Pinocchio : les séquences du scénario de Disney

Franck Gintrand

Publié le :

  • 24 novembre 2018

Un grillon qui va de foyer en foyer, raconte au spectateur l’histoire rare mais véridique d’un souhait qui se réalise. Au beau milieu d’un décor de carte postale, dans un singulier petit village ialien, le grillon pénètre à la nuit tombée, dans l’atelier d’un sculpteur sur bois, nommé Geppetto, vieil homme qui vit apparemment seul avec son chat, Figaro, et son poisson rouge, Cléo.

Au beau milieu d’un entassement d’horloges étonnantes, de surprenantes pendules, d’extraordinaires coucous, d’adorables boîtes à musique et de jouets sculptés, le vieil homme s’apprête à mettre une dernière couche de peinture à un pantin de bois.

La marionnette terminée et fier de son œuvre, le vieil homme parachève son ouvrage en lui donnant un nom : Pinocchio. Ainsi baptisé, Geppetto laisse sa marionnette sur son établi, va se coucher avec son chat et divague en allumant sa pipe : il rêvasse à l’air presque vivant de son pantin, se disant qu’il serait vraiment trop beau si celui-ci pouvait être un vrai petit garçon…

Alors que le chat Figaro entrouvre la fenêtre pour son maître, le vieil homme aperçoit, dans le ciel clair de la nuit, l’étoile des souhaits. S’agenouillant sur le rebord de sa fenêtre, le vieillard fait alors un vœu fou : celui que Pinocchio devienne un vrai petit garçon !

En pleine nuit, empêché de dormir par le bruit des nombreux tic-tacs des mécaniques et horloges de l’atelier, ainsi que par les ronflements sonores du vieil homme, le grillon observe une scène étrange : comme si l’astre des souhaits entrait par la fenêtre en une longue traînée de poussière d’étoile pour finalement venir se matérialiser, au beau milieu de la pièce, en une majestueuse et resplendissante fée bleue. Érigée au milieu de l’atelier endormi, la bonne fée décide de récompenser Geppetto pour sa bravoure et le bien qu’il a fait autour de lui sa vie durant, en exauçant le vœu du vieil homme : d’un coup de baguette magique, elle accorde le don de la vie au charmant petit pantin de bois qui s’éveille soudain comme sorti d’un profond sommeil !

Aussitôt animé et doué de la parole, la réalisation définitive du vœu de Geppetto est néanmoins subordonnée à la conduite future de Pinocchio et, plus précisément, à l’acquisition d’une bonne et solide conscience : s’il agit à l’avenir de manière brave, franche, loyale et obéissante, alors seulement il pourra un jour devenir un vrai petit garçon.

Il devra à tout moment, choisir entre la bonne et la mauvaise voie ; mais devant l’apparent caractère superficiel du raisonnement du pantin et l’embarras d’ores et déjà manifeste de Pinocchio pour les questions de morale, la fée charge le grillon de devenir sa conscience, de veiller sur Pinocchio et de l’aider à toujours trancher en faveur du bien.

Flatté et habillé pour la circonstance comme un sous neuf et étincelant, Jiminy Cricket — puisque c’est ainsi qu’il se nomme et se présente à la fée — devient cette gentille petite voix que personne ne veut entendre. La fée disparaît comme elle était apparue, en faisant promettre à Pinocchio de devenir un brave petit garçon et de toujours écouter la voix de sa conscience.

Tentant de faire la leçon à Pinocchio, le grillon et son élève conviennent d’un signal : lorsque le petit garçon aura besoin de sa conscience, Pinocchio n’aura qu’à siffler et Jiminy Cricket apparaîtra.

Réveillé en pleine nuit par la danse du pantin et de Jiminy Cricket, Geppetto croit d’abord à un mauvais rêve lorsqu’il entend la voix de Pinocchio qui lui répond du tac au tac. L’enfant de bois raconte à son père adoptif comment la fée bleue est venue durant la nuit pour l’animer et lui donner une conscience. Geppetto présente Pinocchio à son chat Figaro et à son poisson rouge Cléo et tous se mettent à danser pour fêter l’heureux événement avant de retourner se coucher pour dormir et se reposer.

Dès le lendemain matin, à peine les cloches sonnées, Pinocchio doit aller à l’école comme les autres petits enfants « pour apprendre des tas de choses et devenir savant ».

Sur le chemin, il croise le renard Grand Coquin et le chat Gédéon qui s’étonnent tous deux de voir cet « enfant en bois » marcher sans ficelle. Réfléchissant, les deux compères flairent le bon coup en envisageant de vendre le pantin animé au marionnettiste Stromboli.

