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EPCOT, la ville avortée

Franck Gintrand

@FranckGintrand

EPCOT

Acronyme de « Experimental Prototype Community Of Tomorrow » ou « Prototype expérimental d’une communauté du futur », Epcot est un projet de ville imaginé par Walt Disney dans les dernières années de sa vie.

La ville devait accueillir vingt mille habitants et être aménagée sous la forme d’un cercle, les bureaux et les zones commerciales étant situés en son centre, les bâtiments publics, écoles et zones sportives autour, les zones résidentielles sur le pourtour. Les transports devaient être assurés par des monorails et des voitures électriques, le trafic automobile se faisant de façon souterraine. Un dôme géant aurait couvert la ville afin de réguler le climat.

Pour Walt Disney dit, cela devait être « une communauté planifiée et contrôlée, une vitrine de l’industrie, de la recherche et des écoles américaines, des opportunités de la culture et de l’éducation. Dans EPCOT il n’y aura aucun ghetto parce que nous ne les laisserons pas se développer. Il n’y aura aucun propriétaire terrien et donc aucun contrôle de vote. Les gens loueront des maisons au lieu de les acheter, et à de modestes loyers. Il n’y aura aucun retraité ; chacun doit être employé.« 

Disney mourut sans voir le projet se concrétiser qui devint au fil du temps un simple parc d’attraction.

La fondation de la ville d’Epcot dans la zone aurait signifié que les pouvoirs du Reedy Creek Improvement District (RCID) auraient été éparpillés entre les différents propriétaires terriens d’EPCOT. C’est d’ailleurs pour prévenir ce risque de dilution que la Walt Disney Company a décidé des années plus tard d’exclure la ville de Celebration du périmètre du RCID.

Célébration, Floride

Fondée en 1994, Celebration est une ville privée américaine, située en Floride, au Sud-Ouest de l’agglomération d’Orlando, à proximité du parc d’attractions Walt Disney World Resort.

En 1973, la Walt Disney Company avait déjà lancé un projet de quatre villages thématiques autour de la ville Lake Buena Vista. Mais la Walt Disney World Company et les résidents ne parvinrent pas à se mettre d’accord sur les taxes et le droits de vote. En 1985 La société décida d’exproprier les résidents et d’intégrer les bâtiments à un complexe hôtelier.

Mais c’est à EPCOT que se réfère le projet Celebration. EPCOT signifiait au départ Experimental Prototype Community Of Tomorrow et devrait accueillir une population permanente de 20.000 personnes, en grande partie les employés du Magic Kingdom de Walt Disney World. Annoncé en 1967 quelques mois après la mort de Disney, le projet est finalement abandonné.

Comme Epcot, Celebration se veut une alternative aux banlieues dégradées des années cinquante de la Sun Belt. Walt Disney aurait tiré son inspiration principale pour Epcot des écrits de Victor Gruen et de son livre The Heart of Our Cities. L’ironie de l’histoire c’est à Gruen que l’on doit le premier centre commercial de banlieue, le Northland Center près de Détroit puis le Southdale Center, le premier centre commercial indoor.

http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.fr/2013/05/mall-centre-commercial.html

Mais à la différence d’Epcot qui se voulait une ville futuriste, Celebration emprunte sa conception au modèle néo-traditionnel du Nouvel Urbanisme, mouvement qui compte déjà plusieurs succès dont la station de Seaside, sur la côte Nord-Ouest de la Floride. Le plan d’Epcot restait subordonné au principe de zoning, autour d’un centre-ville réservé à des gratte-ciel de bureaux desservi par des systèmes de transport futuristes. Celebration repose au contraire sur la mixité d’un urbanisme néo-traditionnel. Mixité des usages du sol y compris en centre-ville où les immeubles abritent boutiques et restaurants en rez-de-chaussée et des appartements à l’étage. Mixité des fonctions puisque Celebration abrite également un parc industriel d’une quarantaine d’hectares prévu pour accueillir à terme essentiellement des bureaux mais aussi le complexe de santé mi-hôpital, mi-centre de remise toujours en service. A quoi il faut ajouter un objectif de mixité sociale dans la mesure où des appartements et des maisons de standing différents sont proposés à la vente.

