Détroit, la shrinking city

Franck Gintrand

Publié le :

  • 27 mai 2017

Livres, photographes et romans en ont fait l’archétype visuel de la Pompéi des temps modernes, un parallèle qui n’a rien d’excessif pour ceux qui ont fait l’expérience de remonter dans un silence de mort l’équivalent des Champs-Elysées. Contrairement à ce que pourraient laisser croire les nombreux articles sur le thème de la renaissance, Détroit n’est pas revenue des enfers où l’ont plongé les délocalisations, la crise économique, le choix de la mono-industrie, les émeutes raciales… Les banlieues dans lesquelles les populations blanches se sont concentrées menacent à leur tour d’être gagnées par le déclin. C’est déjà en partie le cas. Après avoir vampirisé le centre, la périphérie s’atrophie à son tour. A l’effet Donut succède un appauvrissement généralisé de la métropole, témoignant par là-même qu’il est compliqué de continuer à voler quand le moteur principal commence à se gripper.

Et pourtant l’histoire commençait si bien…

Au début du XXe siècle, Détroit est une des villes les plus prospères du monde et la quatrième ville la plus peuplée des Etats-Unis. C’est là que les grands constructeurs américains de voitures imaginent leurs premiers modèles, là que les premières usines ouvrent leurs portes et que sont produits des millions d’automobiles, là encore que l’architecte Kahn expérimente l’architecture en béton pour Ford. Fière de sa prospérité et confiante en son avenir, la ville élève ses tours et semble pouvoir s’étendre à l’infinie au point de rivaliser avec New York et Chicago. « Les vedettes fréquentaient théâtres et dancing, les trottoirs menaient aux boutiques et aux premier grand magasin du monde (…) La ville était un phare. Ford, son prophète. »

