marx – « C’est bien ces déjeuners (réguliers avec les intellectuels). C’est pas essentiel, vous me direz, mais ça fait de la mousse dans le Paris qui pétille. », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Intelligence cartésienne : C’est une constante de la politique : l’intelligence cartésienne fascine même si, à l’inverse de l’intelligence relationnelle, elle mène plus souvent à l’échec qu’aux succès. – Voir aussi : Intelligence collective – « L’action est si difficile, elle suppose des qualités si différentes et peut-être contraires à celles requises par la pensée que l’action d’un homme de pensée a toutes les chances d’échouer » – Les jeux du pouvoir, Jean de la Fougère – « Vous savez, les gens intelligents, en politique, on ne les aime pas, c’est comme ça, il faut en prendre son parti. », Edouard Balladur cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir – « Le gestionnaire (…) ne s’intéresse pas aux gens en général (…) Il voit du courage là où l’opinion ressent de la hauteur, quand cela va bien, et de la distance voire du mépris du peuple, lorsque ça va mal. », Thierry Saussez, La prise de l’Elysée – « Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %, il y en a 3 % avec moi et 3 % contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse. » : Georges Frêche (Prix spécial du jury du « Press club humour et politique » en 2010).

Intelligence collective : Que l’intelligence collective soit supérieure à l’intelligence individuelle des éléments les plus brillants pour prendre la meilleure décision, voilà une hypothèse qui passe toujours difficilement… – Voir aussi : Démocratie. – « Les décisions d’intérêt général prises par une assemblée d’hommes distingués, mais de spécialités différentes, ne sont pas sensiblement supérieures aux décisions que prendrait une réunion d’imbéciles (…) Par le fait seul que l’individu est en foule, son niveau intellectuel baisse considérablement. », Psychologie des foules, Gustave Le Bon.

Intelligence politique : Si vous êtes narcissique, si vous avez une tendance à l’extraversion et à l’hyperactivité, une touche de mégalomanie, une dose d’agressivité, une aptitude au mensonge et à la dissimulation, une empathie mêlée en permanence de paranoïa, alors oui, vous avez incontestablement des aptitudes politiques. – Voir aussi : Pyscologie du pouvoir, Narcissisme, Ego. – « Le vrai politique, c’est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions. », John Kennedy.

Intentions de vote : Les intentions constituent une projection d’autant plus aléatoire du scrutin que les scores sont faibles, les écarts resserrés et l’échéance éloignée. – Voir aussi : Sondage d’intention de vote.

Intercommunalité : Toutes proportions gardées, l’intercommunalité ressemble à l’union européenne : on y prend des décisions importantes sans qu’aucun des membres aient envie de le crier sur les toits. – Voir aussi : Collectivités, Villes.

Interdépendance : A l’heure de la mondialisation, des accords multilatéraux et des espaces supra-nationaux, l’interdépendance et la mise en réseaux relativisent la souveraineté des Etats mais renforcent les clivages entre grands ensembles régionaux. – Voir aussi : Coopération, Souveraineté, Intercommunaliyté, Europe, Altermondialistes, Politique étrangère, Politiques publiques, NTIC. – « L’ordre international antérieur à la mondialisation réduisait la contestation aux espaces locaux, voire nationaux. Celui qui se met en place avec la mondialisation donne à la colère et aux imaginations une dimension beaucoup plus vaste et, en fait, globale. », Qui gouverne le monde ?, L’état du monde 2017, Bertand Badie.

Interdit : La limite ne vient plus tant aujourd’hui de l’interdit et de la culpabilité que de l’impossibilité et de l’inadaptation. – Voir aussi : Légal.

Intérêt général : La force de l’intérêt général tient autant à son caractère flou qu’à sa capacité à justifier par avance les limites et la fin du dialogue. – Voir aussi : Etat, Concertation, Consultation – « Les membres d’une même industrie se rencontrent rarement par plaisir ou pour se divertir, mais leur conversation aboutit invariablement sur une conspiration contre l’intérêt général ou sur un accord pour augmenter leur prix. », Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations. « Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l‘intérêt général. (…) Reste que l‘intérêt général n‘est pas une notion abstraite et neutre. (…) Se dissimuler dans les plis de l‘intérêt général, c‘est finalement dépolitiser la société, postuler une unité factice, vider a priori de tout sens l‘intérêt du débat démocratique. » – Lionel Jospin, L’invention du possible.

Intérêt particulier : C’est une erreur commune de vouloir justifier tous les comportements individuels ou collectifs par l’intérêt personnel. Si tel était le cas, comment s’expliquer le vote, qui à l’échelon d’un électeur, ne représente qu’une possibilité dérisoire d’influencer la réalité ? – Voir aussi : Vote, Intérêt général – « Il se trouve que chacun va au bien commun, croyant aller à ses intérêts particuliers. », Montesquieu, L’esprit des Lois, Tome 1 – « On renonce plus aisément à son intérêt qu’à son goût.” François de La Rochefoucauld, Maximes.

Intermédiaires (élections) : Objet de toutes les convoitises qu’on la désire pour soi ou qu’on veuille la confisquer à un concurrent. – Voir aussi : Elections.

Internationalisme : Hier, un espoir, une utopie de concorde entre les peuples. Aujourd’hui, un concept chahuté sinon balayé par le retour des nationalismes. – Voir aussi : Extrême gauche, communisme – “Les prolétaires n’ont pas de patrie.”, Karl Marx.

Internet : Arme favorite des mouvements radicaux et des opposants aux pouvoirs établis. La presse y puise aujourd’hui une grande partie de ses informations. – Voir aussi : Communication, Blog, Facebook, Twitter – « On n’a rien pu faire pour éviter la diffusion, mais on s’est consolé en se disant que personne, ou presque, ne ferait attention à l’émission. On avait juste oublié internet. Huit mois après (…) des extraits choisis ont fleuri sur la toile. » – DSK. Les secrets d’un présidentiable, Cassandre.

Intervention médiatique : Inutile de se lamenter sur le pouvoir réducteur des médias. Mieux vaut préparer un message général et quelques petites phrases bien tournées qui auront des chances d’être reprises. – Voir aussi : Emission, Médiatraining.

Interview : Les débutants se contenteront de répondre aux questions et laisseront le journaliste mener l’entretien ignorant qu’une interview réussie est toujours le fruit d’un deal : l’homme de pouvoir fait passer son message en fournissant au journaliste un scoop ou quelques citations choc. Rien n’interdit par ailleurs d’accorder l’entretien à la condition de ne pas aborder certaines questions. 

Intimidation : Annonce plus ou moins voilée de mesures de rétorsion en cas de surdité prolongée. – Voir aussi : Menace.

Intitulés (des Ministères, des délégations …) : Subtil dosage de conventions, d’innovation et de tractations.

Intuition : Fulgurance propre aux animaux politiques. – Voir aussi : Animal politique

Inventaire (droit d’) : Vouloir adapter la lettre afin de mieux en respecter l’esprit, voilà indéniablement la façon la plus élégante – mais surtout la plus cohérente – pour incarner la rupture dans la continuité. – Voir aussi : Succession, Trahison – “ Nos lauriers sont à terre, il n’y a plus ni préséance, ni hiérarchie. », François Fillon commentant la défaite des présidentielles de 2012.

Inversion de la charge de la preuve : Quand c’est à la personne qu’il revient de prouver que l’accusation dont elle fait l’objet est sans fondement. Un trait caractéristique des accusations formulées en période de crise et de déchaînement médiatique. – Voir aussi : Mise en cause. – “ C’est très difficile d’apporter la preuve de ce qui n’existe pas.”, Eric Woerth, Dans la tourmente.

Investiture : Objet de toutes les convoitises qu’on la désire pour soi ou qu’on veuille empêcher un concurrent de l’obtenir pour lui. – Voir aussi : Etiquette politique.

J

Janvier : Saison paradoxale des vœux quand l’homme de pouvoir doit exprimer sa volonté plutôt que formuler ses espoirs…

Jeudi : Retour en circonscription.

Jeunes : Désabusée ou révoltée, la jeunesse connait rarement le juste milieu. Une constante malgré tout : un faible taux de vote. – Voir aussi : Age – “Dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau.”, Alexis de Tocqueville

Jeunesse : Être inexpérimenté sans faire sourire, dynamique sans irriter, sûr de soi sans paraitre arrogant… La jeunesse et le pouvoir se marient toujours difficilement. – Voir aussi : Age

Jeux (théorie des) : « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette… », la théorie des jeux s’avère particulièrement pertinente dans les contextes d’équilibre presque symétrique des forces, lorsqu’une décision peut entraîner des conséquences graves et immédiates. Une caractéristique des conflits nucléaires plus rare en politique où les effets d’une décision se mesurent rarement dans l’instant. – Voir aussi : théorie des dominos

Journal : Seul les hommes de pouvoir ont le temps et même l’obligation de parcourir le journal.

Journalisme d’investigation : Le journalisme d’investigation procède par définition de l’enquête à charge.

Journalistes : Journalistes et politiques sont comme chiens et chats. Les premiers déplorent l´absence de fond et la langue de bois des seconds quand les seconds se plaignent du manque de professionnalisme et de neutralité des premiers. Heureusement, chacun dispose de ses propres armes. Côté séduction, l’homme de pouvoir alimente le journaliste en informations – et réciproquement. Côté rétorsion : l’homme de pouvoir refuse de parler au journaliste qui lui-même s’en donne à cœur joie avec les défauts et autres faiblesses de l’homme de pouvoir (qui n’en manque évidemment pas). – Voir aussi : Presse – « Le journaliste, lui peut écrire n’importe quoi et se tromper sur tout, cela ne change rien, ses journaux se vendent toujours aussi bien ou aussi mal. », François Mitterrand, La fin d’une époque – « Il ne faut jamais faire confiance à un journaliste… », Franz-Olivier Giesber, Le Figaro, mai 2014 – « En politique, on ne gagne jamais rien à se mettre les journalistes à dos. », Jean-François Copé  cité par Laurent Bazin et Alba Ventura, Le bal des dézingueurs – « La connivence n’est plus ce qu’elle était. Bien sûr, il arrive que les journalistes aient leur candidat (…) Mais il arrive aussi que ce soit les politiques qui « choisissent » leurs journalistes. », Laurent Bazin et Alba Ventura, Le bal des dézingueurs – « Les journalistes ne peuvent pas être des amis, j’avais oublié. », Un mouton dans la baignoire, Azouz Begag.

Juge : Depuis qu’ils sont syndiqués et autorisés à s’exprimer en public, les juges mettent un point d’honneur à accrocher des hommes de pouvoir à leur tableau de chasse. – Voir aussi : Justice – “L’humeur des juges n’entre pas dans le code pénal.”, François Mitterrand – « Je n’ai pas envie d’avoir le même moule, les mêmes personnes, tout le monde qui se ressemble aligné comme des petits pois, la même couleur, même gabarit, même absence de saveur. », Nicolas Sarkozy, France 2, le 7 octobre 2007 – « C’est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux… On n’aime pas le politique. », François Hollande cité par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça…

Juillet : Un mois durant lequel il est désormais malvenu de prendre des vacances lorsqu’on est au pouvoir. Voir aussi : vacances

Juin : Le mois idéal pour adopter les textes difficiles et faire passer les mesures impopulaires.

Justice : Assimilée autrefois au judiciaire (que l’on se souvienne du jugement de Salomon ou de Saint-Louis sous son arbre), la justice n’est plus invoquée par le politique que sous l’angle des valeurs, la gauche l’assimilant à l’ignorance des inégalités, la droite à l’ignorance du mérite… – Voir aussi : Solidarité, Morale – « Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le cœur des hommes que la violence et la barbarie. », Machiavel.

L

Lâcheté : A défaut d’être glorieuse, la plus petite lâcheté exige toujours un minimum de crédibilité et donc d’imagination. Sauf, évidemment, à recourir ouvertement à la mauvaise foi. – Voir aussi : défauts et qualities – « Il y a certains défauts qui marquent plus une bonne âme que certaines vertus ». – Propos sur les hommes et le gouvernement des hommes, Cardinal de Retz – « Dans l’histoire, la lâcheté politique commence par un manque d’imagination et finit par un excès de crainte. », Bruno Le Maire, Jours de pouvoir

Laïcité : Aujourd’hui, la laïcité est autant synonyme de liberté de conscience que d’interdiction du religieux dans la sphère publique, voire au sein de l’entreprise. Soit deux conceptions contradictoires d’une même notion.

Lancer un appel : Depuis le 18 juin 1940, l’appel se veut un acte de résistance. En l’absence de guerre, l’appel quelque peu perdu en superbe en devenant appel à la trahison ou appel au secours. – Voir aussi : Manifeste – Deux appels célèbres : l’Appel du 18 juin et l’Appel de Cochin, 

Langage performatif : Au sens strict, capacité de certains énoncés à faire advenir la réalité. Dans la galaxie du pouvoir, croyance selon laquelle le changement serait avant tout une affaire de courage : celui de dire les choses, de basculer les tabous et les convenances. – Voir aussi : Volonté, Discours, Message, Politiquement correct – « Lorsque le maire dit « je vous déclare mari et femme », ou lorsque le suzerain adoube en prononçant les mots « je te fais chevalier », ou lorsque le juge dit « je vous condamne », ou simplement quand on dit à quelqu’un « je te le promets », c’est le fait même de prononcer ces phrases qui fait advenir ce qu’elles énoncent. », La septième fonction du langage, Laurent Binet – « Quel la lumière soit » Et la lumière fut. » (Manuscrits de la mer Morte, environ IIe siècle avant J-C., plus ancienne occurrence de performatif retrouvée à ce jour dans le monde judéo-chrétien.) », idem

Langue de bois : Détestée par les journalistes et parfaitement maîtrisée par les diplomates, la langue de bois est au pouvoir ce que la prudence est aux relations quotidiennes : un art de ne fâcher personne.

Leaders d’opinion : Le pouvoir se regénère toujours aux mêmes sources : la presse pour exister, les « people » pour se faire aimer, les scientifiques pour se justifier. – Voir aussi : Presse, Journalistes, Experts.

Leadership : Le mot apparaît lorsque sa réalité est contestée. – Voir aussi : Leader – « Il restera toujours un baryton sans orchestre. », Jacques Chirac au sujet de Philippe Seguin, La tragédie du président. Scènes de la vie politique, 1986-2006, Franz-Olivier Giesbert.

Légalité : La légalité n’a jamais protégé une mesure de la contestation. C’est encore plus vrai aujourd’hui qu’hier… – Voir aussi : Légitimité – « La légalité nous tue. Avec elle aucun gouvernement n’est possible. », Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues.

Légiférer A un certain niveau de décision, le pouvoir ne peut plus guère changer le réel qu’en changeant la règle. – Voir aussi : Pouvoir législatif – « La loi civile regarde chaque particulier comme toute la cité même. », Charles de Montesquieu.

Législatives (élections) : Pour avoir quelques chances d’être (ré)élu, un candidat à la députation n’a vraiment besoin que d’une chose : décrocher l’investiture ou ne rien avoir à perdre. – Voir aussi : Député, Assemblée nationale, Représentation (critique de la)

Légitimiste (vote, électorat)

Légitimité : Quand la légalité permet de tenir, la légitimité, seule, permet d’avancer. – Voir aussi : Elu, Election – « Jacques Delors s’exprime comme un chef de gouvernement, alors qu’il n’est qu’un super-fonctionnaire ! », Jean-Pierre Chevènement, 1990, cité par Bruno Fuligni, Petit dictionnaire des injures politiques 

Libéralisme : Courant politique prônant la modestie de l’Etat, les vertus de la concurrence et le respect des libertés individuelles contre les dérives de « l’égalitarisme ». – Voir aussi : Droite – « Le plus grand soin d’un bon gouvernement devrait être d’habituer peu à peu les peuples à se passer de lui.”, Alexis de Tocqueville – « Le gouvernement, c’est comme un bébé : un tube digestif avec un gros appétit à une extrémité et aucun sens des responsabilités à l’autre. », Ronald Reagan – « Jacques Chirac prend soin de se démarquer du discours de Nicolas Sarkozy. « La droite libérale, répète-t-il à son intention, ne sera jamais majoritaire dans le pays, jamais. Elle ne fera toujours qu’un quart des votants, et encore. » », La tragédie du président. Scènes de la vie politique, 1986-2006, Franz-Olivier Giesbert

Livre blanc : Bien pratique pour différer des décisions dont personne ne conteste le principe mais dont chacun pressent que leur application donnera lieu à d’interminables affrontements. La rédaction du Livre blanc (à moins qu’il soit bleu ou vert) sera confiée à une personnalité qui n’aura pas à assumer l’application de ses idées et commanditée par une autorité qui veillera à préciser qu’elle ne se sent pas liée par ses recommandations. – Voir aussi : Rapport et Comité / Commission

Livre politique : On ne saurait prétendre à l’action et prendre trop souvent le temps du recul. L’écriture ne se justifie qu’en quelques occasions bien précises : la candidature à une fonction ou un retour après une période de silence. La publication d’un livre atteste alors d’une ambition, d’une volonté ou, plus prudemment, d’un désir d’avenir. – Voir aussi : Art, Action – Les livres politiques les plus célèbres : Mémoires d’espoir, Charles De Gaulle, Le Nœud gordien, de Pompidou, Démocratie française et Deux Français sur trois, Valéry Giscard d’Estaing, Le Coup d’Etat permanent, François Mitterrand, La France pour tous, Chirac, Lire et Témoignage,  Nicolas Sarkozy.

Lobbies, Lobbying : Intérêts particuliers bien décidés à montrer qu’ils représentent également une parcelle d’intérêt général et une source d’expertise indispensables aux pouvoirs publics. – Voir aussi : Relais d’opinion. – « Le lobbying est un tango qui se danse à deux : dialogue avec les « parties prenantes » oblige, la Commission européenne est largement consentante. », Qui gouverne le monde ? Etat du monde 2017, Sous la direction de Bdertrand Badie et Dominique Vidal.

Longévité : L’ancienneté donne au pouvoir sa patine affective et suscite le respect de ceux qui savent combien il est difficile de durer. Les esprits impatients, eux, y voient surtout un signe d’usure et une absence de renouvellement. – Voir aussi : Age.

Look : Tout univers possède ses codes, la politique comme les autres. Ce prérequis étant admis, on n’oubliera jamais qu’il s’agit moins de faire de l’apparence un atout que d’éviter d’en faire un handicap.  – Voir aussi : Alimentation, Habillement, relooking. – « A part un léger début d’embonpoint (Frédo, reprendre 12 fois des Ferrero Rocher, même quand on s’ennuie à une réception chez l’ambassadeur, ça n’est pas raisonnable), on s’arrête sur le pull en V. Au charme déroutant. Entre chic Old England et soucis de vieux garçon précocement frileux. Car, de mémoire, il ne faisait pas à Paris ce mardi-là une froidure telle qui justifia qu’on enfilât un pull sous sa veste. Cela dit peut-être sans manche. Pour comprendre, on peut s’hystériser en maman : Fred, si tu vas du côté de chez Palais Bourbon, n’oublie pas de mettre ta laine ! Injonction pas si bête, les couloirs du pouvoir étant infestés de vents mauvais plus porteurs de peste que de grippe A. », Au sujet du look du nouveau ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, Gérard Lefort, Libération, septembre 2009.

Lundi : Journée des réunions au sommet. – Voir aussi : Réunion.

Lunettes : Le pouvoir se concilie mal avec les lunettes. Trop austères, elles intellectualisent. Trop branchées, elles décrédibilisent. Trop classiques, elles vieillissent. Et ne parlons pas des lunettes noires qui font inévitablement penser à la jet set ou à la mafia… – Voir aussi : Règles.

M

Machiavélisme : Rien n’y fait, l’opinion situe toujours le pouvoir du côté du mal(in) beaucoup plus que du côté du bien. – Voir aussi : Morale – « (Le Prince) qui passe pour le comble du cynisme politique est un manifeste marxiste définitif (…) il révèle des vérités qui auraient dû rester cachées et réservées à l’usage interne des puissants exclusivement (…) il livre les secrets du prince au peuple. », La septième fonction du langage, Laurent Binet

Maire : Est au politique ce que la particule élémentaire est au monde la physique. Voir aussi : Maire de grande ville, Maire de petite ville, Maire de ville moyenne

Maire de grande ville : Point de chute des fauves fatigués. – Voir aussi : Agglomération

Maire de petite ville : Quelques rares satisfactions mais, surtout, beaucoup d’emmerdes. – Voir aussi : Maire de ville moyenne – « Ne deviens pas maire si tu ne veux pas voir du crottin de cheval devant ta porte », proverbe créole

Maire de ville moyenne : Etre maire d’une ville moyenne c’est devoir répondre à autant, sinon à plus d’attentes que les maires des grandes villes sans disposer des mêmes moyens. – Voir aussi : Maire de grande ville.

Maîtrise de l’agenda : La maîtrise de l’agenda confère un double pouvoir : le choix du moment et du terrain. Voir aussi : Actualité

Majoritaire (scrutin)

Majorité / Minorité : Tout majorité peut être scindée en minorités. Son opinion de droite ou de gauche, opinion des personnes concernées par un projet de réforme et opinion de celles qui ne le sont pas, etc.

Majorité qualifiée : Pondération de l’égalité des membres par leur poids politique. – Voir aussi : Vote.

Majorité silencieuse : Alors que les minorités actives font feu de tout bois face aux élus, les réveils électoraux des majorités silencieuses sont souvent douloureux pour les majorités sortantes. – Voir aussi : Sondages

Maladie : Le pouvoir ne peut pas ne pas pouvoir – Voir aussi : Stress, Santé – « Ce qui distingue les hommes de pouvoir du vulgum pecus, c’est qu’ils souffrent en silence. Leurs douleurs ne peuvent pas et ne doivent pas paraître en public ». – Ces fous qui nous gouvernent, Pascal de Sutter

Mandat électif : L’essence même de la politique. Ceux qui n’ont pas affronté le verdict des urnes ne peuvent pas comprendre. – Voir aussi : Elu

Manifeste :

Manipuler : Plus qu’une technique, la manipulation est un art fait tout entier de persuasion et de séduction, indissociable de la liberté individuelle d’adhérer ou non au discours politique.