Accostant Pinocchio, Grand Coquin et Gédéon lui font miroiter une grande carrière d’acteur et lui promettent succès, applaudissements et renommée.

Malgré la mise en garde de Jiminy Cricket, Pinocchio vole vers le théâtre et la vie d’artiste.

La marionnette douée de vie se donne ainsi en spectacle sans main ni ficelle, au grand étonnement des spectateurs qui affluent au spectacle de Stromboli, pour le plus grand bonheur financier du roi du marionnettiste qui engrange les pièces d’or dans son escarcelle.

Pendant ce temps, Geppetto attend et s’inquiète. À juste titre puisqu’au moment où Pinocchio veut retourner dormir chez son père, Stromboli l’en empêche et l’enferme dans une cage d’oiseau qu’il cadenasse à double tour et part dans une roulotte tirée par un vieux cheval vers le prochain village et un prochain spectacle.

Voyant Pinocchio partir en tournée, Jiminy Cricket venu à l’improviste pour lui faire ses adieux, découvre son protégé enfermé. Il se glisse dans la serrure afin de l’en libérer, mais en vain.

Tandis que dans la nuit noire et sous une épaisse pluie battante, Geppetto, armée d’une lanterne, hurle en vain le prénom de son fils adoptif, la roulotte de Stromboli emmène l’enfant de bois loin de la maison du père aimant.

Assis dans leur cage, Pinocchio et Jiminy pleurent sur leur sort, mais aperçoivent bientôt l’étoile de la fée bleue, décrivant un arc dans le ciel et s’apprêtant à entrer par la fenêtre de la roulotte.

Pinocchio se rappelle alors les ultimes recommandations de la fée et appréhende de lui avouer ne pas les avoir suivi. Celle-ci ne manque d’ailleurs pas de lui demander pourquoi il n’a pas été à l’école comme son père lui avait demandé. Pour échapper à sa faute, Pinocchio commence par raconter une histoire abracadabrante à la fée : s’apprêtant par la meilleure des volontés à aller à l’école, il en aurait été violemment empêché par deux énormes monstres effrayant qui les auraient mis de force, lui et Jiminy, l’un dans un grand sac, l’autre dans un petit.

Au fur et à mesure qu’il raconte son histoire mensongère, le nez de Pinocchio s’allonge jusqu’à devenir une véritable branche de bois sur laquelle des oiseaux peuvent faire leur nid et élever leurs petits. Alors que Pinocchio jure ne dire que la vérité, la fée lui apprend qu’un mensonge en appelle toujours un autre et qu’il finit par se voir comme le nez au milieu de la figure.

Jiminy s’étant fait l’avocat de Pinocchio, la fée pardonne pour cette fois, non sans avoir rappelé que le mensonge a vite fait de faire de nous sa marionnette. D’un coup de baguette magique, le nez de Pinocchio reprend sa taille normale et la porte de la cage dans laquelle il était enfermé s’ouvre miraculeusement.

Pendant ce temps, la bière coule à flot à la « Taverne du Homard rouge », où Grand Coquin et Gédéon, cigare à la bouche, racontent comment ils ont bernés le vieux Stromboli. Les pintes se succèdent et les deux compères complotent une nouvelle fois. Un cocher leur propose de les embaucher pour effectuer une bien sale besogne : ramasser dans tous les coins les enfants errants et les petits garçons qui font l’école buissonnière, afin de les embarquer pour l’île enchantée, où ils viendront former les bataillons d’une main-d’œuvre bon marché : « Ils ne seront jamais plus des enfants ». Bien qu’eux mêmes effrayés par cette sale besogne, Grand Coquin et Gédéon ne résistent pas à la perspective d’engranger de l’or à pleins sacs et se mettent à fureter et chercher tout ce qu’ils pourront trouver comme chair fraîche.

Pendant ce temps, Pinocchio, plein de bonne résolution, se dirige de nouveau vers l’école : résolu à définitivement abandonner la carrière d’acteur, il souhaite désormais devenir savant. Sur ce chemin, il est néanmoins rattrapé par la culotte, du pommeau de la canne de Grand Coquin. La course de Pinocchio vers les plus hauts sommets du monde savant patine et le docteur Grand Coquin, après avoir diagnostiqué une allergie au travail, recommande expressément à Pinocchio des vacances au grand air : sur l’île enchantée, là où tous les jours sont sensés être des jours de fête. Crédule, Pinocchio part sur le champ, tandis que Jiminy Cricket assistant encore une fois impuissant à l’embrigadement de son élève, se faufile sous la roulotte du cocher qui fouette ses chevaux à vive allure.

