Les Juifs : peuple ou religion ?

Franck Gintrand

Publié le :

  • 11 octobre 2017

La Bible définit les « Israélites » en tant que peuple dès le Deutéronome.

Les références y désignent un groupe endogame (ne se mélangeant pas aux autres peuples) « Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils», ayant une relation directe avec Dieu « Pardonne, ô Éternel ! à ton peuple d’Israël, que tu as racheté », et occupant un territoire, « le pays dont l’Éternel, ton Dieu, te donne la possession».

Au sens strict, les Juifs – ou Judéens – sont les Israélites du sud, habitant le royaume de Juda. Il ne s’agit donc pas d’une notion religieuse, les règles religieuses étant supposées s’appliquer de façon indifférenciée aux Israélites du nord et du Sud, mais d’une notion géographique et politique.

Divorce des Juifs et des Samaritains

En pratique, les Israélites du nord s’étant transformés en Samaritains (après leur colonisation par les Assyriens), les Juifs se sont considérés comme les derniers Israélites, le « peuple juif » devenant pour eux  synonyme de « peuple d’Israël », synonymie refusée par les Samaritains. Ainsi, bien que chaque groupe se revendique « peuple d’Israël », le rejet mutuel des deux communautés a entraîné en pratique la création de deux peuples bien distincts, chacun avec son territoire, ses coutumes et sa direction.

Après la dispersion des Juifs à travers la planète, le sentiment d’être un peuple est resté une obligation religieuse, basé sur le refus de toute conversion de masse des « nations ».

De la recherche d’intégration au retour de la notion de peuple

Pour favoriser son intégration au sein des peuples, une partie des juifs du XIXe siècle s’est considérée comme une communauté religieuse et non comme un peuple.

Bien que traditionnelle, la définition des juifs en tant que peuple a donc été contestée par certains juifs, que ceux-ci recherchent une assimilation partielle ou une assimilation totale (convertis).

A la fin du XIXe siècle, les premiers sionistes réhabilitent la notion de peuple – et donc le refus de la conversion – que reprendra la nazime.

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