Marché (pouvoir du) : Libéré partiellement du contrôle des Etats grâce à l’internationalisation des échanges, le pouvoir du marché ne réside plus seulement dans la fixation des prix mais aussi dans la mise en concurrence des espaces nationaux, les moyens qu’il donne ou retire aux Etats, la brutalité et au caractère imprévisible de ses retournements. – Voir aussi : Pouvoir politique – « Les responsables politiques savent que la plupart des décisions économiques leur échappent (…) Un jour viendra où des entreprises, des patrons étrangers, des fonds de pension, des investisseurs diront « faites! » et nous nous exécuterons. », Bruno Le Maire, Jours de Pouvoir – « Finalement, ouvriers, cadres, syndicalistes, même directeurs d’usines, élus locaux, parlementaires, peu importe, nous sommes devenus les otages enchaînés d’un système qui n’a plus le sens de l’être humain, de la modération et de l’équilibre. », Arnaud Montebourg, Votez pour la démondialisation.

Mardi : Journée parlementaire.

Marginalisation (stratégie de) : Rien de plus efficace pour marginaliser un partenaire difficile que de lui préférer d’autres interlocuteurs, peut-être moins représentatifs mais moins radicaux dans leurs propositions et leurs revendications. – Voir aussi : Alliances

Marketing politique : L’idée d’une « science » du marketing appliquée aux candidats permet aux journalistes de présenter la politique sous l’angle le plus manipulateur, le plus cynique et le plus noir. Réactions garanties : le public s’indigne, les élus démentent. Une évidence demeure : un homme politique restera toujours plus imprévisible qu’un pot de yaourt. – Voir aussi : Affiche, Slogan, Publicitaire.

Marque (pouvoir de la) : La marque transfère les des qualités du produit au consommateur. C’est du moins le pouvoir qu’elle prétend avoir. Pour que cela fonctionne, une seule condition : être suffisament nombreux à le croire. – Voir aussi : Consommateur.

Marronnier : Immobilier, francs-maçons, dépenses publiques inutiles, hôpitaux… Les dossiers censés faire vendre la presse ne sont pas si nombreux. C’est pourquoi ils reviennent chaque année. Un phénomène bien connu des attachés de presse. – Voir aussi : Presse

Mars : Vote du budget, assemblées générales, élections… En mars les hommes de pouvoir sont sur tous les fronts. – Voir aussi : Budget, Assemblée générale.

Marxisme : Théorie de l’histoire animée par la lutte des classes et le primat des superstructures sur les infrastructures, autrement dit par la domination qui résulte de l’appropriation des moyens de production. – Voir aussi : Communisme, Socialisme.

Maturité : Rien ne vaut une bonne campagne électorale pour gagner dix ans de maturité en quelques mois. – Voir aussi : Age.

Mauvaise foi : Mauvaise foi et politique vont de pair dans l’esprit des citoyens. Ce n’est donc jamais un problème pour peu que les apparences soient sauves. – Voir aussi : Cynisme – « Le menteur dit sciemment des choses différentes de la vérité. Il trompe, trahit l’autre. Il est sûr de lui et il affirme. Celui de mauvaise foi trompe l’autre aussi mais ne s’assume pas. Il a besoin de reconstruire les faits, de chercher à convaincre l’autre quitte à le manipuler, il rejette sa faute sur l’extérieur, il cherche à dissimuler ses responsabilités, il peut d’ailleurs avoir peur d’être démasqué… », Vaut-il mieux mentir ou être de mauvaise foi ? cafes-philo.org, 17 avril 2016

Mécontentement : le mécontentement ne perdure jamais sans déboucher sur la contestation. A bien différencier, donc, de l’insatisfaction. – Voir aussi : Contestation.

Médailles : La distance critique qui caractérise le sujet s’évanouit pour tous les récipiendaires. – Voir aussi : Reconnaissance, Cérémonies – « S’il fallait que tous ceux qui l’obtiennent l’aient méritée, on ferait des économies ! », Jacques Chirac.

Médias : Après les avoir suppliés pour qu’ils s’intéressent à vous, vous devrez les travailler pour qu’ils vous traitent à peu près bien. Un travail de forçat compte tenu de la concurrence acharnée que se livrent tous les médias… Cela dit, comme partout, pour le meilleur comme pour le pire, seuls quelques médias donnent vraiment le ton… – Voir aussi : Presse, Journaliste.

Médiatisation : La rareté, censée créer le désir, n’est plus de mise. L’omniprésence, supposée démontrer l’implication, non plus. Reste à trouver le juste équilibre. – Voir aussi : Communication, Image, Mass medias.

Mediatraining : Terrible pour ceux qui se croient bon, radicalement efficace pour ceux qui veulent le devenir. – Voir aussi : Médias, Emission – « Sarkozy n’a pas besoin de faire de media-training pour rencontrer ses anciens ministres », Pierre Charon au sujet des débats de la primaire de la droite et du centre, Public Senat, 10 octobre 2016 – « Ces séances sont la plupart du temps filmées et revisionnées, partant du principe qu’il faut toujours changer d’erreur pour s’améliorer. L’attitude physique est savamment étudiée. Un relâchement du corps, une voix moins posée, un regard baissé et la qualité de l’intervention diminue sur le fond. », Media training : les coulisses de la préparation d’Hillary Clinton, Fais pas com’ papa, 28 septembre 2016

Méfiance : L’instinct de conservation du pouvoir commande de surestimer ses adversaires mais aussi de se méfier de ses proches y compris les amis, les fidèles, les secrétaires… –  Voir aussi : Paranoïa, Esprit critique – « Croyez tout le monde honnête et vivez avec tous comme avec des fripons », Mazarin – « Il est quelquefois bon d’être pessimiste, cela évite un sommeil prolongé. », François Mitterrand, novembre 1990 – « Quelle serait l’espérance de vie politique d’un élu qui ne serait pas plus méfiant que la moyenne ? », Ces fous qui nous gouvernent, Pascal de Sutter – « Je suis pessimiste par l’intelligence mais optimiste par la volonté. », Lettres de prison, Gramsci.

Mégalomanie : La mégalomanie est indissociable de l’ambition. Elle en est le moteur, le fantasme, l’aboutissement rêvé mais forcément secret. – Voir aussi : Ambition – « On crée pour l’éternité, même si elle se charge de démentir. », François Mitterrand.

Mémoire : La mémoire collective n’a pas plus d’intérêt pour nos sociétés ultra-médiatisées que la culture générale. Une évidence qui ne saurait dispenser d’invoquer et de célébrer le « devoir de mémoire » à l’occasion de chaque cérémonie commémorative. – Voir aussi : Histoire (avec un grand h).

Mensonge : Il n’y a de mensonge impardonnable que public. Dans l’exercice du pouvoir, le mensonge par omission procède du sens des responsabilités alors que la contrevérité se voit toujours soupçonnée de duplicité, de lâcheté, voire des deux. Dans les coulisses, en revanche, tout est permis. – Voir aussi : Hypocrisie, Trahison – « Il ment tellement qu’on ne peut pas croire le contraire de ce qu’il dit. », Marie-France Garaud au sujet de Jacques Chirac.

Mental : Si la langue doit savoir être de bois, le mental ne peut être que d’acier. Au moins en apparence. – Voir aussi : Franchise, Hypocrisie, Mensonge, Mauvaise foi- « chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es. » Machiavel.

Mentor : Protège, conseille et soutient. – Voir aussi : Carrière. – « L’homme d’affaires met ses réseaux et sa fortune au service de l’ex-ministre. Il prête également ses locaux parisiens à « En Marche ! », mouvement destiné à soutenir la candidature d’Emmanuel Macron en vue de la présidentielle de 2017. « Je ne le quitte jamais ! J’ai une légitimité de parcours à le conseiller sur ses grandes orientations », affirme-t-il au Figaro. Et il ajoute : « J’incite toutes mes relations d’affaires à immédiatement aider Emmanuel Macron. Je m’inspire de la campagne d’Obama, basée sur des petits porteurs. » », Qui est Henry Hermand, le « mentor » d’Emmanuel Macron ?, Vincent Daniel, francetvinfo.fr, 29 septembre 2016

Mercredi : A l’assemblée c’est jour de télé. Présence impérative.

Message : La recette ne change pas : un message à la fois, décliné sur tous les médias disponibles et basé sur les mêmes éléments de langage. – Voir aussi : Communication – « Un texte qui n’a pas de destinataire précis est une garantie d’imprécision, de propos vagues et impersonnels. Comment un message pourrait-il convenir à tout le monde ? », La septième fonction du langage, Laurent Binet.

Meurtre : Qu’il s’agisse de se débarrasser du père, d’un frère ou, plus rarement, d’une sœur d’arme, on ne passera à l’acte qu’après avoir effectué un long travail de sape et s’être assuré la bienveillante neutralité des leaders les plus influents. Le jour venu, on franchira le Rubicon avec toute la solennité indispensable. Et, surtout, sans la moindre hésitation. – Voir aussi : Chef, Trahison – « Tout chef politique doit avoir l’instinct du tueur » – Françoise Giroud – “Il ne faut pas blesser une bête : on la caresse ou on la tue.”, Jacques Chirac, L’Année Chirac : l’avenir à bras-le-corps – « Quand un adversaire est à terre, il faut lui mettre une balle entre les deux yeux », Propos de Nicolas Sarkozy rapporté par Sophie Primas, juin 2015 – Le bal des dézingueurs, Laurent Bazin et Alba Ventura.

Mi-mandat : Courte période durant laquelle certaines erreurs ou certaines lâchetés peuvent encore se corriger. – Voir aussi : Etat de grâce – « N’est-ce pas le B-A-BA de la politique ? Les 2 premières années vous devenez maximum impopulaire, vous leur tapez sur le claque bec, ah salaud le peuple aura ta peau. Moi je dis cause toujours, je vous emmerde. Ensuite 2 ans vous laissez reposer le flan, vous faites des trucs plus calmes. Et les deux dernières années, plus rien du tout, des fontaines, des fleurs, et des bonnes paroles : je vous aime. », Georges Frèche.

Microcosme : Tout y prend une ampleur particulière. Rien de plus logique. C’est là que se font et se défont les réputations. C’est là aussi que s’évalue de la façon la plus déformée qui soit la réalité du quotidien. Tout dirigeant censé fait profession de ne pas y appartenir. Certains vont même jusqu’à s’en convaincre eux-mêmes. – Voir aussi : Parler-vrai, Minorités actives – « Les porteurs de pancartes, ceux qui scribouillent, jacassent et babillent, le choeur des pleureuses et le cortège des beaux esprits, des milieux qui ne vivent que de manœuvres, d’intrigues et de ragots. », Raymond Barre à propos du microcosme politique, 1978.

Militant : Etat temporaire excluant toute prise de distance. En public, un militant de base se doit d’être un soutien actif et inconditionnel, ce qui revient entre autres choses à : envoyer des sms, coller des affiches, participer aux meetings, faire la claque, tracter, boiter, incarner la jeunesse, la province, l’unité… – Voir aussi : Collaborateurs, Elus, Parti, Carrière – “Il faut critiquer, il faut constamment tout remettre en cause. Cela permet de rester jeune et de progresser.”, Alice Parizeau, Les Militants – « Quand quelque chose vous indigne, comme j’ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint le courant de l’histoire et le grand courant de l’histoire doit se poursuivre grâce à chacun. », De Stéphane Hessel, Indignez-vous !

Minimiser : Attitude de mépris appliquée aux affaires moralement répréhensibles mais dont l’opinion se désintéresse. –Voir aussi : Affaires

Ministère : Clé d’accès à la scène politique nationale. Les plus prestigieux sont les ministères régaliens (Armée, Police, Justice et Affaires Étrangères) auxquels il faut ajouter les puissants ministères de l’Economie et de l’Environnement. – Voir aussi : Ministre.

Ministre : Une fin en soi. L’objectif de tout parlementaire qui se respecte. Plus ou moins puissant selon l’administration qu’il chapeaute et son dégré d’exposition médiatique. – Voir aussi : Secrétaire d’Etat, Ministre délégué – « Pauvres ministres, nous ne sommes que des lecteurs de journaux, des auditeurs de radio, des guetteurs du 20 heure à la télévision. On lit, on écoute, on regarde les infos pour avoir des nouvelles de notre propre avenir. », Un mouton dans la baignoire, Azouz Begag.

Ministre (2) : Dans les tous premiers jours suivant sa nomination, le ministre s’emploiera à négocier les décrets d’attribution définissant son champ de compétence. Une fois cette étape franchie, il n’oubliera pas qu’il lui faut exister s’il veut être maintenu en place. – Voir aussi : Ministère – « Mais comment un prince pourra-t-il connaître son ministre ? Voici un moyen qui jamais n’est en défaut. Quand tu vois un ministre penser plus à soi qu’à toi et qu’en tous ses maniements et affaires il regarde à son profit, ce ministre ne vaudra jamais rien et tu ne dois point t’y fier ; car celui qui gouverne et tient en sa main tout l’État d’un prince ne dois jamais penser à soi, mais toujours à son maître, et jamais entretenir le prince de chose qui ne touche pas à ses affaires. » – Machiavel

Mise en cause : Face à une accusation grave, la seule façon de s’en sortir est de porter plainte pour diffamation, y compris et même si l’issue de la procédure n’est pas garantie. – Voir aussi : Condamnation judiciaire – « J’aurais dû attaquer et déposer une plainte contre X (…) J’étais intimement convaincu que la vérité finirait, tôt ou tard, par émerger, par s’imposer. Oui, j’étais sûr que tout cela finirait bien par s’éteindre et retomber comme un soufflé, avec l’été. Ce fut une erreur. », Eric Woerth au sujet d’un article du JDD selon lequel il aurait une propriété en Suisse, Dans la tourmente.

Mise en examen : La mise en examen suppose l’existence d’indices rendant vraisemblable une participation à un crime ou à un délit. Ce n’est par conséquent jamais une décision anodine. – Voir aussi : Condamnation judiciaire, Peine

Mobilier : Le changement ou non de mobilier lors d’un changement d’occupant est indicateur qui ne trompe pas sur le rapport au passé et le degré de personnalisation de la fonction. – Voir aussi : Bureau (local)

Mobilisation : Un groupe est aussi difficile à mobiliser qu’à encadrer une fois galvanisé… – Voir aussi : Manifestation, Abstention, Participation – « Alors que les dirigeants de LMPT espéraient mobiliser « plus que jamais » afin de peser sur l’année électorale à venir, la participation de ce dimanche est la plus faible jamais enregistrée (…) Pour trouver une mobilisation aussi faible, il faut remonter au tout début du mouvement, en novembre 2012. Une manifestation parisienne avait alors vu défiler 200.000 personnes selon les organisateurs. La police en avait compté 70.000, soit trois plus que ce 16 octobre. », Entre 24.000 et 200.000 manifestants défilent à La Manif pour tous, Le HuffPost avec AFP, 16 octobre 2016 – « À Grenoble (Isère), une manifestation d’agriculteurs s’est envenimée ce mercredi 5 août. Ils étaient venus pour discuter de leur fragilité financière, mais les échanges ont tourné court. À la place, projection de paille sur la façade de la direction départementale du territoire, jets de pierre, et vitres brisées. Les 80 agriculteurs isérois ont également construit un mur de parpaing pour bloquer l’entrée du bâtiment administratif. », Grenoble : une manifestation d’agriculteurs dégénère, France info, 05 aout 2015.

Mode (pouvoir de la) : La mode n’a pas le pouvoir de changer la société, elle se contente de les rendre visibles en conciliant le conformisme des masses et les aspirations identitaires des individus. – Voir aussi : Politiquement correct, Habillement. – “L’influence de la mode est si puissante qu’elle nous oblige parfois à admirer des choses sans intérêt et qui sembleront même quelques années plus tard d’une extrême laideur.”, Gustave Le Bon, Les opinions et les coryances.

Mode de scrutin : Majoritaires, les scrutins avantagent les grands partis de gouvernement, les majorités claires et le pouvoir exécutif. Proportionnels, ils sont plus favorables aux petits partis, aux alliances et au pouvoir législatif. – Voir aussi : Majoritaire (scrutin), Proportionnel (scrutin) – « La proportionnelle peut reconstituer pour l’électeur une « respiration », analyse Marie-Françoise Bechtel (Fondation Res Publica). Mais, poursuit-elle, il ne faut pas en sous-estimer les dangers (…) Il est préférable de maintenir le scrutin majoritaire en l’aménageant, conclut-elle. Thierry Chopin (Fondation Robert-Schuman) prend quant à lui l’exemple des trente années d’élections européennes pour dégager les inconvénients du scrutin proportionnel. Pas nécessairement lui répond Olivier Ferrand (Fondation Terra Nova), qui pense que le principe du panachage entre scrutin majoritaire et scrutin proportionnel finira par s’imposer. », Faut-il passer au scrutin proportionnel aux législatives ? Idées, Le Monde, 23 mai 2011  

Modèles : Grandes figures de l’Histoire, mentor, prédécesseur… Les hommes de pouvoir ont tous des modèles qu’ils tentent d’imiter et de dépasser. Même avec les morts, la compétition ne connaît jamais de répit. – Voir aussi : Histoire, Affiche – « En abandonnant son statut de président d’un « camp » contre un autre pour celui de président pragmatique et rassembleur, pas idéologue pour deux sous, n’invoquant plus la gauche, tendant la main à la droite, et d’abord à la « droite » de son camp incarnée par Michel Rocard. Cette mutation réussie de Mitterrand fait rêver Hollande, qui ira vendredi à Jarnac s’incliner sur la tombe de l’ancien président de la République, né il y a cent ans, mort à Paris le 8 janvier 1996. », lejdd.fr, 3 janvier 2016 – « Déjà en 2007, les similitudes de l’affiche de campagne de Nicolas Sarkozy avec celle du François Mitterrand de 1981, conçue par Jacques Séguéla, avaient été soulignées. Le cru de cette année renvoie plutôt à 1988, l’année où, comme Nicolas Sarkozy aujourd’hui, M. Mitterrand se représentait à la fin de son premier mandat. », Sylvia Zappi, Affiche de Sarkozy : une touche giscardienne et mitterrandienne, Le Monde, 16 février 2012

Moderniser : On ambitionne généralement de moderniser la vie publique, l’Etat ou un parti dans la foulée d’une victoire ou à la veille d’une élection. À ces quelques exceptions près, la « modernisation » de telle administration ou de telle entreprise s’abrite derrière les lois de la nécessité et rarement sous le signe de l’ambition. – Voir aussi : Administration, réforme, Changement – « La véritable modernité, c’est d’oser redonner la parole au peuple français, a lancé M. Sarkozy. Il y a la modernisation pour l’élite et il y a la modernisation pour le peuple. Il y a la modernisation hors sol ou une modernisation enracinée dans notre histoire. (…) Peuple de France, allez dire que la majorité silencieuse a décidé de ne plus être silencieuse. » », Nicolas Sarkozy cité par Matthieu Goar, Au Zénith, Nicolas Sarkozy rejoue la partition de 2012, Le Monde, 9 octobre 2016 – « La modernisation de l’Etat et des structures publiques constituera un chantier majeur du prochain quinquennat, parce que les citoyens demandent une administration plus performante et moins coûteuse, parce que les situations économique et sociale, mais aussi sécuritaire et diplomatique conduisent à une demande forte de plus d’Etat et de services publics, et qu’il faut donc redéployer et s’adapter. », Agnès Audier , Modernisation de l’Etat : dépasser les idées reçues, La tribune, 28 septembre 2016

Modernité : L’idée de Modernité en tant que stade ultime d’un processus de civilisation, cette idée-là a vieilli. Elle ne séduit plus, ou en tout cas, plus autant que par le passé. Etre moderne consiste désormais à être branché, si possible, sur les réseaux sociaux.  – Voir aussi : Progrès, Développement.

Moment (sens du) : En politique, la bonne décision est avant tout une affaire de moment. – Voir aussi : Maitrise de l’agenda – « Dans la tourmente des événements de Mai 68, (le général de Gaulle) parle à la radio et à la télévision et rien ne se produit. Huit jours plus tard, il récidive, annonce des élections législatives et tout s’arrête. Entre temps, la situation avait radicalement changé. Les pompes des stations-service étaient à sec, les Français avaient pris peur et aussitôt plébiscité le retour à l’ordre. L’important est donc de saisir le moment. », Jean-Marie Colombani, L’art de saisir le bon moment, directmatin.fr, 15 Février 2016

Mondialisation : Désignée sous le terme de globalisation dans les pays anglo-saxons, la mondialisation est l’explication à tous les maux dans les pays en crise. – Voir aussi : Libéralisme – « la mondialisation a fabriqué des chômeurs au Nord et augmenté le nombre de quasi-esclaves au Sud. », Arnaud Montebourg, Votez pour la démondialisation.

Moral : L’excitation inhérente à la conquête et à l’exercice du pouvoir s’accompagne d’une succession ininterrompue de rares instants d’euphorie, de fréquents moments de doute ou d’abattement et de brusques poussées d’agressivité les plus souvent refoulées. Autant dire que l’exercice du pouvoir et a fortiori de responsabilités publiques suppose un moral d’acier – Voir aussi : Cuir, Défaite, Colère – « Le directeur de cabinet du Premier ministre m’appelle pour me dire qu’il a lu une dépêche AFP sur mon émission. Il l’a laissé sur le bureau de Dominique de Villepin. Aujourd’hui, je suis un opti-ministre », Un mouton dans la baignoire, Azouz Begag – « Même les ambitions les plus résolues se construisent en secret dans le doute. », Jours de pouvoir, Bruno Le Maire – « Il y a une chose aussi, il faut faire les choses gaiement. On gagne, on perd, mais il faut faire les choses gaiement. », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Morale : Machiavel avait découplé la morale de la politique. La pipolisation tend aujourd’hui à les ressouder. – Voir aussi : Ethique, Presse Pipole – « Un homme qui en toute occasion voudrait faire profession d’homme de bien, il ne peut éviter d’être détruit parmi tant de gens qui ne sont pas bons. Aussi est-il nécessaire à un prince, s’il veut se maintenir, d’apprendre à pouvoir n’être pas bon, et d’en user et n’user pas selon la nécessité »; « Tout le mal de ce monde vient de ce qu’on n’est pas assez bon ou pas assez pervers ». – Machiavel

Motards : Réservé au sommet. Ceux qui découvrent ce type d’escorte comprennent soudain l’ivresse que procure le pouvoir. – Voir aussi : Chauffeur

Mots : Toute bataille d’idée étant une bataille de mots, on veillera à bien choisir les termes du combat. – Voir aussi : Idéologie, Clivage droite-gauche, Opposition – « (…) Le sens des mots n’est pas ce qui éloigne la droite de la gauche – l’une se référant au réel, l’autre à l’idéal – mais ce qui distingue les partis au pouvoir et l’opposition. » – Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt – « Les mots inspirent. », Barack Obama

Multiculturalisme : La reconnaissance des minorités est accusée à droite de tuer la citoyenneté française et à gauche de faire oublier la lutte contre les inégalités sociales. – Voir aussi : Minorités, Discrimination.

