La rupture entre christianisme et judaisme

Franck Gintrand

Publié le :

  • 25 mars 2018

Suite, à la destruction du Temple en l’an 70, le judaïsme se réorganise sous la houlette du parti pharisien et des rabbins, autour de la synagogue – qui est née et s’est développée avec la diaspora – et de règles de pureté, et contre les chrétiens qui font de la communion le rite collectif fondamental.

L’Évangile selon Jean et plus encore l’Évangile selon Matthieu assimilent les autorités juives aux pharisiens. Dans l’Évangile selon Matthieu, écrit dans les années 80, l’expression « vos synagogues » ou « leurs synagogues », prêtée de manière rétrospective à Jésus, de même que les célèbres invectives par lesquelles le Jésus matthéen s’en prend sans ménagement aux « scribes et aux pharisiens hypocrites », montrent que la séparation est quasi effective.

En présentant Jésus comme le nouveau Moïse en lequel la Torah trouve son plein accomplissement, Matthieu espère rallier les juifs réservés face à la réforme pharisienne. Son judaïsme chrétien est un judaïsme universel, prêt à aller au-devant des païens, mais pas au prix d’un renoncement à la Loi.

Les Gentils, les païens, selon Luc, ne remplacent pas Israël dans le plan de Dieu ; ils l’agrandissent aux dimensions du monde. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est devenu le Dieu de tous et de chacun. « Les juifs » représentent en fait la fraction du peuple qui, en la personne de ses dirigeants, a refusé de croire en Jésus et l’a finalement rejeté.

Exemplaire peut s’avérer ici l’incident d’Antioche, qu’il relate en Ga 2, 11-14. Dans la communauté antiochienneles chrétiens d’origines juive et païenne en étaient venus à prendre en commun leurs repas – ce qui allait à l’encontre des prescriptions alimentaires juives – avant d’être rappelés à l’ordre par les émissaires de Jacques.

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