Détroit et l’effet Donut

Franck Gintrand

Publié le :

  • 27 mai 2017

Elle avait tout pour devenir la mégalopole du XXe siècle et n’est plus que l’ombre d’elle-même. La mégalomanie des bâtiments érigés au XIXe siècle, aujourd’hui désertés, résonnent comme une punition divine. Et c’est bien ce qui autorise livres, photographes et romans à en faire l’archétype visuel de la Pompéi des temps modernes. Il faut avoir remonté les Champs-Elysées de Détroit dans un silence de mort pour réaliser à quel point cette expression peut être proche de la réalité. Il faut s’être promené le soir tombé pour sourire des articles qui, chaque année, annoncent triomphalement une renaissance ou, plus prudemment, les prémisses d’un sursaut. Non, Détroit n’est pas revenue des enfers où l’ont plongé les délocalisations, la corruption, la crise économique, le choix de la mono-industrie, les émeutes raciales… [LM1] Faute d’avoir perçu le point de bascule, la ville ne doit aujourd’hui sa survie qu’à une population qui n’a pas les moyens d’aller vivre ailleurs.

Effet de taille

Située au cœur de la Frost Belt et de la Rust Belt (anciennement nommée la Manufacturing Belt), Détroit est fille de l’automobile[LM2] . Pour le meilleur mais aussi pour le pire. Pour le meilleur car c’est l’automobile qui fait la prospérité et la gloire de la ville. Pour le pire car c’est elle qui lui confère une démesure déraisonnable et autorise son étalement à perte de vue[LM3] . Ce n’est pas un hasard si Détroit fait autant parler de ses maisons abandonnées : c’est une ville horizontale qui ignore les immeubles. Sa densité n’est que de 1800 habitants/km2 contre 3000 pour Los Angeles, 4400 pour Chicago, 7000 pour New York. Sa superficie en fait une très grande ville, certes bien moins que LA, mais trois fois plus étendue que la Grosse pomme ou Paris. C’est à Détroit plus que dans toute autre ville américaine que la voiture est reine. Non seulement, Downtown s’est vidé de ses commerces mais, pour ne rien arranger, la ville possède plusieurs centres séparés par des distances impossibles à parcourir à pied. Impossible de compter sur un tramway ou un métro pour passer de l’un à l’autre.

La Woodward avenue qui traverse Détroit depuis le lac jusqu’à la ville de Pontiac est longue de 50 km. L’emprunter c’est réaliser à quel point Détroit n’a rien d’une ville. Au tout début, l’avenue que divise un terre-plein central gazonné a tous les attributs d’un district financier avec ses gratte-ciels de différentes époques mais très vite, à partir de state street, le bati devient plus irrégulier avant de se détricoter complètement à hauteur du grand stade. Une fois passé de l’autre côté de l’autoroute 75, les premières maisons se succèdent. Fin de la ville ? Pas du tout. Nous arrivons à Midtown. L’habitat individuel cède la place à des bâtiments administratifs très espacés, des entrepôts, des immeubles d’habitation bas et contigus, des terrains vagues… avant que n’apparaisse une première église, la first congregational church puis la cathédrale Saint Paul, avant que n’apparaisse le grand musée de la ville, le Détroit institut of arts, et, lui faisant face de l’autre côté de l’avenue, le magnifique bâtiment de la bibliothèque municipale en marge du quartier de l’université. Nouveau passage au-dessus d’une autoroute, la 94, nouveau paysage de sortie ou d’entrée de ville avant l’arrivée dans le New center.

Effet de seuil

La folie des grandeurs qui animait la ville n’est plus qu’un lointain souvenir. Détroit a perdu les deux tiers de sa population depuis l950. Aujourd’hui 80% des habitants sont noirs. Les 10% de blancs qui continuent d’y résider sont concentrés dans quelques quartiers du nord-ouest et de l’est. Illustrant l’effet Donut, la ville s’est vidée de sa population, de ses classes moyennes et de ses activités au profit des villes de la périphérie. Pour l’avoir constaté de mes propres yeux, le passage de Détroit à sa banlieue relève d’un effet de seuil unique. Surréaliste même. En l’espace de quelques minutes, le délabrement et le désert urbain disparaissent au profit de rues animées et propres, de commerces pimpants et d’une population exclusivement blanche. On se frotterait presque les yeux histoire de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une illusion tant le contraste est saisissant.