Musique (pouvoir de la) : le pouvoir à la musique tient à dans sa capacité exceptionnelle à susciter des émotions par delà les différences sociales et culturelles. – Voir aussi : Pouvoirs, Pourvoir de l’image.

N

Narcissisme : Dans son acception clinique, le narcissisme ne saurait être mis au même niveau que l’égotisme ou la confiance en soi. Le narcissisme se range parmi les pathologies inhérentes à l’exercice du pouvoir. L’usage des facilités offertes par la fonction à des fins personnelles et le sentiment d’impunité en sont les symptômes les plus courants. – Voir aussi : Ego , Egoïsme. – « L’individu histrionique se caractérise, d’après le DSM-IV, par les traits suivants : – mal à l’aise dans les situations où il n’est pas au centre de l’attention d’autrui (…) – expression émotionnelle superficielle et rapidement changeante (…) – dramatisation, théâtralisme et exagération de l’expression émotionnelle, suggestibilité (…) » – Ces fous qui nous gouvernent, Pascal de Sutter

Nationaliser, reprendre en gestion directe : Mot d’un autre temps, la prise de participation de l’Etat dans une entreprise privée n’est plus motivée que par l’urgence et la nécessité. – Voir aussi : Entreprise.

Négocier : Qu’il s’agisse d’alliances électorales, de réformes structurelles ou de conflits sociaux, il y a l’objectif affiché par chaque partie et ce que chacune espère qu’il en restera après discussion. – Voir aussi : Compromis, Menace.

Néologisme : Entre le mot inventif et judicieux et le mot malheureux et ridicule, la frontière vacille souvent. – Voir aussi : Oxymore, Mot.

Nettoyage (des lieux) : Se dit des visites qui ont été « préparées » et « sécurisées ». Un impératif à l’ère du smartphone et du podcast amateur. – Voir aussi : Sécurité, Terrain, Déplacement, Meeting

Neutralisation (stratégie de) : Une stratégie habituellement utilisée pour prévenir une action indésirable en posant le consensus comme un préalable indispensable. – Voir aussi : Consensus.

NTIC : Facteur d’intégration des marchés, des organisations, des institutions, et d’accélaration de circulation de la donnée, qu’elle soit chiffrée ou informative. – Voir aussi : Interdépendance.

Nommer : Les nominations consistent, c’est selon, à récompenser et sanctionner, faire des obligés et défaire les carrières. Un exercice aussi feutré que délicat. Jouissif, également. – Voir aussi : – « Toutes les fois que je donne une place vacante, je fais un ingrat et cent mécontents. » – Louis XIV – « Jouant en virtuose des passions, il veille à augmenter considérablement le pouvoir de nomination de l’Elysée afin de mieux tenir ses entours et satisfaire sa clientèle. », Dominique de Villepin, De l’esprit de cour.

Non : A l’ère du Soft power, l’usage du mot . Sauf à l’accompagner ou à le remplacer par un « pas pour l’instant ».  Ce qui revient au même mais présente l’immense avantage de préserver les apparences. – Voir aussi : Oui.

Norme: L’affaiblissement de la norme va de paire avec la remise en cause de l’Autorité. Ne subiste que la culture dominante qui peut être au moins aussi tyranique que la religion et la morale. – Voir aussi : Autorité, Culture dominante, Interdit.

Nouveauté : Pour marquer sa jeunesse, l’ambitieux alternera les mot « nouveau » et « changement », les déclinant sur tous les tons et dans tous les domaines. – Voir aussi : Ambitieux, Changement, Age, Jeune. – « Je ne veux pas une alternance, comme on en connaît depuis 30 ans. Un coup la droite, un coup la gauche, toujours la même politique (…) Il faut un changement profond, il faut porter ce renouvellement de la classe politique qu’attendent les Français ». Journal de 20h de France 2 du 17 avril 2016

Nouvelle (mauvaise) : Les hommes et femmes de pouvoir ont cette particularité exceptionnelle de paraître encaisser sans sourciller. Pour autant les collaborateurs savent qu’il vaut mieux ne pas en abuser et laisser à d’autres l’annonce des mauvaises nouvelles. – Voir aussi : Moral, Cuir, Crise, Critique, Rumeur.

O

Objectivité : Si, dans leur grande majorité, les journalistes ne votent pas à droite, ils ne sont pas forcément plus compréhensifs à l’égard de la gauche lorsqu’elle est au pouvoir. – Voir aussi : Presse, Journalistes.

Octobre : Le mois du Projet de Loi de Finance. Même si les prévisions sont habituellement surestimées, le PLF donne de solides indications sur les grandes orientations. – Voir aussi : Politique budgétaire.

Off : Petit jeu hypocrite consistant à alimenter les journalistes en confidences fiéleuses et anecdotes ravageuses sous le sceau de la confidentialité. Comprendre : « merci d’utiliser mes propos sans me citer. » Une habitude qui limite la tenue de véritables débats en interne aux seuls proches dignes de confiance. – Voir aussi : Journalistes. – « Le off, c’est la seule façon d’apprendre à connaître les politiques et d’apprendre à se faire confiance. C’est pour ça que je vous demande de vraiment le respecter. », Nicolas Sarkozy à des journalistes, janvier 2012 – Le bal des dézingueurs, Laurent Bazin et Alba Ventura – « Il ne peut pas en parler, parce qu’il ne peut pas nous faire confiance : ça fuiterait. », Marylise Lebranchu citée par Bérengère Bonte, Dans le secret du conseil des ministres.

Omerta : le règne du silence s’explique moins par un effet de connivence et d’entre-soi que par les risques qu’encourent ceux qui choisissent de briser la loi du silence. – Voir aussi : Silence.

Omniprésence : Sous le feu des médias, l’omniprésence est aussi usante que l’absence est risquée. – Voir aussi : Saturation (stratégie de), Ubiquité.

ONG : Les ONG ont construit leur réputation en défaisant celle des grandes entreprises. Signe de progrès ou de compromission ? L’heure est au partenariat « gagnant-gagnant » et à des rapppels à l’ordre plus discrets… – Voir aussi : Association, Environnement, Ecologie

Opinion : On ne change pas une opinion : on montre en quoi elle n’est pas nécessairement incompatible avec une autre opinion. Et c’est déjà beaucoup. – Voir aussi : Croyance, Vraisemblance – “Ne combattez l’opinion de personne ; songez que, si l’on voulait dissuader les gens de toutes les absurdités auxquelles ils croient, on n’en aurait pas fini, quand on atteindrait l’âge de Mathusalem.”, Arthur Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse dans la vie.

Opinion publique : Les élites lui reprochent son court-termisme et son irrationalité, ses sautes d’humeur, sa versatilité et sa propension à être facilement manipulée. Il n’en demeure pas moins que la généralité du concept d’opinion publique occulte bien des oppositions idéologiques, sociologiques et générationnelles qui en relativisent fortement l’unité et la pertinence. – Voir aussi : Sondages, Médias, Majorité, Minorités, Minorités actives. – « Pour presque tous les journalistes, l’opinion publique est sacro-sainte ! Il faut caresser ses instincts les moins nobles, parfois les plus bas, et surtout, ne pas la heurter pour ne pas l’avoir contre soi. En cela, la majorité des journalistes ressemble à la majorité des politiciens. », Charles de Gaulle – « Cette opinion que (Jacques Pilhan) dit être « femelle » et « volage », « il faut la séduire mais aussi la tenir. » », François Bazin, Le sorcier de l’Elysée – « Si les pays démocratiques sont, dans une large mesure, à l’abri des caprices et des dérives des dirigeants, c’est en partie grâce à la pression de l’opinion publique (…) Tout se passe comme si les médias jouaient le rôle de « parents modérateurs » » – Ces fous qui nous gouvernent, Pascal de Sutter.

Ordonner / Obéir : Les ordres ne se donnent plus guère qu’à l’armée ou sous les régimes autoritaires. Il y a aujourd’hui bien d’autres façons d’exiger et surtout d’obtenir. – Voir aussi : Autorité, Influence, Soft power – « Je vous demande de vous arrêter », Edouard Balladur, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 1995, au soir de la proclamation des résultats du premier tour, le 23 avril 1995

Organisation : Il existe deux types d’organisation : celles où le pouvoir est élu et celles où il est nommé.  – Voir aussi: Assemblée, Association, Entreprise, Collectivité.

Organisation internationale : Chambre de modération des rapports de force. La confidentialité des discussions et la pratique de la langue de bois en garantissent le bon fonctionnement. Un challenge d’autant plus difficile face à la multiplication des accords bi-latéraux et à la montée des exigences de transparence qui mettent à mal le secret des négociations. – Voir aussi : Interdépendance, Diplomatie, Politique étrangère.

Orgueil : Tentation permanente de tous les aspirants au pouvoir, l’orgueil constitue – et de loin – le facteur numéro 1 de l’isolement et de l’échec. – Voir aussi : Humiliation, Vanité, Intelligence rationnelle. – « La Nature a mis dans le cœur de tous les hommes un amour-propre, un orgueil, une fierté qui sont, de toutes dispositions, les plus pénibles à vaincre. », Essai sur l’art de ramper à l’usage des courtisans, d’Olbach.

Originalité : Un trait de caractère que seuls peuvent s’autoriser ceux qui ont réussi. Les autres s’attacheront à respecter les codes. – Voir aussi : Image personnelle, Outranciers (propos), Habillement.

Oui : Certains « oui » veulent dire « peut-être » quand des « peut-être » veulent dire « non ». – Voir aussi : Accord, Non – « Pour dire oui, il faut pouvoir dire non. », François Mitterrand.

Outranciers (propos) : Souvent la seule façon de se faire entendre. A ne manier qu’à dose homéopathique sous peine de se voir cataloguer dans les personnalités connues mais marginales. – Voir aussi : Point de Godwin, Image personnelle.

Ouverture (stratégie d’) : Destinées à adoucir une image, les politiques d’ouverture ne débauchent, la plupart du temps, que des personnalités de second rang. – Voir aussi : Centristes, personnalités de la société civile, Triangulation (stratégie de) – « On a compris une chose : quand on fait la politique de ses adversaires, on perd ses électeurs et on ne gagne pas un seul de ses adversaires. », Nicolas Sarkozy cité par Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président – « Je suis pour un gouvernement d’ouverture, y compris aux sarkozystes, c’est tout dire. », Patrick Devedjian, 2007.

Ovation : Clameur sacralisante des politiques hissés, le temps d’un meeting, au rang de demi-dieux. – Un moment rare, très rare. Voir aussi : Applaudissement.

Oxymore : Sémantique d’essence centriste consistant à vouloir le beurre et l’argent du beurre en conjuguant deux notions dont on aura préalablement – et souvent artificiellement – radicalisé l’opposition. – Voir aussi : Mots – « L’oxymore est un procédé littéraire qui consiste à rapprocher deux mots que tout éloigne. L’expression « développement durable » en est un bel exemple en économie. Prétendre, comme le font les économistes, que la croissance ne compromet pas l’avenir des générations futures est la dernière tartufferie d’un système à bout de souffle, avant le désastre final. », Hervé Vouillot, Alternatives Economiquesn° 281, La politique de l’oxymore. Comment ceux qui nous gouvernent nous masquent la réalité du monde par Bertrand Méheust, juin 2009.

P

Palais : De tous temps, les palais ont été conçus pour impressionner le vulgum pecus. – Voir aussi : Motards, Protocole

Pamphlet : Genre littéraire se proposant s’éreinter les puissants. Les pamphlets les plus communs s’attaquent aux hommes et femmes de pouvoir pour ce qu’ils sont. Les meilleurs, pour ce qu’ils représentent. – Voir aussi : Humour, Caricature, Presse – Sébastien Nadot propose dans son PAMPHLET 2.0 un genre renouvelé où il s’agit autant de s’amuser d’une civilisation qui se perd dans les nouvelles technologies qu’elle a enfantée que de critiquer un système politique qui n’a de démocratique que le nom.

Pantouflage : La grandeur du service public a ses limites quand il s’agit de rémunération. S’assurer néanmoins que ce pantouflage-là ne soulève aucun conflit d’intérêt. – Voir aussi : Conflit d’intérêt, Ministre, Haut fonctionnaire – Quelques exemples de pantouflage : Michèle Barzach, ex-ministre des Affaires sociales et de la Santé, devenue de 2003 à 2013 présidente de la Fondation du laboratoire pharmaceutique GlaxoSmithKline. Claude Evin, ex-ministre des Affaires sociales et de la Santé (1988-1991) entré au cabinet international DLA Piper qui conseille les laboratoires pharmaceutiques. Christine Albanel, ministre de la Culture de 2007 à 2009, qui chapeautait les opérateurs télécoms devenue directrice générale d’Orange avant d’en être écartée pour la direction de… la Fondation Orange. Stéphane Richard, ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, PDG d’Orange.

Paparazzis : Moins portés sur les politiques que sur les artistes et les grands patrons, les paparazzis ne s’intéressent qu’à une infime poignée de personnalités politiques : le couple présidentiel, légitime ou non, et les quelques très rares profils atypiques du débat public. – Voir aussi : Presse pipole, Photographie

Parachutage : Il faut toute l’autorité de l’homme de pouvoir pour imposer un parachuté. Il faut tout le talent du parachuté pour réussir à le faire oublier. Ceux qui n’ont ni cette chance, ni ce talent, s’emploieront à l’atterrissage en douceur plutôt qu’au lâcher en haut vol. Sauf à se présenter poussé par d’autres motivations que la victoire. Dans ce cas – et seulement dans ce cas – le parachutage devra être assumé comme un choix. – Voir aussi : Elections

Paranoïa : Forme maladive de la méfiance, la paranoïa conduit à l’isolement et à la paralysie. Sentiment caractéristique des fins de règne. – Voir aussi : Méfiance – « Dans cette jungle cruelle où chacun est un fauve pour l’autre, les politiciens ne peuvent parfois même pas compter sur leur famille ou leur conjoint ». – Ces fous qui nous gouvernent, Pascal de Sutter

Parapheurs : Il faut avoir une confiance absolue dans le contrôle a priori ou un œil exercé pour signer à la chaîne des parapheurs comprenant des dizaines de documents engageant la responsabilité du signataire.

Parents d’Élèves (association de) : Regroupés en association, les parents se comportent souvent en enfants tyraniques… – Voir aussi : Association.

Parlement : Vivier privilégié des titulaires et aspirants aux maroquins ministériels contraints de lutter en permanence pour imposer leur légitimité. – Voir aussi : Député, Pouvoir législative. – « La concurrence entre ministres est bien réelle. Elle prend même une tournure vitale pour certains ministres délégués ou secrétaires d’Etat qui y voient la seule occasion de rappeler ou justifier leur existence. Certains mendient une question auprès de Matignon ou de leur ministre de tutelle, d’autres la jouent plus finement en passant par le groupe parlementaire de la majorité pour s’en faire poser une. », Stéphanie von Euw, Dans les entrailles du pouvoir

Parlementaire : Tout parlementaire rêve d’une loi à son nom, les plus ambitieux d’une présidence de groupe ou de commission et, last but not least, d’un premier maroquin ministériel. – Voir aussi : Député, Sénateur, Député européen.

Parler-vrai : La recette du parler-vrai ? Certains diront moins de grands mots, plus d’exemples concrets, plus de proximité avec le peuple. D’autres regretteront que la parler-vrai soit avant tout un discours fondé sur les peurs et l’intolérance. Dans tous les cas, les médias adorent tout en faisant mine de désavouer. – Voir aussi : Langue de bois, Peuple, Mots, Communication. – « J’espère que ce livre va parvenir à les convaincre qu’il vaut mieux parler vrai plutôt que faire de la langue de bois, parce que la langue de bois se retourne contre vous à un moment ou un autre. », Interview de Fabrice Lhomme, co-auteur de l’ouvrage « Un président ne devrait pas dire ça… », RT France, 14 octobre 2016.

Parole : C’est parce que les politiques donnent leur parole au moment des élections et la prennent régulièrement après que le verbe est indisssociable du pouvoir. – Voir aussi : Communication.

Parti politique : Pas de perspective ni de salut pour les ambitieux en dehors des partis. En fonction de sa sensibilité politique et des opportunités, chacun choisira un parti de gauche ou un parti de droite, un parti gouvernemental ou un parti contestataire. – Voir aussi : Association politique, Club. – « Le vrai sujet en politique, ce n’est pas le parti d’en face. Le vrai sujet, c’est son propre parti. », François Mitterrand cité par Bérengère Bonte, Dans le secret du conseil des ministres.

Passe d’arme : Rituel propre aux assemblées d’élus, la passe d’arme est fortement déconseillée sur les plateaux télé. – Voir aussi : Assemblée, Débat.

Patriotisme : Ne se manifeste en France que sous des formes épisodiques et fulgurantes, généralement à l’occasion de victoires sportives. – Voir aussi : Nationalisme.

Patron : En politique, le mot témoigne du dévouement et du respect des plus proches collaborateurs pour leur élu ou leur ministre. – Voir aussi : Leader. – « Il l’aimait trop pour le servir bien. », Au sujet de J.-P. Raffarin et de Jacques Chirac, Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président. – « Le véritable proche pardonne toujours à son patron. Il est prêt à comprendre toutes ses ingratitudes. Au besoin, il sacrifiera sa propre carrière pour l’ascension de son champion. », Seul en son palais, Marie-Eve Malouines.

PCS : voir CSP

Peine : Délit de favoritisme dans l’attribution d’un marché public, recel d’abus de confiance, emploi fictif, licenciement abusif, rupture abusive de contrat… La plupart de ces délits donnent lieu à des amendes et des peines de prison avec sursis. Les incitations à la haine raciale, la prise illégale d’intérêts, la corruption, abus de biens sociaux, et subornation de témoins sont plus sévèrement sanctionnées, que ce soit par la prison et des peines d’intelligibilité. – Voir aussi : Condamnation juridique.

Pensée unique : La pensée unique serait le reflet d’une « gestion responsable » sans réelle alternative. En somme, une pensée apolitique, sans débat et sans ambition. – Voir aussi : Parler-vrai, Langue de bois.

Perception : Peu importe le bienfondé d’une perception. Seule compte l’importance de celui qui perçoit. – Voir aussi : Images. – « Peu d’êtres savent voir les choses comme elles sont. Les uns aperçoivent seulement ce qu’ils veulent voir, les autres ce qu’on leur fait voir.”, Gustave Le Bon – « En politique, comme en littérature, on ne construit rien sur la réalité, mais sur des représentations de la réalité ; elles sont le point de départ de tout. », Bruno Le Maire.

Personnalité : Rien n’y fait. Ni le talent des communicants, ni la bonne volonté des dirigeants. La personnalité agit comme un élastique. Plus on s’en éloigne, plus elle resurgit au pire mauvais. – Voir aussi : Image personnelle – « On ne change pas les rayures d’un zèbre (…) Balladur, c’est Balladur ; Fillon c’est Fillon, Sarkozy, c’est Sarkozy. », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir.

Personnel politique : Notion regroupant les élus, ministres et fonctionnaires parties prenantes des décisions au niveau national et local. – Voir aussi : Hauts fonctionnaires, Cabinet, Attachés parlementaires.

Petite phrase : Le sel qui reste lorsque la mer s’est retirée. – Voir aussi : Mot – « Les Français ont crié SOS et François Fillon a répondu RAS. », Martine Aubry.

Pétition : Même si elle peut « interpeler » certains élus, la pétition est aux anonymes ce que le manifeste est aux personnalités : un genre en voie de disparition. – Voir aussi : Manifestes, Démocratie participative.

Petits blancs : Exilés en lointaine banlieue ou à la campagne, en tout cas loin des « cités » et des « quartiers », les petits blancs préfèrent se réclamer de la classe moyenne plutôt que des classes populaires, non par fierté ou par orgueil mais par peur du déclassement. – Voir aussi : Extrême droite, Extrême gauche – « La plupart des Américains de la classe ouvrière et de la classe moyenne blanche n’ont pas l’impression d’avoir été particulièrement favorisés par leur appartenance raciale. », Barack Obama, 2008.

Peuple : qu’il semble loin le temps où la gauche parlait du « peuple de gauche » et la droite du « peuple ». Aujourd’hui l’invocation du peuple a quelque chose de suspect. Normal : on le soupçonne d’être raciste, obtus et de voter à l’extrême-droite.

Photoshop : Le sauveur des disgrâces physiques et des outrages de l’âge. Beaucoup plus économique et bien moins risqué qu’un passage chez le chirurgien. – Voir aussi : Affiche, Presse pipole, Photographie – « Les personnalités politiques font appel à des photographes people qui retravaillent les clichés et livrent des photos retouchées. », Jean-Luc Luyssen, photographe, agence Gamma.

Pipolisation : Constitutive de l’image du pouvoir qu’elle contribue à humaniser, la pipolisation est une arme à double tranchant. Mieux vaut céder à ses sirènes régulièrement, mais à ses conditions, plutôt que d’en être exclu ou victime. – Voir aussi : Vie privée, Conjoint, Photographie.

