Les 20 plus belles coupoles de Rome

Franck Gintrand

Publié le :

  • 24 décembre 2018

S’il est bien une ville lourde, c’est Rome. Les édifices antiques y sont plus monumentaux qu’ailleurs et la multitude de coupoles confèrent au paysage une impression de pesanteur qui tranche avec la force ascensionnelle des villes de clochers au point même que la plus célèbre, celle de Saint-Pierre, « donne l’image d’un couvercle posé sur l’agglomération ».

Utilisée dans l’Antiquité et encore à l’époque romane, quasiment abandonnée à l’âge gothique, la coupole réapparaît dans le vocabulaire architectural à la Renaissance. La coupole à pans séparés par des arcs brisés de Brunelleschi fera école par deux traits : il est coiffé d’une lanterne en forme de petit temple antique, et haussé sur un tambour (octogonal dans le cas de Florence) qui, placé entre la coupole et les pendentifs, permet d’éclairer la croisée par ses ouvertures. Au début du XVIe, les architectes adoptent la coupole à tambour cylindrique. Le baroque systématise son utilisation.

La coupole soulève des problèmes technique et symboliques. Sur le plan technique, elle exerce une poussée vers l’extérieure. Au Panthéon, cette pression est compensée par l’épaisseur des murs porteurs et à Saint-Pierre de Rome par l’adjonction de chaînes. Autre difficulté technique : le passage de la forme circulaire à la forme carrée. Les architectes byzantins ont imaginé deux solutions, la première consiste à utiliser des portions de dôme triangulaires appelés pendentifs pour assurer la liaison, la seconde à intercaler un tambour. Sur le plan symbolique, la coupole circulaire pose un autre problème : l’absence de direction pour les églises à plan centré. D’où l’idée du dôme ovale expérimentée pour la première fois par Vignole à l’église Sant’Andrea (à ne pas confondre avec Sant’Andrea della Valle) et reprise avec brillo par Borromini et le Bernin. 

Les chefs d’oeuvre : le Panthéon, le Tempietto di Bramante, Saint-Pierre, le Gesu, Saint-Charles-des-Quatre-Fontaines, Sant’Ivo alla Sapienza, Saint-André du Quirinal, Sant’Andrea della Valle.

Les réussitesSant’Andrea – Chiesa del Vignola, Sainte-Agnès-en-Agone, Santi Luca e Martina, San Carlo ai Catinari, San Bernardo alle Terme, Saint-Louis-des-Français de Rome

Les autres : San Carlo al Corso, Saint-Ignace-de-Loyola, Santa Maria Maddalena, Saint Nicolas des Lorrains, San Silvestro al Quirinal, Santa Maria dei Monti, Sainte Constance

Au début était le Panthéon ***

Date de réalisation : de 118 à 125 après J.-C. Adresse :Piazza della Rotonda. Localisation : à proximité de la Piazza Navona

Caractéristiques techniques : coupole sphérique à caissons et oculus posée  sur les murs porteurs d’une construction à plan centré.

Commentaire : Intérieurement, la voûte s’inscrit dans une sphère parfaite de 43,30 m de diamètre sur une hauteur de 43,30 m Elle est composée de 140 caissons en stuc de taille décroissante et percée d’un oculus central. La technique des caissons permet d’alléger la coupole, de même que le matériau. Les anneaux inférieurs plus épais sont en effet en béton mélangé à à des tuff lourds tandis que les anneaux supérieurs sont de béton mélangé à des tufs légers et des pierres volcaniques poreuses.

Les trous présents dans les caissons et dans la calotte laissent supposer la fixation d’éléments décoratifs en bronze. Certains dessins modernes de reconstitution proposent des étoiles de bronze, en symbolisme de la voûte céleste.

L’oculus sommital, renforcé par un cerclage de bronze, est l’unique source de lumière directe. Il projette un ovale de lumière qui défile lentement sur les caissons de la coupole, ajoutant à la magie du lieu.