La question de la convivialité est au cœur de la promotion de Celebration. Ici, c’est le parc (et son créateur, la compagnie Disney), qui produit la ville, en répondant aux attentes de la middle-classe blanche en matière d’aménagement urbain avec l’ambition de favoriser un retour à la vie publique. Déjà à l’époque, Celebration essaie de créer ce que beaucoup d’autres villes essayent de préserver. L’organisation de la ville est faite pour ressusciter ce principe de bon voisinage, les maisons s’ouvrant largement sur la rue grâce à des porches sur-dimensionnés et à l’aménagement du garage à l’arrière des maisons à la différence du modèle pavillonnaire classique. Toujours selon ce principe, la place de la voiture est minimisée sur la voirie, voies piétonnes et places publiques font l’objet d’un soin particulier, et cet objectif se retrouve jusque dans l’aménagement des maisons

L’idée est lancée par Michael Eisner. L’ensemble du centre-ville reste le domaine réservé de la compagnie, de même que certains équipements de loisirs et l’organisation générale de la ville. La construction des logements est attribuée sur concours à des entreprises immobilières travaillant en partenariat avec Disney sur la question du design des unités d’habitations. Enfin, certaines infrastructures semi-privées telles que l’hôpital ou l’école ont été construites en coopération avec les groupes chargés de les faire fonctionner.

A l’origine, chaque maison ne se situe pas à plus d’un kilomètre et demi du centre. Selon un principe utilisé dans les hôtels-clubs Disney, Parcs, commerces et zones résidentielles s’organisent autour d’un lac doté d’une marina. Les rues commerçantes reprennent, dans des bâtiments modernes, l’esprit de la Main Street du Magic Kingdom. L’ensemble de l’espace urbain est séparé de la réserve naturelle extérieure par une ceinture verte paysagée de1900 ha (soit les 9/10èmes environ du territoire couvert par le projet), véritable zone-tampon destinée à assurer la transition entre la ville et son environnement immédiat.

Pour les bâtiments publics, Disney fait appel à des architectes renommés, affiliés au mouvement post-moderne pour la plupart, qu’il s’agisse de l’hôtel de ville (réalisation de Philip Johnson), du bureau de poste (Michael Graves) ou encore de la banque (Robert Venturi). Certains de ces architectes ont d’ailleurs déjà travaillé avec la compagnie sur des projets ponctuels (Michael Graves a ainsi conçu l’un des complexes hôteliers de Walt Disney World, le Swan & Dolphin Hotel).

Les habitations obéissent à un des cinq styles suivants : colonial, méditerranéen, français, Nouvelle-Angleterre et victorien. Chaque modèle se décline en sept tailles différentes. La cohésion architecturale de l’ensemble est assurée par le style Disney. La plupart des maisons ont un porche tourné vers la rue et sont proches les unes des autres pour encourager la convivialité.

La première année, l’attribution des 350 premières habitations sur un total de 8000 sont soumise à une loterie, tellement les listes d’attente sont importantes.

La ville est régie par des règles très strictes. Le gazon doit être tondu régulièrement, il est interdit de se garer devant sa maison plus de quelques heures. Disney a un droit de regard sur la vente des maisons. Les nains de jardin sont interdits et si un résident veut repeindre sa maison il doit en aviser la Company qui choisira alors la couleur.

Evolution

Réservés à la seule Compagny, les magasins sont finalement loués à des tiers sous la pression des habitants.