Plaire (art de) : Ce n’est pas le moindre des paradoxes, ni le plus difficile des arts que de savoir instaurer la confiance par le calcul.  – Voir aussi : Hypocrisie – « Le grand art du courtisan, l’objet essentiel de son étude, est de se mettre au fait des passions et des vices de son maître, afin d’être à portée de le saisir par son faible : il est pour lors assuré d’avoir la clé de son cœur. Aime-t-il les femmes ? Il faut lui en procurer. Est-il dévot ? Il faut le devenir (…) Est-il ombrageux ? Il faut lui donner des soupçons contre tous ceux qui l’entourent. Est-il paresseux ? Il ne faut jamais lui parler d’affaires. » – Essai sur l’art de ramper à l’usage des courtisans, d’Olbach.

Plume : Même si la règle supporte des exceptions pendant ou après une collaboration, toute plume est censée rester dans l’ombre de son encrier. – Voir aussi : Discours – « Je suis plume, donc artiste, et pour tout dire bouffon. », Marie de Gandt, Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique – « Ceux qui écrivent ses discours ne sont pas en cause (…) Leur malheur est que le président passe leurs textes à la moulinette de ces réunions préparatoires, moud les phrases, les pile et les concasse, et en fait de la bouillie pour chats. », Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président.

Pluralisme : Les challengers sont toujours d’ardents défenseurs du pluralisme. – Voir aussi : Minorité, Proportionnel (scrutin)

PNL : S’adaptant instinctivement au degré de maturité de leurs interlocuteurs, les hommes et femmes de pouvoir pratiquent la Programmation Neuro Linguistique comme monsieur Jourdain faisait de la prose. Sans le savoir. – Voir aussi : Communication personnelle, Intelligence politique.

Point Godwin : Toute confrontation qui tourne à la surenchère verbale finit par assimiler l’adversaire à un nazi ou un fasciste. C’est Mike Godwin qui l’ayant observé a donné son nom à ce point paroxystique de l’injure. Mais comme tout ce qui est excessif devient vite insignifiant, on se gardera d’abuser de ce genre d’attaque, y compris dans les assemblées où ce genre d’échange est monnaie courante. – Voir aussi : Injure – « Le point Godwin est devenu une arme dans la main de ceux qui ont intérêt à faire passer le soupçon d’antisémitisme, de racisme, ou de fascisme pour un excès rhétorique, pour une sorte de délire oratoire un peu ridicule. », Xavier de La Porte, Pour en finir avec le point Godwin, France Culture

Polarisation (Stratégie de) : Susciter une montée aux extrêmes en vue de réduire le nombre d’indifférents ou d’indécis. – Voir aussi : Clivage, Mobilisation.

Polémique : Fuit d’une provocation ou d’une boulette, à moins qu’il soit difficile de départager l’une de l’autre, la polémique constitue la nourriture préférée des médias. – Voir aussi : Boulette. – Quelques exemples de polémiques : « La vie d’un entrepreneur est souvent bien plus dure que celle d’un salarié. », Emmanuel Macron, ministre socialiste de l’Economie.

Politique : mode de gouvernance consistant à ménager les susceptibilités d’un groupe, exprimer ses aspirations, épouser les courbes et emprunter les chemins détournés pour atteindre un objectif. Un art à part entière. – Voir aussi : Instinct politique, Intelligence politique.

Politique économique: Le pouvoir politique est basé sur la force de la représentation et la légitimité du suffrage universel quand le pouvoir économique, lui, reste la somme d’une multitude d’acteurs isolés. – Voir aussi : Marchés, Organisation professionnelle.

Politique agricole : Un secteur où se mêlent de façon inextricable une bonne dose d’affect, une grande part d’identité nationale, une dimension d’aménagement, un zeste de tradition, de petites et de très grandes exploitations, des relations tendues avec les industries de transformation mais aussi avec la grande distribution et les associations environnementales, des variations brutales de marchés, une diminution tendancielle des budgets consacrés à l’alimentation, une concurrence mondiale souvent féroce… En regard de tous ces paramètres, même la tâche du ministre de l’industrie semble plus évidente. – Voir aussi : Politique de l’Environnement. –  « Une source formidable d’emmerdement », Maurice Faure.

Politique budgétaire : Un poste plus technique que politique puisque l’administration du budget est chargée de l’équilibre des comptes publics et, notamment, de l’équilibre des comptes sociaux… Avantage : le titulaire peut y faire assaut de vertu et de rigueur en espérant remplacer son ministre de tutelle. – Voir aussi : Politique de l’économie, Politique des finances.

Politique culturelle : La culture pour tous. Forcément. – Voir aussi : politique sportive – « L’art est le fruit de la créativité des gens libres. », John Kennedy.

Politique d’aménagement : Concentrer le périurbain sur les communes rurales, les grandes infrastructures sur les métropoles et les régions autour des agglomérations les plus dynamiques. Le tout dans un souci d’équilibre. Forcément. – Voir aussi : politique d’aménagement.

Politique d’urbanisme : L’attribut du pouvoir municipal par excellence puisque c’est la politique de l’urbanisme qui dessine la ville et décide en grande partie de la valeur du foncier. Autant dire que le moindre changement de stratégie peut mettre une ville de propriétaires en émoi. – Voir aussi : politique d’aménagement, Maire.

Politique d’intégration : Voir aussi Minorités, Racisme, Religion – « Si l’intégration connaît des ratés, et il y en a, ce n’est pas la faute de la République, c’est faute de République. », François Hollande Discours pour l’entrée au Panthéon, mai 2015.

Politique de formation : Au-delà de la nécessaire adaptation des compétences au marché de l’emploi ; les politiques de formation se heurtent toutes à une même difficulté : ceux qui se forment ne sont pas nécessairement ceux qui en auraient le plus besoin… – Voir aussi : Politique de l’emploi, Chômage.

Politique de l’emploi : Pour assumer la conduite d’une politique qui consister à annoncer et commenter de piètres résultats, il faut une bonne dose d’abnégation, une absence d’ambition politique ou d’expérience gouvernementale, ou encore une embellie économique. – Voir aussi : Chômage, Politique de l’emploi.

Politique de l’Enfance : Donner la parole aux parents, sans oublier les enfants ni mécontenter les professionnels de l’enfance, au premier rang desquels les enseignants : la politique de l’enfance n’a vraiment rien d’une sinécure… – Voir aussi : Politique éducative.

Politique de la jeunesse : On pense généralement à la politique de la jeunesse en termes d’animations. Et c’est souvent vrai. – Voir aussi : Politique du Sport, Politique de l’Emploi

Politique de prévention de la délinquance : La prévention de la délinquance se donne pour objectif de prévenir le basculement dans la marginalité et la récidive. Sont particulièrement concernés : les jeunes plus enclins à faire preuve de violence et les femmes à la subir. – Voir aussi : Politique de sécurité.

Politique de recherche : Difficile sujet que l’articulation entre la recherche privée et la recherche publique. La première est dominée par la question du retour sur investissement et donc un relatif désintérêt pour la recherche fondamentale, la seconde par celle de de son financement et, donc, de son indépendance. – Voir aussi : Université.

Politique de santé : Toute politique de santé s’efforce de conjuguer l’efficacité du système de soin, la réduction des inégalités et celle des risques, le tout en tenant compte de l’avis des professionnels et des patients. Autant d’objectifs en réalité difficilement conciliables… – Voir aussi : Médecins

Politique de sécurité intérieure : Considérée à une époque comme un thème de prédilection de l’extrême droite, la sécurité n’est plus un marqueur idéologique entre la droite et la gaucjhe mais un tremplin efficace pour les plus ambitieux. – Voir aussi : Politique de l’emploi – « Plus de sécurité pour plus de confiance, donc plus de croissance et plus d’emplois. C’est cette dynamique vertueuse qu’il faut stimuler. », Ségolène Royal.

Politique du logement : Comment aider les ménages les plus défavorisés sans entretenir ou créer des ghettos sociaux ni décourager la construction privée ? La politique du logement a décidément tout de la quadrature du cercle. – Voir aussi : politique de l’urbanisme.

Politique du sport : Quel que soit le niveau concerné, national ou local, la politique du sport consiste à coordonner, contrôler et soutenir les nombreux acteurs en charge de faire vivre sport d’initiation et sport de compétition. Un moyen privilégié de favoriser l’intégration et l’égalité, au moins à un niveau symbolique, ce qui n’est déjà pas rien. – Voir aussi : Politique de la jeunesse.

Politique économique : Confère un des titres les plus prestigieux et, donc, les plus convoités. – Voir aussi : Politique fiscale, Politique budgétaire.

Politique éducative : Source intarissable de réformes, la politique de l’éducation se voit par avance exposée à toutes les critiques et les déceptions. – Voir aussi : Politique de la formation, politique de la recherche – « Nous devons penser l’éducation comme un moyen de développer nos plus grandes capacités. », John Kennedy – « Nos progrès en tant que nation dépendront de nos progrès en matière d’éducation. L’esprit humain est notre ressource fondamentale. », idem

Politique énergétique : Le montant colossal des investissements public, la dimension hautement stratégique du secteur d’un point de vue industriel et le poids des acteurs privés en font un des domaines les plus politiquement sensibles. – Voir aussi : Industrie – « Une nation qui ne peut pas contrôler ses sources d’énergie ne peut pas contrôler son avenir. », Barack Obama.

Politique environnementale : Préventive et corrective, la politique environnementale repose sur deux piliers qui la rendent assez antipathique aux acteurs économiques : la fiscalité et la réglementation. Il est vrai que, dans ce domaine, la conscience citoyenne suffit rarement… – Voir aussi : Principe de précaution

Politique étrangère : Les affaires internationales qui constituent le domaine réservé du chef de l’Etat n’en constituent pas moins un des ministères les plus prestigieux où le politique peut faire preuve de sa capacité à vanter l’histoire, la coopération, les valeurs communes pour mieux aborder la seule question qui importe vraiment : celle des rapports de forces et des intérêts convergents. – A voir aussi : Union européenne, Europe

Politique européenne : Epine dans le pied de la gauche et de la droite de gouvernement. – Voir aussi : Politique étrangère, Souveraineté. – “Quand l’Europe ouvre la bouche, c’est pour bâiller.”, François Mitterrand.

Politique familiale : Même si elle se donne pour objectif de soutenir les familles sur un plan financier et éducatif, toute politique familiale est basée sur la volonté de favoriser l’insertion et le maintien des femmes dans le monde du travail. Preuve s’il en est de la compatibilité des valeurs traditionnelles avec une vision progressiste de la société. – Voir aussi : Politique de l’enfance.

Politique fiscale : Point de crispation politique même si les impôts ne constituent que la partie émergée de l’iceberg des rentrées fiscales. – Voir aussi : Politique économique, Budget – « L’Etat ne donne jamais assez, et prend toujours trop. », Philippe Dessertine, Le fantôme de l’Elysée – « Chaque contribuable est quelqu’un qui travaille au profit du gouvernement sans être astreint à passer les concours de fonctionnaires. », Ronald Reagan.

Politique industrielle : Gestion des symboles nationaux exposés à la cruauté darwinienne de la mondialisation. Les entreprises n’en crèvent pas forcément. Mais les ouvriers, eux, ne s’en relèvent jamais vraiment. – Voir aussi : Politique de l’emploi.

Politique judiciaire : Un budget minuscule et des marges de manœuvres dérisoires, des interlocuteurs influents et par nature indépendants, un domaine qui concentre les critiques de tous bords… Ce ne sont pas les arguments qui manquent pour faire du ministère de la Justice un repoussoir.  Mais rien n’y fait, ce ministère régalien, à défaut de constituer un tremplin pour de plus hautes ambitions, demeure aux yeux de beaucoup une des fonctions les plus prestigieuses. – Voir aussi : Politique de sécurité intérieure, Avocat, Juge.

Politique sociale : Intégrant les questions de l’emploi, des aides financières et du logement la politique sociale ne constitue un sujet de débat entre la droite et la gauche qu’en période de campagne – Voir aussi : Politique de l’emploi, Politique du logement – « Si la société libre ne parvient pas à améliorer le sort de la majorité des pauvres, elle ne pourra pas sauver la minorité des riches. », John Kennedy – « La meilleure aide sociale jamais fournie, c’est un travail. », Bill Clinton.

Politiquement correct (lutte contre le) : Cheval de bataille de l’aile droite de la droite qui voit dans le recours aux euphémismes et aux néologismes une façon de nier et travestir une réalité peu reluisante au motif de préserver la paix sociale. – Voir aussi : langue de bois, Parler-vrai. – « Qu’est-ce que le politiquement correct, au vrai ? On serait tenté de le définir comme le consensus du mensonge, ou plutôt le consensus des semi-vérités : tout le monde sait que c’est faux, ou à peine vrai, mais c’est ce qu’il convient de dire notamment en public (…) Le politiquement correct ne concerne pas uniquement les sujets les plus chauds comme l’immigration ou les rapports entre laïcité et religion (…) Nous l’avons entrevu avec des thèmes comme l’Europe, l’écologie, l’art contemporain ou la politique vaccinale. », Ingrid Riocreux, La langue des médias. – « Lorsque le débat national reste pendant plusieurs semaines axé sur l’usage des toilettes publiques par les transexuelles, comme cela a été le cas au printemps 2016, tous ceux qui se débattent avec les difficultés de la vie quotidienne ont l’impression que leur pays marche sur la tête. », Anne Toulouse, Dans la tête de Donald Trump.

Politiques publiques : A de très rares exceptions, les politiques publiques ont désormais toutes une dimension locale et européenne, voire internationale. – Voir aussi : Politique – « Quand j’ai commencé en 1981, les affaires internationales occupaient un dixième de mon temps. Aujourd’hui, pour n’importe quel membre du gouvernement, c’est au moins un tiers. », Laurent Fabius cité par Bérengère Bonte, Dans le secret du conseil des Ministres.

Popularité : Miroir déformant des chances de victoire à une élection quand elle additionne artificiellement électeurs de gauche et de droite, la popularité joue le rôle d’Airbag pour les gouvernants : elle ne protège pas des accidents mais limite leurs effets. – Voir aussi : Opinion, Présidentielles – « Sera-t-il capable de tenir tête, de se brouiller, d’affronter au besoin l’impopularité? », Jacques Chirac au sujet de Jacques Chaban-Delmas, cité par Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, Les Flingueurs – « On ne gagne pas une présidentielle en se faisant aimer des électeurs mais en flinguant l’adversaire. », Jacques Pilhan cité par François Bazin, Le sorcier de l’Elysée – « La preuve est patente que cet amour auquel nos politiques aspirent, n’est pas nécessaire pour parvenir au sommet. Ce serait d’ailleurs à désespérer ». – Dictionnaire amoureux de la politique, Philippe Alexandre – « Début juillet 2009, l’IFOP nous alerte : son baromètre Paris Match des « personnalités politiques préférées des Français » place Strauss Kahn en tête (…) On se frotte les mains. On sait que ce baromètre n’a pas grande valeur. Entre nous on l’appelle d’ailleurs « L’école des fans », puisqu’il suffit d’y participer pour gagner quelque chose ». – DSK. Les secrets d’un présidentiable, Cassandre.

Populisme : Une autre façon de désigner des classes moyennes inférieures. – Voir aussi : Parler-vrai, Politiquement correct, Extrême droite.

Port de tête : Se doit d’être militaire mais pas trop. – Voir aussi : self control – « Il est certain que les hommes les plus imposants ont tous légèrement penché leur tête à gauche. Alexandre, César, Louis XIV, Newton, Charles XII, Voltaire, Frédéric II et Byron, affectaient cette attitude. Napoléon tenait sa tête droite et envisageait tout rectangulairement. Il y avait l’habitude en lui de voir les hommes, les champs de bataille et le monde moral en face. », Théorie de la démarche, Honoré de Balzac.

Porte-flingue : Laisser dire les médisants en faisant donner les porte-flingues, tel est le choix le plus raisonnable. Pour peu qu’on ait des porte-flingues, bien sûr.

Positionnement (stratégie de) : Le bon positionnement c’est celui qui met en relief la faiblesse principale de l’adversaire par rapport à la qualité essentielle de celui qui le combat. – Voir aussi : Campagne – « Si c’est face à Balladur, vous devez incarner le mouvement contre l’immobilisme, et si c’est face à Jospin, le changement contre la continuité. », Jacques Pilhan à Jacques Chirac cité par François Bazin, Le sorcier de l’Elysée.

Postrationnalisation : Si l’intention tient souvent de l’intuition politique ou de compromis successifs, la présentation de l’action se doit d’avoir toutes les apparences de la rationalité. – Voir aussi : Argumentation.

Pouvoir : capacité de peser sur le cours des choses.

Pouvoir d’influence : inquiéter pour dissuader, faire rêver pour inciter : depuis la nuit des temps, les ressorts psychologiques de l’influence restent inchangés. – Voir aussi : Communication, Adhésion.

Pouvoir d’obstruction : Nominations, projets de loi, budgets… A défaut d’avoir l’initiative, le pouvoir peut consister à retarder ou bloquer pour exister. – Voir aussi : Opposition. – Au cours des cinq dernières législatures, la barre des 30 000 amendements a toujours été franchie. Le second mandat de Jacques Chirac (2002-2007) est exceptionnel, avec 248 118 déposés. A lui seul, le projet de loi sur la privatisation de GDF et Suez, datant de 2006, en concentre plus de la moitié (137 665). Excédé, le président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré se fait photographier sur le perchoir, encerclé de piles d’amendements. » L’obstruction parlementaire, une vieille pratique, Sylvain Mouillard, Libération, 29 janvier 2013 – « Le sénateur républicain Rand Paul a réussi à parler pendant 12 heures et 52 minutes à la suite et obtenu en contrepartie… une réponse de trois lignes. Le parlementaire américain s’est livré, mercredi 6 mars, à un bel exemple de la version américaine de l’obstruction parlementaire, appelée filibuster : cela consiste à prendre la parole et à ne plus la lâcher, pour débattre d’une proposition de loi ou bien d’une nomination effectuée par le président. », Cécile Dehesdin, Slate, 9 mars 2013.

Pouvoir d’initiative : De toutes les formes de pouvoir, celle qui consiste à juger de l’opportunité d mettre tel ou tel sujet à l’ordre du jour est sans doute la plus décisive.

Pouvoir discrétionnaire : Source de déicision conforme au principe de légalité sans référence à une règle particulière. – Voir aussi : Discernement.

Pouvoir exécutif : L’expression par excellence de l’Etat. En crise, donc, comme l’Etat. – Voir aussi : souveraineté. – «  L’exécutif est toujours censé dominer le jeu constitutionnel en France mais il n’est plus en mesure d’imposer sa puissance souveraine à l’extrieur, notamment pas au sein des instances européennes (…) D’où ce spectacle d’un exécutif juridiquement suramrmé mais politiquement faible d’un Président surinvesti par les attentes populaires mais privé des moyens d’y répondre. » – La force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France XIXe-XXIe siècles, Nicolas Rousselier.

Pouvoir législatif : Caisse de resonnance des émotions et des tensions sociales. Une caisse déformante, diront certains. – Voir aussi : Démocratie représentative.

Pouvoir réglementaire : Domaine réservé de l’exécutif. – «  La sphère de l’Etat administratif a ses propres impératifs d’organisation (créer des services, par exemple), ainsi que se propres responsabilités naitonales (veiller à la sécurité et à la puissance militaire et extérieure du pays). Ces impératifs sont en quelque sorte trop sérieux ou d’une nature trop particulière pour être confiés au modèle de la loi et à la discussion des parlementaires. », La force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France XIXe-XXIe siècles, Nicolas Rousselier.

Pouvoir politique / Pouvoir économique : Si la quête du pouvoir est une fin en soi dans la sphère politique, le pouvoir n’est qu’un moyen pour l’ordre économique dans sa recherche de richesse. – Voir aussi : Entreprise.

Pouvoirs : Pouvoir d’influence et pouvoir de commandement, pouvoir exécutif et pouvoir légilsatif, pouvoir politique et pouvoir juridique… Les formes de pouvoirs ne manquent pas mais la puissance de chacun tient sans doute moins à leur domaine ou à leur nature qu’à leur capacité à s’inscarner – ou non – dans des hommes plus ou moins forts et des instittutions plus ou moins légitimes. – Voir aussi : Incarnation.

PQR (Presse Quotidienne Régionale) : La PQR a besoin de montrer son indépendance, les élus de faire passer leurs informations. Autant dire que le point d’équilibre est forcément délicat à trouver. – Voir aussi : Presse. –  « il ne vous a pas échappé que les journaux locaux ne nous sont pas très favorables, alors même que dans d’autres villes, ils cirent allègrement les pompes de l’équipe en place. », André-Yves Beck, directeur de la communication de la ville d’Orange cité par Jean-Baptiste Forray, Les barons.

Précaution (principe de) : Par opposition aux risques jugés acceptables, le principe de précaution s’applique à ceux qui, sans être nécessairement les plus dangereux, soulèvent une inquiétude collective. –  Voir aussi : Risque. –  « Être prudent, analyser les risques pour tenter de les éviter, constituent de sages conseils; mais d’avoir fait de la précaution un principe est un drame: il ne s’agit plus de tenter d’analyser des évolutions vraisemblables, compte tenu des informations disponibles, mais d’imaginer l’irréel, l’impensable, sous prétexte que les dommages causés pourraient être importants. », Jean de Kervasdoué, Les Prêcheurs de l’apocalypse – « Assumant ainsi également sa responsabilité pour les générations futures, l’État protège les fondements naturels de la vie », Loi fondamentale, Article 20, Allemagne.

Premier ministre : Chapeauté par le président de la république, court-circuité par ses ministres, exposé au feu des attaques quotidiennes et aux négociations les plus laborieuses, le job de premier ministre a tout d’un enfer de l’avis même de ceux qui ont exercé la fonction. Rien ne dit pourtant qu’il s’agisse d’un passage obligé pour devenir président. Certains y voient même un handicap. Mais comment laisser une telle place à ses concurrents ? – Voir aussi : Ministre – « Le Premier ministre pense au tête-à-tête avec le Président ; le Président est en tête-à-tête avec le peuple. », Lionel Jospin – « Quand j’ai nommé Edith Cresson (à Matignon), je lui ai dit qu’elle avait le devoir d’être impopulaire. Je ne pensais pas qu’elle réussirait aussi bien. », François Mitterrand, Libération, 1992, cité par Bruno Fuligni, Petit dictionnaire des injures politiques. – « Le premier ministre est constamment sur la défensive. Son avenir dépend du bon vouloir présidentiel. Le chef de l’Etat peut le congédier à tout moment, ou l’affaiblir en lui refusant la possibilité de s’appuyer sur un gouvernent à sa main. », Seul en son palais, Marie-Eve Malouines.