[LM3] https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f0/FischerDetroit2010Census.png

carte de la ville et de sa banlieue en fonction de l’ethnicité

en bleu les Noirs

en rouge les Blancs

en vert les Asiatiques

en orange les Hispaniques

On constate le niveau extrêmement élevé de ségrégation raciale et les frontières de la ville sont très visibles avec cette clé de lecture.

Effet donut

Un exemple ? Ville voisine du comté d’Oakland, Sterling Heights s’est constituée en tant que ville en 1968, soit un an après les émeutes, une quasi-simultanéité qui ne doit rien au hasard. Avec ses 130 000 habitants, elle peut s’enorgueillir de compter parmi ses entreprises des grands noms de l’industrie comme DaimlerChrysler, Visteon ou General Dynamics. Profitant de la crise de Détroit, tant sur le plan économique que démographique, elle s’enorgueillit d’être une des villes les plus sûres de sa catégorie. Appartenant au même comté, la ville de Troy compte 80 000 habitants. A l’instar de Sterling Heights, elle peut se prévaloir d’un tissu économique dynamique, d’un taux de criminalité particulièrement bas et d’un pourcentage de noirs de moins de 5%. [LM4] 

Effet crêpe

De là à en conclure que les malheurs de Détroit ont fait la fortune de sa périphérie, il n’y a qu’un pas qu’il serait précipité de franchir. S’il est incontestable, l’effet d’aubaine doit être relativisé. Car à terme il semble bien que l’effet donut se transforme à terme en effet crêpe. La population du comté de Wayne auquel appartient Détroit est en chute libre depuis le recensement de 1980. Et à terme les villes des deux autres comtés limitrophes n’ont pas nécessairement matière à se frotter les mains. La troisième ville du comté de Macomb voit sa population diminuer depuis les années 70 et ce en dépit d’un tissu économique fort. Dans le comté voisin d’Oakland, Pontiac (près de 70 000 habitants) ne peut pas en dire autant. Non seulement sa population diminue régulièrement depuis les années 80 mais la ville qui héberge pourtant le siège social de Williams International est passée sous la tutelle de l’État du Michigan de 2009 à 2013, juste avant la faillite de Détroit.

Dans l’exemple de Sterling Heights, la croissance de la population diminue très fortement. De +320% en 1970, elle descend à +78% en 1980, +8% en 1990, +6% en 2000, +4% en 2010 et est estimée à +2% en 2019. Détroit continue de se vider mais sa banlieue n’en bénéficie plus.

De nombreuses villes dans la banlieue de Detroit ont des performances très mauvaises. Pontiac (mentionnée plus haut) est l’une des villes les plus pauvres de l’état avec un revenu moyen par habitant à $33k et 13% de chômage. Highland Park est la ville la plus pauvre de l’état avec $17500k/hab/an et 24% de chômage. Dans le top 15 des villes les plus pauvres du Michigan, 10 sont dans la banlieue de Detroit

Roadsnaks, Worst Detroit Suburbs for 2020, 26 décembre 2019

Des villes qui se portent modérément bien dans la banlieue de Detroit comme Dearborn ($52.5k/hab/an, 95000 habitants) voient leur population décliner (-3.4% en 2010). Même les villes relativement riches comme Livonia (95000 habitants, $77000/hab/an) déclinent (-3.4% habitants en 2010).

Des villes plus petites et riches comme Grosse Pointe Park ($112000/hab/an, 11000 habitants) déclinent elles aussi (-4.7% habitants en 2010).

Enfin des villes pauvres et petites comme River Rouge ($27000/hab/an, 7500 hab) déclinent elles aussi (-10% environ)

La situation est donc presque uniformément mauvaise pour toute la métropole de Detroit, quel que soit le type de ville, pauvre, riche, grande, petite, moyenne. Et pourtant dans presque toutes ces villes de banlieue, la population est très majoritairement blanche (85%+).