Sainte Constance *, l’autre exemple de coupole antique

Date de réalisation : IVe siècle après J.-C. Adresse : Via Nomentana, 349. Localisation : Mo S. Agnese, non loin de la villa Borghese et de la villa Ada Savoia.

Caractéristiques techniques :

Commentaire : La coupole a perdu son décor d’origine. Mais elle fait de Santa Costanza, avec le Saint Sépulcre de Jérusalem, une des plus anciennes églises à plan centré.

A voir aussi : Les mosaïques paléochrétiennes de la voûte du déambulatoire et des culs-de-four des absidioles dans un excellent état de conservation.

Tempietto di Bramante, bijou de la Renaissance ***

Date de réalisation : 1502-05. Adresse : Via di S. Pietro in Montorio. Localisation : à deux pas du Parc botanique et de la villa Doria Pamphili (Janicule).

Caractéristiques techniques : coupole hémisphérique posée  sur un tambour cylindrique.

Commentaire : Le Tempietto de San Pietro in Montorio, réalisation de Bramante, est parfois considéré comme un Saint-Pierre en modèle réduit. L’édifice très harmonieux est cependant singulier par l’association d’un dôme hémisphérique, en référence au Panthéon.

« Il n’est ni lourd, ni fier ou intimidant comme les palazzi. La colonnade aérée sur la plate-forme et la balustrade qui se découpe à l’étage dégagent le charme, l’élégance et la délicatesse que l’on peut attendre d’un édifice idéal. »

Sant’Andrea – Chiesa del Vignola, la première coupole elliptique **

Date de construction : vers 1553. Adresse : Via Flaminia, 196. Localisation : au nord-est de la villa Borghèse à deux pas du Tibre. 

Caractéristiques techniques : coupole sur pendentifs d’une église à plan centré.

Commentaire : Sant’Andrea est la première église à dôme elliptique et le premier pas vers le   monde baroque. C’est une réalisation de Vignole à qui l’on doit également la Villa Giulia et le Gesu. L’église est aujourd’hui malheureusement laissé à l’abandon.

Saint-Louis-des-Français de Rome, la coupole sculptée **

Date de réalisation : entre 1518 et 1589. Adresse : Piazza di S. Luigi de’ Francesi. Localisation : à deux pas de la Piazza Navone et du Pantheon.

Caractéristiques techniques :

Commentaire : L’influence du Bernin est perceptible dans le décor de la coupole. Les figures en stuc, qui ornent la voûte de la coupole, s’inspirent ouvertement de ceux décorant Saint-Thomas-de-Villanova et de l’Eglise Saint André du Quirinal. Comme dans le reste de l’église, l’ornementation est d’une grande diversité comme ces guirlandes courant au sommet de la coupole ou la colombe du Saint-Esprit dans le plafond intérieur du lanternon. Alors que les décorations éloignées pouvaient être traitées plus grossièrement, les petites têtes d’angelots qui bordent l’espace intérieur du lanternon sont remarquables.

Santa Maria dei Monti *

Date de réalisation : 1580. Adresse : Via della Madonna dei Monti, 41. Localisation : entre la place de Venise d’une part, la Domus Aurea et le Colisée.

Caractéristiques techniques :

Commentaire :

San Bernardo alle Terme, le petit Panthéon **

Date de réalisation : 1598. Adresse : Via Torino, 94. Localisation : A deux pas de la place de la République.

Caractéristiques techniques : coupole à caissons octogonaux percée d’un oculus surmontant les murs porteurs d’une grande salle circulaire

Commentaire : Construite dans le bâtiment consacré aux jeux de balle des thermes de Dioclétien, l’église  présente une architecture similaire à celle du Panthéon de Rome.

Gesu, la coupole tourbillonnante ***

Date de construction : Adresse : Localisation : via del Plebiscito, à deux pas de la place de Venise.