Premier tour (stratégie de) : On ne le répétera jamais assez : au premier tour la priorité consiste toujours à rassembler son camp. – Voir aussi : Deuxième tour (stratégie de).

Préséance : Hiérarchie symbolique dont l’importance ne se fait plus guère ressentir que dans les cérémonies officielles, la démocratisation et la notoriété médiatique ayant beaucoup contribué à ringardiser les vieilles règles aristocratiques. – Voir aussi : Protocole, Cérémonies officielles, Commémorations, Médailles. – Les services protocolaires classent les mandats et responsabilités politiques de la façon suivante : Président de la république, ….

Président d’agglomération : Plus puissant qu’un simple maire, le président d’agglomération l’est d’autant plus s’il cumule la fonction avec celle de magistrat de la ville centre. – Voir aussi : Maire, Ville, Coopération. –  « Etre un homme, maire de la commune centre, avec des ressources politiques accumulées dans l’espace politique local voire national est toujours le profil idéal-type pour conquérir la présidence d’EPCI. », Le profil-type du nouveau président de communautés d’agglomération et urbaines, 15 avril 2002, amf.asso.fr

Président de conseil départemental : Une fonction où le bon dosage entre une culture urbaine et un ancrage rural s’avère souvent déterminant. – Voir aussi : conseiller départemental.

Président de conseil régional : Une fonction tellement éloignée du terrain qu’elle se conçoit comme une retraite bien méritée après une carrière nationale ou une bonne antichambre pour occuper les plus hautes fonctions. – Voir aussi : Conseiller régional. –  « Pour Pécresse et Wauquiez, il s’agit d’acquérir une stature à la tête d’une région pour pouvoir se positionner ensuite au premier rang des prétendants à l’Elysée. Non pas en 2017, mais en 2022. Un député LR se met à leur place :« Ils se disent : “je suis dans l’opposition, je m’ennuie et je dois avoir mieux qu’un ministère de second rang en 2017”. » Et à en croire cet élu, une présidence de région peut servir de tremplin efficace pour l’Elysée : « ça fournit une belle base ». », La case région, meilleur chemin pour l’Elysée ? Louis Hausalter, Marianne, 1er décembre 2015.

Président de la république : Souverain temporaire dont la carrière se termine plus souvent mal que bien. – Voir aussi : Exécutif, Ambition. –  « La France est ce pays où la personne du chef de l’Etat est appréciée en tant que telle, indépendamment de son action (et plus souvent qu’elle). On mesure sa vertu à la capacité qu’il démontre dans le domaine du pouvoir pur. », Jacques Revel cité par François Hourmant, François Mitterrand, le pouvoir et la plume – « Présider, c’est une école d’humilité. Tous les jours on reçoit des sauts d’ordure à la figure… », Nicolas Sarkozy cité par Laurent Bazin et Alba Ventura, Le bal des dézingueurs – « Pompidou n’a pas la même stature que le Général mais il a celle d’un président, d’un grand homme d’Etat. C’est l’essentiel. », Yves Guéna cité par Bérengère Bonte, Dans le secret du conseil des ministres – « Quand on est président, on n’est pas conseiller général de canton, on prend la mesure de la fonction et on change de braquet. », Pascal Cherki au sujet de François Hollande.

Présidentielles : Les primaires, et par conséquent les sondages, ont bouleversé la donne en retirant aux caciques des partis leur rôle prépondérant dans la sélection du candidat. – Voir aussi : Primaires – « Pour avoir une chance d’être élu à la présidence de la République, il faut réunir trois conditions idéales. La première : avoir atteint une dimension nationale incontestable. La deuxième : être au pouvoir ou l’avoir exercé longtemps. La troisième : avoir l’appui d’un bon appareil de parti. », Georges Pompidou.

Presse : Source de contrariété et de stress pour les politiques. Beaucoup plus rarement de satisfaction. – Voir aussi : journalistes. – « Ces torche-culs ne racontent que des conneries. », Dominique de Villepin au sujet des journaux, Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président – « La souveraineté du peuple (…) se manifeste sous deux formes : d’une main, elle écrit, c’est la liberté de la presse ; de l’autre, elle vote, c’est le suffrage universel. », Edwy Plenel, Le Droit de savoir.

Presse Internet : Moins sélective qu’une publication papier, c’est néanmoins tout ce qui restera demain. – Voir aussi : Presse, Internet.

Presse pipole : Les vacances des stars de la politique constituent un des sujets de prédilection de la presse pipole. Autre classique : les scènes de famille et conjugale. A la différence des magazines traditionnels, la presse pipole préfère les photos volées – qu’elles le soient réellement ou non – aux photos posées et aime alterner l’expression du bonheur aux amours illégitimes et aux drames personnels. – Voir aussi : Vie privée, Photographie – « C’est Paris Match, le titre-phare de l’époque, qui franchit la première fois la ligne blanche à l’automne 1994 : il publie les photos de Mazarine avec son père François Mitterrand, révélant cette fois au grand public cette double vie longtemps gardée secrète, sauf pour quelques initiés, dont les journalistes politiques. L’affaire fait scandale, même si l’Élysée a été mis au courant. », Marc Fourny, Comment la presse people a déshabillé les politiques, Le Point, 10 janvier 2014.

Primaires : Se porter candidat non pas pour gagner nécessairement mais pour peser par la suite. A charge pour les futurs perdants de bien anticiper leurs relations avec le futur vainqueur. – Voir aussi : Elections, Présidentielles, Concurrent – « François Hollande a bénéficié de l’effet catapulte de la primaire lors de la présidentielle de 2012. La droite a constaté cette dynamique très favorable », Bruno Cautrès cité par Laure Cometti, On vous raconte la petite histoire des primaires présidentielles en France, 12 octobre 2016.

Privatiser : Mode d’externalisation des dépenses de personnel, la privatisation d’un service soulève la question de la délimitation de la sphère publique. – Voir aussi : Politique financière.

Privilèges : Regroupant toutes sortes de facilités de transports et de logement, ces avantages sont de plus en plus soupçonnés d’être immérités, disproportionnés voire proprement exorbitants au regard de la dureté des temps et de la santé financière des institutions publiques. – Voir aussi : Attributs.

Proches : Seuls les proches connaissent la faiblesse du pouvoir. Et ce n’est pas toujours un privilège. – Voir aussi : Amitié.

Programme : Réaliste pour être crédible mais surtout volontariste pour faire rêver, le bon programme relève moins d’un inventaire à la Prévert destiné à satisfaire tous les intérêts particuliers que d’une plateforme de valeurs visant à séduire un large électorat et à marquer sa différence avec l’adversaire. – Voir aussi : Promesse, Parole. – « Chaque élection s’est jouée sur l’image du candidat (ou plus souvent sur le rejet de celle de son concurrent) et non sur ses promesses poltiiques. », Jacques Séguéla, La prise de l’Elysée.

Plan : Quand les circonstances changent au point de tout remettre en cause, la question se pose à peu près toujours dans les mêmes termes : « c’est quoi le plan ? » Et bien le plan c’est généralement un objectif, quelques hommes et un planning des opérations aussi serré que confidentiel. – Voir aussi : Stratégie, Tactique.

Progrès : Le progrès n’est plus cette valeur à laquelle les philosophes des Lumières ont voulu croire. Aujourd’hui, on parlera plus modestement de croissance et d’innovation sans préjuger de la portée morale de l’amélioration matérielle des conditions de vie. – Voir aussi : Modernité, Développement. – « Si les découvertes scientifiques ont à la fois donné à l’humanité le pouvoir de créer et le pouvoir de détruire, alors elles sont en même temps un énorme défi et une grande épreuve. », John Kennedy.

Promesse : Se refuser à promettre au-delà de ce qu’on pense pouvoir tenir c’est enlever tout espoir à ceux qui ne demandent qu’à croire. Pire : c’est se montrer inflexible au risque de paraître dépourvu d’empathie. Face à une demande qui ne peut être satisfaite, on peut au moins promettre d’y réfléchir. Sait-on de quoi demain sera fait ? – Voir aussi : Parole, Programmes. – « En politique, il faut donner ce qu’on n’a pas et promettre ce qu’on ne peut donner. », Louis XI – “Une politique qui se borne à brasser des rêves les trompe tous. Une politique qui les ignore se trompe sur la nature de ceux qu’elle prétend conduire.”, François Mitterrand – « Le désir tient d’une main de fer tous les hommes, et sa puissance est telle que, quelle que soit la désillusion qui suit fatalement sa réalisation, il nous mène toujours. », Gustave Le Bon, L’Homme et les sociétés.

Prononcé : Terme de cabinet désignant la retranscription d’un discours tel qu’il a été effectivement prononcé. Source régulière de contrariétés pour les plumes au service de politiques soucieux de s’affranchir du discours qui leur a été préparé sans en avoir le talent. – Voir aussi : Discours, Improvisation, Fiches. – « Je relis le « prononcé » (…) J’y découvre une longue digression qui, sur place, m’avait échappé. Elle est consacrée à l’importance d’avoir des lieux de qualité pour les unités de soins palliatifs, car, dixit, « déjà mourir, ce n’est pas facile ». – Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt.

Proportionnel (scrutin) : Les arguments en faveur de la proportionnelle (meilleure représentativité de l’électorat et intégration des partis contestataires dans le débat démocratique) ne semblent pas venir à bout des préventions à l’égard de ce type de scrutin : l’instabilité et le rôle dévolu aux partis pour construire des majorités après l’élection pour ne parler des arguments les plus couramment avancés. – Voir aussi : Minorité, Majoritaire (scrutin).

Protocole : Mise en scène par le verbe et par l’image de la hiérarchie des pouvoirs dans l’espace-temps. – Voir aussi : Préséance, Codes.

Proximité : Le pouvoir n’est plus tant l’incarnation d’un principe supérieur que de l’homme de la rue. Il faut savoir faire preuve d’une vraie proximité sans verser dans la familiarité, ni la complicité. Tout un art… – Voir aussi : Pipolisation, Identification. – « Ce que je suis ? Le président de la République, mais en même temps le plus simple, le plus modeste des citoyens. Oui, je suis convaincu que cette simplicité et cette modestie peuvent se concilier avec la grandeur de la fonction. », Gaston Doumergue, Le Petit Parisien, 1931, Come-back ou l’art de revenir en politique, Christian Delporte. – « Vous savez ce qui est drole, je ne m’entends pas avec les gens riches. Je m’entends bien mieux avec la classe moyenne et les gens pauvres qu’avec les gens riches. », Donald Trump, Ca trump énormément, Préface d’Olivier Duhamel.

Prudence : Les vrais ambitieux sont en phase avec le chef, prennent le minimum de risques et se fâchent avec le moins de monde possible. – Voir aussi : Conseil. – « Il y a deux sortes de défis à éviter : ceux qu’on ne peut pas réussir, et ceux qu’on ne doit pas rater. » – Dominique Strauss-Kahn, DSK. Les secrets d’un présidentiable, Cassandre.

Psychologie du pouvoir : Il faut avoir plus de courage que la moyenne pour faire ce que d’autres ne font pas et moins d’orgueil que le commun pour plier au bon moment. – Voir aussi : Morale, Courage – « Il lui revient de vivre en permanence ce paradoxe qui est le propre de l’homme d’Etat : demeurer sensible, attentif, ouvert aux autres, et être inflexible, inébranlable, intraitable lorsque l’intérêt général est en jeu. », Philippe Seguin au sujet de Jacques Chirac, Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président – « Si l’on mesure l’homme politique à son action, et non pas à son intelligence, le caractère seul peut conduire à de graves échecs. » – Les jeux du pouvoir, Jean de la Fougère.

Publicitaire : Symbole du marketing politique des années 80, le publicitaire s’est progressivement vu supplanté par son produit. – Voir aussi : Marketing, Affiche, Slogan. – « Avec La force tranquille, c’est : « moi, Mitterrand, je suis la Force Tranquille », je suis la force, c’est mythique, c’est Spielberg et Lucas. » – Jacques Séguéla, Propos recueillis par Pierre-Emmanuel Guigo & Christophe Rosé.

Publicité : La propagande étant à l’origine de la publicité, la publicité n’a finalement pas grand-chose à apprendre à la propagande. – Voir aussi : Affiche. – « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures. », Noam Chomsky. 

Puissance : Mesure du pouvoir sur une échelle comparative. Celle des Etats se mesure à leur richesse, leurs matières premières, leur capacité d’intervention militaire, leur représentation dans les instances internationales. – Voir aussi : Etat, Organisations internationales.

Purge (stratégie de) : A défaut de résoudre une crise, la stratégie de purge consiste à donner une interview unique chargée de répondre aux principales questions que les médias se posent. Ne se pratique jamais à chaud.

Q / R

Qualités et Défauts : En politique, tout défaut est réversible en qualité. Un « candidat âgé » peut devenir un candidat « expérimenté » et « rassurant », un responsable « agité » se révéler « dynamique », une personnalité « clivante » être soudain appréciée pour son caractère « volontaire », un « poids léger » se présenter comme candidat « anti-système », etc. – Voir aussi : Binôme concurrentiel, Lâcheté, Cynisme.

Ralliement : A l’inverse du désistement qui n’intervient qu’après la bataille, le ralliement s’achète et se paye au prix fort. – Voir aussi : Désistement. – « Ralliement à personne. À personne. Le vainqueur aura le soutien de chacun des candidats à la primaire, je n’ai aucun doute là-dessus. De ralliement, il n’en est pas question », Bruno Le Maire, Grand Rendez-vous Europe 1-ITélé-Les Echos – « S’il est candidat et qu’il a besoin de mon parrainage, il l’aura, et si je suis mis dehors du Parti socialiste, je serai mis dehors du Parti socialiste, mais moi aussi j’assume mes choix », M. Masseret, sénateur PS de Moselle à propos de son ralliement à Emmanuel Macron, loractu.fr, 20 septembre 2016

Rancune : Si les vrais politiques conçoivent la vengeance comme un plat qui se mange froid c’est moins par cruauté que par lucidité ou par prudence. Avec le temps, l’adversaire sera inévitablement en position de faiblesse. A moins qu’il soit plus intéressant d’en faire un allié. – Voir aussi : Haine. – « Les animaux à sang froid sont les seuls venimeux. », Arthur Schopenhauer, Aphorismes, sur la sagesse de la vie – « Un jour je retrouverai le salopard qui a fait ça et je le pendrai à un croc de boucher ». – Propos de Nicolas Sarkozy à Jacques Chirac rapporté par Franz-Olivier Giesbert au sujet de l’affaire Clearstream – « Il y en a qui doivent mal dormir depuis qu’ils savent que je reviens. », Nicolas Sarkozy au sujet de Clearstream – « A Stéphane, qui a failli me sous-estimer » – En exergue de DSK. Les secrets d’un présidentiable – « La vengeance est un plat qui se mange froid, mais elle est servie en abondance à chaque changement de couverts. », Jean-Louis Debré commentant la cohabitation forcée entre Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac au conseil constitutionnel

Rassembler : Dans une vie politique, avoir l’image d’un rassembleur, c’est avoir franchi une étape majeure. – Voir aussi : Rallier, Parti, Adhérer (faire). – “Rassembler est un idéal : les hommes sont divisés à l’intérieur d’eux-mêmes, comment ne le seraient-ils pas dans la vie sociale ?”, Jacques Chirac / La France pour tous

Réactionnaire (pensée) : Nostalgie proche de la dépression ou de l’extrême droite. – Voir aussi : Conservateur. – « Un réactionnaire est un somnambule qui marche à reculons. », Franklin Delano Roosevelt, Discours, 1939 – “Est-il donc si utopiste ou réactionnaire de prôner l’attachement aux valeurs de la patrie ?”, Bernadette Chirac, Conversation avec Patrick de Carolis

Réalisme : Le réalisme est l’acceptation volontaire, totale et revendiquée d’un rapport de force. Les partisans du réalisme se veulent pragmatiques et efficaces. Leurs adversaires dénoncent une forme de résignation, sinon de démission. – Voir aussi : Idéalisme. – « On confond volontiers la politique avec le réalisme, quand ce n’est pas avec la bassesse, cependant que la poésie paraît du domaine du rêve et en tout cas de l’idéal. D’ailleurs, les poètes qui se sont risqués dans la politique y ont rarement réussi, que ce soit Lamartine, ou même Hugo, ou encore Chateaubriand. Les uns comme les autres ont été condamnés très vite à se trouver dans l’opposition, ce qui en politique est le signe de l’échec. Non pas que l’opposition soit une attitude critiquable, mais enfin celui qui accepte les inconvénients de la vie politique, ses servitudes, ses responsabilités, ses salissures et parfois ses risques, le fait pour agir, pour imprimer sa marque aux événements, en un mot pour gouverner. Passer sa vie dans l’opposition est pour un homme politique ce que serait pour un poète se condamner à lire et à juger les vers des autres. », Georges Pompidou, Poésie et politique, 28 avril 1969 – « Le mot réalisme ne veut rien dire. Dans une certaine mesure, tout est réaliste. Il n’y a pas de frontière entre l’imaginaire et le réel. », Frederico Fellini – « Quand un homme se dit soudain réaliste, on peut parier qu’il s’apprête à faire quelque chose dont il a honte secrètement. », S. Harris – « Sois réaliste : ne dis pas la vérité. », Stanislaw Jerzy Lec

Recommander : Parapluie utilisé dans les situations incertaines, destiné à protéger le politique autant que le citoyen. – Voir aussi : Principe de précaution.

Reconnaissance : Moteur social, aussi bien individuel que collectif qu’il s’agisse de reconnaître l’apport d’une personne ou la souveraineté d’un peuple. – Voir aussi : Lien, Liberté, Egalité. – « Pour ceux qui ont servi la France, il n’est besoin ni de récompense, ni de remerciements. », Charles de Gaulle.

Réforme : Mener le processus à son terme en maintenant le dialogue mais sans donner le sentiment, au final, d’avoir cédé sur l’essentiel ou épuisé sa capacité à mener d’autres changements. La volonté politique initiale fait rarement défaut. Seule l’exécution pose problème. – Voir aussi : Acceptabilité, Changement, Opposition, Négociation, Syndicats. – « Pour que les réformes soient  acceptées par l’opinion, il faut commencer par s’attaquer aux élites, aux privilèges des hauts fonctionnaires et des élus, réduire ostensiblement leur train de vie (…) Pour que les gens perçoivent une formed ‘équité dans les changements. », Matteo Renzi à Manuel Valls en avril 2014, propos rapportés par Raphaël Gluksmann, Notre France.

Refuser / Accepter : On refuse à défaut de s’opposer de même qu’on s’oppose à défaut d’empêcher… – Voir aussi : Autoriser / interdire, Obstruction.

Régionalisme : Sentiment identitaire empreint d’une nostalgie pré-étatique. – Voir aussi : Identité. – « L’exil volontaire ou subi préserve de la bêtise du régionalisme, comme de la folie du nationalisme. », Patrick Deville, Matricule des anges, Numéros 49 à 58 – 2004.

Relooking : Toute volonté de franchir une étape doit inévitablement se manifester par un changement personnel bien visible. Même dans les stratégies les plus optimistes, on peut avoir été et vouloir être. – Voir aussi : Look, Habillement, Chirurgie esthétique – « On ne change pas les rayures d’un zèbre. », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir – « Les médias entendent et propagent le message de Hollande : il sera candidat. Ils remarquent aussi des signes qui ne trompent pas : nouvelle coupe de cheveux, nouvelles lunettes, costumes bien ajustés, Hollande se fait une tête et une silhouette de présidentiable. », Come-back ou l’art de revenir en politique, Christian Delporte.

Renvoi d’ascenseur : Lorsqu’il se pratique, le renvoi d’ascenseur a les yeux inévitablement tournés vers l’avenir. – Voir aussi : Amitié, Amis. – « La gratitude retarde toujours la marche vers le pouvoir et en politique, les premiers à abattre sont les rivaux les plus proches. », Franz-Olivier Gisbert, La tragédie du président.

Renvoyer / Limoger : Moyen d’affirmer son autorité, le renvoi peut être aussi la seule façon de « dégager » une place. Dans les deux cas, le renvoi ne s’embarrasse pas des apparences, quoi qu’en dise le démissionnaire qui ne manquera pas d’exprimer sa satisfaction et sa reconnaissance « afin qu’à la disgrâce ne s’ajoute le sarcasme » (Richelieu). – Voir aussi : Autorité, Nomination, Démission – Quelques exemples célèbres de ministres limogés : Fouet en xxxX, Alain Madelin en 1996 pour avoir évoqué la nécessité d’un débat sur les acquis sociaux des fonctionnaires, Jean-Jacques Servan-Schreiber en 1974, Alain Bombard en 1981, Alain Savary en 1984, Alain Devaquet en 1986, Léon Schwartzenberg en 1988, Michèle Alliot-Marie en 2011, Delphine Batho en 2013

Représentation (critique de la) : aussi vieille que la démocratie. – Voir aussi : Démocratie.

Reprise presse : Attendue comme l’oracle par ceux qui rêvent de faire parler d’eux et avec appréhension par ceux qui sont des habitués des médias. – Voir aussi : Journaliste, Rhétorique – « il faut que chaque phrase prise seule, coupée de son contexte, tournant en boucle sur le Net ou sur Twitter, garde son potentiel de déploiement et veuille dire ce qu’on voulait lui faire dire. » – Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt.

République : Régime fondé sur le régicide. – Voir aussi : Changement. – « La France a guillotiné un roi et une reine alors que rien ne l’y obligeait (…) Je crois que notre pays a toujours voté pour le changement, même s’il pouvait s’agir, dans certains cas, de changement dans la continuité. », Nicolas Sarkozy cité par Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président.