Homesnacks, 100 Biggest cities in Michigan for 2020, 14 décembre 2019

https://www.homesnacks.net/cities/cities-in-michigan/

De plus avoir des grandes entreprises sur son territoire ne suffit pas pour avoir une économie saine. Certaines des plus grosses entreprises des Etats Unis comme Quicken Loans, General Motors, DTE Energy ou Ally Financial ont leur siège social à Detroit. D’autres entreprises comme Chrysler, HP, Deloitte ou KPMG ont des bureaux très importants à Detroit. Cela n’empêche pas le déclin de la ville. D’autant qu’aujourd’hui, la tendance pour les grandes entreprises est de se relocaliser de la banlieue vers le centre-ville de Detroit. C’est ce qu’on fait des entreprises comme l’assureur Blue Cross Blue Shield ou le vendeur de matériel informatique HP.

Un des facteurs expliquant la pauvre performance économique de la ville est sa composition économique. Parmi les plus gros employeurs, c’est surtout la sphère présentielle et les employeurs publics qui sont représentés : les hôpitaux de Detroit en première position, suivis de la mairie, d’une ONG sanitaire, des écoles publiques et du gouvernement fédéral. Dans le top 6 des employeurs, on ne retrouve qu’une entreprise productive, Quicken Loans (services financiers). Les services financiers sont néanmoins très représentés parmi les plus gros employeurs privés de la ville, malgré le fait qu’ils ne représentent qu’une petite fraction de l’emploi total de Detroit.

L’effet donut s’inverse peut-être dans une certaine mesure, en effet le centre-ville de Detroit se rajeunit et se professionnalise : 57% des habitants ont entre 25 et 34 ans, 45% ont une licence ou plus, 34% ont un master ou plus. Ces statistiques datent de 2007 mais le constat est encore plus vrai en 2012. La tendance accompagne l’installation de nombreuses entreprises dans le centre-ville de Detroit.

Crain’s List : Detroit’s largest employers, 2013

https://www.crainsdetroit.com/assets/PDF/CD90222816.PDF

Crain’s Detroit Business, DEGA enlists help to spur Detroit retail, 25 juin 2007

https://www.crainsdetroit.com/article/20070625/SUB/70623003/degc-enlists-help-to-spur-detroit-retail

Forbes, A shocking sight in downton Detroit : people, 10 juillet 2012

https://www.forbes.com/sites/joannmuller/2012/07/10/a-shocking-sight-in-downtown-detroit/#7e4b07da33af

Wikipedia, Labor force distribution in Detroit by category, 2008

https://en.wikipedia.org/wiki/Detroit#/media/File:Distribution_of_Detroit’s_Economy.svg

L’effet crêpe est aussi renforcé par la situation financière de Detroit. La ville est déclarée en faillite en décembre 2013. De nombreux employés municipaux ont dû accepter de ne pas travailler et de ne pas être payés. Avant la faillite, la ville avait un déficit de 327 millions de dollars et une dette de plus de 14 milliards de dollars. Bien plus que la dette de Paris, une ville 3,5 fois plus peuplée.

Cette situation contribue au déclin des services municipaux et à l’appauvrissement de la population, or l’économie de la ville et de sa banlieue repose en partie sur la consommation des habitants et sur les services publics. Si les pompiers sont sous-financés, alors les investissements deviennent plus risqués, il y a donc moins d’emploi, ça impacte l’économie de toute la zone, etc. Ainsi le cratère économique de Detroit emporte avec lui les villes voisines, dans une certaine mesure.