Caractéristiques techniques : Coupole à pans coiffée d’une lanterne posée sur un haut tambour dont les ouvertures laissent pénétrer la lumière.

Commentaire : La coupole fut achevé par della Porta. Ornée de stucs, de dorures, la fresque décorant la coupole, les voûtes de la nef et de l’abside, est due à Le Baciccia (1639-1709). Ce tourbillon de personnages et de couleurs, débordant les frontières du cadre, est une des plus belles et des plus riches de Rome. Le trompe-l’oeil accentue l’impression de hauteur procurée par l’édifice.

Chiesa Nuova **

Date de réalisation de la coupole : 1591 et 1650. Adresse : Via del Governo Vecchio, 134. Localisation : entre la place Navone et le Tibre, vers l’est.

Caractéristiques techniques : Coupole coiffé d’une lanterne posée sur des pendantifs.

Commentaire : La coupole fut inaugurée en 1591 puis modifiée en 1650 par Pietro da Cortona, qui y ajouta une lanterne surmontée d’une petite coupole pour permettre un éclairage intérieur plus vif.

Saint-Pierre, la coupole format XXL ***

Date de réalisation de la coupole : 1590. Localisation : dans l’axe de l’extrémité nord de la place Navone.

Caractéristiques techniques : Coupole à pans coiffé d’une lanterne posée sur un tambour percée de de fenêtres.

Commentaire : La coupole prévue par Bramante était hémisphérique : Michel-Ange en dessine une ovoïde et nervurée, plus proche du modèle florentin. Il reprend et adapte l’idée de ses prédécesseurs en dessinant un tambour agrémenté de 32 colonnes corinthiennes et percé de larges baies. Le profil du dôme sera encore « affiné » lors de son achèvement par Della Porta et Fontana.

San Carlo ai Catinari **

Date de réalisation : 1620. Adresse : Piazza Benedetto Cairoli, 117. Localisation : entre le Gesu d’une part, le palais Farnèse / Campo de Fiori et le Tibre d’autre part.

Caractéristiques techniques : Coupole à caissons coiffée d’une lanterne posée sur un tambour percée de de douze fenêtres.

Commentaire :

San Silvestro al Quirinal *

Date de réalisation de la façade : XIXe siècle. Peinture de la coupole : 1628. Adresse : Via Ventiquattro Maggio, 10. Localisation : entre la place de Venise et le palais du Quirinale.

Caractéristiques techniques :

Commentaire : Les cercles de la coupole représentent des scènes bibliques peintes en 1628 par le Domenichino.

Saint Nicolas des Lorrains *

Date de construction : 1632. Date de réalisation de la décoration intérieure : entre 1730 et 1750. Localisation : 17 du Largo Febo, au nord de la Piazza Navona.

Caractéristiques techniques : Coupole sur pendentifs.

Commentaire : La coupole est ornées de fresques, de Corrado Giaquinto (à qui l’on doit une superbe toile de Farinelli).

Santi Luca e Martina **

Date de construction : 1630. Localisation : 4 Via della Curia. Localisation : au pied du Capitole.

Caractéristiques techniques :

Commentaire : L’espace est dominé par la majestueuse coupole. Les écoinçons sont décorés des Quatre Symboles des Évangélistes en stuc, œuvre de Camillo Rusconi.

Saint-Charles-des-Quatre-Fontaines, le coup de génie de Borromini ***

Date de réalisation : 1644. Adresse : Localisation : à l’extrémité est des jardins du Quirinal, non loin de la place de la République.

Caractéristiques techniques : Coupole ornée de caissons dont la taille diminue en allant vers le haut de la voute.

Commentaire : Les caissons ont divers thèmes qui s’alternent dans leur disposition : cercle inscrit dans un octogone, hexagone, croix. Ils forment un ensemble fort original, éclairé zénithalement par une lanterne ovoïde et par des fenêtres latérales placées sur l’entablement elliptique. Le raccordement de la coupole au corps de l’édifice est réalisé par quatre pendentifs.