Réseaux : Structures de coopération informelle visant à s’affranchir du contrôle et des procédures propres aux institutions traditionnelles. – Voir aussi : Parti, Tremplin.

Réseaux sociaux : Que les ambitieux se rassurent s’ils ne font pas un tabac sur les réseaux sociaux, les amis sont loin d’y être tous bien intentionnés et leur nombre, pas plus que les ventes d’un livre – ne préjuge en rien des succès dans la vie politique réelle. – Voir aussi : Twitter, Facebook.

Résilience : Pouvoir de panser et guérir rapidement ses plaies. Qualité indispensable en politique où l’échec n’est (presque) jamais irrémédiable. – Voir aussi : Crise.

Responsabilisaiton : Synonyme de liberté, la responsabilisation semble manifester un vrai recul du pouvoir. Certains y trouvent une source de motivation décisive. D’autres, plus nombreux, sont non seulement dans l’incapacité d’en tirer profit mais y trouvent une source d’angoisse souvent difficile à surmonter.– Voir aussi : Règle. – « Se responsabiliser nécessite d’acquérir non seulement les compétences nécessaires pour participer avec succès à un jeu conçu par d’autres, mais aussi les pouvoirs pour influencer les objectifs, les enjeux et les règles du jeu : les compétences pas seulement personnelles mais aussi sociales. », Zygmunt Bauman, L’éthique a-t-elle une chance dans un monde de consommateurs ?

Retrait : Le retrait d’un projet signale moin s l’échec du pouvoir (qui y survit toujours) qu’il ne témoigne de son aveuglement et de son obstination. – Voir aussi : Crise, Contestation. – « »Il n’y aura ni retrait du texte, ni remise en cause de l’article 2 [de la loi Travail, ndlr] car c’est le cœur de la philosophie du texte, a déclaré ce mercredi Manuel Valls à l’Assemblée nationale. », francetvinfo.fr, 25 mai 2016.

Réunir des Etats généraux : Depuis qu’ils ont été le siège de la révolution, les Etats généraux sont étroitement contrôlés par le pouvoir : remettre tout à plat oui, mais jusqu’à un certain point… – Voir aussi : Démocratie consultative, Experts.

Révolution : Evénement vers lequel tendent les mouvements d’extrême gauche qui ne voient que cette solution pour mettre fin au « système » et au conservatisme de la majorité silencieuse. Mais si l’objectif demeure, la foi a perdu en intensité et le combat en virulence. Voir aussi : Révolution, Extrême gauche, Utopie, Vote (critique du).

Rhétorique : Dans bien des cas, l’art du discours n’est pas un exercice de conviction mais un exercice esthétique, une figure de style destinée à en imposer par son caractère sophistiqué et élégant. – Voir aussi : Discours – « La parole politique doit anticiper sa propre distorsion » – Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt – « Les deux, là, c’est des parleurs. C’est le grade le plus bas dans la hiérarchie du Logos Club. Des troufions, en somme. Au-dessus, vous avez les rhéteurs, et ensuite les orateurs, les dialecticiens, les péripatéticiens, les tribuns et, tout en haut, les sophistes. », La septième fonction du langage, Laurent Binet.

Rurbains : Exclus des métropoles où se concentre l’essentiel des richesses et des événements dignes de l’intérêt médiatique, les rurbains ont le même pouvoir que les ruraux et leurs représentants, les élus de petites communes. A savoir : aucun. –  Voir aussi : Petits blancs. –  « Ils sont de plus en plus nombreux. Ils attendent du maternage. Une de leurs expressions préférées est : nous autres, pauvres couillons. Ils ont des revenus convenables avec souvent deux salaires au foyer, mais ils passent leur semaine à courir. », Jacques Pilhan cité par François Bazin, Le sorcier de l’Elysée.

S

S’attribuer : Faire savoir c’est bien. Faire savoir que c’est de soi, c’est évidemment mieux. Aussi le politique aura-t-il à cœur de revendiquer les décisions les plus populaires et de faire assumer les autres par ses subalternes. – Voir aussi : Valoriser, incarner – « Les idées passent dans les faits à proportion de l’effacement de leur auteur ». – Les jeux du pouvoir, Jean de la Fougère

S’opposer / Soutenir : Si l’opposition est le poil à gratter de la majorité et le soutien, la condition même de l’exercice du pouvoir, l’un comme l’autre relèvent de la discipline de groupe et du jeu de rôle. – Voir aussi : Discipline de groupe, Clivage. – “Passer sa vie dans l’opposition est pour un homme politique ce que serait pour un poète se condamner à lire et à juger les vers des autres.”, Georges Pompidou – “L’opposition systématique se donne bien garde de demander quelque chose qu’elle pourrait obtenir, car alors il lui faudrait être contente ; et être contente pour l’opposition, c’est cesser d’être.”, Alphonse Karr.

Samedi : Jour de marché, jour de meeting. – Voir aussi : Dimanche.

Sanctionner / Récompenser : L’essence même du pouvoir dans la mesure où il s’agit de donner ou de retirer. – Voir aussi : Autorité, Reconnaissance.

Sanctuariser : En ces temps d’incertitude économique, la sanctuarisation budgétaire est un privilège rare. – Voir aussi : Allouer. –  « L’Éducation nationale a eu un statut particulier durant le quinquennat de Hollande. Comme d’autres missions (police, justice puis plus tard la culture) elle a été sanctuarisée lors de chaque construction d’un projet de loi de Finances, évitant ainsi toutes coupes. », J.M. avec AFP, Éducation : Hollande aura bien créé les 60.000 postes promis, bfmtv.com, 22 septembre 2016.

Sang froid : L’homme de Pouvoir ne connait pas le stress. En tout cas, il n’en laisse rien paraître. – Voir aussi : Dopants, Déprime, Self control. –  « Réveil le matin après une nuit trop courte : stress. Lecture de la revue de presse parsemée de critiques acerbes : stress. Petit déjeuner pris en vitesse car réunion : stress. Retouches finales avant un discours important : stress. Attaques de l’opposition vis-à-vis du discours : stress (…) » – Ces fous qui nous gouvernent, Pascal de Sutter.

Saturation (Stratégie de) : Idéale pour noyer un événement gênant sous une masse d’informations, une stratégie de saturation appliquée à trop forte dose finit par saturer la cible elle-même.  – Voir aussi : Secret, Spin doctor. – « Il y a ce qui s’use si l’on s’en sert et ce qui s’use si l’on ne s’en sert pas. Et la parole présidentielle ? Doit-elle être rare et ponctuée de longs silences, telle que l’a mise en scène Jacques Pilhan avec François Mitterrand, ou bien au contraire fréquente et protéiforme, comme on la connaît aujourd’hui avec Nicolas Sarkozy ? (…) Le conseiller pour la communication du président de la République, Franck Louvrier, est bien entendu un chaud partisan de la deuxième option. Et le carton réalisé par Nicolas Sarkozy l’autre lundi sur TF1 (8,8 millions de téléspectateurs pour l’interview dans le JT puis 8,6 millions pour l’émission avec un panel de Français) le conforte dans ses choix. », Les leçons de Franck Louvrier, Olivier Mongeau, Stratégies, 4 février 2010. – « La saturation de l’espace médiatique, le bruit pour le bruit, c’est en fait de la mauvaise communication. », Stéphane Fouks cité par Luc Hermann et Jules Giraudat, Jeu d’influences.

Scandale : Toutes les affaires ne font pas scandale mais la probabilité est d’autant plus forte que l’actualité est pauvre. – Voir aussi : Affaires. – « C’est un scandale puisque de l’argent public a disparu » », Rachida Dati, Atlantico, 30 septembre 2016.

Scientisme : Foi inébranlable dans le progrès, le scientisme repose sur le sentiment de supériorité de ceux qui savent face à ceux qui décident. – Voir aussi : Décision rationnelle – “La foi, lorsqu’elle s’empare d’un esprit ou d’une âme, est plus forte que la raison scientifique.”, François Mitterrand

Se faire Connaître : Avant de se faire apprécier, le principal enjeu consiste à se faire connaître. Quitte à ne pas plaire. – Voir aussi : Notoriété.

Se réunir en conseil : L’essentiel se décidant avant, le conseil consiste pour chacun à se jauger et se valoriser auprès du leader. – Voir aussi : Conseil des ministres, Conseil municipal. – « L’enjeu, pour le ministre, ce n’est pas la communication elle-même, c’est ce qui suit. Le président va-t-il dire merci ? Va-t-il apporter un commentaire ? Ou au contraire rester silencieux ? S’il ne dit rien, c’est soi que le sujet ne l’intéresse pas, soit qu’il est en froid avec le ministre. Et comme ça tout le monde le sait. », Serge Lavignes cité par Bérengère Bonte, Dans le secret du conseil des ministres.

Se taire : Savoir se taire lorsque tout pousse à réagir : un exercice d’autant plus difficile que l’affirmation se confond avec la parole et que le silence craint de passer pour de l’indifférence. – Voir aussi : Silence. – « Il faut savoir tenir les silences. C’est ce que Nicolas Sarkozy ne sait pas faire. », Philippe Bas, Bérengère Bonte, Dans le secret du conseil des ministres.

Secret : A l’ère de la transparence généralisée, le secret ne survit plus que dans les urnes ou dans le foisonnement de l’information. – Voir aussi : Confidence – « Le président ne peut pas me virer. Il ne pourra jamais. Il m’a introduit dans le saint des saints. Je sais beaucoup trop de choses. », Dominique de Villepin au sujet de Jacques Chirac, Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président. – « « Il faut se tenir constamment sur ses gardes, même chez des amis. Tout propos peut être rapporté » et, précise François Hollande, « déformé ». », Seul en son palais, Marie-Eve Malouines.

Secrétaire d’Etat, Ministre délégué : Même s’ils s’y résignent difficilement, les ministres délégués et secrétaires d’Etat sont condamnés à vivre dans l’ombre et sous la tutelle des ministres de plein exercice. La perspective d’une possible promotion aide à supporter bien des vexations et des humiliations. – Voir aussi : Ministre. – « Si le nombre de secrétaires d’Etat ou de ministres délégués rattachés à un ministre contribue à entretenir le symbole et le mythe de sa puissance, le revers de la médaille est qu’à peu près tous les ministres de pleine autorité vivent ces nominations annexes comme des boulets. A l’inverse, les « sous-ministres » se sentent étouffés, impuissants et, pour tout dire, inutiles. », Stéphanie Von Euw, Dans les entrailles du pouvoir – « En général, un secrétaire d’Etat ça ne sert à rien. Il se met en avant, il fait de la presse, il ne règle aucun problème ou il crée des problèmes pour en régler. », Jours de pouvoir, Bruno Le Maire.

Séduction : Si la séduction confère du pouvoir, le pouvoir donne incontestablement de la séduction. – Voir aussi : Narcissisme, Fidélité, Ego – « le problème pour un chef d’Etat n’est pas de trouver une partenaire sexuelle, mais de refuser les multiples avances qui lui sont faites ». – Ces fous qui nous gouvernent, Pascal de Sutter.

Self control : Le premier pouvoir est celui qu’on exerce sur soi-même. – Voir aussi : Hypocrisie, Franchise – « Le courtisan doit dès la plus tendre enfance apprendre à commander sa physionomie, de peur qu’elle ne trahisse les mouvements de son cœur. » – Essai sur l’art de ramper à l’usage des courtisans, d’Olbach.

Sénateur : Consécration ou solution d’attente, c’est selon. – Voir aussi : Parlement. – « L’élu mosellan estime que François Baroin a le profil type du sénateur : « Il a toujours été très raisonnable, même quand il était jeune, à la différence de moi. Il a parfaitement sa place au Sénat, il va amener de la qualité » (…) en choisissant le Sénat, François Baroin façonnerait un peu plus sa stature de ténor incontournable à droite en vue de 2017, voire de premier ministrable incontournable pour n’importe lequel des candidats UMP. », Pourquoi François Baroin brigue-t-il un mandat au Sénat ? Maud Pierron, 17 juin 2014 – « Le Sénat n’est qu’une maison de retraite pour privilégiés de la politique. », Noël Mamère.

Septembre : Mois de toutes les rentrées dont, bien entendu, la rentrée parlementaire. – Voir aussi : Assemblée nationale – « Ce lundi, les responsables politiques sont rentrés de vacances et le font savoir sur Internet. », lepoint.fr, 22 aout 2016.

Sexe : Si les femmes ne sont pas indifférentes aux hommes de pouvoir, l’inverse semble ne pas être vrai. – Voir aussi : Séduction – « «Le pouvoir détenu par une femme aurait plutôt un effet répulsif sur ma libido», admet Renaud Dely, directeur adjoint de Marianne. Quant à l’amour platonique, «une rencontre de plus de deux heures avec elle signifierait que je me mets au service de sa carrière, et ça il en est hors de question» poursuit-il.”, Les journalistes hommes ne séduisent pas les femmes politiques, Blandine Grosjean et Blandine Grosjean, Slate, 24 juillet 2012.

Shakespeare : L’exercice du pouvoir est un drame shakespearien. Hormis quelques instants d’exaltation, les critiques se font chaque jour plus violentes, les amis plus rares, les trahisons plus fréquentes. Vous êtes courtisé aujourd’hui mais, demain, quoi qu’il arrive, vous nous ne serez plus rien. – Voir aussi : Cuir, Défaite, Moral. – « Quatre ans d’exercice du pouvoir m’ont blindée. C’est un milieu dur, violent, machiste et irrationnel », Fleur Pellerin, Closer, 2 octobre 2016 – « L’arrivée au pouvoir n’apporte ni sérénité, ni repos. », Pascal de Sutter, Ces fous qui nous gouvernent.

Silence : A l’ère de la communication généralisée et permanente, le silence devient un luxe même pour les plus hautes fonctions. – « Pour les diplomates comme pour les femmes, le silence est souvent la plus claire des explications.”, Gustave Le Bon, Hier et Demain –  « Rien ne réhausse mieux l’autorité que le silence. », Charles De Gaulle.

Slogan : Ambitionnant de résumer un projet en quelques mots, le slogan emprunte à un fond sémantique relativement restreint où l’on trouve habituellement France, Tout, Tous Union, Changement et quelques autres termes obligés. – Voir aussi : Affiche, Marketing. – Quelques exemples de slogans politiques : La seule idée de la droite : garder le pouvoir. Mon premier projet : vous le rendre – François Mitterrand, élections présidentielles 1974 ; Le socialisme, une idée qui fait son chemin – Parti socialiste, élections législatives, 1978.

Social-démocratie : Réconciliant le marché et la gauche, la social-démocratie se propose d’ériger la concertation et l’efficacité en vertus cardinales. Concept très nordique, très germanique supposant une extrême gauche réduite à sa plus simple expression. – Voir aussi : Centrisme, Gauche.

Socialisme : Les contraintes internationales et économiques semblent acheminer inexorablement le socialisme vers une social-démocratie plus offensive sur les questions de société que sur les questions de redistribution. – Voir aussi : Social-démocratie, Gauche. – “Un spectre hante les partis communistes : le spectre du socialisme.”, Maria Antonietta Macciocchi / De la France – “Le vice inhérent au capitalisme, c’est le partage inéquitable des biens ; la vertu inhérente au socialisme, c’est le partage équitable des maux.”, Winston Churchill, discours à la Chambre des Communes, 22 octobre 1945.

Soft power : Participant d’une stratégie d’influence, le soft power vise à valoriser le capital de séduction et de sympathie des organisations et des institutions par le biais de la culture, de l’humanitaire et de l’histoire. – Voir aussi : Communication, Marketing.

Sondages d’opinion : Ils sont accusés de construire l’opinion et de répondre à des questions que l’immense majorité des citoyens ne se pose pas. Mais, aujourd’hui, comment imaginer un monde sans sondage ? Ce sont les sondages qui donnent les tendances de l’opinion entre deux élections, nourrissent le débat public et aiguisent la compétition entre les politiques. Depuis peu, ils ont également pris une importance centrale dans la sélection des candidats à l’élection présidentielle. Pour le meilleur ou pour le pire ? Ça c’est une autre question. – Voir aussi : Sondages électoraux – « Pour les Premiers ministres, en général, les sondages sont très utiles au début de leur mandat et ne servent à rien à la fin. », Jean-Pierre Raffarin, L’enfer de Matignon : ce sont eux qui en parlent le mieux, Raphaelle Bacque.

Sondages électoraux : Le plus intéressant dans un sondage n’est pas la mesure des intentions de vote mais celle des NSP, des sans-opinion, des abstentionnistes, des indécis…  Autant de sujets que les instituts préfèrent passer sous silence vu la petite taille et donc la fiabilité très relative des sous-échantillons.  – Voir aussi : Sondages d’opinion. – « Tout nouveau correspondant d’un journal étranger débarquant à Londres se voit immédiatement conseiller la plus grande prudence vis-à-vis des instituts de sondage britanniques, et suggérer de prêter un œil attentif aux bookmakers en cas d’échéance électorale importante … », Léa Lejeune, Brexit : pourquoi les instituts de sondages se sont plantés, Challenges, 24 juin 2016.

Soutenir / Désavouer : Désavouer c’est rappeler qui décide in fine. Mais c’est aussi humilier. A bien réfléchir, donc. – Voir aussi : Fait du prince, Décider. – « Ce lundi soir, le conseil municipal de Feignies a publiquement désavoué sa maire, en votant pour le maintien des adjoints Jean-François Lemaître, Solange Moore et Viviane Stankovic. Le 12 août, Chantal Lépinoy avait décidé de les déchoir de leurs délégations. Appelée à démissionner, la maire réserve sa réponse. », Julien Castelli, Feignies : Désavouée par son conseil, la maire priée de démissionner, 19 septembre 2016, La voix du Nord.

Souveraineté : Concept absolu devenu relatif à l’ère des unions, fédérations et autres espaces économiques unifiés. L’amoindrissement de la souveraineté n’est pas sans susciter la colère des peuples qui pressentent bien qu’ils n’ont plus tout à fait la main. – Voir aussi : Etat, Interdépendance. – « La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. », Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social (1762), III, 15 – « La démocratie, c’est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave. », Charles de Gaulle.

Spin doctor : Le « spin doctor » – en lieu et place du « consultant », « conseiller » ou « chargé de communication » – conçoit l’homme politique comme un être sain qu’il s’agit de protéger des virus médiatiques ou comme un malade affaibli par la critique qu’il s’agit de remettre d’aplomb. – Voir aussi : Consultant, Communicant – Quelques noms célèbres de « spin doctors » : Alastair Campbell, proche conseiller de Tony Blair, Olivia Pope, héroïne de la série américaine Scandal, David Axelrod conseiller du président Barack Obama.

Storytelling : Dans l’ombre du pouvoir, des communicants inventent des drames, planifient des guerres et organisent des débats artificiels à la seule fin de permettre au pouvoir de reconquérir et égarer l’opinion… Le storytellling serait-il un rejeton du complotisme ? Une chose est sûre : que de fantasmes autour d’un concept qui, jusqu’à présent, n’a trouvé aucune illustration convaincante sinon de rares exemples (toujours les mêmes) tirés de la politique américaine. .– Voir aussi : Elections, Communication, Spin doctor – « Le storytelling : le deuxième plus vieux métier du monde. », Danny Harris.

Style : La plume doit être acérée quand il faut. Légère quand c’est nécessaire. Mais toujours prompte et rapide. – Voir aussi : Discours, Plume, rhétorique.

Subventionner : Accorder un aide financière ou matérielle le plus souvent sans contrepartie ou exigence particulière. Une absurdité quand on y réfléchit bien. .– Voir aussi : Allouer – « Pour la question des subventions aux associations, les prestations en nature n’apparaissent pas. (…) La définition des conditions pour les clubs est parcellaire. Est aussi noté un manque de transparence sur les subventions exceptionnelles (…) Il est noté l’utilisation des conventions, jugée non efficace, mais aussi qu’il n’y a pas d’évaluation des actions subventionnées (…) », Alain Bollery et Alix Berthier, Conseil municipal : Quand le rapport de la chambre régionale des comptes est passé à la loupe, creusot-infos.com, 27 septembre 2016

Succession : Même si la tentation est forte de se démarquer du passé, le dénigrement d’un prédécesseur n’aboutit qu’à un double résultat : se discréditer soi-même et se mettre à dos tous les membres de l’ancienne équipe. Prendre le contrepied de son prédécesseur dans les faits sans le dire : telle est la façon la plus simple d’imprimer rapidement et symboliquement sa marque.– Voir aussi : Droit d’inventaire.

Suffrage : Le suffrage universel affranchit le politique, l’espace d’un mandat, de toute autorité hiérarchique. – Voir aussi : Elu. – « La souveraineté du peuple, c’est la nation à l’état abstrait, c’est l’âme du pays ; elle se manifeste sous deux formes : d’une main, elle écrit, c’est la liberté de la presse ; de l’autre, elle vote, c’est le suffrage universel. », Edwy Plenel, Le droit de savoir.

Supériorité (air de) : Mélange savant d’amusement et de distance. Frisant l’arrogance sans jamais y céder, l’air de supériorité irrite mais en impose. – Voir aussi : Prestance, Arrogance. – « A table, un journaliste interroge l’ancien Premier ministre : « Vous pensez que François Hollande est à la hauteur de ce qui l’attend ?» La question est de pure forme. En politique roué, il sait qu’il peut s’en tirer avec un « évidemment !» qui refermerait aussitôt le chapitre. Pourtant, il commence par esquisser un petit sourire. Puis il prend le temps de tremper les lèvres dans son café. Enfin, il relève la tête et, ayant ainsi ménagé le suspense, répond d’une voix onctueuse : « François ? Non… Il est bien. Il fait le job de candidat. » Et il ajoute, patelin, avec ce petit air de supériorité qui lui a souvent joué des tours : « Vous savez, François, on ne lui demande rien d’autre… Tant qu’il fait ce qu’on lui dit, tout ira bien… » », Carl Meeus, Le Figaro, 10 mars 2016.

