Slogans politiques (Pourquoi ils restent importants) – Article

Franck Gintrand

Publié le :

  • 7 mai 2020

Analyse rédigée en 2007

Même si les affiches 4X3 ont disparu des campagnes politiques, le slogan reste un acte fort de la communication des candidats. 

Malgré l’interdiction de la publicité politique par voie d’affichage commercial et de presse pendant les trois mois précédant le scrutin, le slogan continue de présenter l’avantage (et la contrainte) de résumer en une phrase le principal atout du candidat par rapport à ses adversaires. Un exercice par nature difficile. Les deux principaux candidats à la présidentielle de 2007 n’ont d’ailleurs pas hésité à changer de slogan en pleine campagne. Après avoir déclaré que « Plus juste, la France sera plus forte », Ségolène Royal a finalement opté pour « la France présidente » (un slogan conçu à l’origine pour le second tour, et non pour le premier). Quant à Nicolas Sarkozy, il a préféré ne pas prendre de risque avec le projet de « rupture tranquille » et choisi d’affirmer qu’ « Ensemble, tout devient possible ».

Dans une campagne surmédiatisée, où la publicité commerciale a désormais quasiment disparu, le choix du slogan reste un acte de communication important. « Plus juste, la France sera plus forte » n’a pas le même sens que « La France présidente ». Le premier slogan exprime un combat contre les injustices, le second une autre façon de faire de la politique. Les deux ne sont pas contradictoires mais ils constituent deux axes de communication différents entre lesquels S. Royal aura beaucoup hésité. A l’inverse, le slogan « Ensemble, tout devient possible » (à la fois banal et facilement attaquable si la gauche avait choisi d’être plus offensive sur le projet et la personne de N. Sarkozy), présentait au moins l’avantage de s’inscrire dans la continuité de « La rupture tranquille », c’est-à-dire du changement, un thème que le candidat UMP n’a jamais cessé de marteler durant sa campagne.

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