L’objectif de mixité sociale n’est pas vraiment atteint. Malgré les efforts employés par Disney pour attirer des résidents appartenant à différentes communautés (et notamment à travers une campagne de publicité lancée dans des magazines s’adressant la communauté Noire), il semble que les acheteurs soient essentiellement des familles de l’upper-middle class blanche aux dires des journalistes ayant assisté au tirage au sort. De fait, les prix des logements individuels varient de 127.000 à 1 million de dollars soit des prix très largement supérieurs à ceux pratiqués dans la région. Il s’agit bien évidemment du principal écueil relevé par les commentateurs au mélange des classes et des races prôné par la compagnie pour sa ville. La ville ne se veut pas une « gated-community ». mais la zone-tampon arborée de 1900 ha joue le rôle d’une barrière en assurant la transition avec les espaces naturels de l’extérieur.

Plus important peut-être que la ségrégation économique, le principal problème soulevé par l’existence et la structure même de Celebration reste la question du contrôle des habitants ainsi que celle du pouvoir local.

Politiquement, la ville de Celebration n’est pas reconnue comme telle : elle reste une portion de territoire du comté d’Osceola, sans statut de municipalité, et donc sans maire ni conseil municipal. Elle dépend donc en partie du comté pour un certain nombre de services (et notamment pour les services de police). La référence en matière de règlement intérieur est en revanche fixée par la compagnie Disney, ou du moins par son émanation, la Celebration Company. Qu’adviendra-t-il si le règlement, qui fixe aussi bien les coloris des balcons que les emplacements autorisés pour étendre le linge, n’est pas respecté ?

Pour un bloggeuse française, « on pense à Desperate houseviwes, voire à Truman show, en s’y promenant. Les demeures sont très belles et la ville semble incroyablement lisse. Vivre à Celebration, est-ce un rêve ou un mirage ? ». “Cette ville n’est peuplée que de cadres d’entreprises et de détenteurs de parachutes dorés”, explique Alex Morton, éditeur du mensuel Celebration Independent. Une visiteuse venue de Lakeland, en Floride, avec sa fille et sa petite-fille pour faire les magasins et manger dans leur restaurant de sushis préféré appelle Celebration “la ville des ‘femmes de Stepford’ [film de Bryan Forbes sorti en 1975, dans lequel les femmes sont étrangement soumises à leur mari]. Dès que vous arrivez là, c’est un peu effrayant, raconte-t-elle. Je pense que c’est un endroit pour les gens qui pensent que rien de mal ne leur arrivera jamais.”

Celebration est directement connectée au parc Walt Disney World Resort, ce qui autorise les résidents (et leurs invités de passage) à pouvoir se balader dans n’importe quel endroit du parc sans avoir besoin de pass ou d’autorisation.

La première tranche est livrée en juillet 1996 avec l’achèvement de l’ensemble des infrastructures du centre-ville.

En janvier 2004 que Disney vend la gestion du centre-ville de Celebration à un fonds d’investissements de West Palm Beach, baptisé Lexin Capital. Seize boutiques changent de main, représentant une superficie de ventes de 9 400 m2.

Depuis la crise économique a fait perdre beaucoup de leur superbe aux rues de la ville rêvée. Le jour de Thanksgiving, le cinéma, qui passait fièrement sa part de films Disney, a mis la clé sous la porte. Et chacun espère que la valeur des maisons va cesser de baisser. Au plus haut, les maisons se vendaient en moyenne 1 million de dollars voici encore une paire d’années. Aujourd’hui, elles partiraient pour la moitié du prix.

https://cybergeo.revues.org/1147

http://tempsreel.nouvelobs.com/immobilier/vieurbaine/20151218.OBS1639/comment-euro-disney-va-construire-3-500-logements-a-val-d-europe.html

http://www.journallamarne.fr/2016/05/27/enquete-93-de-gens-au-val-d-europe/

https://www.businessmarches.com/comment-euro-disney-souhaite-developper-val-europe/

Val d’Europe représente un cas unique en France d’implication d’une société privée dans l’aménagement d’une ville.