Surnom : Au même titre que la caricature, le surnom constitue une forme de consécration pour les petits nouveaux lorsqu’il est donné ou repris par les médias. Il est vrai que les politiques y recourent systématiquement pour étiqueter leurs ennemis mais surtout leurs amis.  – Voir aussi : Formule (bonne) et Formule (assassine). – Les angles d’attaques sont le plus souvent : 1- l’absence de caractère (« Mr Nobody » pour Fillon), de courage (« Courage Fillon! »), de chaleur (« R2-D2 » pour Bernard Cazeneuve), de charisme (« le Capitaine de pédalo » pour François Hollande); 2- un comportement dominant, aristocratique (« Marie Antoinette » pour Christine Lagarde), mou (« Flanby », « Guimauve le conquérant » ou « pépère » pour François Hollande); 3- un défaut physique (« Le Gros » pour Xavier Bertrand, »Naboléon »  pour Nicolas Sarkozy); 4- l’âge (« Momne » pour Simone Veil); 5- l’intelligence ou absence d’intelligence, qu’il s’agisse de l’intello hors sol (« Bac+18″ pour Bruno Le Maire) ou de l’idiot (« Rantanplan » pour Christian Jacob, « Bac-5″ pour Christian Estrosi); 6- l’archétype historique, le pseudo-machiavel (« Fantomas » pour Patrick Buisson), le facho (« Gestapette » encore pour Patrick Buisson), l’ambitieux fourbe (« Iznogoud » pour Nicolas Sarkozy); 7- la famille, le fils ou la fille de (« C’est son père, la culture en moins » pour Marine Le Pen); 8- le sexe, par exemple l’obsédé sexuel (« J’espère que tu t’es lavé les mains » pour Alain Wauquiez suite à sa déclaration sur YouPorn) ou l’homosexuel (« Notre-Dame de Paris » pour Bertrand Delanoë).

Symboles : Court-circuits de la raison par l’imagination, les symboles les plus puissants se réfèrent généralement à une figure médiatique, un geste inattendu, un lieu, une date, voire un peu tout ça à la fois. – Voir aussi : Amalgame, Image, Lieu, Crise, Communication. – « Il veut que je pose devant un rafale pour montrer que je suis moderne. Vous vous rendez compte ! », Edith Cresson au sujet de Jacques Pilhan citée par François Bazin, Le sorcier de l’Elysée. – « Les symboles sont plus forts que les réalités. Inutile de s’épuiser à dire comment les choses fonctionnent si l’image qu’elles ont est différente. », Eric Woerth, Dans la tourmente.

Sympathisants : Acteurs majeurs des primaires et des premiers tours selon qu’ils choisissent ou non de voter. – Voir aussi : Militants, Elections, Vote.

Syndicat : Lié à l’origine au monde ouvrier, le syndicalisme semble aujourd’hui condamné à suivre le même chemin : celui du déclin. – Voir aussi Organisation.

Syndicat étudiant : Pépinière de talents politiques. Essentiellement à gauche. – Voir aussi : Tremplin, Parti, Gauche, Droite, Mouvement de jeunes. – « William Martinet, président du syndicat étudiant UNEF, cède ce vendredi sa place à Lila Le Bas. Comme certains de ses prédécesseurs, il trouvera peut-être sa place dans les rangs du Parti socialiste. Les anciens présidents du syndicat étudiant proche du parti socialiste sont aujourd’hui adjoints au maire, à Paris ou en province, membres de conseils départementaux et régionaux, conseillers techniques ministériels, membres de cabinets de présidents d’université, consultants, cadres dans des entreprises privées ou encore dirigeants d’associations. », Marie-Estelle Pech, De présidents de l’UNEF à apparatchiks du Parti socialiste, Le Figaro, 23 septembre 2016.

Syndicat de Salariés : Quand s’opposer, quand composer, quand signer, telle est la question… – Voir aussi : Entreprise. – « Elle tonne, claque la porte lors des grand-messes nationales. Mais la CGT n’en signe pas moins autant d’accord qu’avant sur le terrain. », Leila de Comarmond, La CGT signe toujours autant d’accords dans les entreprises, Les Echos, 19 aout 2014.

Syndicat professionnel : Acteur autant qu’objet de multiples mécontentements, les adhérents se demandant bien ce que « là-haut » leur représentants font concrètement pour la base… La présence du Ministre au congrès annuel se chargera de dissiper temporairement les doutes. – Voir aussi : Entreprise.

T

Tabac : Devenu presque aussi tabou que le sexe. – Voir aussi : Alcool, Sexe.

Tailleur : Est aux femmes de pouvoir de plus de quarante ans ce que le costume est à leurs homologues masculins : l’uniforme de la fonction. – Voir aussi : Codes. – « Le tailleur « donnait à Simone Veil une sorte de sécurité. », Pierre Bergé cité par Gaëtane Morin et Elisabeth Pineau, Le vestiaire des politiques.

Talent oratoire : Dans l’univers du pouvoir, rien n’égale la magie du verbe. Faire un long discours avec toute l’énergie et la conviction nécessaires, sans note, ni prompteur, relève de la performance, celle qui caractérise les profils les plus prometteurs. – Voir aussi : Image.

Télévision, radio (Mass médias) : A la télévision, l’image n’est pas complémentaire du message : elle est le message. On veillera donc à être bien habillé, bien coiffé, bien rasé, sourire et mettre la gestuelle en concordance avec le verbe. A la radio, on donnera du relief à sa voix et on ne développera qu’un message par question. – Voir aussi : Médias. – « A la télévision il a ce que l’on dit et surtout ce que l’on montre.  Impossible de tricher. Lorsque le signifié vient contredire le signifiant, le téléspectateur ne retient qu’une seule chose : le double langage. », Jacques Pilhan cité par François Bazin, Le sorcier de l’Elysée – « 70% de la télévision c’est ça, le faciès, la façon dont vous entrez dans l’écran. La gestuelle représente 15% et le dit ne compte que pour 15%.”, Entretien avec Jacques Séguéla, par Pierre-Emmanuel Guigo et Christophe Rosé,18 juillet 2014. – “Ce qu’il faut savoir avec la television, c’est qu’elle fait ressortir notre personnalité.La television met en avant vos défauts, vos faiblesses, vos point sforts et vos verities. Le public ne peut que vous aimer ou pas.”, Donald Trump, Ca Trump énormément, préface d’Olivier Duhamel.

Tête à tête : Sans entourage et sans journaliste : la configuration idéale pour prévenir ou dépassionner un conflit. – Voir aussi : Ego, Conflit

Toque menottes : Il y n’y a pas beaucoup de façon de serrer une main correctement mais seuls les puissants peuvent se permettre de doubler le geste d’une main dans le dos. – Voir aussi : Communication, Campagne. – « Une semaine sans serrer 2500 mains est une semaine ratée », propos de Bruno Le Maire, décembre 2015, – Le bal des dézingueurs, Laurent Bazin et Alba Ventura

Trahison : Mot employé par des partisans pour dénoncer un compromis, la trahison est en réalité le prix à payer en termes de fierté pour donner des gages à de nouveaux alliés et vaincre les réticences de leurs soutiens. Une opération où les raisons avancées s’avèrent décisives si on souhaite éviter que les pertes se révèlent plus élevées que les gains. – Voir aussi : Franchise, Conviction, Alliance, Meurtre, Promesse. – « La trahison est une question de date », Talleyrand – « Pour qu’il y ait trahison, il faudrait que Nicolas Sarkozy doive quelque chose à Jacques Chirac », Franz-Olivier Giesbert, La tragédie du président – « Les salauds, il y en a plein en politique ; et il n’y a rien de plus contagieux que les salauds. C’est comme ça, il faut faire avec. Sinon, on fait un autre métier. », Nicolas Sarkozy cité par Bruno Le Maire, Jours de pouvoir – « En politique, la trahison devient un coup d’éclat si elle est couronnée de succès. La fin justifie les moyens à condition d’atteindre son but ! », Marie-Célie Guillaume, Le monarque, son fils, son fief.

Transgression : Dans les cercles du pouvoir, mieux vaut jouer avec les codes que les transgresser. Encore faut-il que le jeu soit autre chose que l’expression pure et simple d’un défi gratuit à la tradition. – Voir aussi : Codes. – « Heureusement qu’il n’est pas plongeur, il serait venu avec ses palmes et son tuba ! », Alain Bocquet au sujet de Patrice Carvalho qui, nouvellement élu député, choisit d’entrer dans l’hémicycle en bleu de travail – « Duflot en jean au conseil des ministres, je suis réac, j’assume, je trouve ça irrespectueux des institutions de la République. », Valérie Pécresse sur son compte twitter, citée par par Gaëtane Morin et Elisabeth Pineau, Le vestiaire des politiques. – « Jimmy Carter avait pour habitude de sortir de l’avion en portant lui-même ses bagages. Vous vous souvenez ? Je ne veux pas que mon président porte ses bagages – je veux que ces foutus arines portent ses bagages… », Donald Trump, Ca trump énormément, préface d’Olivier Duhamel.

Traversée du désert : Se résigner au silence des grands espaces sans se faire oublier, tel est l’exercice cruel de toute traversée du désert. – Voir aussi : Moral, Défaite. – « L’épreuve, c’est l’absence, pas la blessure de vanité. », Nicolas Sarkozy.

Tremplin : Le tremplin n’est pas le même pour tous : un engagement aux côté d’un candidat peu connu, un syndicat étudiant, un meeting permettant de faire remarquer ses talents d’orateurs, un projet de loi réputé difficile ou important, un débat télévisé réussi… – Voir aussi : Primaires, Elections, Syndicat étudiant, Mouvement de jeunes. – « Dans le passé, certains ont profité de leurs engagements de jeunesse pour faire carrière en politique. C’est le cas de Nicolas Sarkozy et de Manuel Valls par exemple (…) « Oui, c’est clair que quand on voit ces parcours, on se dit que notre engagement peut être un tremplin », constate un des jeunes engagés avec Nicolas Sarkozy. », « Les Jeunes avec », un tremplin politique ? Pierre Lepelletier, JDD, 18 octobre 2016.

Trésorier (de campagne) : Poste de confiance s’il en est. – Voir aussi : Campagne – « Je ne suis pas attiré par l’argent, je n’ai aucune fascination pour la richesse. C’est d’ailleurs pour cela qu’Alain Juppé puis Nicolas Sarkozy m’ont demandé d’être trésorier de l’UMP », Eric Woerth, Dans la tourmente.

Triangulation (stratégie de) : Reprise des références historiques, des concepts, des symboles, des propositions voire même des personnalités du camp adverse destinée à créer un troisième espace politique. Encore faut-il être en position de force pour se livrer à l’exercice. A défaut le pillage risque de tourner rapidement au brouillage. – Voir aussi : Stratégie. – « Appliqué à la politique, (la triangulation) est devenu(e) un sport de combat consistant à emprunter les idées des adversaires pour mieux les prendre à revers, les déstabiliser et les désarmer. Avec cette conséquence sans cesse plus évidente : tout le champ de la gravitation politique s’en trouve perturbé et les citoyens tourneboulés. », Les égarements de la triangulation, Gérard Courtois.

Tribune (Dans les journaux) : Les petits tentent d’attirer l’attention tandis que les grands font passer des messages. – Voir aussi : Presse, Communication.

Troisième homme : Coqueluche des médias qui trouvent dans cette figure habituelle des présidentielles un moyen de relancer ou renforcer le suspens du premier tour. – Voir aussi : Elections, Primaires. – « Cette élection est tellement dingue que je peux bien être élu », Gary Johnson, candidat libertarien, propos rapporté par Le Monde, 29 aout 2016.

Trouver un Compromis : Ajustement d’intérêts divergents permettant à chacun de sauver la face, le compromis peut aussi bien résulter d’un équilibre des forces que du choix de préserver son interlocuteur de l’humiliation. Du côté des partis contestataires, le compromis n’est que compromission, collusion des intérêts dominants et refus de tout vrai changement. – Voir aussi Négociation. – « Rien ne marque tant le jugement solide d’un homme, que de savoir choisir entre les grands inconvénients ». – Propos sur les hommes et le gouvernement des hommes, Cardinal de Retz.

Tueur : On ne s’impose pas seulement par ses propres mérites. Le moment venu, il faut aussi savoir tuer ses concurrents. – Voir aussi : Meurtre. – « Celui-là il faut lui marcher dessus : d’abord il ne comprend que ça et en plus il paraît que ça porte bonheur. », Jacques Chirac au sujet de Nicolas Sarkozy, 2006 – « Chirac est mort, il manque juste les trois dernières pelletées de terre. », Nicolas Sarkozy au sujet de Jacques Chirac, Le roman d’un président, Nicolas Domenach et Maurice Szafran – « Je suis une tueuse. », NKM, 2013.

Tutelle (mise sous) : Quand le pouvoir est jugé coupable ou dangereux. Voir tout ça à la fois. Même les Etats n’y échappent pas. Une humiliation. Mais il arrive que la mise sous tutelle soit aussi une chance dans la mesure où elle dispense le politique d’appliquer des mesures par définition difficiles. – Voir aussi : Etat, Souveraineté – « Les partages, les commissions mixtes contrôlées, les mises sous tutelle sont des moyens internationaux de torturer, de briser la volonté d’expression des peuples, de cultiver l’anarchie, le banditisme et la misère. », La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? Afrique Action, n°19, 20 février 1960.

Tweet : Pour applaudir, dénoncer, polémiquer, répliquer… Soit. Mais faire du tweet un mode de communication régulier sur tout et n’importe quoi est-ce bien sérieux lorsqu’on est censé exercer des responsabilités ? Une chose est sûre : la réactivité de l’outil comporte une part de risque non négligeable. – Voir aussi : Communiqué de presse, Facebook, Internet. – Deux des tweet français les plus médiatisés : « Courage à Olivier Falorni qui n’a pas démérité, qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d’années dans un engagement désintéressé. » — Valérie Trierweiler (@valtrier) Juin 12, 2012 – « Quand je rentre, je me couche. Trop épuisé. Avec toi ? » – Eric Besson @Eric_Besson.

U

Ubiquité : Le pouvoir omniscient ? Une utopie devenue réalité par la grâce des mass média. – Voir aussi : Télévision, Radio.

Ultra-libéralisme : Epouvantail sans réelle existence – du moins en France – agité aussi bien par la gauche que par une majorité de la droite. – Voir aussi : Libéralisme. – « L’ultra-libéralisme, c’est la politique de Macron, tout comme la dérégulation totale et la soumission totale aux exigences de la commission. En matière d’économie, on sait ce qu’il veut : c’est l’ultralibéralisme et mort aux pauvres, on a bien compris. D’ailleurs, ils sont plusieurs sur le créneau », Marine Le Pen, Pour Marine Le Pen, Macron « c’est l’ultralibéralisme et mort aux pauvres », AFP, 27 septembre 2015

Unanimité : L’unanimité caractérise les votes à main levée ou les sujets sans réelle importance. – Voir aussi : Vote, Majorité. – « J’ai entendu vos points de vue. Ils ne rencontrent pas les miens. La décision est prise à l’unanimité. », Charles De Gaulle.

Union européenne : Espace politique très particuliers. Les débats y opposent moins deux visions de la société que des pro-européens à des Eurosceptiques. Un peu comme si notre parlement opposait des Francophiles à des Franco-sceptiques… – Voir aussi : Député européen, Commission européenne – « Quand l’Europe ouvre la bouche, c’est pour bâiller. », François Mitterrand, L’Unité, 1977.

Universalisme : Droits de l’homme, droits des femmes, droits des minorités, droits de l’enfant… Imaginé pour transcender les particularismes, l’universalisme voit dans toute opposition un communautarisme ou un relativisme culturel quand ses opposants y discernent le cheval de Troyes de la pensée hégémonique de l’occident. – Voir aussi : Humanisme,  Droits de l’homme, Ingérence (droit d’). – « L’universalité des hommes se repaît de l’apparence comme de la réalité ; souvent même l’apparence les frappe et les satisfait plus que la réalité même. », Discours sur la première Décade de Tite-Live (1513-1520), I, Nicolas Machiavel.

Université d’été : Rencontres organisées à la rentrée par les partis et les organisations syndicales. On y fait un plaisir d’écharper ses concurrents et ses adversaires, à coups de petites phrases assassines mais avec le sourire, sans cravate et dans la bonne humeur. – Voir aussi : Août. – « Les instances ont concocté 36 ateliers (l’école, l’histoire et la mémoire, l’emploi, etc). Une façon d’armer idéologiquement les militants, une fonction traditionnelle des universités d’été. De façon plus insidieuse, il s’agit aussi de profiter de la vitrine médiatique pour essayer d’infuser des thèmes de débat dans une opinion de moins en moins attentive à la vie des partis. », Matthieu Goar, 20minutes.fr, 23 aout 2013.

Usages : Le pouvoir ne se demande ni ne se donne, il se prend en rompant avec le respect des usages. – Voir aussi : Trahison. –  « Elu conseiller municipal de Neuilly, (Charles Pasqua) croit être le successeur naturel du maire Achille Peretti, gaulliste historique, compagnon de la Libération. Un mois après l’élection, le maire de Neuilly meurt brutalement d’une crise cardiaque. Pasqua charge le jeune secrétaire du RPR pour la circonscription Neuilly-Puteaux, Nicolas Sarkozy, de préparer l’élection du nouveau maire. Las. Nicolas Sarkozy le trahit et devient maire de Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 28 ans ! », Révélations : l’affairisme dans le 92, Marianne, 5 Mai 2013.

Usure : L’usure devient inévitable lorsque le nombre de projets devient inversement proportionnel à la durée du mandat exercé. A ne pas confondre avec l’âge, fut-il avancé. – Voir aussi : Age, Maladie, Moral. –  « Anne-Catherine Lyon vit une fin de parcours abrupte et douloureuse. Le tort de la conseillère d’Etat ? Ne pas avoir pris la mesure de son impopularité. Un style d’un autre temps lui a aussi porté préjudice. »,  La difficile mesure de l’usure du pouvoir, Catherine Dubouloz, Le Temps, 23 septembre 2016

Utopie : A la croyance collective en un monde meilleur s’est substituée l’idée que chacun, pour peu qu’il en ait la volonté, a droit au bonheur personnel.  – Voir aussi : Idéologie. – « Une utopie est une réalité en puissance. », Édouard Herriot, Notes et maximes – “L’une des leçons que l’on peut tirer du siècle dernier est que toutes les utopies finissent par établir leur propre goulag.”, Vladimir Boukovsky, L’Union européenne, une nouvelle URSS ?

V

Vacance du pouvoir : Liée à un événement aussi brutal qu’inattendu – en règle générale, un décès – la vacance du pouvoir est le moment de tous les possibles. – Voir aussi : Maladie, Vacances.

Vacances : Les vacances du politique ne sauraient être assimilées à une vacance du pouvoir. Parvenu à un certain niveau de responsabilité, on affirmera donc rester joignable en permanence, quelle que soit la distance. Et on n’hésitera pas à revenir au moindre problème susceptible d’être médiatisé… – Voir aussi : Crise. – « Tous les présidents successifs se sont posé cette question insoluble : comment prendre le repos nécessaire, sans paraitre déserter la fonction ? », Frédéric Says, France Culture, 4 aout 2016.

Valoriser : Rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César : depuis la nuit des temps, la politique consiste à valoriser le rôle irremplaçable des uns et des autres, à commencer par le sien… – Voir aussi : Consulter, S’attribuer.

Vanité : Facteur d’aveuglement et signe extérieur d’imbécilité. – Voir aussi : Orgueil et susceptibilité. –  « Quand je veux estimer le danger que représente pour moi un adversaire, je soustrais d’abord sa vanité de ses autres qualités.”, Otto von Bismarck – « L’épreuve, c’est l’absence, pas la blessure de vanité. », Nicolas Sarkozy.

Vendredi : Tous les élus le savent : mieux vaut éviter réunions et meetings politiques une veille de week-end.

Vérité : En politique comme dans religions monothéistes, il n’existe de vérité que pour les croyants. – Voir aussi : Croyance, Vraisemblance. –  « Il faut deux personnes pour dire la vérité – une pour la dire et l’autre pour l’écouter. », cité dans Sous réserve de Hélène Frappat.

Victimisation (stratégie de) : Basée sur l’exigence de réparation, la stratégie de victimisation suppose autant d’antipathie pour le « bourreau » que d’empathie pour la « victime ». – Voir aussi : Manipuler. – « Lors du second débat de la campagne présidentielle américaine, Donald Trump s’est à nouveau plaint d’être une victime. A un certain moment, il s’est même plaint d’être seul contre trois, suggérant que les deux animateurs et Hillary Clinton s’étaient ligués contre lui et ne le laissaient pas parler. », Trump, Berlusconi et Cie : ce qui se joue quand les électeurs s’identifient à des puissants en pleine victimisation, Maajid Nawaz, The Daily Beast, 12 Octobre 2016.

Victoire : Concept propre au sport et à la politique, la victoire n’est pas toujours une fin en soi. Une candidature sans espoir de succès peut être motivée par la volonté de prendre date pour une échéance future ou se donner pour objectif d’empêcher l’émergence d’un concurrent potentiel au sein de son propre camp. – Voir aussi : Défaite. – « Le plus grand péril se trouve au moment de la victoire. », Napoléon.

Vie privée : Les personnalités publiques ont-elles le droit d’avoir une vie privée ? Il semblerait que cela soit de plus en plus compliqué. Les politiques n’y sont pas étrangers, eux qui n’ont montré pendant longtemps que ce qui les arrangeait, quitte à faire preuve d’une hypocrisie abyssale. Sur ce point au moins, la pipolisation politique a des relents de moralité. – Voir aussi : Conjoint – « Un homme – une femme – d’Etat n’a plus rien à cacher : il ou elle a fait don de sa personne aux citoyens, pour ne pas risquer de les inquiéter, voire de les berner. Les observateurs offusqués qui se disent patentés confondent la vie privée de l’article 9 du Code civil (« Chacun a droit au respect de sa vie privée ») avec celle de l’article 226-1 du Code pénal (qui vise les photos prises dans un domicile et les micros cachés) et surtout les termes de l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (« Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance »). », Les affaires privées des personnalités politiques font partie de la vie publique, Emmanuel Pierrat, Le Monde, 27 janvier 2014.