Désindustrialisation Les premières délocalisations industrielles résultent de la crainte de voir la concentration de l’industrie automobile à Détroit constituer une fragilité face à des attaques ennemies et des syndicats tous puissants. Grâce aux premières autoroutes (la première est inaugurée en 1943 à Détroit), les constructeurs commencent à transférer leurs usines. Le mouvement de délocalisation bénéficie d’abord à la périphérie puis, le temps passant, aux zones rurales du Midwest, au sud des Etats-Unis et, pour finir, à l’étranger. Après la guerre, chaque décennie voit un nouveau voyant rouge s’allumer. Dans les années 50, Ford cesse de produire des voitures tandis que l’usine Packard se transforme en immeuble de bureaux (avant de fermer à son tour dans les années 90). A la fin des années 60, c’est au tour de la Continental Plant. La transformation de l’usine de moteurs en fonderie d’aluminium ne fournit au site qu’un sursis de quelques années. La crise des années 70 et l’arrivée des voitures japonaises sur le marché américain finissent de précipiter l’industrie dans la crise. Aujourd’hui, le secteur automobile de Détroit n’emploie plus que 25 000 personnes, soit douze fois moins que dans les années 1960. Fin de la ségrégation réglementaire A Détroit comme ailleurs, l’arrivée des afro-américains des Etats du sud a créé des tensions qui n’ont cessé de s’aggraver au fil des ans. Les émeutes de 1943 initient une premier exode des blancs vers la périphérie et la création d’associations de riverains destinées à empêcher l’installation d’habitants noirs. Les directives du ministère du logement à l’époque estiment qu’« il est nécessaire que les propriétés soient occupées par les mêmes classes sociales et raciales » pour qu’un quartier reste stable. Mais deux décisions de la Cour Suprême en 1948 et 1954 limitant la ségrégation puis sa suppression pure et simple accélèrent le départ des blancs vers la périphérie, ce que l’on appelle le « wight flight ». Les émeutes de 1967, qui sont à d’origine de plus d’une quarantaine de morts, de centaines de blessés, de bâtiments incendiés, de commerces pillés, donnent le coup de grâce, les populations blanches emportant avec elles leurs impôts et leurs ressources économiques. En 2000, 80% de Détroit est d’origine africaine soit l’exact inverse de sa banlieue. La Eight Mile Road – une autoroute à huit voies, sépare de façon radicale les « nantis » des démunis, les blancs des noirs. Dans les banlieues essentiellement blanches d’Oakland County, les boutiques sont prospères et les maisons, bien entretenues. Bien qu’appartenant à deux espaces contigus, les deux populations ne font que se croiser. Un exemple suffit à témoigner de la distance qui sépare encore aujourd’hui les deux communautés : les habitants des quartiers périphériques ont démonté les panneaux de basket de leurs parcs publics pour dissuader leurs voisins des quartiers de Détroit de venir jouer chez eux. Détricotage de l’économie locale Les commerçants suivent les habitants. La construction de malls en périphérie, version rassurante et climatisée des downtown, et la désaffection du centre ville qu’elle traduit et accélère aboutit à l’abandon de grands magasins autrefois réputés : Hudson’s, second plus grand magasin du pays après Macy’s, décline après la guerre avant de fermer ses portes en 1983. Même les hypermarchés et les supermarchés disparaissent de la ville. Ainsi que le relate Reverdy, l’équilibre économique est à ce point fragile qu’il suffit d’un départ pour provoquer l’hémorragie de tout un immeuble : « la compagnie d’assurance installée en face déménagea, ainsi que certains cabinets d’avocats, des cabinets d’expertise en tous genres, tandis que les médecins et la plupart des professions libérales tiraient la langue et parlaient de partir à leur tour. Les services se contentèrent de péricliter devant l’assèchement de la clientèle, les opticiens, les coiffeurs, la salle de sport du premier étage. Ils licenciaient du personnel, diminuaient leurs horaires, cherchaient à revendre leur bail. Puis ce fut le tour des fast-foods et des magasins qui avaient entamé leur déclin depuis l’été. Avant Noël, le Treizième bureau serait la seule entreprise encore en activité dans la tour ». Certains secteurs font penser à une ville fantôme : des maisons délabrées, des fenêtres condamnées par des planches, des jardins envahis par les herbes et par les ronces… La nature reprend ses droits. Des arbres finissent par pousser dans les maisons et crever les plafonds. Même pillées, délabrées et sur le point de s’effondrer, les anciennes usines sont gardées par des vigiles. A défaut de pouvoir recourir au service de sociétés privées, les bars et restaurants n’ont pas d’autre choix que d’acheter leur sécurité. Il n’y a plus de cinéma. La nuit, il est recommandé de ne pas se promener seul. 40% de l’éclairage public de la ville seraient hors service. Début décembre 2014, la ville a subi début décembre une panne électrique géante qui avait privé de courant les écoles, les hôpitaux et les prisons. Les enseignes de rares commerces ouverts à une heure tardive semblent ne pas avoir été changées depuis trente ans. Des rues entières sont plongées dans l’obscurité. Les incendies sont constants. Il y en aurait 12 000 incendies par an. Ce sont des actes volontaires, une façon radicale pour les habitants de la rue d’éviter les « crack houses », les repaires de drogue. Pour survivre, les plus débrouillards se livre au pillage du cuivre. Le jour, au pied des buildings, les rares employés portent une étiquette autour du coup pour se distinguer des vagabonds et des fous. « Détroit est une ville étrangère (…) Ceux qui tournent dans ses murs cherchent une issue. Ils ne trouvent pas (…) Et je ne parle pas des avenues, des rues, des carrefours, du découpage et des friches, mais d’un sentiment insidieux puis envahissant : le sentiment d’être un corps sans esprit ».  Déclin démographique Detroit est une shrinking city, une ville qui rétrécit. En 60 ans la ville a perdu près de la moitié de sa population, passant de 1,8 million d’habitants en 1950 à 685.000 aujourd’hui. Le déclin commence au début des années 50. Lors du recensement de 1960, la ville a presque perdu 200 000 habitants en dix ans seulement. Elle en perd encore 100 000 au recensement de 1970. Suite aux émeutes, la dégringolade s’accélère. Moins 300 000 habitants au recensement de 1980 ! Et les chiffres les plus récents ne laissent pas entrevoir une inversion de tendance. En 2018, la ville aurait encore perdu près de 40 000 habitants. A chaque fois que l’on pense avoir atteint le fond, celui-ci s’éloigne un peu plus. Comme Cleveland, Saint-Louis ou Buffalo, Détroit semble engagée dans une trajectoire de décroissance structurelle. Victime du départ des populations, des activités et des commerces, la ville ne dispose plus des recettes fiscales lui permettant d’entretenir ses équipements et son patrimoine. On évoque un taux de chômage de 30% mais il serait en réalité de 50 %. Le taux de criminalité est record, moins de 10% de crimes sont résolu.  La crise des subprimes a accéléré un peu plus le déclin. En dix ans, une maison sur trois a été saisie et beaucoup d’autres, abandonnées… Fin 2009, près d’un habitant sur trois est sans activité. Le revenu moyen des ménages est de 28.000 dollars contre 49.000 dollars dans le Minesota et 36% des habitants vivent dans la pauvreté. De même, la valeur médiane d’un bien immobilier s’élève à seulement 71.000 dollars, à peine la moitié de celle de l’Etat (137.000 dollars). Le taux de meurtres est monté en flèche.

L’exode massif des entreprises et la paupérisation de la population entraine un effondrement des recettes fiscales. En XXX, la ville annonce qu’elle fera défaut sur une partie des 18,5 milliards de dollars de dette. 