Sainte-Agnès-en-Agone, la touche finale de Borromini **

Date de réalisation de la coupole : 1653 – 1657. Localisation : place Navone.

Caractéristiques techniques :

Commentaire : Comme la façade concave, la coupole est de Francesco Borromini. Elle est ornée de fresques peintes par Ferri représentant la Gloire du Paradis. Les pendentifs ont été réalisés par Le Baciccio en 1666-1672.

Sant’Ivo alla Sapienza, l’autre chef d’oeuvre de Borromini ***

Date de réalisation : 1660. Adresse :Corso del Rinascimento, 40. Localisation : à l’extrémité sud-ouest de la place Navone.

Caractéristiques techniques :

Commentaire :

Saint-André du Quirinal, la réponse du Bernin à Borromini ***

Date de réalisation : 1670.

Caractéristiques techniques : Coupole ornée de caissons dont la taille diminue en allant vers le haut de la voute et surmontée d’une lanterne.

Commentaire :

Bien que moins spectaculaire que celle de Saint-Charles-aux-quatre-fontaines, la conception de la coupole est aussi intéressante. C’est par là que l’édifice est éclairé.  Mais des fenêtres sont aussi ménagées entre les nervures, à la base de la coupole. Ainsi, toute la lumière est concentrée au centre de l’église, mais laisse les chapelles des murs dans l’ombre. Seule la niche contenant l’autel est éclairée par une petite tour-lanterne.

San Carlo al Corso

Date de réalisation : Adresse : Via del Corso, 437. Localisation : à côté du mausolée d’Auguste et dans l’axe de la Trinité del Monti et de la villa Medicis.

Caractéristiques techniques :

Commentaire : Pierre de Cortone dessina la coupole (une des plus grandes de Rome) et la fit décorer de stucs (1669).

Saint-Ignace-de-Loyola et la coupole en trompe l’oeil *

Date de réalisation : 1650. Adresse : Via del Caravita, 8a. Localisation : A l’Est de la place Navone, avant le Panthéon.

Caractéristiques techniques : Trompe l’oeil.

Commentaire : Une fresque, située au-dessus de la croisée du transept, représente l’intérieur d’une coupole. La légende veut que les voisins de l’église aient refusé qu’une coupole vienne obscurcir la luminosité du quartier.

Eglise des Jésuites de Vienne

Sant’Andrea della Valle ***

Date de la réalisation de l’église : 1591 – 1623. Date de réalisation de la coupole : 1655-63. Adresse : Corso Vittorio Emanuele II. Localisation : entre le campo dei Fiori et le largo di torre Argentina.

Caractéristiques techniques :

Commentaire : Deuxième de Rome pour ses dimensions après celle de Saint-Pierre, la coupole réalisée par Carlo Maderno est ornée d’une fresque de Giovanni Lanfranco représentant La Gloire du Paradis (1624-1627). Chef-d’œuvre du peintre, elle servit de modèle pour la décoration de nombreuses autres coupoles à travers l’Europe, notamment à celle de l’église du Val-de-Grâce à Paris, peinte par Pierre Mignard, ou encore à celle de la chapelle royale de San Gennaro dans la cathédrale de Naples, également peinte par Lanfranco. Les Pendentifs qui représentent les quatre Évangélistes sont dus au Dominiquin, grand rival de Lanfranco, qui a peint également les scènes de la vie de saint André, dans l’abside (1624-1628).

Santa Maria Maddalena, la coupole aux trois oculus *

Date de réalisation : 1630 – 1699. Adresse : Piazza della Maddalena, 53. Localisation : A deux pas du Panthéon, vers le Nord.

Caractéristiques techniques :

Commentaire : La coupole (de même que la voute) est due à Carlo Fontana.

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