Ville : Trop grande pour créer du lien ou trop petite pour affronter la concurrence… Il semblerait que toutes les villes aient aujourd’hui un problème de taille. – Voir aussi : Ville moyenne, Petite ville, Grande ville. – « La ville a une figure, la campagne a une âme. », Jacques de Lacretelle – « Dieu a fait la campagne et l’homme a fait la ville. », La Tâche, William Cowper.

Vin : Symbole de la richesse du terroir et de l’histoire de la France. Officiellement, tout politique se doit d’aimer le vin. Dans les faits, sa consommation effective dessine de plus en plus une ligne de partage entre les élus ruraux et les autres. – Voir aussi : Alcool, Alimentation. – « Bonne cuisine et bon vin, c’est le paradis sur terre. », Henri IV – « J’aime le bon vin, je n’abuse pas. Mais la bière a un avantage, c’est que cela désaltère, vous comprenez désaltérer, cela coupe la soif et il n’y a pas trop d’alcool dedans, beaucoup moins que dans le vin. Alors on peut boire davantage. », Jacques Chirac.

Vision : Si la vision désigne à la fois un avenir souhaitable et un phénomène d’hallucination c’est parce que la politique reste viscéralement indissociable du rêve. – Voir aussi : Idéologie, Promesse. – «  Est élu l’homme qui raconte à son peuple l’histoire qu’il a envie d’entendre à ce moment donné de on Histoire. A l’expresse condition d’en être le héros crédible. », propos de François Mitterrand rapporté par Jacques Séguéla, La prise de l’Elysée, Les campagnes présidentielles, Jacques Séguéla et Thierry Saussez. – « Aucun des candidats n’a su démontrer sa conscience des transformations du monde et une véritable vision de l’avenir, en particulier sur les questions économiques et sociales. », Guillaume Champeau, numerama.com, 14 octobre 2016.

Visiteurs du soir : Les entretiens sollicités ou accordés par le chef de l’Etat à des personnalités en marge de la direction du parti présidentiel et de ses équipes. Objectif principal : rester en prise avec le réel. – Voir aussi : Experts, Amis. – « Ce sont de vieux amis, des chefs d’entreprise, des hommes ou des femmes de culture, des communicants, des responsables politiques qui savent parler franchement au chef de l’Etat sans heurter l’ego présidentiel. Tous ont en commun de savoir tenir leur langue sur la teneur de ces échanges. Une qulité qui s’érode parfois avec le temps. », Seul en son palais, Marie-Eve Malouines.

Volonté : Capacité de traduire une intention en action et un objectif en résultat malgré les obstacles et les résistances. Cette puissance d’agir peut-être motivée par l’ambition mais aussi par le ressentiment et le désir de revanche.  – Voir aussi : Ethique, Erreur. – « Il y a très loin de la velléité à la volonté, de la volonté à la résolution, de la résolution au choix des moyens, du choix des moyens à l’application ». – Propos sur les hommes et le gouvernement des hommes, Cardinal de Retz – “L’intelligence ? C’est la chose du monde la mieux partagée. La volonté, ça, c’est plus rare.”, François Mitterrand – « Lorsque j’engage un combat, il ne me vient pas à l’idée que je puisse le perdre.”, Jacques Chirac.

Vote (critique du) : Il existe deux raisons radicalement opposées de rejeter le vote. La première, élitiste, ne remet pas en cause la démocratie représentative mais la démocratie consultative. La seconde, d’inspiration marxiste, rejette la démocratie partementaire. Contre ce qu’elle dénonce comme une confiscation du pouvoir par la représentation, elle prône une mobilisation sur le terrain, seule en mesure d’initier de véritables changements. – Voir aussi : Vote protestataire, Abstention, Minorité. – « En votant demain, nous allons, une fois de plus, substituer le pouvoir légal au pouvoir légitime. Le premier, précis, d’une clarté en apparence parfaite, atomise les votants au nom du suffrage universel. L’autre est encore embryonnaire, diffus, obscur à lui-même : il ne fait qu’un, pour l’instant, avec le vaste mouvement antihiérarchique et libertaire qu’on rencontre partout mais qui n’est point encore organiser. », Jean-Paul Sartre, Élections, piège à cons.

Vraisemblance : Peu importe la vérité des faits, seule compte la vraisemblance, à savoir ce que l’opinion est disposée à croire. – Voir aussi : Vérité. – « La vraisemblance ne se confond pas avec la vérité, ni le réel avec sa représentation. », Rapport sur moi, Grégoire Bouillier.

Bibliographie

Traités philosophiques et politiques

Les politiques, Aristote

Bréviaire des politiciens, Cardinal Mazarin

Propos sur les hommes et le gouvernement des hommes, Cardinal de Retz

Le Prince, Machiavel

Essai sur l’art de ramper à l’usage des courtisans, d’Olbach

De la servitude volontaire, La Boétie

Analyses et essais

Ces fous qui nous gouvernent. Comment la psychologie permet de comprendre les hommes politiques, Pascal de Sutter

Come back! ou l’art de revenir en politique, Christian Delporte

Comprendre le Prince de Machiavel, Denis Collin et Laura Acquaviva

Contre les élections, David van Reybrouck

Dans les entrailles du pouvoir. La face cachée des cabinets, Stéphanie von Euw

De la misère humaine en milieu publicitaire. Comment le monde se meurt de notre mode de vie, Groupe Marcuse

Histoire de la gauche caviar, Laurent Joffrin

Jeu d’influences. Affaires Cahuzac, DSK, Kerviel, Bettencourt… dans la peau des spin doctors, Luc Hermann et Jules Giraudat

L’art de la guerre par l’exemple, Frédéric Encel

La vie rêvée des maires. Sacerdoce enchanté ou enfer programmé ? Bénédicte Boyer

Le règne des entourages: Cabinets et conseillers de l’executif, Jean-Michel Eymeri-Douzans

Le sorcier de l’Elysée. L’histoire secrète de Jacques Pilhan, François Bazin

Les barons, Jean-Baptiste Forray

Petites leçons de diplomatie, ruses et stratagèmes des grands de ce monde à l’usage de tous, Frédéric Encel

Pierre Bourdieu. L’insoumission en héritage. Sous la direction de Edouard Louis

Porte à porte. Reconquérir la démocratie sur le terrain, Guillaume Liégy, Arthur Muller et Vincent Pons

Qui gouverne le monde ? L’état du monde 2017, Sous la direction de Bertrand Badie

Sociologie du parti dans la démocratie moderne, Robert Michels

Vox populi, Olivier Christin

Dictionnaires et anthologies

Le monde selon Clemenceau, Jean Garrigues

Les flingueurs. Anthologie des cruautés politiques, Patrice Duhamel et Jacques Santamaria

Dictionnaire amoueux de la politique, Philippe Alexandre

Politiques : le cumul des mandales, Olivier Clodong

Petit dictionnaire des injures politiques, sous la direction de Bruno Fuligni

Psychologie des foules, Gustave Le Bon

La prise de l’Elysée. Les campagnes présidentielles de la Ve république, Jacques Séguéla, Thierry Saussez

Satire

La politique pour tous même pour François Hollande, Josselin Bordat, Tristant Berteloot

Les jeux du pouvoir, Jean de la Fougère

Les flingueurs. Anthologie des cruautés politiques, Patrice Duhamel et Jacques Santamaria

Biographies

DSK. Les secrets d’un présidentiable, Cassandre

Témoignage et Mémoires

Encarté ! Mon immersion dans les partis politiques, Achraf Ben Brahim

Jours de pouvoir, Bruno Le Maire

Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Marie de Gandt  

Le monarque, son fils, son fief, Marie-Célie Guillaume

Index thématique

LE  POUVOIR SOUS TOUTES SES FORMES

Abus de pouvoir 

Arbitraire

Aliénation 

Autorité

Arène

Censure

Calendrier (maîtrise du)

Chauffeur

Contrainte 

Cooptation

Couilles 

État de grâce

Excès

Fait du prince

Homme providentiel

Influence 

Huissier

Leadership

Légalité

Légitimité

Longévité

Machiavélisme 

Maîtrise de l’agenda

Mandat électif

Motards 

Ovation

Politique 

Pouvoir 

Pouvoir d’influence 

Pouvoir d’obstruction 

Pouvoir discrétionnaire

Pouvoir économique

Organisation professionnelle.

Pouvoir exécutif

Pouvoir législatif

Pouvoir politique / Pouvoir économique

Pouvoirs

Puissance

Palais

Parapheurs

Popularité

Préséance

Suffrage universel

Supériorité (air de)

Séduction

Ubiquité

TITRES ET FONCTIONS

Assistante

Attaché (Collaborateur) parlementaire 

Attaché(e) de presse 

Cadre du parti (apparatchik)

Chef des armées 

Collaborateur politique

Commis de l’Etat

Commissaire européen 

Communicant

Conseiller de l’ombre (syn. Éminence grise)

Conseiller départemental

Conseiller municipal 

Conseiller régional 

Conseiller technique

Consultant

Député 

Député européen 

Directeur d’administration 

Directeur de cabinet 

Directeur de la communication 

Dirigeants d’entreprise

Elu

Expert

Fonctionnaire

Fonction

Haut fonctionnaire

Humoriste

Intellectuel

Journalistes

Juge

Maire

Maire de grande ville

Maire de petite ville

Maire de ville moyenne

Ministre

Premier ministre

Plume

Parlementaire 

Personnel politique

Président d’agglomération

Président de conseil départemental 

Président de conseil régional

Président de la république 

Publicitaire 

Sénateur 

Secrétaire d’Etat, Ministre délégué

INSTANCES ET ORGANISATIONS

Administration

Agence gouvernementale

Assemblée nationale

Association de consommateur (ou d’usager)

Association politique

Bureau

Cabinet

Cabinet ministériel

Collectivités locales

Comité d’experts (créer un) 

Comité Théodule (créer un)

Conseil des ministres

Congrès 

Comité consultatif (créer un)

Corps (grands)

Corps intermédiaires

Courants

Département 

Eglise

Entreprise (grande)

Etat (Pouvoirs publics)

Franc-maçonnerie

Gouvernement

Grandes écoles

Grands corps

Groupe

Intercommunalité 

Leaders d’opinion

Lobbies

Organisation

Organisation internationale

Parlement

Parti politique

Think Tank

Union européenne 

Syndicat

Syndicat étudiant

Syndicat de Salariés

Syndicat professionnel

Ville

EXERCICE DU POUVOIR

Afficher

Allouer

Amender

Annoncer

Anticiper 

Arbitrer

Autoriser / interdire

Autoriser un dépassement budgétaire

Cautionner

Changer d’avis 

Communiquer

Concerter

Créer l’adhésion

Créer un comité

Décentraliser

Décider 

Décider (ne pas)

Déconcentrer 

Déléguer

Démissionner

Dominer / Etre dominé 

Enterrer

Exclure 

Externaliser 

Faire plier 

Faire un exemple

Faire une proposition de loi 

Flinguer

Gérer

Légiférer 

Moderniser

Nationaliser, reprendre en gestion directe

Ordonner / Obéir `

Minimiser

Négocier 

Nommer

S’attribuer

S’opposer / Soutenir

Sanctionner / Récompenser

Sanctuariser

Privatiser

Se réunir en conseil 

Soutenir / Désavouer

Subventionner 

Reconnaître, Reconnaissance 

Recommander

Réforme 

Refuser / Accepter

Renvoyer / Limoger 

Réunir des Etats généraux

Trouver un Compromis

POLITIQUES PUBLIQUES

Politique agricole 

Politique budgétaire 

Politique culturelle 

Politique d’aménagement 

Politique d’urbanisme 

Politique d’intégration 

Politique de formation 

Politique de l’emploi 

Politique de l’Enfance 

Politique de la jeunesse 

Politique de prévention de la délinquance 

Politique de recherche 

Politique de santé 

Politique de sécurité intérieure 

Politique du logement 

Politique du sport 

Politique économique 

Politique éducative 

Politique énergétique 

Politique environnementale 

Politique étrangère 

Politique européenne

Politique familiale 

Politique fiscale 

Politique industrielle

Politique judiciaire 

Politique sociale Politiques publiques

ELECTION ET ALTERNANCE

Abstention 

Alternance

Bilan 

Cabinet noir

Campagne

Candidature

Carte électorale

Catégories socio-professionnelles

Circonscription

Consigne de vote

Contestataire (vote)

Débat

Déclaration de candidature

Défaite 

Désistement 

Deuxième tour (stratégie de)

Dissidence

Élection

Electorat

Etiquette politique

Favori 

Fichier

Grands Électeurs 

Indécis

Intermédiaires (élections)

Intentions de vote

Investiture

Jeunes 

Législatives (élections)

Légitimiste (vote, électorat)

Majoritaire (scrutin)

Majorité qualifiée

Mode de scrutin

Parachutage

Petits blancs

Proportionnel (scrutin)

Toque menottes 

Premier tour (stratégie de)

Présidentielles 

Primaires 

Rurbains 

Programme

Ralliement 

Retrait 

Sympathisants

Troisième homme

Victoire

Vote (Explications du)

STRATEGIES

Adversaire 

Alliance 

Alliés`

Angle d’attaque.

Attaque

Balkanisation

Binôme concurrentiel (stratégie du)

Cannibalisation (stratégie)

Cause commune

Chaises musicales (stratégie des)

Changement 

Coalition

Clivage droite-gauche

Concurrents

Conquête

Contrition (faire acte de) 

Coopération

Coup de gueule 

Coup politique

Décrédibilisation (stratégie de)

Diabolisation (stratégie de)

Dilution (stratégie de)

Divisions

Dominos (théorie des) 

Diversion (stratégie de)

Dramatisation (stratégie de) 

Driving forces

Droit d’inventaire

Edredon (stratégie de l’) 

Echiquier politique

Ennemi

Événement

Epouvantail

Equilibre des forces

Faux nez (stratégie du)

Flatterie

Hystérisation (stratégie d’)

Incompétents (miser sur les)

Instrumentalisation

Intimidation

Inventaire (droit d’) 

Jeux (théorie des)

Médiatisation

Marginalisation (stratégie de)

Manipulation

Mobilisation

Moment (sens du)

Meurtre

Ouverture (stratégie d’)

Neutralisation (stratégie de)

Omniprésence

Postrationnalisation 

Pipolisation

Plaire (art de) 

Plan

Promesse 

Porte-flingue

Polarisation (Stratégie de)

Positionnement (stratégie de)

Saturation (Stratégie de)

Se taire 

Secret 

Triangulation (stratégie de) 

Trahison 

Tueur Victimisation (stratégie de)

CRISES ET DERAPAGES

Affaires 

Attaque personnelle

Appartement 

Bashing

Boule puante

Boulette, gaffe 

Bourde

Canular

Carbonisé (être)

Condamnation judiciaire 

Conflit d’intérêt

Conflit social

Contestation

Corruption (affaire de)

Coupable 

Crise (gestion de) 

Crise Médiatique

Crise politique 

Déchaînement médiatique 

Dérapage

Détention

Diffamation 

Dilemme

Dommages et intérêts (condamnation à)

Disgrâce

Effet boomerang

Emballement médiatique

Erreur

Faux pas

Garde à vue 

Fusible

Fuite 

Guet-apens

Grève

Humiliation

Impopularité

Impuissance

Maladie

Mise en cause

Mise en examen

Mécontentement

Peine 

Polémique 

Nouvelle (mauvaise)

Responsabilité 

Scandale

Tutelle (mise sous) Vacance du pouvoir

LE VERBE ET L’IMAGE

Amalgame

Argument

Argument d’autorité 

Casuistique

Conviction

Dialectique

Formule (bonne)

Formule assassine

Généralisation

Déduction et induction

Langage performatif 

Langue de bois

Mots

Néologisme.

Oxymore

Parole 

Point Godwin

Petite phrase

Style

Rhétorique 

Réseaux sociaux Outranciers (propos)

L’OPINION

Perception

Sondages d’opinion

Sondages électoraux

Homme de la rue

Croyance

Opinion publique

Besoins (pyramide des)

Biais de raisonnement

Conformisme

Majorité / Minorité

Majorité silencieuse

Unanimité

Terrain (faire du)

COMMUNICATION

Acceptabilité 

Affiche 

Annonce

Communication 

Communication (bonzne)

Communication à double étage (théorie de la) 

Communication et informations

Communication personnelle

Communiqué de presse

Conférence de presse

Déjeuner de presse 

Digital

Discours

Discours de campagne 

Discours de politique générale

Discours fondateur

Double discours

Eléments de langage 

Enregistrement (voix et vidéo)

Buzz (faire le)

Histoire

Idée (grande) 

Image

Image personnelle

Improvisation 

Incarner

Lancer un appel

Livre blanc

Livre politique 

Manifeste

Marketing

Message

Opinion

NTIC 

Nouveauté

Photoshop

PNL

Pétition 
Publicité

Prononcé 

Se taire 

Vraisemblance

Spin doctor 

Storytelling

Silence 

Slogan 

Valoriser

Vie privée

Vérité

Vision

Symboles

MEDIAS

Actualité 

Blog

Bon client

Caricature

Chaînes câblées 

Editorialiste

Emissions de divertissement

Engouement médiatique

Facebook 

Information (Rapidité de l’) 

Informations continue

Infotainment

Internet

Intervention médiatique

Interview

Journalisme d’investigation

Marronnier

Médias

Mediatraining

PQR

Presse 

Presse Internet

Presse pipole 

Paparazzis

Objectivité (des journalistes)

Off 

Reprise presse 

Télévision, radio (Mass médias)

Tribune (Dans les journaux)

Tweet

CARRIERE

Activité professionnelle 

Âge

Âge (bon) 

Amis / Ennemis

Argent 

Bande

Carrière

Chance (facteur)

Choisir son parti

Changer de parti 

Départ 

Club politique

Come-back 

Commission (choisir sa)

Conjoint

Cumul

Dauphin 

Décès

Délégation

Clientélisme

Exil

Femme 

Fidèles 

Fief

Gay

Jeunesse

Microcosme

Militant

Maturité

Mentor

Ministère

Modèles

Notoriété

Succession

Proches

Pantouflage

Rassembler 

Renvoi d’ascenseur

Réputation 

Réseaux

Se faire Connaître

Traversée du désert

Tremplin

Usure Violence

US ET COUTUMES

Alcool 

Alimentation

Ambitieux

Amitié

Amis

Anecdotes

Août

Absence 

Arène

Avantages

Avril

Blagues

Bon mot

Bureau (local)

Cadeau

Calembours

Cérémonie

Codes

Codes (de la fonction)

Commémoration

Conversation

Couleuvres (avaler des)

Culture générale

Décoration, distinction

Déplacement

Dimanche

Discipline de groupe

Double vie

Correction (fair-play)

Félicitations

Février

Fiches

Fidélité

Franchise

Indignation

Goûts artistiques

Goûts littéraires

Goûts musicaux

Hésitation 

Honnêteté

Hypocrisie

Humour

Indemnité 

Intitulés (des Ministères, des délégations …)

Janvier

Jeudi

Journal

Juillet

Juin

Look 

Lundi

Lunettes

Mardi

Mauvaise foi

Mobilier

Mensonge

Mercredi

Mars

Médailles

Mi-mandat

Oui 

Octobre

Nettoyage (des lieux)

Non 

Originalité

Patron

Pamphlet

Samedi

Tête à tête

Passe d’arme

Privilèges

Vin

Surnom

Septembre

Protocole

Tabac

Tailleur 

Université d’été

Usages

Vacances

Vendredi

Visiteurs du soir 

LE PROFIL DE L’EMPLOI

Ambition

Audace

Charisme

Charme

Chirurgie plastique

Colère

Défiance

Courage

Cruauté

Cuir

Cynisme

Démarche 

Déprime, dépression

Détermination 

Dignité

Diplomatie

Dopants

Ego

Egoïsme

Empathie

Endurance morale

Endurance physique

Faiblesse (petite)

Femme de pouvoir (modèle de la)

Habillement

Haine 

Impunité (sentiment d ‘)

Indifférence

Instinct politique

Intelligence cartésienne 

Intelligence politique

Intuition

Lâcheté

Mental

Méfiance

Mégalomanie 

Moral 

Narcissisme

Personnalité

Personnalité

Orgueil

Paranoïa

Prestance

Prudence

Psychologie du pouvoir 

Rancune 

Relooking 

Port de tête 

Résilience

Sang froid

Transgression 

Volonté

Qualités et Défauts

Self control 

Vanité

Talent oratoire

IDEES ET COURANTS DE PENSEE

Altermondialisme

Anarchisme

Antiracisme 

Antisémitisme 

Apolitisme 

Bonheur

Centrisme 

Communisme

Communautarisme

Conservatisme

Crise de la représentation

Darwinisme social

Démocratie

Démocratie consultative

Démocratie participative

Deuxième gauche 

Dépolitisation

Discrimination positive

Droite

Droits de l’homme

Durable (développement)

Ecologie

Ecologie politique

Economie

Egalité

Elites (discours sur / contre les)

Environnement

Défiance (société de) / Esprit critique

Ethique

Expertise

Extrême droite

Extrême gauche

Extrémisme 

Féminisme

Gauche

Gaullisme

Gentrification

Gouvernance (bonne)

Guerre 

Humanisme 

Idéal 

Idéalisme 

Identité

Mondialisation

Identité nationale

Idéologie 

Individualisme

Ingérence (devoir d’)

Intégrisme 

Intelligence collective

Interdépendance 

Internationalisme

Libéralisme

Marxisme

Modernité

Multiculturalisme

Précaution (principe de)

Représentation (critique de la) .

République 

Réactionnaire (pensée)

Réalisme 

Révolution

Vote (critique du)

Patriotisme 

Pensée unique

Politiquement correct (lutte contre le)

Progrès

Régionalisme

Social-démocratie

Socialisme

Théorie du complot

Universalisme 

Souverainisme

Utopie

Ultra-libéralisme

QUELQUES ELEMENTS DE LANGAGE

Intérêt général

Intérêt particulier

Justice / injustice

Laïcité

Marchés

Citoyenneté

Civisme

Culture d’entreprise 

Chômage 

Mémoire

Parler-vrai

Développement

Souveraineté 

Pluralisme

Proximité







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