Le groupe Euro Disney développe, dans le cadre d’un partenariat public-privé initié en 1987, les 2230 hectares du périmètre, appelés Val d’Europe.

Le Val d’Europe est unique en son genre car il est né de la rencontre de deux projets imaginés au départ de façon indépendante : la réalisation de la «ville nouvelle» de Marne-la-Vallée et le projet de la Walt Disney Company d’implanter en Europe un grand parc à thème identique à ceux des Etats-Unis, mais conçu comme pôle d’attraction d’un vaste programme immobilier. Ce microterritoire est singulier parce qu’il donne également lieu à une expérience unique à cette échelle d’un complexe d’urbanisation. Il repose sur un partage net des responsabilités. La multinationale américaine assume en totalité le financement et la gestion des programmes privés (immobiliers, commerciaux, etc.). L’Etat français conserve l’entière responsabilité de l’insertion du projet (élaboré avec Disney) dans la ville nouvelle, mais aussi la conduite des procédures et des investissements publics (en matière de transport, de voierie, etc.).

Outre l’argument de l’emploi, une autre raison fut donnée : le désembourbement « assuré » de la quatrième tranche de la « ville nouvelle » de Marne-la-Vallée de l’impasse dans laquelle elle se trouvait. 60% des logements prévus dans le cadre du VIe plan (1971-1975) étaient construits. Le retard en matière de bureaux était considérables. Comparées aux autres villes nouvelles de Cergy-Pontoise (23 000m2) et de Saint-Quentin-en-Yvelines (22 000 m2), les surfaces commercialisées n’atteignaient que 7000 m2 en 1981.

Val d’Europe s’inscrit comme Celebration dans la filitation du New Urbanism qui se développe aux États-Unis où il s’agit de construire des villes selon un schéma « traditionnel », c’est-à-dire antérieur aux années 1940.

Le Val d’Europe rejette l’inhumanité, le vulgaire et la laideur des villes nouvelles construites dans les années 1970.

Dans son éditorial, le défi est clairement fixé « aménager avec succès « des rues, des places, des jardins, des quartiers, des monuments, des habitants, des habitudes, etc. qui d’ordinaire, réclament plusieurs siècles pour prendre forme. »

La convention signee avec l’Etat, la région, le département de Seine-et-Marne et la RATP, qui nous donne un rôle de développeur, sur une période qui, aujourd’hui, nous emmène jusqu’en 2030. Le périmètre fait 2230 hectares, soit environ 1/5e de Paris. En mars 2016, 1100 hectares avaient été développés, soit la moitié du territoire.

Disney construit et commercialise directement les bureaux . Le centre urbain se situe dans un rayon de 200 mètres autour de la gare, avec du bureau pur mais des produits différenciés (de gros utilisateurs pour le Bellini, des espaces plus divisibles au Greenwich, des plateaux de moins de 500 mètres carrés au Vega…) Le Parc d’entreprises mélange quant à lui bureaux, activités et centres d’hébergement informatique : il y a plus d’espace, mais une rupture de charge avec le RER est nécessaire. Le lieu est néanmoins directement relié à l’autoroute A4. 

Au nord, à Coupvray, la compagnie prévoir de créer un nombre de logements assez important (au moins 800 logements), un pôle commercial associé.

Un urbaniste de Disney s’emploie à souligner le chemin parcouru en l’espace de quelques années « Là où nous nous sommes implantés,  il n’y avait que des petits bourgs et des espaces agricoles. Nous nous sommes engagés à développer une ville avec différents niveaux de densité, mais aussi un véritable parcours urbain, où chaque quartier aurait une identité et un style bien à lui qui cohabite agréablement avec les autres. Le Centre Commercial régional a été au début des années 2000 la pierre angulaire du projet.  Ça a été un vrai pari sur l’avenir, car personne n’y croyait, et aujourd’hui le Centre Commercial attire plus de 16 millions de visiteurs, en plus de la Vallée Village (autre destination shopping) qui en attire plus de 6 millions par an. Ensemble, ces projets structurants ont permis, par leur qualité et leur rapide succès, d’attirer des investisseurs sur le territoire de Val d’Europe en devenir.»