Embarqué sur un bateau à vapeur avec un chargement de pauvres enfants des environs ramassés de-ci de-là par l’infâme cocher, Pinocchio débarque bientôt au beau milieu d’une fête foraine où tout est gratuit et où les pires vices sont permis : gâteaux, bonbons, glaces, tabac et cigares sont offert à volonté et les bagarres et autres jeux de destruction sont ici autorisés et encouragés.

Jiminy Cricket finit par retrouver Pinocchio dans un sombre lieu de débauche : l’arrière-salle d’une taverne où son élève est en train de se dévergonder en compagnie d’un mauvais garçon surnommé Crapule. Les deux bad boysboivent de la bière à qui mieux-mieux, fument cigares sur cigares et jouent au billard en s’arcboutant bassement sur leurs cannes. Entendant vivre selon le dicton : « on ne vit qu’une fois », Pinocchio fait une nouvelle fois la sourde oreille à sa bonne conscience, tandis que Crapule répudie Jiminy Cricket qu’il traite comme une vulgaire sauterelle.

Le somptueux spectacle de fête laisse bientôt la place à la triste réalité : le décor féérique n’était qu’un appât pour attirer les enfants dans un piège et les faire travailler. Les méchants petits garçons sont changés en ânes et ensuite envoyés sous cette forme dans les mines de sel où ils sont destinés à tirer les wagonnets et servir de main-d’œuvre bon marché.

Jiminy Cricket qui découvre le pot aux roses réussit in extremis à sauver Pinocchio alors que la transformation en âne n’a pas encore finit d’opérer sur son élève. Affublé de grandes oreilles et d’une queue d’âne, Pinocchio suit enfin le chemin que lui fraye Jiminy : il réussit à sortir de l’île et à sauter d’un rocher escarpé jusqu’en contre-bas dans l’eau froide et glacée. Après un magnifique plongeon, Pinocchio regagne le rivage et se résigne enfin à rentrer chez son père.

Arrivé à la maison qu’il découvre vide, Jiminy Cricket et Pinocchio reçoivent par « fax céleste », le message selon lequel Geppetto est toujours en vie, mais habite dans le ventre de la baleine géante, au fond de l’océan.

C’est que pendant ce temps, le vieil homme est parti avec son chat Figaro et son poisson rouge Cléo à la recherche de Pinocchio : s’étant malheureusement embarquée sur l’océan à bord d’un bateau de fortune, la petite famille a été avalée par une baleine terrifiante : Monstro.

Plongeant une nouvelle fois au fond de l’océan glacée, Pinocchio est résigné à aller chercher son père adoptif. Lestés par une lourde pierre et marchant ainsi au fond de l’eau, Pinocchio et Jiminy rencontrent poissons, hippocampes, huîtres et autres animaux marins à qui ils demandent leur chemin. À chaque fois, la réputation de la baleine la précède et tous fuient à la seule prononciation du nom de Monstro.

Les deux amis finissent néanmoins par tomber nez à nez avec l’horrible monstre marin. Celui-ci avait avalé tout de go Geppetto et l’équipage de son bateau qui, au fond du ventre du monstre endormi, se meurent désormais de faim et tentent de pêcher les poissons. Réussissant à se faire avaler avec un banc de thon par un Monstro soudain réveillé et revigoré, Pinocchio retrouve enfin son père qui le repêche comme un thon, dans le ventre de la baleine.

Après d’émouvantes retrouvailles, le fils prépare un plan pour s’échapper du ventre du monstre : faire un grand feu afin de faire éternuer la baleine. Tandis qu’ils s’approchent de la bouche du cétacé avec un radeau de fortune préalablement construit par Geppetto avec les restes de sa propre embarcation, la fumée commence à s’échapper de l’orifice supérieur de la baleine qui bientôt relâche la petite famille dans un formidable et retentissant éternuement !

Ponctué d’un « à vos souhaits » de JIminy Cricket, le radeau finit par s’échapper de la baleine qui, folle de rage replonge à la recherche de la cause de ses irritations nasales et de sa sternutation.

Dans les flux et les reflux provoqués par le mammifère marin, Pinocchio regagne finalement la côte où il s’échoue, naufragé, échappant définitivement à la baleine : il sauve certes son père de la noyade, mais semble-t-il au péril de sa propre vie, puisqu’il gît désormais inerte sur le sable mouillé du rivage.

Ce dernier acte de bravoure rachète néanmoins tous ses précédents agissements et lui vaut une fin heureuse puisque la fée, au vue de sa conduite et son attitude loyale et obéissante, l’éveille en le faisant, définitivement cette fois, un vrai petit garçon en chair et en os.

Le film s’achève sur la danse de la petite famille qui célèbre le miracle de cet étrange enfantement.

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