Yahoo Finance, Governor declares financial emergency in Detroit, 1mars 2013

https://finance.yahoo.com/news/governor-declares-financial-emergency-detroit-180448318.html

ClickOnDetroit, Detroit files for chapter 9 municipal bankruptcy, 18 juillet 2014

https://web.archive.org/web/20131102081913/http://www.clickondetroit.com/money/detroit-files-for-chapter-9-municipal-bankruptcy/-/1719116/21019898/-/14iqaycz/-/index.html

Reuters, In largest-ever US city bankruptcy, cuts coming for Detroit creditors, retirees, 3 décembre 2013

https://www.reuters.com/article/us-usa-detroit-bankruptcy-judge/in-largest-ever-u-s-city-bankruptcy-cuts-coming-for-detroit-creditors-retirees-idUSBRE9B20PZ20131203

A terme c’est la région qui décroche. L’économie du Michigan en fournit un parfait exemple dans la mesure où elle ne se porte pas bien du tout. Un effet de la concurrence asiatique et des délocalisations ? Pas vraiment, ou en tout cas pas uniquement.  D’autres états ont également une industrie forte : la Californie, l’Ohio, l’Illinois, la Pennsylvanie. Alors que le PIB du Michigan n’est que de 440, celui de l’Ohio est de 570, celui de la Pennsylvanie de 660, de l’Illinois de 730 et de la Californie est de 2 500. La comparaison par habitant ne donne pas un résultat bien différent : la Californie est à 63, l’Illinois à 57, la Pennsylvanie à 51, l’Ohio à 48 et le Michigan seulement à 44. Le point commun de ces quatre Etats ? A la différence du Michigan, ils ont une capitale économique en bonne santé qu’il s’agisse de LA, Chicago, Philadelphie ou encore Columbus.

A la sortie de la ville, les autoroutes partent dans tous les sens. A gauche : des banlieues cossues. A droite : Chicago. Construites sous la présidence d’Eisenhower, elles ont énormément influencé le paysage urbain. Grâce à elles, il était enfin possible d’habiter à 30 voire 60 km de Detroit tout en y travaillant. Ceux qui pouvaient se le permettre ont quitté la ville. Sont restés dans Detroit les plus pauvres.


 [LM1]Ce ne sont pas les émeutes qui génèrent la crise, n’en sont elles pas que la manifestation ?

 [LM2]Industrie culturelle aussi, Motown notamment

 [LM3]Densité :

Detroit MI : 1900hab/km²

Colombus OH : 1400hab/km²

Chicago IL : 4600hab/km²

Philiadelphie PE : 4600hab/km²

Los Angeles CA : 3100hab/km²

 [LM4]Formulation ! La ville ne peut pas se « prévaloir » d’une composition démographique

Quelques chiffres sur l’agglomération

Personne ne veut payer pour Detroit. Ni l’Etat fédéral, ni les villes blanches et riches de la périphérie. Pour définir des endroits comme Détroit, le sociologue américain Carl Taylor a inventé la notion de third city : « tierce-ville », par analogie avec « tiers-monde ».

Le Michigan fait partie des cinq états les plus industriels des USA derrière la Californie (1 529 500 employés), l’Ohio (824 700), l’Illinois (710 000) mais devant la Pennsylvanie (696 800). Alors qu’en 2017, le PIB du Michigan est de 440 la Californie est à 2 500, l’Illinois de 730, la Pennsylvanie à 660, l’Ohio de 570.

Par habitant, la Californie est à 63, l’Illinois à 57, la Pennsylvanie à 51, l’Ohio à 48 et le Michigan à 44. 

Hasard ou coincidence, ces Etats ont des capitales dynamiques : LA, Chicago, Philadelphie ou encore Columbus. 

Les principales villes de la banlieue de Détroit

Détroit est entourée de villes appartenant au même comté de Wayne (en décroissance démographique) à Oakland, le comté le plus riche du Michigan, grâce à Automation Alley et le comté de Macomb, tous deux en augmentation démographique. 

Warren (comté de Macomb) compte 138 247 habitants, c’est la troisième ville du Michigan et la banlieue la plus grande de Détroit. Sa population a explosé dans les années 60 et 70. Warren était l’une des municipalités à la croissance la plus rapide du pays entre 1940 et 1970, doublant à peu près sa population tous les 10 ans. Depuis, la ville connait le déclin démographique le plus rapide du pays.  La ville abrite une grande variété d’entreprises. Mais elle a un taux de crimes violents en 2012 supérieur de 43% à la moyenne nationale américaine. En 1970, les blancs représentent quasiment 100%. Ils sont aujourd’hui passés à 78%. Récemment, sa population afro-américaine a nettement augmenté. Elle représente 14%.