Restrictions

La ville est déclarée en faillite le 18 juillet 2013. « La mise en faillite est l’unique solution qui permettra à Detroit de redevenir stable et viable », a estimé le gouverneur de l’État de Michigan, le républicain Rick Snyder. Placée sous le régime du chapitre 9 de la loi américaine sur les faillites, les créanciers de Detroit sont contraints de négocier avec le gestionnaire financier de Détroit nommé par le gouverneur du Michigan. « Le but de cette loi est d’éviter une situation chaotique incontrôlable. Un dépôt de bilan équivaut à enfoncer la touche ‘pause’, à garder intacts les services et à fournir une structure permettant d’empêcher les poursuites judiciaires », avait déclaré en 29 juin 2012 le maire de Stockton, en Californie, plus grosse ville à avoir fait faillite après Détroit.

Les 20.000 retraités de la ville acceptent des réductions de 4,5 % de leurs pensions. De leur côté, les détenteurs d’obligations diverses émises par la ville au fil des ans consentent des réductions allant de 26 à 66 % de leurs dus. Ce plan qui a de fortes chances de renchérir le financement à venir de Détroit permet en tout cas à la ville d’effacer 7 milliards de ses dettes repose sur un grand compromis, baptisé «grand bargain». La totalité des 5000 œuvres de Detroit Institute of Art, Musée des beaux-arts évaluée à 4,6 milliards de dollars, passe sous le contrôle d’une fondation indépendante qui s’engage au cours des prochaines années à verser 816 millions de dollars pour aider la ville à payer les pensions de ses employés. Cette restructuration qui a libéré 1,7 milliard de dollars d’ici à 2023 a officiellement sorti la ville de la faillite mercredi 10 décembre, les pouvoirs de gestion revenant au maire et au conseil municipal. Pour éviter tout nouveau dérapage, les finances de la ville seront toutefois désormais placées sous le contrôle d’une commission composée de représentants du Michigan.

L’austérité mise en place depuis plusieurs années par la mairie de Détroit ne devrait pas pour autant s’arrêter. Comme à Stockton, pour entamer les négociations avec les créanciers, le gestionnaire de Détroit exige de nouvelles baisses de salaires de fonctionnaires, supprime des subventions, met entre parenthèse les investissements et les travaux dans la ville. Il n’en reste pas moins que la diminution des dépenses et l’augmentation des taxes ne font qu’inciter un peu plus les habitants qui le peuvent à quitter la ville. 

Abandon et destruction

La voiture a autant produit Détroit que celle-ci ne l’a produit. En dehors du centre-ville, les constructions basses s’étalent à l’infini sur 300 km2. Building et immeubles résidentiels splendides se succèdent le long de West Grand Boulevard et du début de la Woodward avenue. Au-delà, la ville n’est composée que de maisons, aucun quartier n’est desservi par le métro ou le tramway. Avec le déclin, il faut peu de choses pour que des zones entières reviennent à l’état de nature. En 2006, la moitié des constructions historiques ont disparu.

Le National Theater est d’abord un music hall, puis en cinéma avant de se reconvertir en théâtre puis en cinéma pour fermer en 1975.

Le Metropolitan building dédié à la bijouteire et à l’horlogerie ferme en 1979.

Un des plus vieux immeubles de la ville, construit en 1905, le Charlevoix Buiding fut successivement un hôtel, un immeuble d’appartement puis un immeuble de bureaux avant de fermer dans les années 80.

Le Grand Army of the Republic Building et le Wurlitzer building ferment en 1982.

Construite en 1913, la Michigan Central Station ferme ses portes en 1988 sans que la ville l’ait jamais rejoint. L’American hotel ferme dans les années 90. Donovan building construit en 1923 est occupé par Motown records de 1968 à 1972 avant de fermer ses portes en 1974 puis d’être démoli en 2006. Adams Theater est fermé en 1988, le Lafayette building en 1997. Tous les deux sont démolis en 2009/2010 Des hôtels sont partiellement condamnées avant de fermer définitivement. Les salles de cinéma, les « movies palaces » commencent à être transformées en discothèques ou en cinéma pour adultes avant d’être abandonnés ou de servir de parking (comme le Michigan theater). Les building sont abandonnés au pillage et au vandalisme. D’après le LA Times, Détroit compterait 80000 bâtiments abandonnés équivalent à un tiers de la ville et le coût de démolition pour chaque structure s’élève à 8.000 dollars, un montant trop élevé pour une ville en faillite. Selon la Motor City Blight Buster, une équipe qui démolit les maisons délabrées de la ville, il y aurait 114.000 terrains vides à Détroit, et 30 % des bâtiments seraient vides et délabrés. Ainsi le Michigan Central Depot attend d’être rénové depuis 1988. Des tours entières sont vides. D’autres abritent moins d’une dizaine de petites sociétés. Dans Downtown, le petit train aérien tourne quasi vide. La Woodward avenue qui traverse Détroit depuis le lac jusqu’à la ville de Pontiac est longue de 50 km. L’emprunter c’est réaliser à quel point Détroit n’a rien d’une ville. Au tout début, l’avenue que divise un terre-plein central gazonné a tous les attributs d’un district financier avec ses gratte-ciels de différentes époques mais très vite, à partir de state street, le bati devient plus irrégulier avant de se détricoter complètement à hauteur du grand stade. Une fois passé de l’autre côté de l’autoroute 75, les premières maisons se succèdent. Fin de la ville ? Pas du tout. Nous arrivons à Midtown. L’habitat individuel cède la place à des bâtiments administratifs très espacés, des entrepôts, des immeubles d’habitation bas et contigus, des terrains vagues… avant que n’apparaisse une première église, la first congregational church puis la cathédrale Saint Paul, avant que n’apparaisse le grand musée de la ville, le Détroit institut of arts, et, lui faisant face de l’autre côté de l’avenue, le magnifique bâtiment de la bibliothèque municipale en marge du quartier de l’université. Nouveau passage au-dessus d’une autoroute, la 94, nouveau paysage de sortie ou d’entrée de ville avant l’arrivée dans le New center.