Une importance particulière est accordée aux espaces publics : « Nous soignons plus particulièrement les places, lieux de rencontre et de socialisation très importants dans une ville. Ainsi, la Place d’Ariane avec son « beffroi » jouant un rôle important de repère urbain et la place de Toscane avec sa forme elliptique héritée de celle des amphithéâtres romains. Les nombreux bassins techniques de rétention d’eau sont valorisés par un traitement paysager de grande qualité afin de devenir de magnifiques lieux de détente et de promenade.”

Chaque quartier a son style : haussmanniens et néo-classiques dans le Quartier de la Gare, italiens pour la Place Toscane et le Quartier du Lac, londoniens dans le Quartier du Parc, Art Déco aux abords du Parc Walt Disney Studios. L’objectif étant “d’inscrire l’architecture dans la durée en évitant les effets de mode.”

http://www.urbanisme-puca.gouv.fr/IMG/pdf/H-BELMESSOUS_Val_dEurope.pdf

DISNEY GOLDEN OAK

Disneyworld en Floride propose des villas hyper luxueuses en plein cœur du pays parc de loisir, dans le village de Disney Golden Oak. Celui-ci comprend un terrain de golf et chaque maison une piscine. En bonus, un accès gratuit au parc et des réductions aux magasins. Les villas sont hors de prix. Il faut compter 1,6 million d’euros pour la plus petite villas… Au final, rien de bien original : Disney Golden Oak n’est jamais qu’une sorte de « quartier résidentiel » comme il en existe tant…

VAL D’EUROPE

Parachuté il y a vingt ans au milieu des champs bordés par cinq villages briards, Euro Disney a créé en vingt ans le Val-d’Europe, une ville nouvelle aujourd’hui peuplée de 30000 habitants.