Sterling Heights  (comté de Macomb) compte 129 699 habitants. Elle est la deuxième banlieue de Détroit. La population explose dans les années 60 et 70 en passant de 15000 à plus de 100 000 h. Elle continue de progresser. Les sociétés industrielles principales sont DaimlerChrysler, Visteon, General Dynamics. Classée parmi les villes de 100 000 et 499 999 habitants les plus sûres. Les blancs représentent 85% de la pop, les noirs 5%

Dearborn compte 100 000 habitants. Elle héberge aujourd’hui les bureaux de la direction internationale de l’entreprise Ford. C’est à Dearborn que se trouve l’usine Ford de River Rouge. Sa population passe de 2000 à 50 000 habitants dans les années 20/30. Les blancs représentent 90% de la pop, les noirs 4%. Elle abrite une des plus grandes communautés musulmane d’Amérique du Nord.

Livonia compte 94 105 habitants en 2017. Sa pop a explosé dans les années 50/60. Elle est en recul depuis. Les blancs représentent 92% de la population. Ford est le premier employeur. La ville compte également trois centres commerciaux importants. 

Troy (comté d’Oakland) compte 80 980 habitants. Au cœur d’un des comtés les plus riches des États-Unis, Troy est un centre d’affaires prospère, en particulier dans les secteurs automobile et financier avec un centre commercial haut de gamme. 74% de blancs, 4% de noirs. Sa population a explosé dans les années 60 et 70. classée cinquième ville la plus sûre des États-Unis selon le rapport 2006 de Morgan Quitno.

Pontiac (comté d’Oakland) compte 66 337 habitants. La population diminue régulièrement depuis les années 80. La ville héberge le siège social de Williams International. De 2009 à 2013, Pontiac était sous la tutelle de l’État. En 2010, les dirigeants des villes et les propriétaires d’entreprises ont lancé l’initiative « The Rise of The Phoenix ». Ce plan visait à attirer les entreprises intéressées par les espaces commerciaux du centre-ville. Les candidats sélectionnés bénéficieraient d’un loyer gratuit en échange de baux pluriannuels (deux ans ou plus) ainsi que d’un an de stationnement gratuit sur les terrains de la ville. Quelque 52 nouvelles entreprises ont été recrutées pour s’implanter au centre-ville de Pontiac, ce qui a redonné vie à la ville.

Taylor compte 65 868 habitants. la population diminue depuis les années 80. Les blancs représentent 78% de la pop, les noirs 15%. Le maire Rick Sollars et deux autres personnes font l’objet d’une mise en accusation fédérale à la mi-décembre 2019 pour 33 chefs d’accusation de corruption, de fraude téléphonique et de complot.

Romulus compte 25000 habitants. Sa population à 65% blanche ne bouge quasiment plus depuis les années 80. Elle abrite l’aéroport de Détroit et une usine ouverte de GM en 1975.

Trenton compte un peu moins de 20 000 habitants. Sa population à 95% blanche diminue régulièrement depuis les années 80. De nombreuses entreprises sont implantées. 

… DANS DETROIT

Highland Park compte un peu plus de 10 000 habitants, à plus de 90% afro-américaine. Sa population décroit régulièrement depuis les années 30-40. Le siège social de Chrysler a déménagé en 1992 à Auburn Hills, à environ 40 km. L’entreprise représentait la moitié des recettes fiscales de la ville et 5000 emplois. En 2001, la ville a été mise sous tutelle de l’Etat du Michigan. En 2011, plus des deux tiers des réverbères de Highland Park ont ​​été supprimés par la ville, en raison de l’impossibilité de payer. Avec Hamtramck, la ville est complètement entourée par Détroit. 

Hamtramck compte un peu plus de 20 000 habitants. Elle est de loin la municipalité la plus densément peuplée de l’État du Michigan. En 2015, son conseil municipal est devenu le premier conseil municipal à majorité musulmane de l’histoire des États-Unis. En 2010, Hamtramck a demandé à l’État du Michigan d’être autorisé à déclarer faillite, ce qui a été refusé. Après des décennies de décroissance, la population est repartie légèrement à la hausse dans les années 2000. 

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