A lire

Pour saisir toute la dimension tragique du déclin de la ville, un magnifique album photo : Détroit, vestiges du rêve américain d’Yves Marchand et Romain Meffre, Editions Steidl, 2010. Déclin urbain et Shrinking cities Des villes françaises en net déclin démographique. Le cas de communes anciennement industrielles Top 10 des plus beaux lieux abandonnés en Europe

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Détroit ou le mythe de l’éternelle renaissance ? Détroit et l’effet Donut

Tourisme et Ruin porn

Comme dans toutes les tragédies, antiques ou contemporaines, la ville incarnant la réussite est devenue, en quelques années et quelques clichés, le symbole de la chute. Les stigmates de la banqueroute et le sentiment d’apocalypse donnent même naissance à un nouveau courant artistique, le «ruin porn», littéralement « orgie de ruines ». Le site detroiturbex.com illustre en photographies avant/après le déclin de la ville. La gare Michigan Central Station fermée en 1988 devient un site touristique. La ville fait l’objet de nombreux reportages photo, dont The Ruins of Detroit, l’œuvre de deux auteurs français. L’atmosphère inspire Clint Eastwood avec le film Gran Torino en 2008, et plus récemment le premier film de l’acteur-réalisateur Ryan Gosling, Lost River. Le réalisateur allemand Joerg Daiber filme Détroit depuis les airs. A défaut de contribuer à la renaissance tant attendue,

La mode du Ruin Porn fait de Détroit une destination tendance. Le New York Times en fait la 9e meilleure destination dans sa liste de 52 endroits à visiter en 2017, Lonely Planet la deuxième meilleure ville du monde à visiter en 2018. 16 à 18 millions de personnes visitent la ville chaque année – dont 700 000 le Detroit Institute of the Arts – , dépensant près de 5 milliards de dollars. En comparaison, Chicago a accueilli 57,6 millions de visiteurs en 2018, un résultat en hausse de 4,3% par rapport à 2017.

La culture comme relai de croissance ?

Des syriens pour repeupler Détroit ?

Deux chercheurs américains ont publié une tribune dans le New York Times, proposant de repeupler Détroit en accueillant quelques dizaines de milliers de réfugiés syriens !   « Supposons que ces deux désastres sociaux et humanitaires fusionnent pour créer quelque chose de positif », écrivent David D. Laitin, professeur de sciences politiques et co-directeur du laboratoire de politique migratoire et d’intégration de l’université de Stanford, et Mark Jahr, ancien président de la société de développement du logement de New York, dans leur tribune libre publiée le vendredi 14 mai dans le « New York Times » sous le titre « Let Syrians settle Detroit » (Laissez les Syriens s’installer à Detroit).

Les pauvres de Détroit, un nouveau marché

Plusieurs lieux révèlent les énergies contradictoires à l’œuvre à Détroit, comme l’ancienne usine automobile Packard et l’immense Michigan Central Station (désaffectée en 1988) ou encore, dans le registre de la « renaissance », le quartier d’Eastern Market dont les entrepôts, encore assimilés à des coupe-gorges il y a deux ou trois ans, accueillent désormais de modestes producteurs de « fermes urbaines associatives » venus vendre des légumes et des fruits à 1 dollar.

La compagnie The Empowerment Plan, fondée par Veronika Scott et basée dans l’édifice de couvée de micro-entreprises Ponyride, produit des manteaux qui se transforment en sacs de couchage. Leur marché cible est composé des sans-abris de Detroit et d’ailleurs, qui refusent d’entrer en refuge ou ne peuvent pas trouver de lit. Le produit a été primé par le JFK New Frontiers Award en 2012.

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