Frank Lloyd Wright : les oeuvres clé à encorbellement

Franck Gintrand

Publié le :

  • 25 mai 2017

Lorsqu’il découvre la villa Savoye, Wright ne peut s’empêcher de la critiquer sans la nommer: « les maisons humaines ne devraient pas être des boîtes flamboyantes sous le soleil… (mais) un élément du sol, en sympathie avec lui, complémentaire de l’environnement naturel… » Plus important, une incohérence le frappe: si le recours au béton rend le mur porteur inutile, pourquoi Le Corbusier en conserve-t-il le principe? Pourquoi la villa Savoye ressemble-t-elle autant à une boîte? Le béton ne devrait-il pas, au contraire, permettre d’ouvrir largement l’architecture sur son environnement? 

Wright veut en finir avec ce qu’il appelle la «boîte». Dans La Ville évanescente publiée en 1932, il décrit la maison en vogue dans les années 1930 comme une «lourde masse en forme de boîte (…) percée de quelques trous ‘à la manière de’ quelque style à la mode présélectionné», et prédit: «L’idée ancienne de l’architecture comme clôture épaisse ou survivance de la fortification est vouée à disparaître. L’édifice semble appartenir au paysage. La vie des hommes qui s’y déroule est beaucoup moins qu’auparavant séparation d’avec la nature (….) Cette différence est une grande différence: elle est à la base d’effets nouveaux.» 

Pour Wright, qui tourne depuis des années autour de cette intuition, le béton n’est pas seulement l’occasion de relativiser l’importance du mur, il est aussi un moyen d’en finir avec les formes géométriques basiques. Avec ses terrasses en porte à faux superposées, Wright ne se contente pas d’exploser la notion même de façade. Il développe le porte à faux comme cela n’a jamais été fait. Le porte à faux n’est pas nouveau. Cet élément architectural consiste à projeter une dalle très loin de son point d’appui. Des architectes l’utilisent sous forme de auvent intérieur pour couvrir les tribunes des hippodromes et des stades, et de auvents extérieur placés à l’entrée ou sur le pourtour des marchés couverts et des salles d’exposition. Mais c’est à Wright que revient le mérite de mettre à profit cette technique pour imaginer une architecture nouvelle. 

Franck Gintrand

Maison Winslow, River Forest, Illinois, 1893

William and Jessie M. Adams House, Chicago (1901)

Robbie House – par jmogos

Thomas Gale house – par f0rbe5

Falling water house – par spike55151

John Pew house – par Thompson Photography

Johnson wax – par Retinal Fetish

Solomon R. Guggenheim Museum – par nk__

wright

Autres exemples sur http://www.pinterest.com/fourteaucedric/franck-lloyd-wright/

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