«Disney, Go Home! » On est en 1989, des banderoles hostiles et des jets d’œufs accueillent les promoteurs d’Eurodisneyland. Dans les cinq villages impactés, on ne comprend pas le sacrifice de généreuses terres agricoles au géant américain des loisirs. Mais Disney préfère la Brie à Barcelone (Espagne). Si le ciel y est moins souvent bleu, on est à une heure d’avion des principales capitales européennes et à 40 km de Paris, première destination touristique mondiale.
L’Etat y voit une chance inespérée. Embourbé à Bussy-Saint-Georges, Epamarne, l’aménageur de Marne-la-Vallée, ne parvient pas à développer ces Portes de la Brie, le secteur IV prévu pour loger des centaines de milliers de Franciliens. « Notre tutelle nous avait même demandé de revendre les terrains », se souvient Bertrand Housset, directeur jusqu’en décembre d’Epamarne. L’aménageur vient aussi d’essuyer l’échec d’un premier projet de parc à thème à Champs-sur-Marne. « Il s’agissait de recréer les parcs parisiens des XVIIIe et XIXe siècles avec manèges, spectacles et cafés. Nous étions allés loin dans le projet, avec un livre blanc et un débat public, poursuit Bertrand Housset. Quand Disney est arrivé, nous avions conscience des opportunités pour l’emploi et le développement du secteur. »
Après deux ans de négociations, en 1987, l’Etat signe une convention avec la Walt Disney Company. Sa nouvelle filiale française, Euro Disney, obtient près de 2 000 ha des agriculteurs expropriés dans les cinq communes. Dès 1992, naissent une destination touristique mais aussi un « pôle urbain » baptisé Val-d’Europe.
« Un jour, le maire de Magny débarque chez moi affolé, m’expliquant qu’il est convoqué à Matignon pour la signature de la convention. Nous avions eu vent des velléités d’Euro Disney mais nous avions été tenus à l’écart des négociations », raconte Jean-Paul Balcou, actuel président du SAN du Val-d’Europe. « Passé le premier choc, nous avons décidé d’agir en refusant les permis de construire ou en ne siégeant pas en commission pour ralentir les projets », raconte Patrick Gueguen, élu à Serris. « Le staff américain nous prenait de haut, avec arrogance. Progressivement, ils ont compris que personne ne peut déroger au droit français », sourit Jean-Paul Balcou. « Nous avions un intérêt commun : développer un pôle urbain autour des parcs et maîtriser l’environnement direct », souligne Francis Borezée, en charge de l’immobilier chez Euro Disney. « Les craintes ont commencé à disparaître quand les gens ont eu accès à de nouveaux services : commerces, écoles, médecins, gares. »
Vingt ans plus tard, Val-d’Europe est un ensemble urbain de 30 000 habitants. « C’est le plus abouti des secteurs de Marne-la-Vallée. Parce que très exigeant, Euro Disney a été le moteur de cette réussite », estime Bertrand Housset. Mais si le territoire n’est qu’à mi-chemin de sa croissance, avec une dette moyenne de 7500 € par habitant, le manque de financement risque de ralentir les projets et la population se plaint de plusieurs années déjà de problèmes de transports en commun et d’heures de pointe difficiles sur les routes (lire ci-contre). Des solutions sont urgentes d’autant qu’à l’horizon 2030, Val-d’Europe devrait compter 60 000 habitants, un hôpital public, une université, un centre des congrès, une nouvelle destination de vacances, Villages Nature, et peut-être le troisième parc Disneyland Paris!
EuroDisney a cédé le terrain de Val dEurope en 2010 pour la somme de 47 millions d’€ a un groupement immobilier
Val d Europe est entouré de Chessy , Serris , Magny le Hongre et Bailly Romainvillier. 4 villages dont les nouvelles constructions on toutes une architecture qui rappelle Disney. Le centre commercial est magnifique et le village shopping extraordinaire. 3 années passé à Serris inoubliable.
en France, la ville est Serris, juste à coté du Val d’Europe et pour le coup, cela ressemble un peu à une ville peripherique aux grandes villes americaines. Perso, je l’ai trouvé plutôt sympa..
 
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Le principe qu’une entreprise régisse l’aménagement urbain d’une poignée de communes est déjà assez fascinant. Des quelques règles à respecter pour bien présenter sa maison aux tractations politiques que peut engendrer le projet d’intérêt général qu’est la convention de 1987, le cas de l’installation de Disneyland à Marne-la Vallée est intéressant à plusieurs égards. Il y a pas mal de littérature dessus d’ailleurs – je ne vais pas vous la conseiller, je ne l’ai pas lu. Mais ce qu’on documente moins, c’est la marque que laisse l’entreprise sur le quotidien des gens, sur leur parcours, leurs relations.

L’opportunité économique est réelle. Sans Disney, mes parents n’auraient probablement pas eu l’occasion d’ouvrir leur petit commerce, et s’il tourne au ralenti, ce n’est pas tant dû à Mickey qu’à d’autres facteurs. La souris aide, c’est une manne économique. Mais Disney phagocyte tout. On surconsomme à outrance le parc, ses divertissements, on bouffe jusqu’à la moelle tout le plaisir qui peut s’en dégager jusqu’à rester avec un goût amer dans la bouche, et qu’on se rende compte qu’on est loin. Ni les moins bien, ni les mieux lotis. « Je ne savais pas ce qu’était le vrai malheur avant de connaître nos banlieues froides » écrivait Camus. Loin, là-bas, à la frontière, la mienne n’a que l’apparence de la chaleur accueillante. À force, ça devient triste, comme un jeu pour enfants.

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